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 Minuit à Gotham [Pingouin]

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ex-Epouvantail

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MessageSujet: Minuit à Gotham [Pingouin]   Mer 21 Déc - 19:45

Jonathan Crane se rendit à pied à un demi-bloc de l’avenue Franklin Roosevelt. C’était l’endroit de la ville que les policiers désignaient comme « Une poche de pus, même selon les critères de Gotham, un véritable carnaval de raclures de bas étages : voyous, racoleuses, revendeurs et faussaires en tout genre. » Avant même de s’engager dans le bar, Crane vit cette analyse se confirmer. Une demi-douzaine de motos se trouvait garées sur le trottoir, en face d’un immeuble peu élevé en ciment, et un groupe d’hommes à l’allure de durs se passaient une bouteille de whisky. Crane entra dans le bar. L’intérieur se présentait comme un circuit organisé de choses qu’il n’avait jamais vues. Dans cette salle enfumée, il détonnait avec les autochtones. Il avait le teint blafard et était emmitouflé dans son long trench-coat inesthétique. Il avança au milieu du maelstrom de raclures. Il reçut un coup de coudes dans les côtes et se retourna.

"T’es pas du coin, t’es un flic ?"

"Non je suis venus pour affaires."

"T’achètes ou tu vends ?"

"Je vends."

"Allons dans un endroit discret."

L’ex-psychiatre suivit l’individu jusqu’à une petite pièce remplie de tabourets de bar et de juke-box débranchés. Les yeux de Crane se posèrent sur un tas de Rolex, de cartes de crédits, de bijoux et autre.

"Tu vends quoi ?"

"Un projet ambitieux, dis-moi, qui t’as vendus tout ça ?"

"Le nouveau receleur du coin, le type aux oiseaux. C’est quoi ton projet de rêve ? Tu m’as l’air foireux tout compte fait."

"Et le type aux oiseaux, on le trouve où ?"

L’individus s’esclaffa et répondit :

"Va au country club de Central Avenue, cet espèce de rade pour paumé avec cette enseigne stupide qui indique le Taj Mahal (quel nom grotesque pour un club de jazz) et là cherche après le Pingouin."

"Le Pingouin ?"

1 heure plus tard.

Crane arpenta le trottoir sous un bloc de façade d’immeubles lugubres. Il vit le Taj Mahal. Des faux palmiers et cocotiers en plastiques étaient au-dessus de l’enseigne. Portiers, videurs et employés de parking étaient habillés en smoking avec mini nœuds papillons, ce qui détonnait avec le sol recouvert de mégots et de verres brisés. Crane se dit qu’avec son allure on ne le laisserait pas entrer dans la place. Il contourna le bâtiment et vit un chapelet de néons style show-business qui clignotaient autour de la porte de service : entrée des artistes.

Un groupe de girls en petite tenue suivis d’un groupe de musiciens avec leur saxo et autre arrivèrent et se mirent en file indienne pour entrer. Le portier était un noir gigantesque en smoking qui filtrait les nouveaux venus. Crane se joignit à la file indienne en espérant passer inaperçu. Le noir le souleva en l’attrapant par le col. Jonathan bredouilla :

"Je…je cherche le Pingouin."

Pendant un instant, il crut que le videur allait le jeter dans le caniveau et refermer violemment la porte derrière lui, mais non, il se mit à rire la gorge déployée et balança Crane dans le vestiaire des danseuses à moitié dénudées qui s’enfuirent en criant les bras en l’air. Le videur referma la porte et lui dit toujours en se marrant :

"Mr Cobblepot est là ce soir. Mr Cobblepot est à sa table privée près du bar et loin de la scène, Mr Cobblepot aime à être loin des oreilles indiscrètes pour parler affaire. Mr Cobblepot me paye royalement pour avoir cette table et une entrée tous les soirs sans payer et sans faire la queue à l’entrée. Mr Cobblepot me fait confiance pour le prévenir si jamais les flics font une descente, Mr Cobblepot m’a certifié qu’un jour il serait propriétaire d’un club comme celui-ci et qu’il m’engagerait."

Crane s’empressa d’entrer dans la grande salle du club, il s’arrêta net et crut être le jouet d’une hallucination. Les murs étaient tendus de satin pastel sombre baignés dans la lueur des chandeliers au plafond. Le décor de l’estrade de l’orchestre était une recréation des cocotiers, exécutés en carton. Les tables autours étaient recouvertes en nappes blanche premier choix comme on en voyait que dans les restaurants 5 étoiles. Les jolies serveuses étaient habillées avec des vestes à queue de pie noirs en velours profondément décolletés et portaient des rubans de soies noirs autour du cou. Sur scène, un sax, un trompettiste et un batteur se déchaînaient.

Crane repéra la table indiqué, et surtout il le repéra lui : haut de forme, monocle, gant en cuir d’aristocrate, porte cigarette et 3 séduisantes serveuses attroupés autours, l’une déposa un verre de bourbon sur un napperon, l’autre tendit un briquet pour allumer sa cigarette et la dernière prenait commande pour le repas. Crane s’approcha et dit d’entrée de jeu :

"Je viens de l’établissement aux multiples juke-boxes de Franklin Roosevelt Avenue, vous connaissez ? On m’a parlé du Pingouin, vous permettez que je me joigne à vous ?"

Crane retira son trench-coat et le confia à l’une des 3 serveuses puis commanda juste-un-verre-et-pas-plus étant donné qu’il était complétement à sec niveau finance. Les 3 serveuses s’éclipsèrent en gloussant.

"Je me présente, Jonathan Crane, docteur en médecine. On m’a laissé entendre que vous étiez la personne à consulté en matière de… disons de…"

Une serveuse apporta le double-scotch de Crane, la première gorgée le réchauffa, la deuxième le fit suer, il n’avait pas l’habitude de boire de l’alcool aussi fort et l’avait fait ici pour essayer d’en imposer à son interlocuteur.

"De recel, de visite nocturne plus ou moins illégal, à but lucratif si vous voyez ce que je veux dire."

Crane remua le contenus de son verre et retira les glaçons avec ses doigts.

"Mon problème c’est que je ne m’y connais absolument pas en matière de serrure."

Une grosse main noir apparut soudainement au-dessus de la table, faisant sursauter Crane. Elle plongea vers lui et lui arracha un glaçon des mains pour le broyer. Jonathan leva la tête et vit que le colosse noir de toute à l’heure était au bord de la table, il le fixait du regard l’air de dire : n’importunez pas Mr Cobblepot ou je vous arrache la tête. Quant au Pingouin, il n’avait même pas finis son verre qu’une serveuse lui en apportait aussitôt un autre sur un plateau d’argent.

"Vous vous demandez surement ce qu’un docteur diplômé de l’université de Gotham comme moi vient chercher ici. Et bien voyez-vous, je m’intéresse depuis peu aux professionnels du crime afin d’en devenir un. Une fraction non négligeable de notre ville tolère leurs actions. On voit énormément de psychopathes se répandre ces temps-ci et il se trouve qu’ils sont ma spécialités, je les ais traités à l’asile d’Arkham, j’ai donc sans doute un avenir dans le milieu."

Le colosse noir en smoking qui était toujours plantés là, écarta ses bras et posa ses mains sur ses hanches, sa veste s’écarta et Crane remarqua qu’il portait un flingue à la ceinture, un autre sous l’aisselle, ainsi qu’un couteau de chasse et un coup de poing américain. Jonathan leva son verre dans sa direction comme pour dire : touché. Puis il se rendit compte qu’il était déjà vide. Nerveux, il recommanda juste-un-dernier-verre à la serveuse qui venait d’apporter le repas du Pingouin dans un plat en bronze recouvert d’une cloche comme on en voyait que dans les grands restaurants.
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Gotham City
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MessageSujet: Re: Minuit à Gotham [Pingouin]   Lun 26 Déc - 10:56

La journée d’Oswald avait été bien remplie. Peu après la fermeture des magasins, il avait souhaité essayer quelques montres à gousset et même des boutons de manchette. Il s’était vu contraint d’oublier son code de conduite de gentilhomme pour pouvoir enfoncer l’entrée de la bijouterie et ainsi essayer ces bijoux pour hommes. Un problème survint : devant la qualité de ces objets de valeurs, il ne put se décider à choisir. Peu importe ! Se dit l’aristocrate. Le Pingouin emporta le tout y compris les bijoux pour dames afin de résoudre ce dilemme et n’oublia pas de laisser un mot de remerciement au propriétaire du magasin avant de s’en aller. Peu après, il décida de rendre visite à la tante Rosa habitant seule dans un riche manoir. La tante de qui ? Mystère. Mais certainement pas la sienne. Oswald affronta ses deux chiens de garde. Le premier fut un terrible chien de chasse qui avait atteint quinze printemps. Autant dire que le molosse, couché devant sa niche avait aboyait à demi-voix avant de s’endormir de fatigue. Le deuxième canidé protégeant la propriété était à peine plus grand que son tibia. Ce petit chien se prit un coup de pied et s’enfuit la queue entre les pattes. Quant à la riche veuve, elle s’écroula sur le plancher avec autant de grâce qu’un sac de pommes de terre et se vit l’honneur d’être la victime du service de nettoyage du Pingouin. Grâce à Oswald, elle n’aura plus à craindre les voleurs puisque les voleurs n’ont plus rien à se mettre sous la dent.

Ce larcin effectué, il décida de se délester de ces richesses matérielles contre de la paperasserie verte. Sa joie d’une telle idée fut aussi mêlée de dégoût puisqu’il fut contraint de pousser la porte d’un bouge indigne de sa condition sociale. Ses occupants reflètent bien l’idée première qu’on se fait des lieux. Ils sont tous grossiers, malodorants et mal habillés. Ce n’est que le chant de sirène des dollars américain qui lui donne la force de rentrer dans ce taudis insalubre. Quelle ne fut sa joie d’avoir sa route bloquée par le plus grossier, le plus malodorant et le plus mal habillé des spécimens vivants en ces lieux ! Ce gros biker en train de se gratter le postérieur s’abreuva d’une pinte de bière à la propreté inexistante.

« Ahem. »

Se racla la gorge le voleur de petite taille pour interpeler cet individu. Ce dernier se retourna à moitié et lui permit de mieux observer l’homme lui faisant face. Une longue barbe selon le critère biker c’est-à-dire broussailleuse, une paire de lunette de soleil dissimulant son regard intellectuel, un bandana rouge noué sur son crâne et, visé sur celui-ci, un chapeau texan. Il regarda le Pingouin de bas en haut, inspira une bouffée de son mégot de cigarette avant d’éjecter la fumée par ses naseaux.

« Pardonnez-moi mais vous gênez la circulation. »

Dit Oswald en tentant bien que mal de retenir sa respiration afin de ne pas inhaler les vapeurs d’alcool de mauvaise qualité et de fumées âcres exhalées par le gosier de son charmant interlocuteur. L’homme en question renifla bruyamment, mâcha longuement et cracha à quelques centimètres des rutilantes chaussures de type Richelieu du gentilhomme. Oswald se força à sourire même si le grincement de ses dents indiqua que ses intentions devenaient hostiles.

« Je suis, moi aussi, ravi de vous rencontrer… »

Son recéleur vint à son secours et l’emmena dans un coin discret de l’arrière boutique, loin des regards indiscrets. La pièce dans laquelle ils se retrouvèrent refléta parfaitement l’aspect général que le bar donne : misérable. Des tables, des tabourets et autres mobiliers de piètre qualité s’entassaient hétérogènement avec son lot de poussière ainsi qu’une vague odeur de tabac et de moisi. Son recéleur trépigna d’impatience de voir ce que l’étrange cambrioleur en costume en queue-de-pie ramenait cette fois-ci.

« Qu’est-ce que tu ramènes aujourd’hui, Pingouin ? »

L’évocation de son surnom d’enfance le fit grincer des dents. Et dire qu’à leur première rencontre, son recéleur lui immédiatement octroya ce douloureux sobriquet. Oswald n’avait pas évoqué une seule fois ce pseudonyme et pourtant toutes les crapules le rencontrant le lui donnaient. A croire que son surnom est tatoué sur son front ou qu’à sa simple vue, on pense à l’emblématique oiseau polaire. Personne ne pensera : « Quel homme distingué ! », « Mais qui est donc ce charmant gentleman ? » ou encore « Qu’il est beau ! ». Non. Jamais. L’image de cet oiseau grotesque lui colle à la peau. Pourtant, il accepte que dans le milieu criminel on l’appelle de cette façon. S’ils s’accommodent si facilement de ce surnom alors soit ! Il sera le Pingouin ! Alphonse Capone était Scarface et Charles Luciano était Lucky. Plus tard, la simple évocation de ce pseudonyme provoquera la crainte et le respect. Fini le Pingouin du dégout et des railleries ! C’est donc à contrecœur qu’il accepte qu’on le surnomme ainsi.

« Plein de bonnes choses ! »

Répondit-il à son intermédiaire en déversant lentement le contenu de sa mallette sur l’une des tables crasseuses. Des montres, des bagues, des colliers et divers autres babioles plaquées or se déposèrent les unes sur les autres sous la forme d’un joli tas doré. Le recéleur se frotta les mains avec envie et s’empressa de lister mentalement les bijoux s’y trouvant pour calculer le prix d’achat du lot. Sans un mot, il quitta la pièce et revint avec une boite de métal de laquelle il sortit des liasses de billets. Un, deux et trois liasses complètes quittèrent ce réceptacle miteux qu’Oswald prit avec passion.

