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 Victor Sage/Question

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AuteurMessage
Vic Sage

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Messages : 74

Age du joueur : 26

Date d'inscription : 05/02/2012

Localisation : Dans son bureau, la plupart du temps.


MessageSujet: Victor Sage/Question   Dim 5 Fév - 9:57

Question
Nom Prénom
Szasz Charles, Victor
Age
33 ans
Rang
Justicier
Compétences et aptitudes
Mon atout principal dans ma lutte contre la criminalité a toujours été mon esprit de déduction. Inutile de se voiler la face, je ne maîtrise pas cinq arts martiaux et mon équipement se borne au minimum syndical. Ni l'un ni l'autre ne font de moi un individu d'exception, contrairement à cette faculté dont je dispose de remarquer chaque détail visible pour en tirer des conclusions. En liant ces indices entre eux, mon cerveau parvient à établir un raisonnement retraçant un événement ou me permettant d'identifier un suspect. Dans le même ordre d'idée, peu de tics verbaux ou physiques m'échappent, et mon intuition me souffle souvent la bonne réponse en cas d'incertitude. Loin de posséder une mémoire d'ordinateur, j'emporte à chacun de mes déplacements un carnet de note et de quoi écrire. On peut apparenter ces ustensiles à des acolytes très obéissants et très petits.
Mon arsenal se centre autour de deux objets : un vaporisateur de Pseudoderm, et un pistolet à gaz. Le premier conditionne mon déguisement de Question, en dissimulant l'intégralité de mon visage pour lui donner un aspect lisse et uni. Toute excroissance (lèvres, pavillon de l'oreille, nez) disparaît de ma face, donnant à mon buste une allure de porte-perruque couleur chair. En dépit de cette apparence, mes capacités sensorielles et physiques restent les même (à ceci près que mon timbre gagne en profondeur et en gravité). Le second, plus explicite dans sa fonction, me sert à envoyer les méchants au tapis pour un bon quart d'heure. Inutile de me demander quel composé se trouve dans les capsules, je l'ignore (je demanderai au Professeur Rodor si j'y pense, promis). Tout ce dont j'avais envie d'entendre parler, moi, c'était : la capacité du chargeur (13 projectiles), la cadence de tir (semi-automatique), la portée effective (moyenne, soit environ quinze mètres avant que votre tir n'amorce une courbe descendante) et si l'on pouvait y adjoindre un silencieux (il était déjà inclus. Mais en revanche, j'ai dû faire une croix sur un système de visée, et aller m'exercer sur des canettes vides pour réussir à toucher mes cibles facilement).
Parlons maintenant de ce qui fâche : mon "style" de combat. Ça va en décevoir certains, mais je n’assomme pas mes adversaires d'un mawashi-geri bien placé, et je n'envoie pas six ennemis au tapis à la seconde. Quand il s'agit de se battre, je me sers de tout ce que j'ai sous la main (bouteille vide, bâton, etc) et je prends autant de coups que j'en donne. Donc vous ne me verrez pas aller défier tout un groupe de front. Mes méthodes sont plus subtiles, moins propres, et il n'est pas rare que j'évite l'affrontement lorsque cela est possible.
Personnalité
Qui suis-je ? Je ne vous en voudrais pas si vous ne savez pas répondre, car j'ai moi-même longtemps buté sur cette question. Ce que j'ai toujours su, c'est que je n'étais pas du genre à accepter qu'on me marche dessus. Je me refusais précocement aux compromis face à l'injustice, refusant de courber l'échine devant la stupidité ou l'irrespect des autres, quitte à me retrouver contusionné pour ça. Je n'ai jamais crains les combats ou la douleur, sans doute parce que très tôt, j'ai découvert que me soumettre n'empêchait pas les brutes de me rudoyer. Ça rendait juste leurs jeux cruels plus jouissifs. Du jour où ma fierté décida qu'éviter de souffrir ne justifiait pas de donner autant de plaisir à mes tortionnaires j'ai cessé d'être un lâche. Inflexible et intègre, ma morale couplée à cette nouvelle résolution forgea ma patience, à coup de fréquentes altercations contre l'autorité. J'étais un morceau de fer chauffé à blanc par une colère née de l'acharnement des gamins de l'orphelinat, et martelé à répétition par les bonnes sœurs qui s'efforçaient de me faire plier. Elles ne firent que mettre à l'épreuve mon désir de liberté, lissant la pièce de métal qu'était mon esprit pour l'affûter et le transformer en épée.
Finalement vint la plongée dans une eau fraîche : mon entrée à l'université, où j'eus tout le loisir d'apprendre, de me cultiver à partir de bases choisies et saines. Peu sociable, il n'en demeurait pas moins que j'aimais travailler sur un thème donné, partant de l'ignorance totale pour acquérir suffisamment de connaissances pour en faire un exposé, écrit ou oral. Ma curiosité motiva des heures de lecture sur autant de disciplines. Devenir incollable sur un sujet particulier ne m'amusait pas tant que percer l'aura de mystère entourant l'ignorance d'une matière. A cause d'une éducation religieuse et théologique, mes lacunes nécessitèrent, pour se voir comblées, de revenir aux fondamentaux. Une fois la mise à niveau effectuée, poursuivre un apprentissage dans un domaine de spécialité cessa de m'intéresser. L'énigme devenait trop théorique, trop abstraite, et perdait de son charme. En parallèle, mon cerveau continua à réfléchir, se focalisant sur les gens. Les comportements humains sont révélateurs dans la richesses de ce qu'ils sous-entendent, et précieux de part la difficulté que l'on éprouve généralement à les déchiffrer. A mon grand plaisir, je devins plutôt bon à ce jeu.
Penser nous maintient en vie. Arrêtez de réfléchir plus de cinq minutes et vous vous mettrez en danger par vos actions irréfléchies. C'est ce que m'aura enseigné la Vie. Fort de ce constat, je peux paraître méfiant, de prime abord. Ne faite pas la confusion : je suis juste prévoyant. Prudent. J'anticipe, et si vous pensiez pouvoir anticiper que j'anticiperais, détrompez-vous, j'anticiperai ça aussi en décelant l'éclat de méfiance brillant au fond de vos prunelles.
Je ne doute pas que mon passé m'ait influencé, c'est même logique de croire que, si j'adore défendre les victimes, dissiper les mystifications et punir les vrais coupables, c'est pour ne pas faire subir à d'autre ce qu'on m'aura fait subir toute mon enfance. Idem, l'habitude de devoir tracer ma voie à la force de mes poings pourrait (je dis bien "pourrait") avoir engendré chez moi une sorte de besoin d'action pour me sentir vivre. Alors, suis-je juste une banale brute qui se cache derrière de beaux sentiments pour se justifier ? Non, car j'ai bénéficié du soutien avisé d'un ami cher, qui m'inculqua la valeur de la mesure, et du communautarisme. En raison de quoi Question n'a jamais pris le pas sur la vie de Victor, phagocytant son temps libre pour inlassablement pourchasser les criminels. Le justicier qui m'habite ne sort que pour résoudre des affaires complexes et graves, la plupart du temps, il veille au fond de moi tandis que je mène, en surface, une existence plus "sage".
Costume/Physique
Mon visage se retiens assez facilement : deux yeux bleus vifs et perçants, rarement immobiles. Des sourcils épais aussi roux que ma courte chevelure ramenée en arrière, et une bouche aux commissures fixes qui donnent à mon expression un petit air constamment dubitatif. J'ajouterais à ce portrait brossé quelques détails qui me tiennent à cœur : mes joues creusées, qui me valent d'être souvent prit pour un inspecteur de police patibulaire et méfiant ; mon nez, large et un peu épaté, gratifiant mon faciès d'une gravité latente ; et ma voix. Un journaliste travaille beaucoup son élocution, la fluidité avec laquelle il demande une précision, ou propose un terme précis quand l'interviewé cherche ses mots. Par réflexe, j'ai une nette tendance à articuler et à marquer des temps morts durant les prises de parole, ce qui confère à mes phrases un côté pédant que je m'efforce de gommer, mais qui tend à réapparaître lorsque je n'y prends pas garde.
Mes vêtements se veulent confortables, élégants (je peux me le permettre, autant en profiter) et pas trop sombres. Les tenues noires, brunes ou bleu marines éveillent chez la plupart des gens une suspicion inconsciente, puisque ces teintes se retrouvent principalement chez les oiseaux de mauvaise augure (inspecteurs, agents du fisc, avocats et autres professions à la sombre réputation...). Un simple effort vestimentaire (une cravate un peu vive, un costume plus clair) ajoute du cachet à l'allure globale et augmente le capital sympathie. Dans la même veine, cultiver un sourire franc et éblouissant aide à mettre les interlocuteurs à l'aise, ce qui justifiera de longues heures de répétition devant la glace de ma salle de bain. Dernier point : la démarche. Pour quelqu'un qui est souvent en relation avec l'humain, la façon dont on marche décrit votre manière d'opérer. Un journaliste d'investigation marchera vite, sera très enclin à serrer des mains et conservera des épaules droites, d'où une impression de dynamisme et d'énergie.
Voilà pour Victor. Mais je ne suis pas que Vic. Il y a aussi mon reflet imberbe, cet inconnu qui peut devenir n'importe qui de ma corpulence. Étant peu imposant, j'en viens souvent à tricher sur ma carrure en privilégiant, durant mes enquêtes nocturnes, des costumes taillés larges. Afin de faciliter mes infiltrations, j'emporte toujours un coupe-vent solide et bas, de couleur prune. Un pantalon du même ton s'ajoute à cette panoplie de privé en vadrouille, ainsi qu'un feutre (en devinerez-vous la couleur ?), plus élégant qu'un crâne nu. Question mets des gants, s'équipe d'une montre (réservée à son usage. J'en ai une autre pour quand je travaille "à découvert". Une montre, c'est trop utile pour être délaissée, mais trop personnel pour que je me risque à ne pas en changer) et vérifie que son pistolet à gaz ainsi que sa lampe-torche se trouvent bien dans les deux poches intérieures de son manteau.
Plus taciturne et fermé, mon alter-ego mets volontiers les mains dans les poches, et rentre les épaules dès qu'il commence à réfléchir en marchant. Filtré par le Pseudoderm, ma voix ressortirait quasiment rauque et râpeuse si je n'y délayais pas un soupçon d'onctuosité pour en adoucir l'amertume. La résultante d'un mariage de rudesse et de douceur est un ton grave, posé mais dépourvu de sécheresse. La voix d'un afro-américain ayant perdu sa dernière pointe d'accent à force de métissages familiaux avec des anglo-saxons pure souche.
Histoire



