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 Event1: Mission 4 - The Joker's show.

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Master Rp

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Date d'inscription : 20/11/2011

Localisation : Gotham City


MessageSujet: Event1: Mission 4 - The Joker's show.   Sam 11 Fév - 16:14

Le Joker


Le Joker était en train de se curer les ongles avec un couteau à cran, Harley Quinn gloussa :

« Antenne dans 3 secondes poussin. »

Le Joker s’étira et claqua des doigts, l’un de ses clowns leva un panneau sur lequel on avait marqué avec le sang d’un animateur télé égorgé : APPLAUDISSEZ

Les journalistes du Gotham City News captifs du Joker qui étaient tenus en joue par les quelques clowns armées applaudirent avec frénésie pour ne pas se faire tuer.

« Merci chers fans, je sais que tout comme moi vous avez hâtes d’assister à la suite sanglante de nos émissions télés fortement intellectuelles. A propos, vous connaissez la blague du cancéreux en phase terminale, du policier zoophile et de la strip-teaseuse qui rentrent dans un bar ? »

L’un des clowns leva un panneau sur lequel on avait marqué avec le sang d’un technicien flingué : RIEZ

La foule de captifs se mit à rire à gorge déployé d’une façon artificielle et apeurée pour ne pas vexer leurs ravisseurs et éviter la mort. Le Joker hurla à l’intention de son homme de main brandissant le panneau :

« Mais non sombre idiot! Il fallait agiter ce panneau après la chute de ma blague, pas avant ! »

Le Joker dégaina un colt python 357 magnum et explosa la boîte crânienne de son sbire d’un seul tir. Il porta le canon de l’arme à ses lèvres et souffla dessus pour dissiper la fumée. Il reposa délicatement l’arme sur la table de présentateur où il était attablé et se tourna vers les caméras.

« Bien, j’en étais où moi ? Ah oui, il est temps d’attribuer le prix de la meilleure blague en milieu urbain filmé avec une caméra caché. Harley, envoie donc les images sur la blague particulièrement hilarante de l’heureux gagnant du concours. »

Les citoyens de Gotham devant leur télévision purent voir les extraits vidéo d’un bar où s’était retranché des policiers en armes qui recevaient leurs instructions d’un officier pour contrer les émeutes dans la ville. On avait dissimulé la caméra caché dans un coin et elle filmait l’ensemble du bar. Un clown du Joker entra tout joyeux. Ses vêtements étaient trempées, il marchait comme un ahuris. Un flic cria :

« Qu’est-ce que c’est que ce type ? Il pue l’essence ! »

Le clown craqua une allumette et se transforma en clown flambé. Les flics s’enfuirent dans tous les sens. Le clown hurlait de douleur. Les flammes montèrent jusqu’au plafond. Un seul flic n’avait pas détalé pendant qu’il cramait. Il rafla un siphon et balança de l’eau gazeuse sur le clown pour tenter vainement de lui sauver la mise. En se propageant l’incendie coupa la caméra caché.

Retour sur le Joker écroulé de rire au point de s’étouffer. Harley Quinn apparut derrière pour lui tapoter le dos.

« Même moi j’en ai pas fait d’aussi drôles ! Récompensons donc le vainqueur ! »

Deux clowns déguisés en infirmières avec large décolletés sur leur torse velue, mini-jupe insistant sur leurs grosses jambes poilues et chaussures à talon aiguille surgirent en trimballant une civière sur laquelle se trouvait le cadavre calciné du clown. Harley s’approcha et déposa sur le corps atrocement brulé une statuette en bronze représentant un oscar à la perfection (mis à part qu’on avait gribouillé un sourire rouge sur la statuette avec en prime le crâne peint en vert)

« Quel hommage ! Faut dire, il le mérite, une telle performance dans le domaine du rire mérite de rester gravé dans les annales. Et maintenant une page de publicité. »

Les images défilèrent sur les écrans, on vit un deux clowns jouer aux fléchettes sur une cible en forme de chauve-souris. Harley Quinn arriva derrière et balança un couteau de chasse à la place des fléchettes.

« Pour tous vos divertissements familiaux, ne cherchez plus et achetez le jeu Batou coup dans le mille ! »

Un clown leva une arbalète pour arroser la cible, un autre clown leva une sulfateuse et la réduisit en miette. Nouveau gros plan sur la tête grimaçante de Joker. Il agitait dans sa main une espèce de nounours attifé en Batman. Sur lequel il avait planté plusieurs épingles.