« Voilà ! Le compte y est ! J’t’offre un verre ? »

« Sans façon. Je tiens encore à la vie. »

L’aristocrate cambrioleur enfonça ses précieuses liasses dans sa poche intérieure gauche et fit demi-tour pour quitter, avouons-le, le plus vite possible cet abominable trou à rats. Alors qu’il voyait la porte de sortie comme embue d’un halo divin et songeait à changer de recéleur dès qu’il sera plus riche et plus puissant, le nouveau propriétaire de ses larcins l’interpella.

« Pingouin ! N’oublie pas que si tu te fais choper, tu ne me connais pas ! »

« Whah !! Railla Oswald. Comme si j’avais envie de te mettre dans mon carnet d’adresse ! »


Plus tard, au Taj Mahal


Certainement le seul lieu de divertissement potable de toute la ville. La musique est agréable, la cuisine est passable, la décoration laisse un peu à désirer et les filles y sont belles. Cet établissement est loin d’égaliser certains autres restaurants ou night-club de Gotham City. De plus, ce n’est pas non plus le lieu de rencontre le plus prisé pour les personnalités de la ville. Pourtant c’est la seule boite de nuit parvenant à satisfaire les caprices du Pingouin et à être le moins fréquenté par les mafieux. Comparé au trou perdu où son recéleur s’y terre, le Taj Mahal est un Walhalla. Il s’y fit très rapidement une réputation de client VIP avec qui on doit être aux petits soins.

Assis à sa table habituelle, c’est-à-dire à la table située près d’un mur pour avoir une vision d’ensemble de la salle, suffisamment près de la scène pour profiter du spectacle où des danseuses à demi-vêtues se donnaient parfois en spectacle et assez loin des autres tables pour ne pas être entendu ou dérangé par des indésirables, Oswald se délecta de la présence de trois charmantes serveuses chargées de lui rendre la soirée la plus agréable possible. Bien que ce ne fut pas le cas pour ces demoiselles, elles gardèrent le sourire et gloussèrent à chacune de ses remarques. Le pauvre Oswald se faisait des films à la vue de ces trois merveilleuses créatures et avala goulûment la dernière huitre de son entrée sans les quitter des yeux. Il n’était pas pour autant obnubilé par le charme de ces dames puisqu’il le repéra de loin. Qui ? L’espèce de péquenot à l’allure de technocrate bronzant sous les néons de son bureau et qui vient dans sa direction. Sa tenue vestimentaire est tellement prolétaire en comparaison des autres clients, pourtant pas si nombreux à cette heure là, qu’il faudrait être aveugle pour ne pas le remarquer. Le voir venir dans sa direction le fit intérieurement soupirer. Pourquoi lui ? Pourquoi attire t-il tous les roturiers du secteur ?

"Je viens de l’établissement aux multiples juke-boxes de Franklin Roosevelt Avenue, vous connaissez ? On m’a parlé du Pingouin, vous permettez que je me joigne à vous ?"

« Comment refuser ? Vous m’avez l’air le genre d’homme ayant une raison suffisante pour devenir temporairement sourd au moindre refus. »

Cela ne lui plut pas. Premièrement, un bouseux s’installe à sa table privée et, deuxièmement, il l’appelle par son surnom haït et seulement utilisé dans le milieu criminel. Qui est-il et que lui veut-il ? Il n’a pas l’air d’un criminel. Il a le teint tellement blafard et le corps si dégingandé qu’il serait, dans le meilleur des cas, un violeur en série spécialisé dans la volaille. Un policier ? Improbable. Difficile de l’imaginer avec une arme à feu sans faire un triple saut périlleux arrière au premier tir. Un flic de bureau ? Possible. Le genre de poulet à occuper une très grande salle mais qui sert de débarras ne lui laissant qu’un mètre carré de place. Un bureau uniquement accessible avec un professionnel de la spéléologie.

« A tout de suite, mes petites cailles ! »

Rajouta t-il aux serveuses qui s’éloignaient et en regardant le postérieure de l’une d’elles. Ce déhanchement est si envoutant qu’il reporta à contrecœur son attention sur le teint cireux du prolétaire quand il expliqua la raison de sa visite.

"Je me présente, Jonathan Crane, docteur en médecine. On m’a laissé entendre que vous étiez la personne à consulté en matière de… disons de…"

« De ? Il prit le nouveau verre d’alcool du plateau. Merci, ma poule. »

"De recel, de visite nocturne plus ou moins illégal, à but lucratif si vous voyez ce que je veux dire."

« Supposons que oui. »

"Mon problème c’est que je ne m’y connais absolument pas en matière de serrure."

« Vous m’en direz tant. »

Sauf pour regarder à travers, hein ? Ouais… Il a la tête d’un type qui regarde à travers les serrures de salles de bain. Les petits yeux acérés du Pingouin se haussèrent à la vue du colossale videur de boite de nuit faisant son entrée derrière Crane et lui arracha un glaçon des mains pour en faire de la glace pilée. Ce brave Bossworth, c’est ainsi qu’on le surnomme, est efficace pour faire le dur mais il a encore beaucoup à apprendre. Ce dernier regarda Oswald pour être prêt à exécuter le moindre de ses ordres et croisa ses bras de façon menaçante.

"Vous vous demandez surement ce qu’un docteur diplômé de l’université de Gotham comme moi vient chercher ici. Et bien voyez-vous, je m’intéresse depuis peu aux professionnels du crime afin d’en devenir un. Une fraction non négligeable de notre ville tolère leurs actions. On voit énormément de psychopathes se répandre ces temps-ci et il se trouve qu’ils sont ma spécialités, je les ais traités à l’asile d’Arkham, j’ai donc sans doute un avenir dans le milieu."

Une serveuse déposa un plat sous cloche devant lui et dévoila son contenu. Du poisson en papillote avec ses légumes, ses rondelles de citron et ses herbes aromatiques. Il planta sa fourchette dedans et en dégusta un morceau.

« Tu sais que tu es toi aussi à croquer, poulette ? »

« Vous êtes trop chou, M. Cobblepot ! »

Répondit la serveuse et s’éloigna. Oswald garda un œil sur le derrière de la fille et un sourire malicieux en coin jusqu’à ce qu’elle disparaisse de son champ de vision. Encore une fois, il reporta son attention devant lui, là où se trouve ce docteur. Sa simple vue rendit le goût du poisson moins appétissant et le regard déçu du Pingouin se changea en "Vous êtes encore là, vous ?". Malgré tout, il se sentit valorisé par la petite remarque sur les professionnels du crime. Accompagné par un verre de vin blanc absolument fameux, Oswald engouffra une nouvelle bouchée de poisson dans son gosier.

« Si j’ai bien compris votre raisonnement, vous pensez devenir un hors-la-loi après avoir traités des fous et je serai votre mentor ou plutôt votre guide dans cette matière. Hmm… C’est une histoire de fou ! »

Plaisanta t-il en dévoilant toutes ses petites dents blanches. Le colossal videur eut un sourire amusé en entendant ce jeu de mot.

« En soit, c’est comme si un dératiseur spécialisé dans l’extermination des blattes demande à un rat d’en devenir un. C’est ridicule ! Vous n’avez pas les épaules assez fortes pour cela ! Au mieux, je peux vous donnez l’air présentable en vous offrant une nouvelle coupe de cheveux et un costume plus seyant. Par contre, vous pouvez avoir une araignée dans le plafond si ça vous chante ! Dans ce cas, je ne peux rien pour vous. Je suis parfaitement sain d’esprit ! »

Rajouta t-il en tapotant sa tempe avec son index et son majeur. Le Pingouin reprit une nouvelle bouchée du poisson en papillote et observa l’immense noir avec mécontentement.

« Dis-moi, Bossworth. Est-ce que je parle intelligemment ? Ou alors je parle dans une langue qui t’es inconnue ? Un cheveu sur la langue peut-être ? Non ? Tu es sûr ? Alors qu’est-ce que tu ne comprends pas dans "Je ne veux être dérangé sous aucun prétexte !" ? Je ne veux voir personne ! Ce n’est pas compliqué ! Et quand je dis personne, cela inclut aussi les cul-terreux à moitié cinglé !! Je te demande d’agir, pas de réfléchir aux possibilités métaphysique de ce que je dis ! »

Son petit poing potelé s’écrasa rageusement sur la table ce qui fit trembler le service de table. Il avait parlé, disons plutôt grogné, fortement mais personne de la salle ne sembla l’avoir remarqué. Il est en quelque sorte le fils pourri gâté d’un homme puissant qu'on préfère ignorer même lorsqu’il casse tout par caprice afin de ne pas s’attirer sa colère. Le client est roi et Oswald est le monarque de la clientèle du Taj Mahal. Les convives poursuivirent leur repas calmement, le groupe de jazz continuait de se déchainer et les serveuses n’avaient pas cessées de roucouler.

« Toutes mes excuses, M. Cobblepot ! Cela ne se reproduira plus, M. Cobblepot ! »

L’une des grosses mains du videur se referma sur le col de chemise de Jonathan et le souleva presque sans effort de son siège. Le Pingouin salua le Doc’ s’en allant de force et lui dit :

« Tous mes hommages à vos bovidés ! Bon vent ! »

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MessageSujet: Re: Minuit à Gotham [Pingouin]   Dim 1 Jan - 12:06

Les paroles de l’aristocrate étaient particulièrement blessantes pour Crane. Il écoutait livide pendant que ses poings serraient la nappe avec nervosité. Il y avait une morgue, une arrogance et un mépris venant du Pingouin qui renforçaient l’allure aristocrate de son apparence. Crane se demandait s’il avait bien affaire à un criminel vu son excentricité. Alors qu’il était soulevé brutalement par le séide de Cobblepot il trouva sa dernière échappatoire : exploiter l’orgueil et la vanité de son interlocuteur.

" Il y a un élément que vous ignorez encore : ma cible. "

Bossworth le souleva complétement comme pressé d’en finir.

" Voulez-vous vraiment être un gagne petit, une petite frappe parmi d’autres qui ne fait que picorer les miettes que Falcone veut bien vous laisser ? Alors que vous avez la possibilité de devenir LE criminel en vue de Gotham City."

Bossworth l’empoigna par le cou de ses vastes mains pour le faire taire, Crane étouffa, Bossworth s’éloigna de la table et Crane luttant pour respirer essaya de coasser le nom alors que sa vision se troublait et que la silhouette du Pingouin s’éloignait de lui. Dans un effort surhumain il parvient à le dire, personne ne l’entendit dans le club à cause de l’orchestre de jazz, mais le Pingouin l’entendit nettement. Crane glapit en suffocant :

" Wayne Enterprise ! "

Et Bossworth stoppa et le relâcha aussitôt comme si le Pingouin le lui avait ordonné d’un geste. Crane s’écroula au sol en recherchant l’air, il était en sueur, il toussa, se redressa en fixant Cobblepot, les clients qui avaient assisté à cette courte altercation tournaient la tête gênée comme s’ils n’avaient rien vu.

Le lendemain

La limousine luxueuse à châssis long d’Oswald Cobblepot venait de quitter le pont autoroutier à l’ouest de Gotham et s’enfonçait dans les friches autours de la ville en passant par des sentiers paumés. Ils passèrent devant des cahutes misérables en papier goudronnés. Crane, les mains jointes ne faisait pas attention au panorama et fixait son nouvel associé d’un regard de psychiatre.

" Le système de sécurité de Wayne Enterprise est l’un des plus aboutis de la ville, il n’y a que la banque ou le Gotham Museum à être plus surveillés (si on mets de côté l’asile d’Arkham). Capteurs, lasers, caméras, service de gardes munis de 45 automatiques, de tonfas et de tasers électriques ainsi que d’aérosol lacrymogène. Un véritable dédale de couloirs volontairement labyrinthiques afin de donner du fil à retordre au visiteur indésirable entré par effraction. Plus de 80 étages avec des chambres fortes, des alarmes et des portes blindées en acier renforcé à divers endroit stratégiques. Je m’en remets entièrement à vos... outils si je puis dire pour nous frayer un passage à travers les diverses serrures. "

Crane était vêtu d’un costume 3 pièces marrons minables qui lui donnait une allure particulièrement misérable comparé à l’accoutrement du Pingouin. La limousine passa devant un panneau en bois à l’entrée d’une propriété grillagée indiquant :

CHIENS PITS

La limousine entra et se gara devant un ensemble de baraques en bois vieillit et en parpaings entourés de fil de fers barbelés. Il y avait 3 cours en terre battue jonchées d’arbres écroulés, de vieux pneus et de cabanes pour chiens. Dans chaque enclos il y avait des pitbulls trapus et musculeux, plusieurs portées.

" Voyez-vous Oswald, cette société à tout prévu, sauf une chose : une attaque généralisée de bêtes sauvages. Elle n’a aucuns plans de secours, aucun système de sécurité adapté à ce genre d’intrusion. Voilà le point faible. "

Bossworth sortit le premier, les chiens aboyèrent avec furie en le voyant, il ouvrit la portière au Pingouin, les chiens se ruèrent jusqu’aux barbelés en grognant dès qu’ils virent le nain en haut de forme. Crane sourit de façon sinistre devant les molosses à la mâchoire lourde et aux jarrets musclés. Leurs aboiements étaient des claquements de morts.