Mes parents ? Je n'ai pas eu la chance de les connaître. Et c'est sans doute mieux ainsi. Sans ce triste revers du destin, mon futur aurait été tout autre. Différent. Et probablement... Moins intéressant.

Je me souviens encore des violents coups de baguette portés par les bonnes sœurs pour m'enseigner le respect. Je revois parfaitement les crachats humides expédiés par les autres résidents de l'orphelinat sur ma figure. Impossible aussi d'oublier l'étreinte glacée et implacable de la solitude, ce sentiment noir qui venait me harceler chaque nuit, ne relâchant son emprise qu'à la faveur du jour, où je devais alors lutter contre tous. Le chagrin disparaissait au profit de l'urgence d'un combat incessant pour ma survie, éprouvant année après année mon endurance à la méchanceté humaine.
Mon tout premier souvenir ? Il remonte à mes trois ans. Je me trouve assis sur le parquet inconfortable d'une pièce étroite, aux murs chaulés, et qui empeste la cire bon marché. Une lumière indirecte projette d’inquiétantes ombres dans chaque recoin, tandis qu'une figure austère et fermée me toise du haut de son mètre soixante-treize. D'une voix égale, la sœur Annabelle m'annonce que mon nom de famille, Szasz, va être changé en Sage, moins difficile à prononcer pour ma bouche inexercée. Cette mégère tente de me faire croire que cette modification est destinée à me faciliter l'apprentissage de mon nom, mais je compris plus tard qu'on visait avant tout à occidentaliser un patronyme jugé trop "indicatif de mes origines". Mes parents se seraient insurgés contre cette décision. A moins qu'ils ne l'auraient approuvée ?

Charles Victor Sage était un petit bonhomme maigrichon et renfermé, que les autres orphelins prirent rapidement comme tête de turc. Son isolement et sa constitution chétive encourageaient à le chahuter, d'autant qu'il ne laissait jamais couler la moindre provocation. On me crut bientôt masochiste, à force de constater que, en dépit d'une défaite évidente, je me refusais à faire profil bas lorsqu'un groupe m'insultait, moi ou mes géniteurs. Et ce n'était pas les religieuses qui se seraient portées à mon secours. Au contraire, je méritais mon malheur, d'après leurs dires... Bornées à l'extrême, elles martelaient sans cesse d'un ton suffisant des affirmations appelées "vérités" que les élèves, moutons qu'ils étaient, gobaient sans réfléchir. Seul contestataire du lot, je payais le tribut de ma liberté de penser en centimètres carrés de ma peau. Les noirs sont-ils vraiment dépourvus d'âme ? Cinq centimètres carrés de mes doigts écrasés par une règle. Faut-il toujours obéir aux adultes ? Neuf centimètres carrés de mes joues giflés à l'excès. Dieu existe-t-il ? Vingt centimètres carrés de mon dos lacérés par un martinet. Mais mon insolence ne mit jamais à sec : je réussissais toujours à trouver un peu de monnaie sur moi pour payer mon dû sans avoir à renier mes convictions personnelles.

Au risque de vous surprendre, j'ai déserté ce haut lieu de convivialité à la première occasion. L'orphelinat se trouvait dans une charmante ville du nom de Hub City, peut-être ne vous l'avais-je pas dit ? Quoi qu'il en soit, à l'époque où se déroule cette histoire, on allouait encore des bourses aux adolescents démunis pour qu'ils aient une chance de réussir à étudier. Ne me demandant pas si j'avais les capacités de suivre des études supérieures, je postulais derechef, âgé de dix-sept ans et rempli d'espoir. Les nones, par dépit, tentèrent vainement de me faire passer pour un jeune homme instable, turbulent et désobéissant ; on leur répondit que tous ces défauts pouvaient n'être qu'un signe indiquant une forte précocité intellectuelle. Par conséquent, j'eus l'autorisation de mes réticentes geôlières d'entamer un cursus universitaire. Mon choix se porta presque immédiatement sur des études de droit pénal.
Flagrant contraste. De l'interdit total, je connus la permissivité absolue, ou presque, d'une vie estudiante. Une mégapole aux rues sinueuses, aux allées mystérieuses et à l'architecture gothique s'offrait à moi. Des écrivains laïques s'ajoutèrent par dizaines à ma bibliothèque et des journaux de toutes provenances s'accumulèrent dans mon studio d'étudiant. Des individus ouverts d'esprit animèrent mes soirées par des discussions à bâtons rompus, et intérieurement comblé, je remerciais l'inventeur des bourses étudiantes, tout en maudissant mon éducation religieuse remplie de lacunes. Le premier semestre de la rentrée fut pour moi une période de complète remise à niveau, durant laquelle j'explorais la bibliothèque universitaire afin d'y rassembler des connaissances plus actuelles et scientifiques que le gruau imbuvable de doctrines servit à l'orphelinat. Inutile de préciser que je n'obtins pas mon diplôme.