« Pour acquérir la poupée vaudou Batou, veuillez appeler le numéro qui défile sous l’écran. Appel gratuit ! »

Le Joker planta une épingle dans l’entrejambe de la peluche chauve-souris.

«Batou ? Ça a marché ? Tu es eunuque ? Tu m’en veux pas j’espère ? »

Il balança la peluche derrière lui et se frotta les mains.

« Et notre premier invité prestigieux de la journée n’est autre que… le commissaire Loeb en personne ! On l’applaudit ! (ou pas)»

Ses sbires trainèrent le commissaire ligoté et en peignoir jusqu’à une chaise. Le chef des forces de l’ordre gesticula de peur et il fit voler l’une de ses pantoufles pendant qu’il se débattait.

« Oui cher public, nul dans cette ville n’est inattaquable, la preuve est là, nous avons enlevé ce cher commissaire chez lui en pleine nuit pour le convier à nos festivités juste avant que je ne fasse exploser les ponts pour qu’on ait enfin la paix et que les sous-doués de Metropolis ne viennent plus nous rendre visite. Merci qui ? »

Le commissaire Loeb tremblait de partout, le Joker prit son colt magnum, ôta trois cartouches et fit tourner le barillet. Il braqua le dirigeant de la police et tira 3 fois sur lui. Le chien du revolver cliqueta 3 fois et percuta 3 chambres vides. Le commissaire hurla et vomit sur lui avant de s’évanouir. Le Joker observa son arme avec un regard sceptique.

« C’est ce qui s’appelle avoir de la chance, ou peut-être pas, si ça se peut notre ami échappe à une mort rapide pour crever sous la torture plus tard ? Vous voulez savoir la suite cher public ? C’est simple ! »

Il se leva solennellement et dit sur un ton de commercial:

« Alors regardez Joker TV ! Abonnez-vous à nos programmes ! Et abonnez-vous à la loterie Joker aussi, de nombreux prix à gagner comme la poupée vaudou Batou, une cuisine anti tâches en skaï rose fuchsia entièrement équipée, un portrait dédicacé de moi-même ou bien une télé avec les couverts et les tasses à thé assorties. »

Le Joker se rassit et s’empara d’une liasse de feuille que lui tendait Harley Quinn. Il la lu attentivement et la déchira en s’énervant.

« Non citoyen de Gotham ! NON ! Je viens de lire la liste des morts d’aujourd’hui qui ont été relevés par les rapports radios (que nous avons piratés pour les entendre) des hôpitaux et des postes de polices. Il n’y aurait en tout que 64 morts dans les rues aujourd’hui à cause des émeutes. Mais enfin ce n’est pas assez ! Vous m’avez déçu ! Cruellement déçu, nous avions convenus de faire 100 morts à chaque journée. Comment voulez-vous qu’on se marre tous si le quota n’est pas remplit ? On n’arrivera même pas à faire un bêtisier vu le peu de cadavre. Mettez les bouchez doubles, sinon je serais contraint de balancer mon gaz hilarant dans les rues pour vous forcer la main ! »

Harley apparut derrière Joker en montrant du doigt un portrait de presse du scientifique Victor Fries en train de faire une conférence sur la cryogénie en couverture d’un magazine.

« J’oubliais, à propos de gaz toxique, n’oubliez pas que celui qui m’apporteras la tête de ce binoclard qui se balade avec une éprouvette et un diplôme dans le rectum, aura droit à la récompense suprême. Je ne veux pas que ce gêneur réussisse à trouver un antidote à mon gaz, alors envoyez le au cimetière et vous n’aurez pas affaire à un ingrat, vous aurez tout ! Femmes, argent, voitures de sports, TOUT ! »

Un clown obèse déguisé en pom pom girl et arborant un T-shirt à l’effigie du Joker passa rapidement derrière lui en se trémoussant et en faisant un clin d’œil coquin à la caméra.