" Le chien que vous êtes en train de regarder a gagné 16 combats ! Un record, je suis le meilleur éleveur de Gotham pour les combats clandestins d’animaux. "

Crane se retourna vers le propriétaire des lieux, un homme obèse à salopette qui se tenait sur le pas de la porte de sa maison. Il s’avança lourdement dans la cour.

" Vous êtes à la recherche d’un pit de qualité ? "

" Oui… "

Jonathan tendit sa main vers un enclot, les bêtes sautèrent sur le grillage pattes en avant.

" Lequel vous voulez acheter ? "

" Tous. "

" Quoi ?! "

" Oui, je les veux tous jusqu’aux derniers, Mr Cobblepot va vous faire un chèque. "



Une semaine plus tard

Crane avait installé ses enclos de fortunes dans une décharge de la zone industrielle de Gotham City, il avait enfermé les chiens en solitaires. Il les avait affamés, il avait acheté la seule femelle en chaleur et l’avait fait parader devant les cages pour les rendre cinglé. Il leur avait mis des muselières, leur avait ligoté des pattes, leur avait mis des étuis de contentions autours du sexe et leur avait ligaturé les testicules. Il avait pris du sang de menstrues de chiennes pour l’étaler sur leurs museaux jusqu’à ce que ça leur devienne nourriture et passions : le sang. Cobblepot lui avait obtenus un cadavre, Crane l’avait déposé dans la cour et l’avait saigné avant de lâcher les bêtes, ils l’avaient dévoré tout cru.

L’ex-psychiatre avait appelé le Pingouin au téléphone :

" Oswald ? Cher ami, j’ai d’excellentes nouvelles à vous annoncer, le « chenil » sera bientôt près, il serait peut-être temps de fixer une date pour notre visite de courtoisie au gentleman Bruce, que diriez-vous de la nuit de vendredi à samedi ? Mes petits enfants sont particulièrement déchainés, ils dévoreront ces pauvres gardiens d’entreprises et ne laisseront que les os. Je leur aie fait un lavage de cerveaux de ma conception, ils sauront bientôt atteint par une faim de chair humaine insatiable. Et sinon de votre côté ? Ou en est la « volière » ? J’espère que vos enfants excelleront dans la dévastation prévue. "

Wayne Enterprise, minuit

Le gardien lisait un magazine et buvait des gorgées de son café tout en baillant. Il était assis devant un moniteur de caméras affichant des vues extérieurs de l’immeuble comme l’entrée des parkings souterrains ou les différentes portes à chaque coin des halls d’accueils. Il s’émerveilla en voyant un aigle majestueux passer dans le champ d’une caméra suivis d’un hibou. Puis il vit un groupe de hibou passer juste derrière. Ensuite un parapluie apparut pointé vers l’une des caméras puis un à un, les écrans du moniteur de contrôle s’éteignirent. Le gardien se leva brusquement, prit la lampe torche à sa ceinture et se mit à courir en hurlant dans son talkie-walkie :

" Y’a un truc bizarre à l’entrée sud ! Appelez le service technique et faîte venir l’équipe n° 3 ! "

Dehors un gardien qui faisait sa ronde devant les statues géantes en bronze de Thomas et Martha Wayne lui répondit dans son oreillette

" L’entrée sud ? Mais j’y suis et je ne vois rien et… "

Il sentit un choc sourd sur sa veste, du guano venait d’y atterrir. Il leva les yeux au ciel, il vit une nuée d’oiseaux perchée sur les statues des parents martyrs de Bruce Wayne.

Dans le parking souterrain un gardien s’avança en grommelant, cette alerte venait de le déranger, il regardait son feuilleton télé préféré dans le bureau de sécurité du parking et il allait manquer la fin. La barrière d’entrée fut soudainement défoncée par l’arrivée d’un gigantesque camion de livraison qui s’arrêta sur le quai de déchargement de la société.

" Une livraison à cette heure-ci ? Mais c’est impossible, les fournisseurs n’ont pas le droit de venir avant 5 heures du matin ! "

Bossworth descendit de l’habitacle et mit un sifflet dans sa bouche. Le gardien pointa son arme vers lui.

" Halte ! Qu’est-ce que vous foutez ici ? "

Bossworth qui n’en tenait même pas compte se dirigea calmement vers la porte du camion tout en émettant des coups de sifflets. Un grondement sourd se fit entendre dans le véhicule, des aboiements, des hurlements. Il ouvrit les portes, les pitbulls jaillirent par dizaine, la bave aux lèvres, les yeux injectés de sang et poussant des grognements bestiaux. Le gardien hurla en ouvrant le feu, les molosses bondirent sur lui et lui arrachèrent le visage à coup de dents.

Au 34éme étage les gardiens se ruaient dans l’armurerie et enfilaient à la va vite des gilets par balles et prenaient des M-16 sur les râteliers. Un de leur talkie-walkie grésilla et la voix ignoble de Jonathan Crane se fit entendre :

" La peur n’est pas seulement une émotion, c’est un instinct de survie, la peur est un mécanisme primaire, un stimulus spécifique au danger et à la douleur, elle survient lorsque vous percevez une menace que vous ne pouvez fuir, que vous ne pouvez arrêter… "

L’un des gardes empoigna le talkie-walkie d’une main tremblante et hurla dedans :

" Qu’est-ce que ça veut dire pauvre dégénéré ?! "

" Ça veut dire que… j’arrive… "

" Vite ! A l’ascenseur ! Il s’amène ! "

Ils se ruèrent au pas de charge dans le couloir, sursautèrent devant la baie vitrée et ouvrirent le feu lorsqu’une nuée d’oiseaux de proie passa devant en volant vite. Puis ils se postèrent en position de tir face à l’ascenseur. Nerveusement ils attendirent en silence que le « ding » se fasse entendre et que les portes s’ouvrent. Des pitbulls en sortirent et se ruèrent sur eux. Ils les fauchèrent en une seule salve de tir puis effrayés face aux cadavres des bêtes devenus folles, ils prirent la fuite en courant. 15 minutes plus tard la porte de la cage d’escalier s’entrouvrit, Crane jeta un œil et avança à tâtons en enjambant les corps sans vie de ses fauves. Il était vêtu de son costard sans goût et portait une lourde sacoche en bandoulière. Il ramassa un talkie-walkie tombé à terre et testa les fréquences des gardiens de chaque étage :

Etage 23 : OUAF OUAF !!! AH NON pitié !!! NOOOOON !

Etage 16 : On va se les faire ! Vous m’entendez ! Faîtes venir l’équipe 6 et dîtes leur de prendre les fusils à pompes à l’armurerie !

Etage 42 : (détonation de tir) " Vous avez vu ce que j’ai fait à votre collègue ? C’est ce qui arrive lorsque l’on se trouve sur le chemin de Mr Cobblepot. " (Cris de supplications et détonations de tirs)

" Dites donc Bossworth, c’est pas un peu finis ? Contentez-vous de les tuer, pas de raconter votre vie. "

" Je ne reçois d’ordres que de Mr Cobblepot. "

Etage 27 : Dickins ! Laisse-nous entrer dans la chambre forte ! Y’a des corbeaux ici ! Ils sont en train de bouffer les yeux des cadavres de l’équipe 4 mais quand ils auront finis ils vont nous bouffer NOUS, alors pour la dernière fois mon petit OUVRE CETTE PORTE !

Etage 38 : Chef, on peut pas aller dans la cage d’escalier, y’a un pitbull qui nous barre le passage et on ne peut pas aller vers l’ascenseur, y’a un aigle qui nous barre la route, alors on fait quoi ? Ah bon ? On attend les renforts ?

Etage 52 : " Pitié ! Je ne vous ais pas vu ! Je n’ai pas vu votre tête, regardez je mets mes mains sur mon visage, je n’ai été témoin de rien ! Je ne pourrais pas donner votre signalement à la police, alors par pitié laissez-moi partir ! J’ai 5 enfants à charge et… " (Bruits d’oiseaux) " NON NON NOOON !!! AAAAAHHHH !!! " (Bruits d’oiseaux) " Whak Whak Whak !!! "

" Oswald ? C’est vous ? Vous tombez bien, je reviens du 33éme étage, j’ai vu votre Condor géant surgir dans le service du personnel en défonçant les vitres. Il a attrapé un gardien et s’est envolé dehors en le projetant dans le vide, je croyais qu’il était convenus que votre oiseau s’occupe des 20 derniers étages et non des premiers. C’est assez la pagaille comme ça alors évitons d’improviser même si vous êtes dans votre élément « artistique » et que vous avez envie d’innover. Bien, on se retrouve au 64éme étage comme convenus. Surtout évitez de faire gicler le sang des gardes sur vos effets, mes chiens en sont fou et pourraient vous prendre pour l’un des repas présent dans l’immeuble. "
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MessageSujet: Re: Minuit à Gotham [Pingouin]   Jeu 19 Jan - 15:44

Le psychologue rachitique se faisait emmener de force par cette armoire à glace qu’est Bossworth mais luttait avec l’énergie du désespoir pour convaincre le Pingouin d’adhérer à son projet. On avait l’impression d’avoir changé d’époque, d’avoir atterrit dans le château d’un puissant monarque qui repousses les supplications d’un pauvre paysan et qui continue d’implorer sa bonté alors que les gardes l’emmène à la porte. Ce bougre ne s’avoua pas vaincu et compara le Pingouin à un simple gagne petit. Sans même le regarder, Oswald fit signe à Bossworth d’accélérer le mouvement pour ne plus avoir à supporter ses braillements. Une charmante serveuse remplit son verre de vin blanc qu’il se mit à boire lorsqu’un mot qu’il honnit par-dessus tout lui parvint. Il s’étrangla à moitié et recracha une partie de son verre. La serveuse lui tapota dans le dos et vu sa réaction, Bossworth cessa d’emmener le psychiatre de force.

« Ici ! Koff koff !! »

Ordonna t-il en indiquant sa position comme s’il s’agissait d’un chien. Le mot Wayne venait de faire mouche. S’il y a bien une personne ou plutôt un nom de famille ayant une forte rivalité avec la sienne, c’est la famille Wayne. Pourtant ce ne fut pas le cas lorsque les deux familles se rencontrèrent. Ils étaient les pères fondateurs de Gotham et si aucune animosité à l’égard des Cobblepot ne provient de Bruce Wayne, la situation est tout autre du côté d’Oswald. Il le hait, il hait tout ce que les Wayne possèdent. Tout ça parce que ces riches et puissantes familles ayant été sur le même pied d’égalité il y a un siècle, ne le sont plus désormais. Oswald a frôlé la pauvreté et le nom des Cobblepot a été oublié contrairement aux Wayne. Oswald est petit, faible, gros, laid et ayant eu une enfance difficile alors que Bruce Wayne est jeune, beau, fort, adulé et possède un charme certain auprès des dames. Autant de différences flagrantes qui font fortement jalouser le dernier des Cobblepot. Lorsque Crane reprit place à table, les deux hommes suffocants et reprenant leur souffle purent débattre du sort de la société du jeune milliardaire.

« Je… kof … vous écoute. »



Le lendemain

Les deux hommes avaient longuement discutés de la proposition faite par le Docteur Crane. Ce dernier semblerait connaître le building de Wayne Enterprise dans ses moindres détails et s’associer avec le Pingouin pour le piller. Les connaissances du psychologue combinées avec les compétences du cambrioleur contre l’un des systèmes de sécurités les plus redoutables de la ville. Même Oswald n’osa pas l’attaquer à cause de son inviolable réputation. Assurément, l’aristocrate fut réjouit d’avoir une telle occasion pour saigner à blanc le jeune Wayne et accepta le marché. Il fut d’autant plus enthousiaste en apprenant que son nouvel associé ne semble pas intéresser par l’argent. Le bonheur ! Il va pouvoir s’emparer des gros volumes d’argent liquide de la société, prendre sans vergogne les œuvres d’arts qui y sont entreposées et tout saccager pour satisfaire ses besoins vengeurs.

N’étant visiblement pas capable de se payer le moindre ticket de transport, Crane lui demanda de l’accompagner à l’extérieur de la ville pour la réussite de l’attaque. Le Pingouin n’osa pas refuser cette demande de peur de perdre sa nouvelle poule aux œufs d’or. Le psychologue a l’air d’un pouilleux mais l’appât du gain qu’offre le pillage de Wayne Enterprise lui donne un éclat surnaturel. Oswald avait orchestré de nombreux cambriolages et avec l’argent reçu de ses forfaits, il put commencer à mener de nouveau la grande vie. Pour ce faire, il engagea une entreprise de rénovation pour refaire le manoir de sa famille, embaucha des domestiques et loua cette limousine de luxe. Ce n’est qu’un début et, si le pillage est un franc succès, il ne fait aucun doute qu’il pourra en acheter une voire plusieurs afin d’en avoir de tailles et de couleurs différentes. Le spécialiste des maladies mentales l’observa avec une telle intensité qu’Oswald eut l’horrible envie de s’allonger pour lui raconter son enfance malheureuse.