En vérité, je ne m'étais pas donné les chances de décrocher ce précieux bout de papier, car au fil de mes pérégrinations autodidactes, j'en vins à rencontre le professeur Aristotle Rodor. Lui aimait à hanter les couloirs de la bibliothèque universitaire d'Hub City à ses heures perdues, quand il ne s'enfermait pas dans son laboratoire. C'était un naturaliste comme on en croise plus de nos jours, touche à tout, obnubilé par l'idée de comprendre les mécanismes régissant notre monde, et passionné d'énigmes. Il m'aborda par un après-midi printanier d'Avril, s'étonnant de me voir plongé dans un manuel de mathématiques au lieu de réviser pour mes examens. De fil en aiguille, nous nous retrouvâmes autour d'un café, à nous confier nos passés respectifs. Aristotle avait dédié son existence professionnelle à améliorer le quotidien des grands brûlés, s'efforçant de développer un tissu de synthèse permettant de reconstituer le capital épidermique. Pour son plus grand malheur, aucuns de ses travaux ne lui valut la moindre bourse, et il dut se résoudre à un poste de laboratoire au département d'entomologie de l'université locale pour gagner de quoi vivre. Nous avons immédiatement sympathisé, constatant avec joie que nos opinions convergeaient sur de multiples sujets, tels que la façon dont un homme devait vivre sa vie, la notion de but et de cheminement, notre conception de la Justice, ou de l’Égalité... Je venais ce jour-là, sans le savoir, de me faire un précieux allié, qui se transforma également à la suite de nos entrevues en ami sincère. Lui, grisonnant, ses éternelles lunettes en demies-lunes glissant de son nez, et sa voix calme ; moi, cheveux roux et ton pragmatique ; tels deux célibataires amis de longue dates, nous argumentions à en perdre notre souffle dans un bar, au restaurant, ou après une conférence au Muséum d'Hub City. Vous ne vous tromperiez pas en pressentant que le professeur Rodor deviendrait pour moi un père. Lui devait me voir comme un fils, c'est certain. Combien de fois l'ai-je entendu m'appeler "mon garçon" ?

Aristotle me donnait fréquemment de bons conseils, à la fois justes et pertinents. Détectant chez moi un certain potentiel, il m'encouragea à suivre ma passion et finança pour partie mes études de journalisme, des petits boulots effectués à droite et à gauche comblant le reste. Loin de vouloir décevoir mon bienveillant mécène, je décrochais mon premier diplôme au terme de quatre années d'étude, avant de devenir plagiste pour un petit quotidien indépendant. C'est à cette époque là, alors que je venais de devenir légalement majeur, que je perdis de vue mon camarade et mentor. Chacun de notre côté, nous avions nos engagements. Moi, je fus remarqué par un responsable éditorial de la WWB Compagny, une prestigieuse chaîne d'information, qui m'offris un poste bien payé ; mon ami naturaliste, lui, s'était lié d'amitié avec un certain docteur Twain, rencontré lors d'un colloque à Singapour, et qui avait accepté de l'aider à finaliser ses recherches. Hub City tout entière devint mon lieu de travail. A chaque jour, il me fallait éplucher les informations, évaluer l'intérêt des rumeurs, puis décider sur quel sujet réaliser un reportage. Une fois écrit, je faisais parvenir l'article à la chaîne, qui élisait les papiers les plus intéressant pour son édition du lendemain. Les semaines se succédaient, graduellement. Ma vie me fit peu à peu l'effet de stagner, comme un torrent s'écoulant paresseusement sur une surface plane infinie, jusqu'à devenir une flaque immobile. J'adorais être à l'affût du prochain gros titre de l'actualité, relever LE détail aiguillant vers la bonne piste. J'appréciais d'anticiper sur les déclarations de témoins en me fiant à mes propres déductions. Mais en même temps, je m'ennuyais, professionnellement parlant. Un sentiment de vacuité m'envahit le soir où, décidant d'aborder un sujet sensible, je transmis un état des lieux sans concession du chômage grandissant dans la ville à mon responsable. Il m'appela le soir même pour me reprocher de verser dans le pathos le plus excessif.
Frustré, blessé dans mon amour-propre aussi, peut-être, je rumine de noires idées dans mon fauteuil en rotin usé. Incapable de trouver le sommeil, et sachant pertinemment que je regretterai mon geste demain, j'enfile un imperméable à la coupe large, avant de m'installer au comptoir du premier pub que je croise. Il est onze heures passé, et je suis le seul client sobre. Devant ma pinte, je tire un visage de six pied de long, haïssant chaque braillard du débit de boisson pour son euphorie manifestée avec force éclats de rire. L'envie de noyer la grisaille tapissant mon esprit s'intensifie, et je recommande une pinte. Puis une autre. Suivent deux cognac, et un doigt de bourbon qui m'achève. De cet épisode, il ne me restera finalement qu'un passage à vide suivit d'une descente d'alcoolémie désagréable. Le patron du pub me tire de mon séant à cinq heures et quart, m'annonçant qu'il a nettoyé ce qu'il pouvait sans me déranger, et qu'il faut vraiment que je sorte. Coup d’œil dans le miroir. Mon pull est déchiré, j'ai des bris de verre incrustés dans un genou et une marbrure sur la tempe. Apparemment saoul, je suis allé hier soir chercher des crosses à un groupe de gros bras chantant des chansons paillardes. Un sourire complice aux lèvres, mon Hérault avoue avoir apprécié me voir briser une bouteille sur le crâne d'un chevelu qui chantait particulièrement faux. Je ne retiens pour ma part qu'une chose de ces tribulations : dans vingt-quatre heures, mon hématome aura prit une délicate teinte violette impossible à camoufler, et il ne me sera plus possible d'éviter les questions. Remerciant d'une voix cave le compatissant tenancier de m'avoir hébergé, je titube, hagard, en direction de mon appartement.