« Et maintenant passons aux jeux télévisés. Comme vous devez sans doute le savoir, les équipes de police ont encore attaqué l’immeuble où nous nous trouvons moi, ma chérie et mes associés afin de nous en déloger. C’est la 3éme fois qu’ils le font et encore une fois, ils ont échoués. Les prisonniers ont été conviés à leur très grande joie à participer à nos jeux ! »

Les télés affichèrent les images du plateau télé du loto. Une soixantaine de flics désarmés et assis dans les gradins étaient tenues en joue par des clowns armées jusqu’aux dents. Un grand clown dénudé qui portait juste un caleçon à fleurs, fit tourner la boule du loto pour désigner le numéro gagnant. A l’intérieur on avait remplacé les boules numérotés par les cartes d’identités prisent aux policiers. Le grand clown en caleçon ramassa dedans l’une des cartes et lu son nom.

« J’ai le bonheur de vous annoncer que William Jackson a gagné ! »

Les clowns fouillèrent dans les gradins et empoignèrent un jeune flic et le firent descendre sur le plateau. Ils le maintinrent à genoux pendant que le clown en caleçon se tournait vers une table contenant batte de base-ball, marteau, perceuse, couteau et autres. Il prit une hache de bucheron et l’abattit en plein milieu du crâne de sa victime, juste dans la fontanelle, faisant gicler débris d’os et de cervelles sur la foule. Un clown en régie appuya sur le bouton APPLAUDISSEZ et le panneau lumineux concerné se mit à briller. Les clowns levèrent à nouveaux leurs armes de façon menaçante vers le public. Ils eurent tous le visage effaré et luisant de sueurs. Ils applaudirent frénétiquement.

« Suivant ! »

Cria le clown bourreau en caleçon à fleurs. Il plongea sa main dans la boule pour en sortir une nouvelle carte d’identité.

« Et le gagnant est Sammy Lukens. »

L’un des otages poussa un hurlement et se leva paniqué avant de tenter de s’enfuir en direction des portes. Les clowns l’attrapèrent et l’amenèrent manu militari sur le plateau pour le mettre à genoux de forces. Le clown bourreau se tourna une fois de plus vers la table à outils et y saisit une tronçonneuse.

Le Joker avait posé les pieds sur sa table de présentateur et Harley Quinn posté derrière lui, massait ses épaules.

« Chers concitoyens, n’hésitez pas à venir participer à nos jeux télévisés, nous n’attendons plus que vous ! Venez nous rejoindre et peut être que nous ferons de vous une star ! »

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Rakel Peleonor
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MessageSujet: Re: Event1: Mission 4 - The Joker's show.   Sam 11 Fév - 22:52

Je me retrouvais dans une étrange situation, non étrange n'était pas le mot le plus adapté, c'était surtout une situation flippante. J'avais été enlevée au Gotham Globe, alors que je prenais le temps de continuer à écrire mes articles malgré les émeutes qui avaient lieu dans les rue de Gotham. Les ponts avaient été coupés, la ville livrée à elle même alors que les mécréants prenaient le contrôle de Gotham. Je m'étais renseignée sur ce Joker mais visiblement j'avais mis les pieds où il fallait pas, et des clowns déguisés s'étaient introduit dans le Gotham Globe et m'avais conduit sur le plateau de télévision, j'aurais sans doute du écouter mon père et prendre un hélicoptère pour le continent, mais je n'étais pas du genre à accepter de me laisser impressionner par un clown qui souhaitait semer le chaos. Et oui, je devais l'avouer, mon comportement était sans doute aussi lié par la présence du Batman, je ne voulais pas l'abandonner à ces fous, je voulais jouer aux héros alors que je n'en avais pas la stature.

A cause de cette erreur, je me retrouvais donc sur un plateau de télé totalement glauque, tenue en joue par des clowns armés qui semblaient prendre un grand plaisir à nous menacer. Un autre tenait un panneau écrit avec le sang de l'animateur télé égorgé, nous forçant à applaudir pour le conforter dans son action. L'air terrifié imprimé sur mon visage, je ne pouvais qu'applaudir ce monstre, au final, je me demandais bien ce que pouvait apporter cette mascarade, ce fou finirait par nous tuer à notre tour, il finirait bien par se lasser de notre compagnie. Le discours de cet homme n'avait pas le moindre sens et faisait preuve d'un esprit fortement dérangé. Je cherchais du regard une sortie possible, mais cet endroit était bouclé, et surtout à voir le comportement du Joker qui venait de loger une balle dans la tête de ses sbires qui avait fait une erreur. Tout ceci continuait de me confirmer que nous allions tous y passer bien que je vivais dans une ville à haut taux de criminalité, je n'avais jamais assisté à tant de violence, j'étais totalement révulsée. Je laissais mon regard figé sur ce monstre, écoutant ses paroles, avant d'assister à une nouvelle scène de torture, un clown qui s’immolait avant de mettre le feu dans un bar qui servait de QG de fortune aux policiers, seul espoir dans cette folie. Je déglutis difficilement alors que la caméra se coupait, laissant présager de la triste fin qu'avaient subit les gardiens de notre sécurité. Le Joker était en train de mourir de rire alors que des clowns déguisés en répugnantes infirmières apportaient une civière sur laquelle reposait le corps du cadavre carbonisé, probablement celui du clown qui venait de tuer les policiers.