" Le système de sécurité de Wayne Enterprise est l’un des plus aboutis de la ville, il n’y a que la banque ou le Gotham Museum à être plus surveillés (si on mets de côté l’asile d’Arkham). Capteurs, lasers, caméras, service de gardes munis de 45 automatiques, de tonfas et de tasers électriques ainsi que d’aérosol lacrymogène. Un véritable dédale de couloirs volontairement labyrinthiques afin de donner du fil à retordre au visiteur indésirable entré par effraction. Plus de 80 étages avec des chambres fortes, des alarmes et des portes blindées en acier renforcé à divers endroit stratégiques. Je m’en remets entièrement à vos... outils si je puis dire pour nous frayer un passage à travers les diverses serrures. "

« Si, de votre côté, vous remplissez votre tâche. »

Lui rappela t-il dans l’éventualité qu’il ait oublié leur accord. La limousine s’engagea dans une espèce de bidonville situé de l’autre côté du fleuve et ayant le même aspect misérable que son allié. Oswald se demanda s’il ne désirait pas lui montrer sa famille. Arrivée à destination, les trois criminels sortirent du véhicule sous les aboiements féroces de pitbulls parqués dans des enclos. Un homme de la classe d’Oswald s’indigna physiquement par l’expression de dégoût qu’il fit en voyant le but de ce voyage.

" Le chien que vous êtes en train de regarder a gagné 16 combats ! Un record, je suis le meilleur éleveur de Gotham pour les combats clandestins d’animaux. "

S’exclama une voix visiblement ravie de voir des personnes de qualités. L’individu ayant fait cette remarque donna l’impression de sortir d’une poubelle ou d’en être né. En comparaison, le psychiatre ressemble à un lord anglais. Le gras personnage s’avança vers le trio et leur demanda :

" Vous êtes à la recherche d’un pit de qualité ? "

" Oui… "

Tandis que propriétaire des chiens s’approcha de Crane pour négocier la vente de l’un de ses molosses, Oswald et Bossworth firent aussi la connaissance de ces chiens mais légèrement plus en retrait. Malgré leurs aboiements ininterrompus, le Pingouin put écouter la conversation que les deux prolétaires eurent.

« Des pits de qualité ? Ça ? Tout ce que je vois, c’est une bande de bâtards dégénérés et galeux. »

Uniquement pour les mettre en rogne, Oswald utilisa le pommeau de son parapluie pour taper frénétiquement sur la barricade le séparant des molosses. Ce faisant il fit du bruit qui, ajouté aux aboiements redoublés, couvrit les paroles du maitre chien et de Crane. D’une voix railleuse, Oswald disait :

« Vous prétendez être des bêtes féroces ?! Attaquez-moi si vous le pouvez ! Montrez-moi que vous n’êtes pas des caniches à sa mémère ! Ce n’est pas une palissade de clochards qui devrait vous stopper ! »

Il poussa le vice en piquant les chiens avec la pointe de son parapluie.

« Ça t’énerve, hein ?! Tout ce qu’on sait faire c’est aboyer et baver, n’est-ce pas ? Tiens… Bossworth ? »

« Oui, monsieur Cobblepot ? »

« Regardez ce chien. Celui là ! Le gros noir à poil ras. Vous savez à qui il me fait penser ? »

« Euh… non. »

« A vous. »

Bossworth ne sut pas quoi répondre à une telle remarque. Il ne savait pas s’il s’agissait d’un compliment en le comparant à l’une des races de chiens les plus masculines et redoutables qui puisse exister ou s’il s’agissait d’une insulte visant à montrer qu’il n’est qu’un sale clébard pouilleux. Que faire ? Mettre une raclée au Pingouin et perdre son boulot grassement payé ? Ou perdre sa fierté en le remerciant ? Il remercia le ciel lorsque le bedonnant propriétaire des chiens lui sauva la mise en s’approchant d’eux.

« Alors ? Qu’est-ce que le mou du bulbe vous voulez ? »

« Vous voulez parler de votre ami ? »

« Ai-je l’allure d’un homme fouillant les bennes à ordure ? »

« Non ! Bien sûr que non !! »

« Vous avez votre réponse. Et qu’en est-il de la mienne ? »

« Oh… il m’a acheté tous les chiens ! C’est une excellente affaire ! Je n’ai jamais dressé de meilleurs chiens de fosse de toute ma vie ! »

« Tous ? Vous plaisantez ?! A part vous payer en nature, je ne vois pas comment il compte régler la note. »

« Il m’a dit que c’est vous qui preniez en charge le paiement. »

« Kwhah ?! »



La semaine suivante

" Oswald ? Cher ami, j’ai d’excellentes nouvelles à vous annoncer, le « chenil » sera bientôt près, il serait peut-être temps de fixer une date pour notre visite de courtoisie au gentleman Bruce, que diriez-vous de la nuit de vendredi à samedi ? Mes petits enfants sont particulièrement déchainés, ils dévoreront ces pauvres gardiens d’entreprises et ne laisseront que les os. Je leur aie fait un lavage de cerveaux de ma conception, ils sauront bientôt atteint par une faim de chair humaine insatiable. Et sinon de votre côté ? Ou en est la « volière » ? J’espère que vos enfants excelleront dans la dévastation prévue. "

« J’apprenais à mes oiseaux à former les rangs alors que vous n’étiez même pas né ! Quant à la volière, elle est prête. Elle l’a toujours été ainsi mais pour les besoins de notre coopération, je l’ai agrandit avec les volatiles du Robinson Park. Aucun oiseau ne me résiste !! »

Debout au milieu de l’immense serre en verre de la famille des Cobblepot, Oswald admirait ses petits protégés affairés dans leurs mangeoires de graines, déchiquetant de leurs bec crochus la carcasse d’un lapin ou gobant des souris décongelés. Des centaines d’oiseaux de tailles et espèces diverses prenaient leur repas sous le regard admiratif et malicieux de leur maitre incontesté. Le Pingouin aime ses oiseaux, ce sont ses seuls véritables amis d’enfance et il prend soin d’eux même lorsque l’argent commença à manquer. Ils ont toujours droit à leur part de nourriture… même pour le trou noir budgétaire qu’est le Condor des Andes pour le nourrir. C’est un charognard, il n’a donc aucune restriction sur la qualité de la viande et même s’il s’agit du plus gros oiseau volant du monde, il ne devrait pas avoir un appétit d’ogre. Malheureusement, il se pourrait bien qu’Oswald ait acheté cet oiseau il y a dix ans et l’a exclusivement nourrit avec de la viande bourré de pilules d’hormones de croissance. Avec un tel traitement, cet énorme vautour sud-américain à presque doublé de volume. Alors qu’un condor adulte dépasse à peine le mètre zéro, celui-ci est légèrement plus haut que le Pingouin. L’énorme charognard poussa un puissant jabotement pour inciter Oswald à le nourrir une fois de plus.

« Vous avez entendu ça, Doc’ ? Tripe vous a dit bonjour ! Vous aurez l’occasion de le voir à l’œuvre pour vendredi soir. Au revoir. »



Le soir même du cambriolage

Après que Bossworth l’ait déposé au coin de la rue, le Pingouin s’avança paisiblement vers l’imposant bâtiment de Wayne Enterprise. Ses volatiles forment des nuages opaques et rapides dans ce ciel nocturne de pleine lune. Cette nuit leur appartient. Oswald abattit les caméras de sécurité installées sur la façade pour donner le champ libre à ses coéquipiers. Le véhicule s’enfonça dans les profondeurs souterraines sous le regard amusé du gentilhomme nain qui leva ensuite les yeux vers le ciel.

« A la soupe, mes petits ! »

Son parapluie-hélicoptère se déploya et le Pingouin prit son envol. Des nuées de vautours, pies, aigles, éperviers, hiboux, chouettes, corbeaux, buses, pigeons, faucons, mouettes et autres oiseaux aux ordres du criminel passèrent à l’attaque. Les plus gros d’entres eux se trouvant à la tête de ces escadrilles d’emplumés portent une balle de billard qu’ils projetèrent violemment contre les vitres du building jusqu’à qu’elles se brisent. Dès lors tels un raz de marée de sauterelles envahissant un champ agricole, les volatiles s’engouffrèrent dans les locaux et s’attaquèrent aux malheureux gardes se trouvant sur leur sillage. Quant à Oswald, il prit lui aussi l’une de ces entrées improvisées et plus précisément celui du 52ème étage. Les gardiens ne purent rien faire contre ces bourrasques de plumes leur donnant des coups de serres et de becs sans interruption. Les charognards et rapaces mangeurs de chairs se mirent à festoyer tandis que les simples mangeurs de rongeurs, de graines ou de poissons se posèrent sur le mobilier.

« Qui a dit que le travail de nuit était d’un ennui mortel ? Whah whah whah !! »

Une voix grésilla à travers le talkie walkie d’un cadavre et crut reconnaître son nom. La voix désincarnée de son nouvel allié donna une touche encore plus macabre au milieu du croassement et cris d’oiseaux dévorant le corps sans vie du garde.

" Oswald ? C’est vous ? Vous tombez bien, je reviens du 33éme étage, j’ai vu votre Condor géant surgir dans le service du personnel en défonçant les vitres. Il a attrapé un gardien et s’est envolé dehors en le projetant dans le vide, je croyais qu’il était convenus que votre oiseau s’occupe des 20 derniers étages et non des premiers. C’est assez la pagaille comme ça alors évitons d’improviser même si vous êtes dans votre élément « artistique » et que vous avez envie d’innover. Bien, on se retrouve au 64éme étage comme convenus. Surtout évitez de faire gicler le sang des gardes sur vos effets, mes chiens en sont fou et pourraient vous prendre pour l’un des repas présent dans l’immeuble. "

Sans même prendre cette radio ensanglanté, Oswald, les mains jointes sur le pommeau de son parapluie, répondit :

« On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs, Docteur Maboule. Et ne me dites pas ce que je dois faire. Je suis le professionnel, pas vous ! »

Oswald esquiva les mares de sang entourant les macchabées pour éviter une éventuelle rencontre avec les canidés du péquenot de même que les fientes en constante augmentation réjouissant le Pingouin en imaginant la tête de Wayne en voyant les frais de nettoyage. De loin, il entendit de nouveaux hurlements résonnant dans les cages d’escaliers signifiant une nouvelle et tragique perte en vie humaine. Par contre, aucun moyen de savoir s’il s’agissait de l’œuvre d’un chien ou d’un oiseau. De toute manière, Oswald n’a pas envie de faire douze étages à pieds et appuya sur le bouton de l’ascenseur. Surprise ! En s’ouvrant, l’ascenseur dévoila trois chiens autour d’un cadavre affreusement mutilé. Deux pits se disputaient un bras en grognant méchamment tandis que le troisième leva ses yeux injectés de sang vers lui. La bête devenue folle à cause du traitement de Crane ouvrit sa gueule d’où coula un mélange de bave et de sang.

« Hmm… les escaliers, c’est bon pour la santé. »



Douze étages plus tard

Oswald respira aussi puissamment qu’un taureau de compétition et s’adossa contre un mur pour reprendre son souffle. Douze étages, c’est trop dur pour lui. Il faut qu’il trouve un parapluie pour grimper facilement les escaliers ou qui possède des roulettes. Ce serait pratique. Après ce bref repos, il s’avança de quelques pas et entendit le cri d’un rapace un peu plus loin. Il pressa le pas et arriva dans le large couloir où se trouvent des chaises pour les personnes patientant d’être convié dans le bureau de Bruce Wayne. Une petite baie vitrée totalement brisée laissa passer un léger vent glacé. Devant lui, le corps d’un garde dans lequel son condor des Andes vient d’engouffrer sa tête chauve dans le ventre béant de l’homme. Pourquoi les vautours sont chauves ? Parce qu’ils mettent leur tête dans les cadavres et qu’ils sont incapables de se nettoyer la tête alors ils n’ont pas de plumes sur leur tête pour résoudre ce problème. L’énorme charognard ressortit sa tête du ventre en extirpant des boyaux.

« Non ! Tripe ! Tu n’as pas le droit de manger entre les repas et tu le sais !! Si tu deviens trop gros tu ne seras plus capable de voler ! »

Le condor pensa que le Pingouin s’approchant de lui volait lui voler son repas. Il battit ses ailes en piaillant fortement pour l’effrayer. Oswald dû ouvrir son parapluie et, tel un dresseur utilisant une chaise devant un fauve, le força à reculer. Le gros charognard géant fit demi-tour, courut maladroitement et, passant à travers le trou de la petite baie vitrée, déploya ses ailes pour planer.

« Crâne de piaf… Je me demande où en est le Docteur Maboule. »

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MessageSujet: Re: Minuit à Gotham [Pingouin]   Dim 5 Fév - 11:12

Crane entra dans un autre ascenseur et se dirigea vers l’étage où se situait son obèse d’associé. La cabine dans lequel il se situait, était extérieur à l’immeuble et offrait une vue imposante de la ville plongée dans la nuit à travers ses baies vitrées au fur et à mesure qu’il montait. Il apercevait chacun des bâtiments les plus notables de la cité comme l’hôtel de ville. La tour Wayne était bien le plus haut point de Gotham City. Son ascension était accompagnée comme c’est souvent le cas dans les ascenseurs par une petite musique d’accompagnement futile et joyeuse qui cadrait très mal avec les horreurs sanglantes qui se déroulaient dans l’immeuble. Il sortit et marcha d’un pas vif sur la moquette gris clair, pressé d’arriver jusqu’au point de rendez-vous. Crane arriva dans le dos du Pingouin juste au moment où celui-ci s’interrogeait pour savoir où il se trouvait. C’est avec grand déplaisir qu’il entendit le déplorable surnom dont l’avait affublé Cobblepot. Crane enfila des gants de chirurgien en caoutchouc et les fit claquer sur ses poignets en les mettant pour attirer l’attention de son comparse.