Cette journée, qui commençait horriblement mal, marqua en réalité une réelle prise de conscience chez moi. Tout en interviewant les éboueurs de la ville sur leurs conditions de travail (dans mon état, c'était le seul sujet que pouvais choisir sans risquer de trop le saboter), je tournais et retournais en boucle une interrogation dans mon cerveau douloureux, ankylosé par le manque de repos et la cuite récente : pourquoi ? Pourquoi étais-je aussi bagarreur, une fois ivre ? Ce n'était pas la seule fois où je me retrouvais en état d'ébriété, et comme à chaque occasion, ça se finissait en bagarre de rue. Une constante qui ne pouvait être anodine, et qui révélait quelque-chose sur ma personnalité. Mais quoi ? L'évidence m'apparut en pleine rédaction d'article : j'étais en mal de violence. Une enfance passée à prendre des coups m'aurait-elle rendu masochiste ? Belligérant ? Possible. Je préférais pour ma part (un peu par fierté, avouons-le) y voir la marque d'un désir refoulé d'agir en profondeur sur les causes de la souffrance humaine. Un besoin de me sentir utile aux autres. Ceux que j'étais allé défier au pub ressemblaient, aux dires du seul témoin à ma disposition, beaucoup à des truands. D'ailleurs, l'un d'eux (peut-être le moins mélomane du groupe ?) ne s'était pas gêné pour insulter quelques clients "à la gueule de pédé". De part mes antécédents de souffre-douleur, il semblait possible que je sois devenu extrêmement sensible à l'injustice, et aux brimades subies.
Or, je ne fus pas au bout de mes surprises. Alité tôt dans l'espoir utopique de ne pas traîner trop longtemps mon manque de sommeil, je fus réveillé par un Arisolte plus excité qu'un gosse au mâtin de Nöel. En tournant la tête vers mon réveil (affichant une heure trente-cinq !), l'explication de ma désorientation passagère découla de source. Maugréant plus qu'autre chose, le zombie que j'étais fis répéter au savant la raison de son appel. Tout ce que j'obtins fut une injonction à me présenter à une adresse dans l'Est de la ville instamment. Deux cafés serrés et un coupe-vent plus tard, je roulais, presque alerte, sur la route de mon destin. Plus à même d'analyser la situation, mes méninges se triturèrent durant le trajet, tentant en quoi les travaux de mon vieil ami (car il ne pouvait s'agir que d ça) allaient se révéler époustouflantes. Hub City, la nuit, perdait beaucoup de son charme baroque, devenant aussi changeante et lugubre qu'un mausolée. Sans y penser, je verrouillais mes portières.
Le naturaliste, cerné au possible, me sauta dessus dès ma sortie de véhicule. J'ignore lequel de nous deux avait les yeux les plus rouges, car il ne perdit pas de temps à me faire la conversation. M'enjoignant à le suivre, il me guida dans les méandres d'un laboratoire dernier cri silencieux, riant et murmurant à voix basse de temps à autres. J'étais, de mon côté, aussi curieux qu'effrayé par ce comportement inhabituel. L'Aristotle que je connaissais aurait attendu le lever du jour pour me faire venir, et se serait bien gardé de ricaner tel un Frankenstein moderne. Une porte blanche, un sas à lecteur de carte magnétique, deux autres portes (vertes, cette fois) et nous débouchâmes dans un petit espace où l'on avait entreposé ce qui ressemblait à des boites de conserve grises. Une version dotée d'un dispersif à pression trônait majestueusement sur une table en acajou (contrefaite, au vue du faux logo). L'ensemble se voulait irradier l'importance et le sérieux, mais du haut de mon mètre quatre-vingt deux de profane, une bombe de peinture artisanale et des raviolis en conserves irradiaient surtout l'ennuyeux.

Un bâillement irrépressible se chargea de traduire cet état d'esprit, ce à quoi le scientifique grogna d'un timbre bourru que je réviserais bientôt mon jugement hâtif. Avisant mon hématome (qui était on-ne-peut-plus voyant), son visage s'éclaira d'un sourire joueur, et, sans me prévenir, il pulvérisa un aérosol à l'odeur de plastique sur ma tempe. Réagissant avec la célérité de l'ours drogué, mon bras ne vint pas du tout faire barrage à la substance inconnue, si bien que je sentis sur la peau de mon crâne la présence fraîche mais inquiétante d'une tâche étrangère. Sans mot dire, Aristotle m'indiqua une glace suspendu par un clou mal planté. Mon reflet marqua un temps. L'hématome avait disparu ! Ne voulant pas y croire, je me rapprochais de la surface réfléchissante, ébahi de ne voir ni sentir au toucher aucune différence entre ma peau normale et la "peinture". Fier comme un paon, son créateur me présenta le Pseudoderme, un tissu organique conservable sous pression comme gaz et qui, à l'atmosphère ambiant, s'harmonisait avec tout tissu humain à son contact pour recréer une peau artificielle. Et bien qu'il déplore ne pas avoir réussi à concrétiser tous ses rêves, l'homme aux lunettes en demies-lunes parut satisfait de ce résultat. Le Pseudoderme constituait un maquillage idéal. Il pouvait dissimuler n'importe quel détail ingrat du corps à l'échelle locale, ou assurer un excellent travestissement une fois vaporisé sur l'intégralité de la tête. Utilisé ainsi, le composé reproduisait un faciès lisse et imberbe (identique au visage d'un mannequin) à partir duquel, via divers accessoires, on pouvait conférer à un individu donné n'importe quelle apparence. Épuisé, mais victorieux, l'entomologiste me confia qu'il allait prendre sa retraite et vendre le brevet à une compagnie d'effets spéciaux. Devenu trop vieux pour poursuivre ses recherches, il financerait Twain afin que celui-ci, plus jeune, triomphe et déniche une molécule permettant de remplacer un tissu lésé au lieu de juste dissimuler la blessure. Nous là, assis devant une table, deux vieilles connaissances enthousiasmées par l'inarrêtable progrès de la Science, à une heure où seuls les prédateurs de la nuit étaient normalement de sortie. J'aurais dû être harassé, à cran et bougon d'avoir été tiré du lit. Mais cet événement me fit vraiment chaud au cœur, car si un homme sur Terre avait bien mérité de s'approcher autant de son projet le plus cher, c'était Aristotle Rodor.

La semaine suivante s'avéra aussi épouvantable que pouvait l'être une succession de journées de travail lorsque l'on manquait cruellement de sommeil. Après deux petites nuits successives, je ne pouvais plus espérer m'en tirer sans mal, et la qualité de mes articles en pâtirent sérieusement. Comme pour enfoncer le clou, le peu de concentration qui demeurait à disposition dans mon cortex s'échinait à ressasser mon addiction à la reconnaissance, ruinait les restes d'espoir que je nourrissais de parvenir à noyer mes questions personnelles dans le labeur. Le Pseudoderme m'évita néanmoins d'expliquer à mes collègues pourquoi je m'étais battu, et puisque le maquillage résistait à l'eau, je n'eus pas à recontacter mon ami à la retraite pour me réapprovisionner en fond de teint magique. Cependant, lorsque votre voie vous prédestine à aller dans une certaine direction, il est inutile de chercher à vous en éloigner, car le Hasard se chargera toujours de vous y rabattre. D'expérience, je sais qu'il est nettement préférable de suivre le courant vous poussant que de se fatiguer à lui tenir tête. En approchant de mes trente-et-un ans, je fus accablé par un constat dérangeant : le journalisme ne me plaisait plus. Suivre ce cursus d'étude avait semblé être un bon compromis au vue de mes centres d'intérêts et de la stabilité d'un salaire fixe, toutefois, mon naturel réclamait à grands cris une existence plus palpitante, moins monotone. J'avais à cœur de ne jamais vivre deux fois la même journée, de connaître l'excitation de l'inconnu me guettant au point du jour ou à la nuit tombée, et pas de répéter inlassablement le même schéma d'actions pré-établies en espérant une promotion. Un vieux rêve d'enfance, le métier de détective privé, refit jour dans mon esprit, plus tentateur et stimulant que jamais. Débarrassé de mon responsable, plongé jusqu'aux coudes dans les intrigues et les secrets à démêler, mon intellect inquisiteur frétillerait tel un poisson remis à l'eau. Difficile de faire plus exotique, mes besoins de changements permanents en sortiraient également comblés. Sauf que, en contrepartie, je ne serais plus rétribué de façon mensuelle. Ne roulant pas sur l'or, j'hésitais à me lancer dans l'aventure, craignant de me retrouver à sec par défaut de clientèle, ou pire, pour cause d'inefficacité. On ne sait jamais si l'on sera doué dans un domaine avant d'avoir essayé... Mais devais-je pour autant prendre un tel risque ?