Je ne pus m'empêcher de détourner le regard, essayant d'ignorer l'odeur de mort qui se rependait sur le plateau, se mêlant à l'odeur déjà trop présente de sang qui me laissait comme un goût de métal dans la bouche. Le psychopathe déposait une statuette sur le cadavre du criminel, qui semblait être pour lui un très grand humoriste, décidément j'avais du mal à comprendre ce dégénéré. Puis vint des images représentant la véritable cible de ce taré, le Batman. Étrangement, je repris du poils de la bête, je ne voulais pas que le Joker s'en prenne à notre héros anonyme.J'aurais aimé faire quelque chose pour l'aider, mais je ne voyais comme agir contre lui, il était armé et possédait des acolytes, armés eux aussi, et prêt à faire feu surtout, il n'était pas temps de jouer aux héros. Surtout que mon comportement était parfaitement stupide, pourquoi vouloir protéger quelqu'un que je n'avais ne serait ce qu'aperçu. J'avais passé l'âge de jouer les groupies et de m'attacher à une personne pour le symbole de liberté et d'espoir qu'il renvoyait, mais je n'avais pas non plus envie de m'écraser alors qu'un malade voulait détruire notre ville.

Lorsque j'abandonnais mes pensées, le commissaire se trouvait tremblotant sur le plateau en compagnie du Joker qui venait de décider de faire une partie de roulette russe où Loeb était le seul joueur. Même si il s'en sortait vivant, il ne faisait pas de doute que tout ceci ferait parler, le commissaire humilié en peignoir sur un plateau de tv. A chacun des cliquetis, je sursautais, fermant les yeux de peur d'assister à un spectacle sanglant, mais Loeb semblait être chanceux, si on pouvait dire ça. Une odeur de vomit se mêlait à l'atmosphère déjà étouffante, la nausée montait mais ce n'était même pas la pire des sensations qui m'agressait. Je sursautais une nouvelle fois alors que le Joker s'énervait, et pourtant, c'était pour annoncer une bonne nouvelle, le quotta des 100 victimes n'avait pas été atteint, se qui me tira un soupire de soulagement, tout n'était pas encore perdu, même si il était difficile d'avoir de l'espoir. Alors que le Joker mettait à prix la tête du scientifique qui cherchait à faire capoter ses plans, je fermais les yeux, essayant de rassembler mes esprits, mais dans une telle situation, c'était quasiment impossible, la seule chose qui me vint à l'esprit c'était que je tenais un sacré scoop, l'horreur vu de l'intérieur.

Se fut un nouveau jeu morbide qui me sortie de mes pensées. Un loto dont le gagne subissait une fin atroce. Je sentis une brûlure le long de mon œsophage alors que le premier corps tombait au sol, je fermais les yeux, refusant d'assister à ce spectacle alors que les meurtres continuaient. Je mourrais d'envie d'hurler d'arrêter ce massacre mais j'étais paralysé par la peur.
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Vic Sage

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MessageSujet: Re: Event1: Mission 4 - The Joker's show.   Dim 12 Fév - 9:08