" Le Docteur s’apprête à opérer, mais pour vous Oswald, ce sera sans anesthésie si vous m’appelez encore de cette façon ! "

Ils entrèrent dans un autre ascenseur, réservé aux cadres VIP de la société et montèrent dans les 20 derniers étages, ceux réservé à la direction de Wayne Enterprise. Il arrivèrent au dernier étage ; celui dévolu à Bruce Wayne, le plus haut point de la ville, là où travaillait l’homme le plus riche et le plus puissant de Gotham, un lieu dont la vue époustouflante donnait sans doute à son propriétaire l’impression d’être Zeus au sommet de l’Olympe en train de présider aux destinées de la ville et des simples mortels en dessous.

Crane scruta le couloir, désert et silencieux. Il s’approcha de la porte du secrétariat puis sortit un pied de biche de sa sacoche, il le fit glisser entre le mur et l’intersection de la porte et appuya dessus de toutes ses forces, le visage convulsé, il se mit à suer et à s’essouffler, puis se rendant compte qu’il n’y arriverait pas, qu’il n’était pas assez fort et trop frêle physiquement pour arracher la porte, il se tourna vers le Pingouin.

" On aurait dû amener Bossworth, nous sommes dans l’impasse, dîtes moi, avec votre parapluie, est-ce que par hasard ?... "

Ils entrèrent dans un endroit encore plus obscur que le couloir précédent. Crane chercha à tâtons un interrupteur dans une sorte de grande salle d’accueil avec un bureau de secrétaire. Il éclaira la pièce et subitement face à eux, un grand portrait de Thomas et Martha Wayne s’illumina. Le couple rayonnait sur le mur, il semblait prospère, heureux et satisfaits. Crane ne s’attarda pas et se dirigea prestement vers le bureau de Wayne il n’alluma pas la lumière car un Zeppelin passait lentement à proximité et avec ses projecteurs éclairaient l’étage. Les lumières jouèrent sur les meubles en chêne verni. Un diplôme de médecine était encadré au mur, celui de Thomas Wayne, encore un vestige de l’ancien maître de Wayne Enterprise qui était conservé. Les lumières du Zeppelin se déplacèrent et firent apparaître des étagères innombrables. Crane curieux s’approcha des rayonnages. Ils étaient bourrés de livres médicaux reliés en cuir mais aussi d’ouvrage de criminologie, de livres de chimies et autres. Crane marcha à côté du bureau de Wayne qui était en bois sculpté. Il caressa de ses mains en caoutchouc le dossier du fauteuil en cuir noir du PDG. Il pensa subitement au coffre et se mit à palper les murs s’arrêtant pour arracher les cadres et les peintures qui agrémentaient le bureau. Il souleva un énième tableau et tapa dans le mille. Il cogna violement contre la cloison lorsqu’il se rendit compte qu’il s’agissait d’un coffre plus robuste que la normal avec une étiquette indiquant : Ultimate Armbuster double blindage. Cramponné à la poignet du coffre comme s’il se refusait à la lâcher maintenant qu’il était prêt du but, il se tourna vers Pingouin.

" Oswald, à vous jouer, nous y sommes enfin. Voyons si votre parapluie peut mettre Wayne échec et mat. "

Lorsque la porte fut enfin ouverte, Crane s’y précipita avidement et fut déçu du résultat. Des piles de chemises en papier kraft, des étiquettes dactylographiées indiquant des noms de criminels. Crane en déchira quelques-unes et vida rageusement les feuillets sur le sol tout en les piétinant et en lisant à la va vite.

" Que des noms de mafieux, soit des Falcones, soit des Maronis, mais enfin pourquoi l’homme le plus riche de la ville s’intéresse à la Mafia ? Pourquoi fait-il surveiller tous ces gens ? Sans doute des perspectives de contrat illégal et lucratif avec eux. "


Le zeppelin qui avançait lentement se mit soudainement à braquer ses projecteurs vers l’immeuble avec insistance comme s’il cherchait quelque chose de suspect, au loin d’autres zeppelin de la police arrivaient dans leur direction. Le ballon dirigeable fit retentir une sonnerie d’alarme stridente semblable à celle qu’on entendait pendant la seconde guerre mondiale pour prévenir les villes d’un bombardement imminent.

" Ah les renforts de police, ils en ont mis du temps, direction le 48 éme étage pour les labos et surtout la chambre forte ! Il n’y a rien de valeur ici. "

Lorsqu’ils revinrent dans le couloir, l’ascenseur s’ouvrit face à eux. Un seul gardien dans un uniforme sanglant approcha l’écume aux lèvres tout en pointant son revolver.

" Malédiction ! Il y en a un qui a réussi à échapper aux chiens ! "

Crane se rua vers la porte des escaliers de services tout en bousculant Cobblepot, les deux criminels jouèrent des coudes pour être le premier à passer la porte et à échapper à la réplique de leur ennemi. A peine avaient-ils refermé la porte que 6 balles la traversèrent et ricochèrent dans la cage d’escalier. Crane se ruait sur les marches sans se retourner en criant au Pingouin :

" Faîtes venir l’une de vos bestioles pour nous couvrir ou pour le dégommer ! Il ne va pas nous lâcher ! "

Ils dévalèrent tous les étages de cette façon jusqu’à leur destination. Crane dégoulinait de sueur. Il marcha essoufflé vers les labos. Il s’adossa contre un mur dans une salle de repos des scientifiques. Il resta hagard entre les tables et les machines à café. Puis apercevant une télé il l’alluma. C’est avec une désagréable surprise qu’il vit les caméras des journalistes filmer la Wayne Tower. Un convoi entier de commandos du SWAT approcha. Les portes des véhicules s’ouvrirent, déversant une foule innombrables de commandos armées de fusil à pompes calibre 12 et de pistolets mitrailleurs uzis.

" Un instant, qu’est-ce que… je croyais que… enfin que l’immeuble serait juste encerclé par une foule d’agents de polices en uniformes tremblants derrière leurs voitures qui n’oseraient pas entrer à l’intérieur de peur de se faire dévorer par les bêtes. "

Les commandos entrèrent et ouvrirent le feu sur les attaques provenant aussi bien des chiens que des oiseaux, les journalistes ne voulant pas manquer le scoop, les suivaient caméras au poing à respectable distance. Crane s’empara de la télécommande, d’une main tremblante il changea de chaîne. D’autres journalistes filmaient l’immeuble depuis un hélico. Des commandos descendaient en rappelle depuis des hélicos de combat blackhawk. Crane changea encore et encore de chaîne au bord de la panique. Il vit défiler les chaînes télés qui toutes montraient la seule et même chose, la progression inexorable des forces de l’ordre, abattant ses pit-bulls devenus fous.

" Il faut faire vite ! "

Il sortit de la salle de repos en 4éme vitesse et déambula en courant dans les immenses laboratoires en renversant au passage des éprouvettes et des becs bunsens. Il laissa au Pingouin le soin de se dépêtrer avec la chambre forte qui avait été placé au même étage car il était le plus sécurisé de l’immeuble à cause des labos. Son véritable objectif depuis le début était de s’emparer d’un matériel de chimie de pointe et d’un équipement pour parfaire sa panoplie d’Epouvantail, l’argent n’était que secondaire. Il entra dans un sas de décontamination et passa en revue les équipements anti-bactériologiques. Il saisit un masque à gaz sinistre et le leva au-dessus de sa tête en le tenant précieusement entre ses mains pour mieux l’admirer. Ensuite il ramassa gants de mailles, sangles et autres puis enfin se posta devant les postes d’injections. Il en arracha 5 seringues hydroponiques avec aiguilles de 5 centimètres. Des hauts parleurs grésillèrent dans tous l’étage :

" Nous continuons d’avancer, en fouillant étages par étages, ils ne peuvent s’échapper, ils sont à nous ! "

Crane commença à assembler les tubes et les sangles pour les relier aux seringues et commença à souder le tout sur le bracelet métallique qu’il avait prévu. Les haut-parleurs lourds de menaces continuaient de parler :

" Toutes les fréquences à l’écoute, les étages du service marketing de Wayne sont nettoyés, continuez d’avancer et dépêchez-vous avant qu’ils aient finis d’organiser leurs défenses ! "

Crane sortit son masque d’Epouvantail de sa sacoche et l’assembla avec le masque à gaz, à vrai dire son visage démoniaque de vieux tissus était encore plus effrayant avec le masque nouvellement ajouté que sans. Il pénétra dans les compartiments réfrigérés et déroba des souches de bactéries et divers produits toxiques indispensables à la conception de ses futures substances effroyables. Il les fourra dans son sac tout sourire, mais cela ne pouvait lui faire oublier la crainte de ce qui se rapprochait de l’étage.

" Que toutes les unités convergent vers les labos, c’est là que sont nos clients ! Les relevés infrarouges nous l’ont révélé ! N’oubliez pas ce qu’ils ont fait, abattez les si c’est nécessaire ! "

Crane s’enferma dans un compartiment expérimental avec baie vitrée transparente et s’attabla sur le plan de travail. Alors qu’il allumait les plaques chauffantes et fouillait dans son sac pour en sortir certaines substances et les verser dans les cristallisoirs ou les verres gradués, les commandos firent irruptions et se dirigèrent vers son compartiment en pointant leurs armes.

" Toi ! Sors de cette pièce immédiatement et mets tes mains sur la tête ! "

Crane les ignora, il mélangea sa toxine avec de l’ammoniaque et en sépara les fragments.

" Très bien, il refuse d’obtempérer, ouvrez le feu ! "

Ils vidèrent leurs chargeurs sur les vitres blindées, Crane imperturbable faisait bouillir l’eau et y ajouta de l’anhydride acétique. Il ne regardait pas les commandos autours et les balles qui étaient stoppés par la vitre à tout épreuve dans un grand vacarme, il avait trop peur, il se réfugiait dans la chimie, sa seule issue de secours, il doutait qu’il arriverait à temps à fabriquer l’un de ses composés ici. Seul espoir pour fuir les lieux. Son calme apparent cachait son angoisse.

" Tu veux jouer avec nous ? Parfait ! Placez les charges explosives ! "

L’un des SWAT commença à placer du C4 sur la porte du compartiment pendant que les autres continuaient de tenir Crane en joue même si cela était inutile à cause de la vitre hermétique aux balles. Celui-ci amena d’autres récipients et y prépara sa toxine en liaison avec le carbonate de sodium et la diacétylmorphine.

" Equipe Alpha, vous en êtes ou avec l’autre forcené ? "

" Il ne se laisse pas faire ! Il réplique, on a déjà deux morts ! "

" Il est armée ? "

" Oui ! "

" Avec quoi ? 45 automatiques ? Chevrotine ? 38 ? canon long ? Canon compensé ? M-16 ? "

" Euh… parapluie je crois. "

" Quoi ? Et vous ne l’avez toujours pas neutralisé ?! Mais qu’est-ce que vous foutez ! Coincez le bordel ! Vous voulez qu’on fasse tout le boulot à votre place ! "

Crane mélangea et mesura les doses avant de remplir l’une de ses grenades fumigènes artisanale avec le contenus atroce qu’il venait de fabriquer. Il le fourra dans sa sacoche juste au moment où ils firent exploser la porte. Crane en sortit avec son sac en suffocant. Ils le plaquèrent à terre sans ménagement et lui donnèrent des coups de crosses.

" Fouillez son sac ! "

" AAAAHHHH ! Je me suis piqué ! Mais il a foutus quoi dedans ? Regardez tous ces trucs, qu’est-ce que c’est que ce taré ! "

" Laissez-moi voir ! Ah oui, ça doit être un poseur de bombes ou bien un terroriste du style menace bactériologique. Il faut que la brigade de déminage fouille et neutralise ce sac, ne vous en approchez pas ! "

Les talkies-walkies continuèrent de grésiller.

" On le tient ! On a réussi ! "

" Vous l’avez neutralisé équipe Alpha ? "

" Oui mais il s’accroche au tas de lingot d’or de toutes ses forces, il veut pas sortir de là. MON DIEU ! Il vient d’arracher le nez de Wiggins et… "

" Mais maitrisez le ! Vous ne voyez pas que ce sont des déments ! "

Ils arrachèrent le costard de Crane pour vérifier qu’il ne planquait aucune arme ni aucune bombe. L’infortuné ex-psychiatre était désormais vêtu d’un caleçon et de chaussettes. Il se méfiait trop pour lui laisser autre chose sur lui, le soupçonnant des pires malversations, ce scientifique fou semblait capable de dissimuler n’importe quoi, que ce soit seringue ou autre.