La réponse à cette question fut un non de principe. Un non de sécurité, qui me faisait regretter chaque soir ma frilosité. Emporté dans une spirale d'auto-punition, le journaliste insatisfait que j'étais se mit à prendre l'habitude de trôner dans un bar chaque soir, en espérant y faire une mauvaise rencontre. Le Pseudoderme (qui s'ôtait, comme tout maquillage, avec du démaquillant et du coton) se serait avéré très utile pour effacer les divers bleus, coupures et autres souvenirs de rixes que je collectionnais, mais en dépit de ma frustration, je refusais de solliciter Aristotle pour un usage aussi égoïste de sa trouvaille. Assumant mes habitudes nocturnes en serrant les dents devant l'expression désapprobatrice de mes pairs, il me fallut me résoudre à enterrer définitivement toute possibilité d'augmentation. Entre le mal et le pire, j'avais opté pour le mal, mais en m'infligeant le pire.
C'est ici que le Hasard intervint, se manifestant comme à son habitude par un appel téléphonique du professeur Rodor à une heure indue. Plus d'excitation dans son timbre, mais du désespoir et de la peur. M'avouant ne plus savoir que faire, le naturaliste passionné me confia que les travaux du docteur Twain stagnaient depuis deux ans. Cédant aux sirènes de la facilité et du profit, l'ex-collègue du professeur avait décidé de vendre des cargaisons entières de Pseudoderme à des pays du Tiers-Monde en guerre, faisant passer le produit pour un pansement cicatrisant miracle. Déjà discutable sur le principe, l'offre en devenait criminelle lorsqu'on savait que, d'après de récentes études de Twain, le Pseudoderme s'avérait cancérigène lorsqu'on l'appliquait sur une plaie ouverte. Une donnée qui aurait méritée de figurer sur la notice, mais que le scientifique asiatique avait négligée de mentionner à ses acheteurs. Les conséquences d'un tel acte m’ôtèrent les mots de la bouche. Des milliers de blessés qui s'appliqueraient du poison sur le corps, croyant guérir ce qu'ils ne faisaient que masquer. Laissées en l'état, les blessures empireraient, la chair nécrosé rendant encore plus nécessaire l'usage de Pseudoderme pour masquer l'horreur de la gangrène, induisant une consommation régulière du maquillage et plus de profits. En parallèle, les gangrenés périraient des suites de l'absence de soins. Ceux qui survivraient à ce cauchemar fonderaient la base d'une génération cancéreuse à l'extrême, et dont le taux de mortalité défierait l'imagination. Le docteur Twain s’apprêtait à provoquer rien de moins qu'un génocide de masse sur les populations en guerre, et ce au nom de l'argent.

Notre monde est pourri. Avili par une soif de richesses qui ramène l'homme à obéir à ses plus bas instincts sans se préoccuper du sort des victimes qu'il créé. Le pire étant que, à partir d'un certain montant de bénéfices, la justice devient incapable d'intervenir correctement. C'est Aristotle qui me confie ce paradoxe, en m'expliquant d'un timbre éteint que Twain, ayant surpris son ancien collègue à fouiner dans ses affaires, l'a menacé de faire croire à la police que c'était lui le seul responsable. Le prévoyant docteur avait laissé Rodor présenter le brevet de son invention sous son seul nom (ce qui avait ressemblé à un très beau geste de fair-play, à l'époque) et s'était débrouillé pour ne laisser traîner son nom sur aucun papier. Le coupable ressortirait blanchi de l'enquête, tandis que mon mentor y gagnerait un séjour en prison. Cruellement ironique, pour celui qui ne visait qu'à empêcher un désastre sanitaire. Partageant la détresse de mon interlocuteur, je ne peux retenir un coup de poing contre le mur le plus proche, qui m'écrase les phalanges. Étouffant un cri de douleur, j'entends alors l'ex-professeur me suggérer une solution, qui n'était cependant pas sans risque pour moi. Ce qui tombait merveilleusement bien, puisque j'étais en manque d'actions inconsidérées, en ce moment.

En tant que journaliste de la WWB, Victor Sage connaît la disposition des lieux et sait comment atteindre le bureau du responsable éditorial. Facile donc pour cet homme de faire en sorte qu'un dossier rempli d'éléments incriminant le docteur Twain y soit déposé anonymement. Et Aristotle ne doutait pas une seconde que je sois capable de dénicher des preuves de la culpabilité de ce vil intriguant. Beaucoup moins facile, en revanche, pour un simple journaliste de moindre rang de réussir à enquêter sur l'affaire sans attirer l'attention ou se faire arrêter. Mon vieil ami craignait même que Twain n'aille jusqu'à tuer toute personne tentant de faire barrage à ses plans d'enrichissement, ce qui rayait définitivement Victor Sage de la liste des candidats potentiels. Sauf que je n'allais pas agir en tant que Vic Sage. L'idée, provenant du cerveau en constante ébullition du naturaliste grisonnant, reposait sur les propriétés novatrices du fond de teint magique. Tout en m'appelant, il s'était mis à contempler sa création, dont il gardait un petit stock en souvenir, et qui risquait de devenir la cause de mortalité numéro un de la prochaine décennie. Un flash lui avait traversé l'esprit, et un embryon de solution avait germé au fond de ses prunelles. Le Pseudoderme pouvait effacer les traits de son porteur, le rendre quelconque et lambda, impersonnel. Me rendre anonyme. Une fois travesti, il ne me restait plus qu'à enquêter sans crainte de me faire repérer, puisque je pouvais changer d'identité et de visage à l'envie ! Un scénario digne de roman policier, mais qui contraignait votre serviteur à s'aventurer dans l'antre du dragon Twain. Pour quelqu'un n'ayant aucune formation policière, ne sachant pas se battre et n'étant pas armé, la tentative relevait du suicide pur et simple. Le laboratoire de l'asiatique devait déborder de gardes, de systèmes de surveillance et d'alarme. Qui aurait parier sur un pauvre outsider en connaissant tous ces éléments ?

On ignore de quoi on est capable tant qu'on a pas essayé de le faire. Je m'étais lancé dans cette quête de vérité comme j'avais postulé pour bénéficier d'une bourse : sans même me demander si j'en étais digne, ou capable. Rien n'avait changé, depuis ce temps : mon existence me lassait tout autant, et ma soif de sortir d'un carcan étouffant continuait de me prendre à la gorge. Poussé à bout par mes besoins de confrontation, je me jetais à corps perdu dans ma tâche, me créant un double enquêteur de l'extrême. C'était déroutant de voir son visage dans un miroir sans avoir d'yeux, d'attendre alors qu'on avait aucune oreille apparente ou de pouvoir parler et respirer sans la moindre bouche. Le timbre de ma voix ressortait plus grave de mon déguisement, un effet secondaire que son concepteur n'avait pas prévu. Il me glissa également qu'un autre moyen de retirer le Pseudoderme de mon visage consistait à en vaporiser une seconde couche sur la zone travestie (l'explication scientifique faisait état d'interactions chimiques faibles qui s'annulaient dans certains cas et pas dans d'autres... Je ne retins que l'essentiel : le démaquillant venait à bout du composé, mais risquait à terme d'irriter ma peau. Une solution à éviter à l'avenir, donc). En portant des gants et un costume qui élargissait ma silhouette, Victor Sage finissait de disparaître derrière le masque de l'enquêteur. Plutôt que de me balader crâne nu, je préférais ajouter un feutre à ma tenue, par simple esthétisme. C'est sous cette apparence nouvelle que je m'introduisis dans les locaux de la WWB, par une nuit sans lune. Aristotle ne s'était pas trompé en me confiant la charge d'envoyer Twain derrière les barreaux, et ne fut pas étonné d'apprendre que je m'étais acquitté de cette tâche. Au final, l'unique personne qui n'avait pas anticipé cette réussite, c'était moi. Ou plutôt, Victor. Parce que mon alter-ego, lui, ne doutait jamais. Il représentait mon côté fonceur, bagarreur et confiant. Un autre moi qui ne craignait rien, et savait toujours improviser dans l'urgence. Petit à petit, je me mis à lui confier les rênes, réalisant ce potentiel dormant qui m'habitait et qu'un vieil ami s'était fait fort d'éveiller par la stimulation adéquate.