Un no-man's-land infesté de primates frénétiques, voilà bien à quoi ressemblait le centre-ville de Gotham. Les ponts, plastiqués gisaient, en ruine et morcelés, au-dessus de la grisâtre Gotham River. Les sirènes stridentes du GCPD complètement dépassé scandaient en écho une mélopée lointaine à tous les coins de rue, sans réussir à empêcher les vols, les agressions et autres mises à sac à l'ombre des ruelles. Comme tout un chacun dans cette ville, je m'étais exclamé de stupeur en voyant l'anonyme bouffon rire jaune sur mon écran de télévision. Pressentant l’avènement d'un chaos sans précédent, j'avais prestement verrouillé de l'intérieur mon modeste bureau de détective privé, avant d'analyser la situation. En sécurité relative, Vic Sage s'était effacé au profit de Question, un inspecteur aux talents bien mieux adaptés pour faire face à l'urgence. Mon alter-ego retourna observer les tribulations sinistres du clown blanc à l'écran, les traits déformés par une inflexible détermination. Quel qu'il soit, un tel criminel, dont la froideur et la déconsidération pour la vie humaine le rapprochaient plus du reptile que de l'Homo sapiens, devait être neutralisé. Telle la flammèche dans un champs de blé sec en pleine canicule, il n'apparaissait pas tant menaçant comme individu pris à part que pour sa capacité à propager la folie et à créer des émules. Si son jeu macabre tuait suffisamment de gens, Gotham sombrerait dans l'insanité la plus totale, délaissant toute retenue pour se transformer en un zoo débordant de bêtes n'attendant que de pouvoir commettre les pires délits.
Hub City méritait que je lui épargne une telle affluence. Question devait mettre un terme à ce carnage organisé. De manière plus secondaire, me rendre au siège de la GCN me donnerait également l'occasion d'y rencontrer le batman, puisqu'il semblait plus qu'évident que la chauve-souris masquée se manifesterait ce soir. Nul ne pouvait avoir manqué l'annonce télévisée du dégénéré maquillé, ou se figurer que neutraliser le malade mental armé et dangereux ne constituait pas une priorité absolue.

Je saisis ma tenue de justicier, mon pistolet à gaz et une bombe de Pseudoderm d'une main fébrile, avant de quitter mes locaux silencieusement. Les bureaux de la chaîne d'information principale de la ville se trouvait dans le centre historique, il allait donc me falloir utiliser ma voiture pour espérer éviter les citoyens désespérés et les patrouilles de police du GCPD le long du trajet. Il ne m'échappa pas que ce que je m’apprêtais à faire était insensé. Enfin, Vic le savait. Par chance, c'était Question qui pilotait actuellement.

* Voyons... Il y aura sans doute des hommes armés, postés aux points clés de la structure. Il va falloir procéder par étape, et ne pas se faire repérer. Si l'alerte est donnée, les assaillants auront sous la main plus d'otages à exécuter qu'ils ne sauraient l'escompter, et des innocents perdront leur dernière chance de revoir le soleil se lever. Il n'y a pas à dire : Gotham joue dans la cour des grands, niveau criminalité. * Songeais-je en démarrant pied au plancher.

Cela me demanda presque une heure, pour atteindre la tour du GCN. Depuis qu'un psychopathe avait enjoint les habitants à s'entre-tuer à un rythme de cent morts par jour, plus aucune rue n'était sûre. Les coupes-gorges quittaient leurs tanières, tous à leur joie de pouvoir arpenter Gotham sans crainte de représailles. Les carcasses enflammées de voitures parsemaient les artères routières, à l'instar des vitrines et devantures saccagées ou des scènes de violence se déroulant dans les ruelles plus à l'écart. On trouvait également sur l'asphalte des barrages routiers de fortune installés de manière anarchique dans la ville, certains placés là par les autorités pour immobiliser les adeptes du chaos, d'autres au contraire d'origine criminelle, servant à abattre le quota de victimes avec une mortelle efficacité. La population actuelle permettrait probablement à ce petit jeu macabre de perdurer plusieurs années, mais là n'était pas la question.

* "Comment ce fou s'y est-il pris pour piéger tous les ponts de l'île sans que personne ne le remarque ?" "Quel itinéraire suivre pour arriver indemne jusqu'à l'épicentre de ce suicide de civilisation ?" et "De quelle manière pouvait-on recruter des hommes de mains lorsqu'on semblait aussi mentalement instable ?" J'aimerais le savoir... * Soliloquais-je tout en roulant au pas, opérant de fréquents détours pour ne pas m'insérer dans un traquenard. Par prudence, je glissais mon paquetage sous le siège passager avant, à la faveur d'une rue déserte et peu éclairée. D'un coup d’œil azuré, mon regard capta la silhouette filiforme et décorée de grandes paraboles de la tour du Gotham City News.