" Appelez le commissariat, dîtes que nous avons neutralisé la menace, l’immeuble est sous contrôle. "

Un coassement lugubre se fit entendre dans les conduits de ventilations. Les SWAT se tournèrent et levèrent leurs armes. Le gigantesque condor défonça une grille assez grande pour le faire passer, l’une de celle qui ouvrait vers les cheminées de ventilation traversant l’immeuble comme un puits sans fonds. L’animal vola menaçant au-dessus des commandos puis disparut, mais pendant qu’ils levaient tous la tête et tiraient vers lui, Crane en avait profité pour s’emparer de son sac et fuir. Il se réfugia dans un sas de contention chimique et referma les portes en acier derrière lui. Les commandos lâchèrent des cris impuissants en constatant qu’il leur avait faussé compagnie.

" Mais c’est pas vrai ça ! On le tenait ! "

" Pas d’inquiétudes, il n’a aucune issue, il est fait comme un rat, on le tient ! Il sera assoiffé et affamé et finira par sortir "

Quelque part dans l’abîme

Jonathan dénudé était assis dans un coin, replié contre lui-même, les bras entourant ses jambes et son menton touchant ses genoux. Il tremblait. La lumière rouge artificielle utilisée en laboratoire illuminait le sas. Sur le sol grillagé il y avait juste son sac et son masque de criminel qu’il avait sorti et déposé à terre. Le masque était disposé d’une telle façon qu’il semblait le fixer du regard.

*Jonathan… *

« Tais-toi. »

*Tu as peur…*

« Oui »

*Tellement peur que tu n’as pas remarqué qu’ils avaient peur de vous eux aussi.*

Il ouvrit ses yeux et regarda le masque qui lui parlait

*Ils étaient effrayés par toi et le gros lard. Pourquoi ? Un rat de bibliothèque rachitique et un nain obèse de 50 ans, pourquoi des hommes de guerres armées jusqu’aux dents avaient-ils peurs de vous ?*

Crane ne clignait plus des yeux, il fixait le masque intensivement.

*Parce que l’on a peur de ce que l’on ne connait pas, de ce qui est inhabituel, de ce qui est improbable.*

Jonathan rampa à genoux vers son masque et tendit les mains vers lui.

*Ils pensaient trouver des mafieux en costard armani avec mitraillettes Thompson, ils vous ont trouvé vous, ils n’ont pas l’habitude, c’est nouveau pour eux tout comme ce déchainement de violence est nouveau pour toi. L’inconnu est là, regarde dans l’abîme, si tu regardes en elle, sache que l’abîme aussi regarde en toi, ils ne pourront pas échapper à la peur là dehors, on ne peut pas vaincre la peur.*

Jonathan saisit le masque et leva les yeux vers le ciel. Une gaine d’aération s’y trouvait. Il posa le masque sur sa tête, fouilla dans sa sacoche et en sortit son attirail. Une fois qu’il l’eut enfilé il parla à voix haute et se fit peur à lui-même car il avait la même voix que le masque, il parlait de la crainte sur un ton lugubre, affreux et désincarné. Il saisit sa grenade fumigène lourde de menace et la jeta en l’air, elle percuta la gaine d’aération et le souffle de l’enfer passa au travers.

Retour à la réalité

Les commandos encerclaient le Pingouin en le tenant en joue, leur chef hurla en direction de la porte en acier :

" Ouvre ! Ou bien on descend ton collègue ! "

Grand silence, ça n’avait pas l’air de marcher. Puis la fumée arriva, une fumée irritante avec une odeur chimique. Ils suffoquèrent tous en observant inquiet les 15 grilles de ventilations autours d’eux qui déversaient le gaz. La fumée cessa, mais malgré tout ils étaient plongés dans la brume, comme s’ils n’étaient tout à coup plus dans la tour Wayne mais… AILLEURS.


Les portes d’acier s’ouvrirent et l’enfer commença pour de bon.

L’Epouvantail se dressait les épaules voutés, tenant plus de la bête que de l’humain, des fumerolles infernales tourbillonnaient autours de son masque qui semblait cracher des cendres. La corde de pendu attaché autours de son coup évoquait tous les pires châtiments du monde. Sa tenue rapiécée de toiles et de cuir légué par les épouvantails de la ferme de son enfance inspirait le dégoût. Sa maigreur était atroce, on aurait dit la grande faucheuse en personne venue pour le supplice de la fin des temps. L’Epouvantail leva son bras dans leur direction. Une nuée de nuisibles de toutes sortes accompagna son geste comme une pourriture inconcevable. Ses doigts-seringues se plièrent et il les montra tous du doigt. Chacun se convulsa rien qu’à l’idée d’être désigné du doigt par la chose. Et ils prirent tous la fuite. Leur chef fut le seul à rester sur place, il s’approcha de l’Epouvantail en pointant son fusil à pompe.

" Au bout de la peur il y a l’oubli. "

Il leva le canon de son fusil vers la chose.

" Oublie ta famille. "

Il arma le chien.

" Oublie la joie et l’allégresse. "

Il posa son doigt sur la gâchette.

" Oublie qui tu es. "

Et l’Epouvantail pointa son doigt vers lui.

La vision de la seringue était si horrible, si terrifiante, si suffocante, si inadmissible, aucun être humain ne méritait d’être piqué par une telle chose. Bien qu’il ne fasse que le pointer du doigt, le SWAT trouva cet acte d’une répulsion extrême. Il entendit le cri qui résonnait dans son crâne, il savait que même s’il abattait l’Epouvantail, la vision abominable de la seringue serait pointée sur lui à jamais comme l’œil de Cain. Il fit donc la seule chose à faire pour faire taire le cri. Il oublia tout comme l’avait ordonné l’Epouvantail. Il retourna le fusil contre lui, le posa contre sa gorge et appuya sur la détente.

La détonation fit taire le cri définitivement.
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MessageSujet: Re: Minuit à Gotham [Pingouin]   Lun 13 Fév - 18:58

" Le Docteur s’apprête à opérer, mais pour vous Oswald, ce sera sans anesthésie si vous m’appelez encore de cette façon ! "

Cette voix désincarnée s’élevant derrière lui pendant ses songes accompagnés par le claquement sec des gants fit sursauter Oswald de surprise. Mécontent, il maugréa quelque chose entre ses dents en accompagnant son associé dans l’ascenseur. La boite d’acier suspendue dans le vide diffusa l’habituelle musique d’ambiance qui contrasta fortement avec le carnage des niveaux inférieurs. Arrivé au dernier étage, Oswald assista, amusé, aux tentatives du docteur Crane pour forcer la porte du bureau de Wayne. Avec son corps de phasme, comment peut-il même parvenir à soulever un pied de biche ? L’homme de science au corps dégingandé abandonna la lutte.

" On aurait dû amener Bossworth, nous sommes dans l’impasse, dîtes moi, avec votre parapluie, est-ce que par hasard ?... "

Le Pingouin soupira puis planta l’embout de son parapluie dans la serrure avant d’appuyer sur un bouton sur le pommeau. Un gaz verdâtre sortit de la serrure provoquant un léger sifflement corrosif. La poigné de la porte trembla quelques instants puis tomba au sol signifiant la mort de la serrure. L’embout du parapluie changea en une lame qu’Oswald planta dans l’embrasure de la porte et, d’un coup sec, l’ouvrit.

« Après vous, mon cher Watson. »

Railla Oswald, fort content de cette comparaison. Si le Docteur Crane est le célèbre médecin des romans d’Arthur Conan Doyle, l’aristocrate devient Sherlock Holmes. Le premier sert de gros bras et le second est le génie. Ironiquement, ce sont deux criminels sanguinaires qui sont à l’opposé de ces héros littéraires. De plus, la corpulence et l’ouverture de la porte donnerait le rôle du médecin au Pingouin. Mais peu importe. Oswald aime montrer qu’il est le chef, le cambrioleur qui, sans lui, rien ne serait possible et que Crane n’est que le guide de cette opération tel un aborigène indiquant la route à un illustre explorateur européen dans une contrée hostile. En entrant, il remarqua aussitôt le tableau du couple Wayne sénior et cette vision de personnes heureuses le mit en rogne.

« Quel mauvais sens du goût, ce rejeton Wayne. Je vais l’aider à redécorer cette piaule. »

Quelques mouvements de poignets suffirent à entailler le portrait avec la lame de son parapluie tel Zorro apprenant à signer son initiale à la pointe de son épée. Satisfait de ces modifications, le dernier des Cobblepot reporta son attention sur le lourd bureau en bois du maitre des lieux. Un vrai bureau, du mobilier de grande classe sans aucun doute mais le plus époustouflant est le panorama qu’offre la baie vitrée. La vue sur Gotham est grandiose, presque divine. Oswald s’en approcha et se sentit surpuissant. Gotham lui appartiendra. Alors que le docteur Crane soulevait les tableaux du bureau, le Pingouin s’installa dans le fauteuil à grand dossier en cuir de Wayne et mit ses pieds sur la table après, bien évidemment, avoir rehaussé la hauteur du siège.

" Oswald, à vous jouer, nous y sommes enfin. Voyons si votre parapluie peut mettre Wayne échec et mat. "

Il faut croire que le plaisir se doit d’être bref lorsque c’est l’heure de travailler. Grommelant de mécontentement, il sortit son parapluie doté d’une scie circulaire et entreprit d’ouvrir cette boite de conserve ostentatoire. L’emploie du gaz corrosif est déconseillé s’il y a des objets de valeurs à l’intérieur. Qui voudrait de bijoux à moitié rongé par la corrosion ou de demi-billets ? Le coffre ne se laissa pas faire facilement mais la détermination du Pingouin fut plus grande que la résistance de cette boite en acier trempé. Lorsqu’il céda, les deux criminels eurent tout le loisir, et la tristesse, de voir qu’elle ne contenait que des papiers. Pas le moindre petit billet vert ou de pièces de monnaie.

" Que des noms de mafieux, soit des Falcones, soit des Maronis, mais enfin pourquoi l’homme le plus riche de la ville s’intéresse à la Mafia ? Pourquoi fait-il surveiller tous ces gens ? Sans doute des perspectives de contrat illégal et lucratif avec eux. "

« Illégal ? Wayne ? Ce n’est pas son genre. Sa famille a toujours fécondée des culs-bénit. Pas étonnant qu’ils se soient fait flinguer. »

Quel gâchis ! Oswald décida de rendre service à Wayne en le débarrassant de cette paperasserie. Ainsi le jeune milliardaire philanthrope pourra continuer de fréquenter les plus belles femmes de la côte Est. Le Pingouin en fera un bien meilleur usage. Mais tout service mérite salaire.

" Ah les renforts de police, ils en ont mis du temps, direction le 48 éme étage pour les labos et surtout la chambre forte ! Il n’y a rien de valeur ici. "

« Parlez pour vous ! Je suis très satisfait de cette visite. »

Les quelques tableaux du bureau qui encombrent ses petits bras potelés devraient suffire à payer sa bienveillance. Comparé au coffre-fort qui l’attend, ce ne sont que des prix de consolation. Au détour d’un couloir, ils croisèrent la route d’un garde de la sécurité. Rien d’étonnant vu le nombre de cadavres mais celui-ci était encore en vie et ouvrit le feu sans sommation. Oswald et Jonathan se bousculèrent pour prendre la porte des escaliers de secours et les dévalèrent comme si leur vie en dépendait, ce qui est le cas soit dit en passant.

" Faîtes venir l’une de vos bestioles pour nous couvrir ou pour le dégommer ! Il ne va pas nous lâcher ! "

« Bestioles ?! Un peu de respect pour mes oiseaux, psychiatre du dimanche ! »

Avec ses mains pleines de tableaux de valeurs, Oswald eut du mal à descendre et encore moins à se défendre. Heureusement, ils tombèrent sur un groupe de corbeaux se nourrissant d’un corps.

« Vous ! Attaquez !! Bouffez-le ! »

Les oiseaux de mauvais augure tournèrent leur tête vers Crane.

« Non, pas lui ! Là haut ! »

En reprenant leur éprouvante descente, le duo criminel put entendre à quelques étages au-dessus d’eux le cri d’un homme perdant l’usage de la vue. Ils se séparèrent. Son complice se dirigea vers les laboratoires de recherches de pointe du building pendant qu’Oswald opta pour la chambre forte. Encombré par les tableaux, il les déposa sur un chariot de courrier et l’emmena jusqu’à la chambre forte. Dans la pièce, un simple bureau et une chaise pour le garde chargé de surveiller la salle en face d’une porte circulaire en acier. Le Pingouin poussa le chariot près de la porte et utilisa, encore une fois, son gaz corrosif pour parvenir à ses fins. Alors qu’il admirait la porte émettant un léger sifflement au niveau de ses gonds, les haut-parleurs grondèrent.

" Nous continuons d’avancer, en fouillant étages par étages, ils ne peuvent s’échapper, ils sont à nous ! "

Mauvaise nouvelle. La flicaille s’est décidée à passer à l’action et, contrairement à Jonathan, Oswald n’avait pas regardé la télévision diffusant en direct l’assaut général des forces policières. La lourde porte libérée de ses attaches retomba brutalement au sol en faisant trembler la pièce. Le Pingouin fut estomaqué par l’éclat soudain et envoutant de lingots d’or trônant au milieu de la chambre forte.