Le bureau du responsable éditorial (je ne mentionnerai pas son nom, car il n'est personne à mes yeux) fourmillait de dossiers en cours de traitement, d'exemplaires de journaux tirés à plus de cent milles exemplaires, et de photo d'une famille heureuse. En promenant le faisceau de ma lampe-torche, j'appris nombre de détails intéressants sur la vie privée de ce quinquagénaire, tels qu'une passion inavouée pour le jardinage ou la mauvaise habitude de se ronger les ongles. En réfléchissant à la meilleure façon de présenter mon dossier, je consultais la pochette de carton. Pleine à craquer de photos, de doubles de contrats portant la signature de Twain et d'enregistrements vocaux, elle manquait d'une chose. Un signe distinctif. Si je la déposais maintenant, elle se fonderait dans la masse de dossiers surchargeant le bureau de l'éditorialiste et ne serait ouverte que trop tard. Lentement, ma main droite s'empara d'un feutre noir, et se suspendit au-dessus de la surface cartonnée, en attente d'inspiration. Un millier de titres défilèrent dans mon esprit, sans qu'aucun ne me convienne. Trop longs, pas assez explicites ou trop vagues, ils ne stimulaient pas suffisamment la curiosité. Par manque de temps, j’optais pour
"Question de Morale", qui demeurait le moins mauvais des titres me venant. Sauf que le feutre se retrouva à sec après le premier mot, ne laissant qu'un "Question" sur la pochette. Haussant les épaules, je me souviens clairement m'être dit que l'essentiel était d'avoir annoté cette chemise. Je m'éclipsais en refermant la porte dans mon dos.

Agir en tant que détective privé sans visage m'avait convaincu d'arrêter le journalisme. Ce que m'apportait l'un noyait l'autre sous des torrents d'adrénaline, de satisfaction personnelle et d'utilité. A quoi bon m'échiner à faire un reportage sur l'état désuet des canalisations de la ville lorsqu'un crime irrésolu faisait trembler tout Hub City sur ses fondations ? Loin de me détromper, Aristotle avoua s'être tourné vers moi en partie parce qu'il m'avait toujours considéré comme un détective, et non comme un reporter. Respectant mon choix initial de carrière, il avait laissé le temps faire son œuvre, afin que ma nature profonde se manifeste pour réclamer une existence plus palpitante, plus éprouvante. Le dossier Twain trouva une conclusion satisfaisante, puisqu'on condamna l'homme à trente ans de prison pour "contrefaçon de dispositifs médicaux et mise en danger de la vie d'autrui". Deuxième dénouement heureux : la cour pénal considéra que la responsabilité du professeur Rodor n'avait pas été engagée dans l'affaire, et annula les charges de complicité qui pesaient sur lui. En revanche, la justice rendit interdite son utilisation, évaluée comme "à risque pour le consommateur". Une compagnie de maquillage se mordit les doigts de ne pas avoir réalisé d'expertises approfondies, et ne put se retourner contre le vendeur du brevet, qui conserva un pécule non-négligeable.
Néanmoins, ce qui déchaînait le plus les passions et fit couler beaucoup d'encre, n'avait rien à voir avec le résultat de cette enquête. Le lendemain de ma "livraison", le quotidien de la ville titrait
" Qui est Question ? ". On avait visiblement mal interprété le titre du dossier. Mais je pouvais difficilement me plaindre. Mon alter-ego venait de se faire baptiser par un nom qui lui correspondait à merveille.

Ma démission atterrit sur le bureau du DRH de la WWB deux semaines plus tard, le temps que mon mentor et moi-même mettions au point un dernier arrangement. Lui tenait à me payer mon futur local ainsi qu'à couvrir mes dépenses en remerciement, et j'insistais pour ne pas le ruiner. Coupant la poire en deux, nous convînmes de m'offrir un bureau spacieux et confortable, bien meublé. A charge pour moi de gagner de quoi manger et me vêtir. En échange de quoi Aristotle accepta de savourer une retraite bien méritée, non sans m'assurer que Question pouvait compter sur son aide en cas de besoin. Et d'aide, je n'allais pas tarder à avoir besoin. A commencer par le Pseudoderme, que Rodor était seul à pouvoir me fournir. S'ajouta à cela un pistolet à gaz incapacitant qu'il conçut pour me faciliter la tâche et pallier à mes maigres prédispositions pour les combats armés. Au fil des moi, Hub City apprit à connaître et à craindre Question pour son implacable capacité à faire sortir la vérité de son trou, à démasquer les faux-semblants et les machinations, ainsi que ses talents d'infiltration. Ma ville commençait à devenir un lieu plaisant où le crime tombait de son piédestal. Mais pas pour longtemps... Quelques années après l'apparition de son protecteur inexpressif, Hub City connut une recrudescence de criminalité dont j'ignorais l'origine. Un marchand d'arme à la réputation internationale et connu sous le nom de Sundance commença à faire parler de lui. Un certain révérend Hatch se retrouva mêlé à plusieurs affaires de corruption ; plusieurs assassinats furent perpétrés sur des politiciens honnêtes. En un mot comme en cent, quelque-chose avait changé, dernièrement. Il ne me restait donc plus qu'à enquêter...

Test RP
« Qu'avez-vous donc à cacher, Monsieur Polys ? »

Oui, se parler à soi-même lorsqu'on est seul, dans le noir et en train d'explorer le vaste bureau d'un riche investisseur nouvellement installé à Hub City n'était probablement pas la meilleure des idées. En terme de santé mentale et de discrétion, je m'étais connu en meilleure forme. Mais après avoir astucieusement évité le vigile à l'entrée, vérifié trois fois la présence de systèmes de sécurité que j'aurais pu oublier de neutraliser, et attendu dix grosses minutes dans le silence le plus complet, j'estimais avoir droit à une question.

Alexander Polys, un magnat de l'industrie des armes, a démarré très fort sa carrière dans ma ville. A peine débarqué, il y a trois mois, il est venu trouver la candidate au poste de maire Myra Fermin, lui offrant officiellement (et gracieusement) de financer sa campagne. Trouvant cette générosité spontanée bien suspecte, je me suis empressé de le filer. Ma patience trouva récompense un soir où, décidant de sortir faire une ballade, le mystérieux personnage quitta sa maison. Alors, spontanéité, ou bien duplicité ? J'eus tôt fait de trouver la réponse: un homme de main de Sundance vint le récupérer une avenue plus loin, pour l'emmener je ne sais où (étant à pied, je les perdis de vue). Qu'importe, j'avais décroché mon information : le bonhomme fréquentait un marchand d'arme, et pas un débutant. Chose qui laissait peu d'espoirs pour l'imaginer bénévole et bienveillant. Polys finançait donc la campagne de Myra dans un but précis, et je devais savoir lequel. Le fait que la candidate soit également un amour de jeunesse non flétri et une alliée dans ma lutte contre la corruption ne fit que doubler l'empressement avec lequel je me mis à enquêter. Et jusque-là, il n'en ressortait rien de bon.