J'ignore si c'est la chance pure, ou un semblant de stratégie, qui me permit d'approcher du théâtre de la prise d'otage sans mal. Néanmoins, cette bonne étoile qui m'accompagnait cessa de faire effet lorsqu'un barrage routier apparut dans mon champs de vision, m'interdisant d'avancer. Deux doubles rubans de quatre véhicules dotées de gyrophares colorés isolaient le siège de la GCN de la circulation, prévenant tout entrée ou sortie du bâtiment d'acier et de verre. A l'arrêt, mes doigts tambourinèrent sur le volant tandis que je tâchais de réfléchir au meilleur moyen de contourner cette contrainte pourtant prévisible. Sauf qu'une jeune femme d'une trentaine d'années pénétra au même moment dans mon automobile, un pistolet au poing et une lueur dérangeante au fond des prunelles. Son pantalon taille basse dévoilait des sous-vêtements noires, et de son gilet mauve émanait une fragrance poivrée. Une queue de cheval châtain descendait sur son épaule droite, et c'est avec un sourire ironique qu'elle m'ordonna agressivement, une fois assise à la place du mort :


« Tu la boucle et tu m'écoutes, poil de carotte. Je veux que tu démarres ta bagnole, et que tu ailles là où je te le dirai. Un faux geste, une seule tentative de jouer les héros, et ta cervelle ira tapisser l'habitacle de ta caisse. Compris ? »

Pistolet semi-automatique pouvant tirer des balles de calibre 9 mm.
Sécurité préalablement retirée, levier libérant le chargeur légèrement décalé trahissant un usage régulier. Arme tenue d'une main solide, en visant avec assurance et précision. Femme expérimentée, sachant tirer. Chances qu'elle manque sa cible d'aussi près : inexistantes.
Odeur de poudre et de sang provenant de cette personne : a déjà tué ou assisté à une mise à mort. Pas de trace de sang sur ses habits : tueuse méthodique, ou complice ne se chargeant que d'amener les proies jusqu'à l'exécuteur (probablement le conjoint).
Rabatteuse se déplaçant à pied, donc quadrillant une zone peu étendue. Rayon dans lequel doit se trouver mon point d'arrivée : cent mètres grand maximum. Possibilité de récupérer le pistolet tranquillisant en sortant de la voiture : 65% avec un bon jeu d'acteur et un soupçon d'audace. Nombre maximal de complices : femme plutôt jolie n'empestant pas la sueur ni le sexe ; n'a pas à subir les assauts de partenaires masculins ; a au pire deux complices, dont un armé minimum (arme de poing, voire fusil d'assaut).
Point positif : la menace semble me prendre pour un ahuri. Exploitation possible : prétendre avoir fait tomber son porte-feuille juste avant de quitter le véhicule sous le coup de la nervosité.


Je déglutis de façon exagérée pour entrer dans mon personnage de victime, puis opinait silencieusement du chef. Satisfaite d'autant m'inspirer de la terreur, la complice m'intima de faire marche arrière, avant que nous intégrions une impasse, deux rues plus loin. A vol d'oiseau, on se situait à soixante mètres de la tour de télévision de Gotham. Le cul-de-sac, constitué de deux rangées d'immeubles insalubres formant un passage étroit, se trouvait décoré de graffitis en tous genres, de bennes à ordures incendiées ainsi que (moins classique) trois corps sans vie. Au fond de cet antre rudimentaire se tenait un homme portant un masque de clown plastifié, et arborant un uzi. Deux malheureux citoyens, agenouillés et blessés, pleuraient silencieusement en fixant le sol.

* Il semblerait qu'un des larbins du preneur d'otage se soit mis à faire des heures supplémentaires... * Déduisis-je en comprenant que le couple de bandits coopérait pour réunir des groupes de victimes dont le sort pouvait être vu le long de la ruelle. J'allais me faire exécuter en compagnie de deux autres individus, puis on fouillerait mon cadavre pour y récupérer tous les objets de valeur. Ou l'inverse. Dans tous les cas, la soirée se terminerait très mal pour moi. Une excellente raison pour changer le programme.

« Youhouuuuu ! Chériiii, regardes ! J'en ai trouvé un de plus. Avec ça, on arrivera à six. De quoi faire sourire le Joker. Et en plus, il a une caisse ! On va devenir riches, toi et moi ! »

Don Juan me place dans la ligne de mire de son automatique, le bras droit et fixe. Ayant joué son rôle, sa comparse s'extrait du siège passager, et se mit à examiner sa dernière prise sous toues les coutures de carrosserie.