" Toutes les fréquences à l’écoute, les étages du service marketing de Wayne sont nettoyés, continuez d’avancer et dépêchez-vous avant qu’ils aient finis d’organiser leurs défenses ! "

Pas le temps de rêver. Il vida méthodiquement les sacs postaux de leur contenu pour les remplacer par les merveilleuses liasses de billets formant des tas rectangulaire sur les côtés du coffre. Tout cet argent ! Encore plus que ce qu’il a dérobé à ce…ce…Jaffak…non. Fakej… non plus. Hmm…Kafesjian !

" Que toutes les unités convergent vers les labos, c’est là que sont nos clients ! Les relevés infrarouges nous l’ont révélé ! N’oubliez pas ce qu’ils ont fait, abattez les si c’est nécessaire ! "

Vite ! Mettre les dernières liasses dans les grands de courrier, commencer à prendre les lourds mais magnifiques lingots d’or. Des bruits de pas se firent entendre dans le couloir alors qu’il reste tant d’or à récupérer. Un policier enfonça la porte de la salle d’un coup de pied et, avec un collègue, pointa son arme vers le bandit.

« Rendez-vous ! Vous êtes cernés ! »

En voyant le petit criminel ventripotent vêtu d’un costume démodé se retourner et prendre un parapluie, les commandos furent loin d’imaginer la menace qu’il représente. Une mauvaise blague peut-être ? Si ça tombe quelqu’un va sortir d’un gâteau en criant "Surprise" et les morts seront des comédiens ou des mannequins. Mais ce ne fut pas le cas, Oswald mitrailla sans aucune pitié les commandos déconcertés. Il tira plusieurs rafales dans la porte et, n’ayant plus de bruits, se rua sur les lingots qu’il stocka dans un sac. Profitant de cette accalmie, un commando fonça silencieusement dans la salle et lui décrocha une droite au visage. Ses collègues entrèrent en force.

« Ne bouge plus, espèce de cinglé ! »

« Lâche ce sac ! Faites en sorte qu’il lâche ce sac ! »

« AAAAAH ! Bon nez ! Y m’a mo-du ! »

« Matraquez-le !! Ca le fera lâcher ! »

« Ca y est ! Il l’a lâché ! HAAAA !! Mes burnes ! Il est en train de les broyer ! Aidez-moi ! »


Quelques minutes plus tard

Oswald s’était fait passer à tabac par les commandos. Coups de crosses, de pieds, de poings, de matraques, ils s’étaient défoulés dessus sans relâche pour le contraindre à cesser de résister. Le cambrioleur eut le nez cassé, l’arcade sourcilière entaillée, une lèvre fendue et un œil au beurre noir sans compter les nombreux hématomes sur tout son corps. Trop faible pour se déplacer, deux commandos le prirent par un bras chacun et le trainèrent jusqu’à la porte où son complice s’était réfugié. Ils l’obligèrent à se mettre à genoux malgré ses blessures.

" Ouvre ! Ou bien on descend ton collègue ! "

Une étrange fumée sortit des trappes d’aération. Qu’est-ce que Crane voulait faire ? Le gaz s’approcha rapidement et les recouvrit. Presque instantanément, les commandos et Oswald se mirent à tousser. Il entendit les gardes hurler d’effroi, le choc de leurs armes retombant au sol et le bruit de leurs bottes se faisant de moins en moins entendre. Quant à lui, il n’eut pas la force de s’enfuir. Il se sentit mal, affreusement mal. Tout ce qu’il vit depuis sa position accroupie et ses mains collées au sol c’est une paire de jambe s’approchant du chef du groupe.

" Au bout de la peur il y a l’oubli. "

Sa vision se troubla, ses oreilles bourdonnèrent, il se mit à trembler.

" Ou-i-a-a-i. "


Le sol carrelé se changea en tapis persan. Les motifs de ce dernier lui rappela des souvenirs extrêmement familier. Quel étrange tapis. Ses…mains. Ses mains posées au sol pour l’empêcher de tomber, elles… sont si petites, si fines ! Des mains d’enfants ! Un choc sourd se produisit, le bruit d’un corps qui s’écroule. En relevant sa tête, Oswald vit son père, le visage blanc d’un mort, étendu au sol. A ses pieds, sa mère se tenant debout, l’air triste. Elle regarda son jeune fils avec compassion.

« Debout, Oswald. Sois un bon garçon. Ne m’abandonne pas. »

« M-mère ? »

Il tendit son petit bras vers elle. Esther Cobblepot l’aida à se relever puis lui donna son parapluie.

« Oswald, tu vois bien que ton père est mort d’une pneumonie. Tiens, trésor. Garde toujours ce parapluie avec toi. »

Il le prit et le serra près de lui. Des larmes de joie coulèrent de ses petits yeux enfoncés. Sa mère, il l’aime tellement. Tout autour de lui, il reconnut l’un des couloirs du manoir des Cobblepot. Sa mère posa sa main recouverte de bagues serties de pierres précieuses sur son épaule.

« Mon poussin, nous partons. Pars chercher tes affaires mais dépêches-toi. Je ne veux pas rester seule trop longtemps. Tu ne m’abandonneras pas, n’est-ce pas ? »

« Je ne t’abandonnerais jamais. Je te le promets. »

Murmura t-il sur le point de fondre de chagrin. Revigoré par cette vision, le jeune Oswald de neuf ans ne sentit plus la douleur et se hâta de rejoindre sa chambre. Très rapidement, grâce à la joie de voir sa maman et de partir seul avec elle. Il entassa ses jouets déjà emballés dans des sacs sur le chariot où des dessins d’enfant encadrés étaient déjà présents. Le Pingouin poussa son butin jusqu’au couloir où Esther l’attendait. Soudain, quelques commandos débarquèrent et braquèrent leur fusil vers eux.

« Plus un geste ou nous tirons ! »

A la place, Oswald vit un groupe d’enfants de sa classe les pointer du doigt et se moquèrent de lui.

« Oswald à un gros nez ! Oswald à un gros nez ! »

« Laissez-nous tranquille !! »

Il les tua avec son parapluie. Ils progressèrent rapidement, ne rencontrant qu’une faible résistance à cet étage. A cause de son chariot, Oswald et Esther furent contraints de prendre l’ascenseur mais ce dernier, après avoir descendu plusieurs étages, s’arrêta brusquement. Les commandos avaient coupés l’alimentation de l’ascenseur.

« Vite, mon poussin ! Il faut sortir ! Tes frères veulent nous séparer ! »

« Je ne les laisserais pas faire, mère ! »

A peine, furent-ils sortis de l’ascenseur que d’autres enfants cachés derrière les meubles se mirent à leur jeter des ballons remplis d’eau, des cailloux et des fléchettes collantes. Oswald défendit avec acharnement sa mère qui, de son côté, réprimanda verbalement les jeunes impertinents.

« Petits voyous ! Je vais prévenir vos parents ! »

Lorsque la menace de ces vilains garnements cessa, le décor changea progressivement au fur et à mesure qu’ils fuyaient. Le couloir se changea en chambre d’enfant. C’est là que le Pingouin vit son plus jeune frère, Jason, allongeait dans son lit. L’enfant se mit à se cramponner au ventre et régurgita son repas. Oswald s’en souvint, le jour où il empoisonna le benjamin de la famille. Ca s’était passé peu après que ses frères aient tentés de massacrer les oiseaux de la volière pour faire du mal à Oswald. Par chance, l’enfant haït de ses pairs utilisa pour la première fois de sa vie son talent pour dompter les volatiles et les mit en fuite. Jason Cobblepot voulait mettre de la mort-aux-rats dans les graines des pigeons. Et un soir, sa mère demanda à Oswald de rapporter le diner à son frère malade dans lequel il versa le produit anti-nuisible. Dans cette hallucination, il s’approcha de son frère tentant de prendre la petite clochette pour prévenir les domestiques mais, comme dans son enfance, Oswald prit la clochette posée sur la table de chevet et l’éloigna. En réalité, il s’agit seulement du corps éventré d’un agent de la sécurité de Wayne Enterprise étendu sur une table et la clochette n’est qu’un pot à crayon.

« Ils ne t’auront pas, mère. Je te le promets. »

Ils repartirent et toujours sous la menace d’enfants les lapidant, Oswald et Esther poursuivirent leur fuite jusqu’à arriver au premier étage du building. Les couloirs furent petit à petit recouverts d’une couche de neige. L’environnement changea en foret en plein hiver. Au milieu des arbres se trouva un lac gelé sur lequel l’ainé de la famille et des amis de son âge l’attendaient. Presque aussitôt, ils le bombardèrent de boules de neige. Il y a longtemps, Oswald l’avait sournoisement tué en mettant de l’eau chaude sur la glace pour que Robert Cobblepot tombe dans l’eau. N’ayant pas de théière remplie d’eau bouillante à portée de main, il tira dans la glace qui engloutit Robert et ses amis. En réalité, il s’agit d’une parcelle du sol du premier étage qui est en verre permettant de voir l’immense hall du building. Les commandos hurlèrent d’effroi avant de s’écraser en bas.

« Elle est à moi ! Vous ne l’aurez jamais !! »

En descendant au hall et s’apprêtant à sortir, il vit une grosse cylindrée bousculer brutalement les voitures d’enfants et vélos des enfants s’étant postés devant le manoir des Cobblepot. Un grand majordome noir qu’il ne connaissait pas s’empressa de les rejoindre et, comme si le poids n’avait que peu d’importance, prit le chariot et le mit dans le coffre. Oswald se sentit mal, l’heure du retour à la réalité a sonné.

« Monsieur Cobblepot ! Grimpez dans le fourgon ! Vite ! »

Hurla Bossworth en tirant sur les policiers amassés devant Wayne Enterprise.

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MessageSujet: Re: Minuit à Gotham [Pingouin]   Lun 19 Mar - 19:37

L’Epouvantail contempla satisfait le cadavre du flic qui s’était donné la mort pour ne pas avoir à faire face à lui et fuir la peur qu’il inspirait. Il tourna la tête vers Cobblepot et constata navré qu’il avait aussi respiré son gaz hallucinogène.

" Oh non voilà autre chose, pourquoi ça arrive maintenant ?! J’ai besoin de lui pour quitter les lieux en un seul morceau ! "

Triste constatation. La hargne du Pingouin, son parapluie gadget mortel et ses hordes d’oiseaux étaient les choses sur lesquels il comptait pour se frayer un chemin vers la sortie de l’immeuble en mettant en déroute les commandos du SWAT. Il ne disposait pas d’assez de gaz de panique pour vaincre la multitude policière à lui seul. Son allié d’une nuit de cambriolage semblait invoquer sa mère. Soit il serait fou à jamais soit il trouverait la force de caractère pour sortir du cauchemar qui allait chercher les pires angoisses de chacun dans les tréfonds de l’inconscient. L’Epouvantail posa sa main pleine de seringue sur l’épaule d’Oswald :

" Il faut partir, immédiatement, ils ont fui mais ils vont revenir. Ce n’est pas le moment d’abandonner. "

" Je ne t’abandonnerais jamais. Je te le promets. "

Disposait-t-il d’un semblant de lucidité pour percevoir les paroles du maître de la peur ? En tout cas le Pingouin se hâta vers la chambre forte et prit le butin. Ils quittèrent la zone et tombèrent sur un nouvel essaim de commandos policiers au détour d’un couloir. Le Pingouin qui visiblement était en plein trip ubuesque les massacras tous avec son parapluie mitrailleur (ce que le psychiatre Crane interpréta comme une vengeance inassouvis d’un refoulé de son inconscient). Ils embarquèrent dans un ascenseur et furent accueillit à la sortie par de nouveaux assaillants qui ne voulaient pas lâcher le morceau, là encore Crane sourit de façon maléfique derrière son masque face à la furie meurtrière du Pingouin, s’il avait su il lui aurait fait gouter son gaz effroyable bien plus tôt. Arrivée à la sortie, ils furent accueillit par l’âme damné du Pingouin qui les aida à embarquer les trésors dérobés dans la tour Wayne. Ils démarrèrent sous le feu ennemi, plusieurs voitures banalisées les prirent en chasse. Bossworth accéléra et défonça quelques abris-bus tout en roulant sur les trottoirs. A l’arrière, Crane qui venait de retirer son masque tentait de faire revenir Cobblepot à la raison alors qu’il continuait son délire :

" Oui la famille Cobblepot atteindra des sommets grâce à vous ! Non les Wayne n’enfreindront pas la marche de votre famille vers le pouvoir suprême ! Oui les immondes enfants qui se moquaient de vous sont tous morts ! Non il n’y a pas meilleur Cobblepot que vous et les faibles de votre famille méritaient de mourir ! C’est fini oui ! Puisque je vous dis qu’ils sont tous partis ! "

Leur véhicule fonça vers une rue bloqué par un barrage de police, Bossworth fit un virage serré et emprunta une autre rue, elle était elle aussi bloquée. Il freina brusquement et enclencha la marche arrière pour constater que toutes les rues étaient bloquées. Ils avaient été encerclés par le SWAT.