Polys fabriquait des armes en plastique, indétectables par les portiques de sécurité mais tout aussi mortelles. Ses revenus astronomiques, étayés par une demeure tape à l’œil et une épouse au physique très changeant, laissaient entrevoir un certain succès dans sa branche d'activité, qu'il me fallut étudier de plus près pour en découvrir les tenants et aboutissants. En se faisant passer pour divers employés du bas de l'échelle, Question apprit que le grand patron effectuait des déplacements réguliers vers Gotham City, à date fixe. Ne restait qu'à se procurer les plans du bâtiment, s'équiper de deux ou trois ustensiles mis au point par mon allié de toujours, Aristotle Rodor, et le tour était joué. Dit comme ça bien sûr, on en rigolerait de simplicité. Sauf que si je n'avais pas dû composer avec les nombreuses difficultés, mon infiltration aurait eu lieu la semaine suivant ma découverte du partenariat Sundance-Polys, et non un mois après.

Lampe-torche au niveau de l'abdomen, je promène un faisceau faiblissant sur le décor. Il faudra que je pense à remettre des piles.

Mon inspection s'attaque d'abord au bureau.


Propriétaire des lieux méfiant, ne mettra rien de compromettant sur son ordinateur, facile à pirater. Privilégiera des documents manuscrits pour ses trafics. Paperasse ordonnée en piles bien parallèles, indique une secrétaire efficace et maniaque du rangement. Légère odeur d'une fragrance sucrée dans l'atmosphère, prouve d’occasionnels rapports sexuels qu'on a tenté de masquer en remettant du parfum juste après l'acte. Dossiers sans intérêts mis en évidence sur le bureau, inutile de chercher là-dedans. Improbable qu'on se soit amusé à sortir puis remettre les dossiers sensibles sous un lourd tas de feuilles décoratives. Tiroir médian du troisième secrétaire en partant de la gauche mal fermé, signe d'une déformation survenue suite à de fréquentes ouvertures. Probabilité d'y trouver des indices intéressants : 91%.

Le meuble, surchargé de courriers, dossiers et autres relevés, respire l'ergonomie. J'y vois un pot à stylos positionné à la distance optimale de la chaise, un ordinateur éteint qui a dû coûter les yeux de la tête, ainsi que deux coupe-papiers en forme de dagues orientales. Alexander doit avoir des amis dans chaque coin du globe. D'un pas léger, je dépasse cette partie de la pièce, évitant d'une embardée un pot de fleur traîtreusement placé sur mon chemin, avant de faire halte devant un secrétaire métallique renfermant les dossiers d'archive J à M. Une porte claque dans mon dos, et je n'ai que le temps d'éteindre ma source de lumière avant que la patrouille n'arrive à mon niveau. Avec fluidité, Question s'accola au mur attenant, retenant son souffle et s'assurant que personne ne viendrait faire un petit tour dans le saint des saints. Je note avec plaisir l'absence de démangeaisons dans mes articulations. Il y a un an, Victor se serait précipité sur l'occasion pour se défouler un peu en tabassant deux employés de la sécurité. Ce soir, je n'avais qu'à tâter mon épaule gauche pour revoir une batte m'exploser le deltoïde. Vic s'était passé les nerfs sur assez de criminels et de petites frappes pour conserver la pleine mesure de ses moyens pendant un bon mois, voire plus. On pouvait dire que, de ce côté-ci, je revivais. Plus besoin d'alcool ni de bagarres de bar pour dépenser mon énergie, Hub City recelait largement de quoi étancher ma soif d'adrénaline.

En m'accroupissant, je perçois un lointain bruit de porte que l'on referme, puis la décrue de pas lourds derrière moi. J'éclaire quelques photos prises pour célébrer de grands contrats signés par Polys, avant de tirer délicatement un tiroir, qui a le bon goût de ne pas grincer.


Nombreux dossiers rangés en file indienne. Tiroir huilé avec soin pour éviter à l'employeur de ne pas s'user le bras à tracter une lourde charge. Secrétaire célibataire serviable espérant vainement se marier avec son patron pour quitter son existence laconique.
Dossier indiquant "Paxton & fils" au troisième quart du tiroir, légèrement moins bien rangé que le reste, donc consulté récemment. Seule dossier dénotant de l'organisation millimétrée, donc camouflé dans la masse en arborant un petit indice facilitant la reconnaissance pour son possesseur prudent.


* Bingo ! *

D'une main attentionnée, j'extirpe l'objet de ma visite impromptue de son carcan de fer froid, avant de l'ouvrir et d'étaler son contenu sur le bureau, les papiers du dessus déposés à gauche des documents du dessous. J'ai sous les yeux six relevés dactylographiés qui fleurent bon la magouille clandestine. Méthodiquement, j'inspecte chaque ligne.


Relevé le plus à droite froissé en bas de page, trahi une frustration à la lecture. Deuxième article en partant de la gauche porte la signature authentique de Myra, réalisée avec son stylo bleu des mauvais jours. Premier document daté d'avant l'arrivée d'Alexander Polys à Hub City, donc l'ensemble du projet était prévu de longue date. Mention récurrente des noms "Falcone" et "Maroni". Consonance italienne laissant présager une participation de la mafia. Chaque feuille a été conservée avec soin, donc sert d'éventuel élément à charge au cas où un partenaire tenterait de doubler Polys. Absence significative de photos : les partenaires sont tout aussi méfiants, et habitués à traiter avec des marchands d'armes. Mafieux expérimentés, donc.

En vérité, j'ai le sentiment de ne voir que la partie émergente d'un iceberg. Le gentil et bienveillant investisseur Polys prévoyait de lancer un contrat conjoint avec Sundance, le magnat du commerce des armes à feu. Ensembles, ils fournissent deux familles mafieuses de Gotham, qui doivent se livrer à une guerre des gangs sans merci pour nécessité un apport aussi conséquent et régulier d'engins de mort. Hub City se trouvant non loin de ce point chaud, Alexander s'y installe pour se simplifier la tâche, graissant la patte de la candidate au poste de maire la plus prometteuse en échange d'une signature interdisant à la police de venir se mêler de son business. Tout se déroulait très bien, jusqu'à ce que récemment, un mystérieux "Batman", trouble-fête insaisissable et masqué, ne se mette à interférer dans ce commerce juteux. Falcone et Maroni voient leurs précieuses cargaisons saisies, ils ne sont pas contents. Polys voit brutalement ses revenus fondre comme neige au soleil, il n'est pas content. Sundance voit son partenaire perdre le contrôle de la situation, il n'est pas content du tout. Et quand Sundance n'est pas content, en général, quelqu'un trinque. D'où un raffermissement des méthodes du tandem, qui se tournent vers les mercenaires en tous genres pour sécuriser leurs transactions. Dans le même temps, les bandits effrayés par Batman désertent Gotham, agrandissant la vermine clairsemée de ma ville. Ça, je n'aime pas.
Le dernier rapport fait état de l'apparition d'individus costumés qui, à l'instar de Batman, défient la hiérarchie établie par les mafias en jouant les électrons libres. Problème : là où la chauve-souris humaine terrorise les malveillants, eux terrorisent tout court, quand ils ne pillent pas ou tuent froidement. Un bonhomme grassouillet dompteur d'oiseaux se serait fait connaître en détroussant des passants, avant de monter en puissance pour s'en prendre à des firmes multinationales. Ses rapts sont décris comme violents, et effectués avec un mépris souverain pour la vie humaine. J'arrête ici ma lecture, et range cet étalage de mauvaises nouvelles dans son antre de carton. En voulant neutraliser un commerçant d'armes, Question aura appris bien plus qu'il ne l'espérait. A commencer par la raison pour laquelle Hub City redevient un taudis malfamé. Mais cela va bien plus loin. A cause d'un anonyme auto-baptisé redresseur de torts, un durcissement s'est opéré chez les truands, une forme d'évolution malsaine basée sur la sélection naturelle. En traquant les voleurs, les assassins et les pilleurs classiques, Batman a provoqué l'apparition de super-criminels, des prédateurs mieux équipés pour lui résister, car moins conventionnels. Ce changement de mœurs ne me dérangerait pas, si Gotham se trouvait à l'autre bout du globe. Sauf que nous étions voisins, au même titre que Metropolis ou Blüdhaven. Alors, si la faune criminelle du voisinage s'invitait à Hub City, il ne faisait aucun doute que, prochainement, des super-criminels débarqueraient aussi. Peut-être même cela avait-il déjà commencé ?