« Hahahah ! T'es une chef, ma princesse. Dire que sans toi, j'aurais jamais eu l'idée de profiter de mon poste de garde pour détrousser tous les pigeons des environs... Rien que pour ça, et ton joli 'tit cul, je t'adore, poulette ! Et le mieux dans tout ça, c'est que ça me permet de ne pas perdre la main, wouarf wouarf wouarf ! »

Je les laisse glousser sans piper mot, plus immobile qu'une statue. En plissant les yeux, je parvins à apercevoir une porte usée derrière l'homme, porte qu'on lui avait demandé de garder. Très intéressant... De plus, la trentenaire m'avait involontairement révélé le nom de leur employeur : "Joker". Très approprié, pour un arlequin sociopathe hurlant de rire devant les mises à mort. Jetant un bref coup d’œil sur la droite, mon champs de vision m'afficha temporairement la position de mon pistolet tranquillisant, tout en m'apprenant que mademoiselle voleuse farfouillait dans mon coffre (vide, heureusement).

« Hé ! Le rouquin ! T'as fini de te faire dessus ? Tu vas sortir, et au trot. Viens t'agenouiller à côté de tes nouveaux potes. Vous allez bien vous éclater, tous les trois. »

En tremblant, je dois m'y reprendre à plusieurs fois pour activer la poignée convenablement. Mais pourtant, en dépit de mes efforts, cette dernière reste fermée. Oubliant qu'un engin de mort a sa gueule ouverte sur ma tête, je m'acharne en gesticulant et en maugréant furieusement. Impossible d'ouvrir cette fichue portière. Impuissant, j'explique d'une voix mouillée et implorante :

« C'est bloqué ! Ça arrive, parfois. Je... Je fais quoi ? »


« Bah sors de l'autre côté, Ducon ! Et bouges tes fesses, parce que je commence à perdre patience ! » Me menace-t-on.

Obéissant en continuant de paraître terrifié, je me glisse sur le siège voisin, et pose un pied dehors. C'est là que ma chance tourna. Désespérés, incapables de réfléchir correctement, les deux prisonniers tentèrent de fuir séparément à la seule occasion qui leur était offerte : maintenant. Moi en train de sortir de la voiture, ils s'imaginaient probablement que les deux amoureux peineraient à déterminer qui rattraper en premier. Hélas pour eux, il n'en fut rien. J'entendis la miss pousser un petit grognement rageur, avant qu'elle n'expédie une balle dans le torse d'un évadé. Suivit une détonation lorsqu'un projectile s'inséra dans la nuque de l'autre condamné à mort, qui s'affala tandis que, par tâtonnements rapides, je mettais la main sur mon arme. En colère, la tueuse rugit, enclenchant la gâchette une nouvelle fois, afin de réduire en charpie les impétueux et regrettés citoyens de Gotham.


Clic

Chargeur vide. Temps nécessaire pour remettre une nouvelle réserve de balles supérieur au temps demandé pour envoyer le porteur de uzi au pays des rêves. Femme coutumière des truands, aura sur elle un couteau ou une arme blanche. Objectif : neutraliser les deux dans la foulée, puis les ligoter et revêtir l'apparence de Question. Coût estimé en munitions : deux capsules. Restera : onze.

Muscles préparés pour se tendre à la moindre sollicitation, je levais mon bras tout en déployant la portière passager. Ajustant ma visée, j'eus droit à une inimitable mimique de stupeur lorsque le gars déguisé en clown découvrit que je dissimulais une arme. Sa complice allait l'entendre, lorsqu'ils se réveilleraient. Sans attendre, je tirais, décompressant la capsule de gaz, qui propulsa à grande vitesse un fluide incapacitant au visage de l'ennemi. En opérant un volte-face, je crus entendre le son caractéristique d'un adulte s'écroulant à terre comme une masse de gelée. Mon attention se trouvait focalisée par la femme aux cheveux châtains qui achevait d'insérer un nouveau chargeur dans son neuf millimètres, un rictus rageur aux lèvres. Elle savait que la situation lui échappait, que le mieux aurait été de laisser son conjoint descendre les fuyards, et qu'il fallait absolument qu'elle me loge une balle sinon c'était la prison qui l'attendait. Seulement, nos muscles ne pouvaient agir plus rapidement que la musique, parfois. Je la vis jubiler lorsqu'un déclic l'informa que son arme venait de redevenir opérationnelle. Toutefois, durant les dix secondes que lui prirent son mouvement, j'avais dirigée mon arme sur son visage, et pressé la détente. Un nuage se forma autour de son visage vulgaire.