Leur moyen de transport stoppa en plein milieu d’une petite place et Ils sortirent tous les trois paniqués. Crane tomba à genoux au sol, s’empoigna sa tête entre les mains et se mit à réfléchir :

" Qu’est-ce qu’on va faire ? Ils vont attaquer dans quelques instants et il n’y a aucune issue ! "

Crane observa les devantures des magasins autours et vit un chantier en construction. Il y avait une série de cahutes qui jouxtait les fondations avec du matériel de démolition entreposés. En général leurs murs étaient ignifugés et ne contenaient pas de plombs. Et il y avait le matériel de démolition sous clé juste à côté : nitro, C4 et dynamite. Crane examina la place à toute vitesse, il vit des cabines téléphoniques. L’idée lui vint aussitôt, il remarqua un panneau publicitaire du chantier avec en grand le numéro de téléphone de la compagnie de démolition et surtout du site de construction. Il imagina: prendre les fils électriques, les tremper dans l’essence, les entourer d’une façon hermétique avec des feuilles de papier plastique en prévoyant un diamètre suffisant pour que l’air circule et alimente la combustion. Il ne restait plus qu’à relier le téléphone intérieur du chantier à l’entrée dans un préfabriqué, à l’endroit où était entreposé les explosifs, appeler le numéro et prier pour que l’explosion se produise. Créer une gigantesque explosion pour couvrir leur fuite, la seule chose qui leur restait. Une voix se mit à retentir dans un haut-parleur :

" Police ! Rendez-vous ! Vous êtes encerclés ! "

" Il faut les occuper, Oswald ! Canardez-les ! Réclamez un négociateur ! Baratinez les ou tenez les à distance peut importe ! "

Il leur expliqua son plan à toute vitesse tout en pointant les magasins du doigt. Bossworth se rua vers une quincaillerie dont il défonça la porte. Il en sortie en trainant un tuyau d’arrosage d’un gros diamètre. Crane courut vers un magasin de fournitures automobiles et cassa la vitrine pour rentrer dedans, il en ressortit avec des coussins de voitures recouverts d’acrylique. Avec ses doigts seringues, il arracha l’enveloppe des coussins pour en extraire des lambeaux de tissus qu’il imbiba avec de l’essence siphonné dans leur véhicule. Bossworth de toute sa force, arrachait des bouts de tuyau puis Crane les perfora de ses seringues pour en faire des brûleurs. Ils se dépêchèrent de trafiquer le branchement du téléphone du chantier dont les fils avaient été posés à même la terre battue. Les zeppelins les éclairèrent de leurs projecteurs.

" J’espère qu’Oswald a exigé une très loooongue liste de conditions pour qu’on accepte de se rendre et qu’il fait lanterner leur négociateur. "

Ils dévissèrent le panneau arrière du téléphone de chantier dans le préfabriqué d’accueil à l’entrée du site, ils déroulèrent les fils et les fixèrent sur le tuyau. L’opération avait dû prendre 15 minutes en tout. Le Pingouin avait miraculeusement retenus les flics jusqu’ici. Le SWAT se mit subitement à donner l’assaut, ils ouvrirent leurs barrières et foncèrent sur la place. Sauf qu’ils foncèrent vers Oswald et ignorèrent Crane et Bossworth qui étaient dissimulés dans le chantier.

" Ils ne nous cherchent même pas ? Le gros lard a dû les énerver pour qu’ils foncent tous sur lui et nous oublie. "

Bossworth le saisit par le cou et le souleva du sol :

" Ne désignez plus jamais Mr Cobblepot par ce sobriquet. "

" Calmons nous et profitons en plutôt pour déguerpir ! "

Ils se faufilèrent discrètement jusqu’au véhicule et quittèrent la place à toute vitesse pendant que le Swat était occupé par Pingouin. Ils roulèrent hors de danger jusqu’à une station-service situé au sommet d’une côte qui donnait un excellent panorama sur les alentours de Wayne Enterprise. Crane et Bossworth sortirent et observèrent la place et le chantier près de la Tour Wayne.

" Il faut sauver Mr Cobblepot, nous allons immédiatement au commissariat et nous nous infiltrerons dedans pour le faire évader. "

" Je ne crois pas que nous en aurons besoin. "

Crane remis son masque ignoble sur sa tête.

" Que voulez-vous dire ? "

L’Epouvantail monta sur le capot de la voiture.

" Voyez-vous, Oswald vient tout juste de se faire arrêter "

" Et ? Je ne saisis pas très bien ? "

" Il a donc droit de passer un coup de téléphone immédiatement si vous voyez ce que je veux dire. "

L’épouvantail monta sur le toit de la voiture et vit le panorama nocturne de la ville s’élargir.

Le ciel noir fut illuminé d’un souffle strié de rouge. Un halo de flamme apparut sur le chantier puis ce fut la place entière qui se mit à flamber. Une odeur de fumée parvint jusqu’à l’Epouvantail. Les flammes s’élevèrent comme si le quartier entier venait de prendre feu. Bossworth pointa une forme du doigt :

" Regardez ! "

Ils virent le Pingouin accroché à son parapluie volant qui semblait être lancé dans une course poursuite contre le souffle de l’explosion qui ressemblait à de la lave en fusion. Il semblait lutter contre les fumerolles de l’enfer dans une course contre la montre. Le vacarme était immense, et une éruption de verres semblait accompagner le Pingouin dans une envolée mortelle, les débris de verres de toutes les vitres explosés sur le passage des flammes passèrent au-dessus de l’Epouvantail comme une pluie incandescente. Perché sur le véhicule il semblait ne pas craindre les éclats mortels, il leva ses bras en l’air en signe de victoire pour accueillir le Pingouin qui s’approchait toujours plus d’eux, l’explosion à ses trousses. Et dans cette ambiance apocalyptique l’Epouvantail eut une vision grandiose :

Tous les super-vilains associés ensemble pour conquérir Gotham City. Cette nuit, ils n’étaient que 2 mais avaient su mettre en déroute la police, bientôt ils seraient 10 puis 20 et un jour la ville leur appartiendrait.
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MessageSujet: Re: Minuit à Gotham [Pingouin]   Mar 27 Mar - 13:38

Leur fourgon trembla fortement à chaque virage serré ou propriétés publiques que Bossworth réduisit en miette par sa conduite de forcené. Oswald, qui avait déjà mal au crâne par cet affreux cauchemar éveillé que le gaz de Jonathan lui avait accidentellement fait inhaler, fut bringuebalé dans tous les sens. Il se cramponna du mieux qu’il put au chariot de courrier contenant ses rapines en espérant que la fin de cette course poursuite infernale soit proche. Son vœu fut exaucé mais pas comme il l’espérait. Leur véhicule s’immobilisa au milieu d’une petite place encerclée par les forces du SWAT et, après quelques hésitations de Bossworth observant les lieux pour dénicher une issue, les trois cambrioleurs quittèrent le fourgon.

« Whaaaaaa… »

Fit le Pingouin d’une voix maladive en massant les tempes de sa tête douloureuse. Le psychiatre sembla avoir une idée pour les sortir de cette situation. Alors que Bossworth et Jonathan s’éclipsèrent discrètement, Oswald se cacha dans la fontaine trônant au milieu de la place qui, par chance, n’avait pas vu la moindre goutte d’eau depuis la dernière averse. Protégés par cette tranchée de fortune, Oswald attendit la réaction de la police qui réitéra sa demande.

" Police ! Rendez-vous ! Vous êtes encerclés ! "

« Pas sans garanties ! »

S’époumona t-il pour se faire entendre. La réponse ne se fit pas attendre mais la voix de son interlocuteur changea.

« Ici le lieutenant McTalenn. Quelles sont les conditions de votre reddition ? »

Le Pingouin prit quelques secondes de réflexion. Que peut-il leur exiger ? De l’argent ? La liberté ? Deux escorted girls ? Impossible. Vu sa position, il est limité dans ses choix.

« Je veux me confesser ! Amenez-moi un curé ! Ici et maintenant ! »

Pendant les minutes qui s’écoulèrent pour satisfaire sa demande, l’aristocrate observa le déploiement progressif des forces policières dans le secteur. Des zeppelins éclaircirent les cieux et la place tandis que des tireurs d’élites se postèrent sur les toits. Le petit bandit grommela en constatant que plis il attend et plus ses chances de s’en sortir de là se raréfient. Les secondes donnèrent l’impression de devenir des minutes. Oswald songea à ses deux comparses qui saccagèrent les maisons et commerces avoisinants pour mettre en place le plan farfelu mais détonnant du docteur Crane. Un homme en soutane noir ayant aussi une tenue de protection de la police s’avança prudemment de la fontaine en se cachant derrière deux commandos le protégeant de leur bouclier anti-émeute. Arrivé à cinq mètres de sa position, le représentant de Dieu sur Terre prit la parole.

« Je vous écoute, mon enfant. »

« Pas question ! Je ne vais pas me confesser avec deux poulets en guise de confessionnal ! »

Conscient que leur présence n’arrange pas les négociations mais qu’elle est nécessaire pour la sécurité du prêtre, ils s’éloignèrent de quelques mètres après avoir reçu la bénédiction de ce dernier qui, malgré une certaine réticence, daigna rester seul auprès de cette âme égarée demandant le pardon divin. Sous la surveillance de ses anges gardiens prêts à fondre sur lui pour le protéger, le mal assuré théologien s’avança du criminel pour que leur conversation devienne plus solennel, plus privé. Oswald baissa sa garde en signe d’apaisement.

« J’ai pêché, mon père. J’ai… je ne sais pas pour où commencer. »

« Commencez par le début. Dites-moi ce qui vous tourmente. Votre pêché le plus ancien. »

« Et bien… j’ai empoisonné mon petit-frère avec de la mort-aux-rats. J’ai ensuite scotché des briques à mes chaussures pour pouvoir atteindre les pédales de la voiture de mon père pour écraser mon autre frère et j’ai mis de l’eau bouillante sur la glace du lac gelé pour que mon frère ainé tombe dans l’eau et se noie. J’ai aussi ouvert la fenêtre de la chambre de mon père après qu’il ait contracté la pneumonie pour l’achever. Ce sont mes premiers meurtres, mon père. »

« Ô mon dieu… c’est… accepter ses fautes est le premier pas vers la rédemption. La justice des hommes et du Seigneur seront clémentes si vous portez ces crimes avec regret. »

« Regret ? Non, mon père. Les voir mourir a été une délivrance. Toute mon enfance n’a été qu’une suite successive de reproches portés pour ma différence physique. Et puis, ne vous en faîtes pas pour la justice. J’ai de quoi corrompre le jury et le juge pour éviter que "l’Apollon" ne m’envoie en taule. Quand à Dieu, il me comprendra. Jésus et moi sommes pareils. »

« Vous ne pouvez pas vous comparer à notre messie ! »

« Et pourquoi pas ? C’est mon modèle ! Je n’ai jamais vu d’arnaqueur plus doué que lui ! Il tabasse des marchands parce qu’ils squattent son quartier, il fait passer l’un de ses hommes de main pour un aveugle et il transforme de l’eau en vin ! La prohibition de l’ancienne bible ! Je l’admire ! Même lorsqu’ils l’ont tué, il a suffit qu’on fasse disparaître son cadavre pour faire croire à un miracle ! Depuis, on lui voue un culte et les plus grands monuments lui sont dédiés ! J’espère pouvoir le dépasser dans ce domaine. »

« Ce n’est le message qu’il a voulu nous transm… ! »

« Peu importe ! On va faire comme si je t’avais balancé toutes mes magouilles. Tu me le donne le pardon divin, oui ou non ? »

« Je… t'absous de tes péchés, au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit. »

« Amen. Merci mon père et désolé. Oswald l’agrippa par le col de sa soutane et l’attira vers lui avant de lui coller le canon de son parapluie sous la gorge. J’ai un otage ! Que personne ne bouge ou je l’envoie au Ciel en pièces détachées ! »

L’homme de foi réagit efficacement en pulvérisant du gaz lacrymogène en aérosol que les policiers lui avaient donné avant de l’emmener près du bandit. Le Pingouin relâcha sa victime en gémissant et l’insultant pour lui avoir fait cette attaque en traître. Presque aussitôt, les policiers convergèrent dans sa position en évacuant le prêtre terrorisé par cette affreuse confession. Très rapidement, le cambrioleur se retrouva face contre terre, fouillé et désarmé.

« Vous êtes en état d’arrestation. Vous avez le droit de garder le silence. Tout ce que vous direz sera retenu contre vous. »

« Vous le paierez ! Tous ! Mon avocat ne fera qu’une bouchée de vous ! Je veux l’appeler ! J’ai droit à un appel ! Je veux passer un coup de téléphone. »

« Donnez-lui son satané appel mais gardez-le sous bonne garde. »

On lui donna un appareil téléphonique cellulaire sur lequel il composa le numéro du chantier. La première explosion retentit avec un fracas assourdissant que personne, en dehors de lui, ne put détourner son regard. Profitant de l’effet de surprise, il se faufila entre les policiers ébahis et frappa sous la ceinture du policier prenant son parapluie à l’aide de gants en plastique. Peu après, il prit son envol et rejoignit ses coéquipiers assistant à la fin de leurs forfaits. Bossworth retourna aux commandes du fourgon tandis que son employeur grimpa à l’arrière du véhicule.

« Quoi ? Demanda t-il en voyant les regards insistants du psychiatre resté à l’extérieur sur l’impressionnant magot de Cobblepot. Ah oui. Le partage du butin. Bien entendu ! Il sourit tout comme son allié, lui envoya une petite liasse de billets puis tapa du plat de sa main sur la paroi métallique du fourgon qui démarra sous cet ordre. Ravi de t’avoir connu ! Whah whah whah whah ! »

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