* On dirait que Question va devoir intervenir, et vite... *

Ce constat coulait de source. En enquêtant à Gotham, j'aurais tout le loisir de réunir des preuves pour coincer Polys et Sundance, tout en épinglant ce "Batman". Lui évincé, la criminalité normale redeviendrait majoritaire, et les super-criminels retomberaient dans l'oubli. Paresseux de nature, l'être humain ne cherche pas à faire d'efforts lorsque le simple banditisme lui assure de bonnes rentrées d'argent. Peut-être qu'à la rigueur, il me faudrait neutraliser un ou deux originaux, mais dans tous les cas, en retournant dans mon domaine de prédilection, je laisserai derrière moi une cité gérable pour la police, car troublée uniquement par des nuisants ordinaires et aisés à canaliser.

L'avantage de mon nouveau métier de détective privé, contrairement à celui de journaliste, c'est qu'il allait me permettre de délocaliser temporairement mon bureau sans la moindre difficultés (Rodor me proposerait même de m'aider à louer un local, je le vois déjà venir). Un reporter se devait de trouver une place dans un journal local avant même de songer à déménager, au risque de quoi il se retrouvait souvent sans emploi pour plusieurs semaines. Une telle contrainte aurait rendu mes investigations laborieuses, et inutilement longues. En prenant soin de la faire négligemment dépasser, je replace le dossier postiche dans la rangée avant de refermer le tiroir. Un dernier coup d’œil pour vérifier que je ne laisse rien indiquant mon passage, et je disparais dans les ténèbres.
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MessageSujet: Re: Victor Sage/Question   Dim 5 Fév - 11:03

Be or not to be, that's the Question.
Bienvenue, m'sieur. Very Happy
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MessageSujet: Re: Victor Sage/Question   Dim 5 Fév - 11:13

Merci, petite Wink

Nous avons en commun de connaître les "joies" de l'orphelinat, il se pourrait donc que Victor éprouve de l'empathie pour l'histoire de la jeune Lucy (par opposition à la vieille lucy adulte Razz ).
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MessageSujet: Re: Victor Sage/Question   Dim 5 Fév - 11:55

Ahah ! Au billot, les vieux ! Excité
Pas de quoi. Mais je pense que l'on verra ça dans le topic des liens une fois validé…sinon, Pingouinot va vouloir se venger en mettant une casquette dans la forêt amazonienne. Laughing
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MessageSujet: Re: Victor Sage/Question   Dim 5 Fév - 17:14


    Bienvenue à toi, nouveau membre de Gotham City Stories. Je serais l'administrateur qui se chargera de valider ta fiche de présentation en te fournissant toute l'aide nécessaire à la réalisation de cette dernière.

    Pour mener à bien ce projet, je te conseille fortement d'aller consulter notre contexte afin de connaitre la situation géopolitique régnant dans la ville sombre de notre Gotham. Le plus important concernant la validation de ta fiche concerne ta connaissance de notre règlement. Nul n'est au dessus de la loi même lorsqu'on s'est évadé d'Arkham. Pour être certain que la lecture du règlement se fasse, nous avons incorporé un code dissimulé dans le règlement. Pour être validé, il faut le code et pour trouver le code, il faut lire le règlement.

    En dehors de ces deux passages obligatoires, tu peux voir les différents groupes existants au sein du forum, les personnages les plus importants dans le contexte actuel et, dans l'éventualité où tu hésiterais sur le choix à faire pour ton personnage, tu peux consulter notre galerie de prédéfinis. Veuillez toutefois à lire le préambule si tu décides d'en incarner un.

    N'oubliez pas de faire un tour dans les locaux du Gotham Globe pour vous tenir informer des derniers événements ayant eu lieu en ville !

    Si ces quelques liens ne parviennent pas à répondre à tes questions, surtout n'hésites pas à me poser des questions ici même ou sur ma boite de messagerie. Mon collègue, Batman, pourra lui aussi se plier en quatre si vous vous croisez.


__________

Très long, très détaillé, très soigné. Cela démontre d'une expérience dans le rôle play et d'un très bon niveau dans la rédaction. Je n'ai absolument aucun problème pour te valider en tant que Justicier !

Néanmoins, même si ce n'est pas grave, j'ai un petit souci qui ne change en rien ta validation. Je regrette simplement de ne pas voir Vic Sage sous son apparence normale. On le voit surtout en Question avec son masque. N'aurais-tu pas en stock une image de Vic Sage en civil pour voir les deux faces de la même pièce ? C'est seulement pour illustrer ta fiche. Tu peux le mettre dans l'histoire ou en rp, pas besoin de virer l'avatar de la fiche.

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MessageSujet: Re: Victor Sage/Question   Dim 5 Fév - 17:51

ouais! le premier bleu validé ici!!! ça se fête! champagne! dorénavant, je suis plus tout seul face aux vilains pas beaux rouges qui veulent mon masque et ma cape en trophée de chasse.

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MessageSujet: Re: Victor Sage/Question   Dim 5 Fév - 18:20

Merci beaucoup pour la validation Very Happy

Ravi de débarquer à Gotham pour te filer un coup de main, Batou Wink (ensemble, on les aura, ces vilains criminels Twisted Evil ).

Pour l'avatar, j'avais sélectionné une superbe illustration aux dimensions quasi-parfaites, représentant à la fois Vic et Question. Sauf que je l'avais seulement vue, et pas enregistrée. Et le lendemain, surprise ! L'image avait été supprimée de la galerie. Raison supplémentaire : dans les premiers comics, Victor est quasiment blond, alors que ses plus récentes apparitions (notamment dans le dessin animé Justice League Unlimited), Vic est vraiment roux (pour le coup, il ressemble comme deux gouttes d'eau à Walter Kovacs n_n). Ce qui restreint encore le champs des illustrations disponibles (et je me voyais un peu mal mettre une image de dessin animé).

Mais tu as raison Pingouin, ça ne me dispense pas de montrer le héros sans son masque. J'espère que l'image ne fera pas trop tâche juste avant l'histoire Embarassed
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Rakel Peleonor
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MessageSujet: Re: Victor Sage/Question   Mar 7 Fév - 14:58

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