Silence dans l'impasse. Un mélange de morts et d'endormis parsèment le sol sale et jonché de détritus. Bruits de sirènes scandant l'hymne désespéré de la justice au loin. Je viens d'échapper à l’échafaud, et mon cœur bats la chamade. Victor Sage n'a pas trop l'habitude de côtoyer la Mort, et il lui faut quelques secondes pour récupérer. Puis Question reprend les rênes. D'abord, je suis allé inspecté les armes dont se servaient les deux bandits. Elles n'avaient pas été acheté à Sundance ou à Polys. Dommage, ça aurait facilité mon enquête. Étape suivante : ligoter les criminels avec leur propre ceinture, et jeter dans une poubelle les chargeurs de leurs armes, ainsi que leurs ustensiles coupants. L'impasse ne devait pas avoir une excellente réputation, car à aucun moment on ne vint me déranger. Satisfait de mes nœuds, j'enfilais mon costume, escamotant mes effets dans mon véhicule avant de vaporiser le Pseudoderm sur mon visage. Le rituel m'électrisa, dissipant mes derniers doutes et renouvelant ma détermination. Un clown sinistre menaçait de plonger Gotham dans l'anarchie la plus complète, Question devait intervenir sans attendre. D'un pas agile, je franchis la porte autrefois gardée, m'enfonçant dans les profondeurs d'une cave à l'abandon...
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Master Rp

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MessageSujet: Re: Event1: Mission 4 - The Joker's show.   Dim 26 Fév - 10:44

(HRP: Comme Lucy Jones a visiblement abandonné le forum, on continus l'event sans elle)

Le Joker


Les sbires du Joker trainèrent un technicien du Gotham City News sur le plateau télé. Ils gémissaient de peur en suppliant ses futurs bourreaux de l’épargner. Harley Quinn arriva par derrière et déblaya un bureau de présentateur sans ménagement. Les sbires déballèrent du papier millimétré dessus. Ils installèrent la machine et raccordèrent l’aiguille à tracer les graphiques. Ils raccordèrent les capteurs de pulsations cardiaques aux cadrans. Ils installèrent leur victime sur le fauteuil et raccordèrent le tensiomètre. Ils le lui serrèrent autours du bras. Harley Quinn gloussa tout en lui entourant la poitrine avec le câble munis de capteurs. Un sbire actionna la poire pour gonfler le tensiomètre. Le Joker apparut sous les applaudissements frénétiques de ses hommes et fit un large sourire à la caméra. Harley Quinn sautilla de joie tout en courant vers lui pour l’embrasser. Le Joker la repoussa, visiblement nullement intéressé et se tourna vers le malheureux technicien attaché au détecteur de mensonge.

« Alors mon gros, est-ce que tu manges de la viande ? »

« Ou…ou…oui ! »

L’aiguille bondit, l’aiguille retomba, l’aiguille traça une droite.

« Est-ce que tu as peur ? »

« Oui »

L’aiguille bondit, l’aiguille retomba, l’aiguille traça une droite.

« Est-ce que tu crois que les flics vont venir te sauver ? »

« Non. »

L’aiguille plongea de 5 cm, l’aiguille traça des montagnes russes. Le technicien se mit à avoir des frissons, à transpirer et avait la chair de poule sur ses avant-bras.

« Tu aimes nos nouveaux programmes télés ? »

« Oui ! »

L’aiguille plongea de 7 centimètres, l’aiguille traça des montagnes russes. La sueur coulait sur son visage et ses mains tremblaient, deux clowns l’encadrèrent de façon méchante de part et d’autres de son fauteuil.

« A ton avis, est-ce que je suis fou ? »

« Non, bien sûr que non. »

L’aiguille plongea de 15 cm, l’aiguille traça des montagnes russes.

« AH AH AH !!! Inutile de mentir, et maintenant dis-moi, est-ce que je suis drôle ? »

« Oui ! Oui ! Oui ! »

L’aiguille plongea de 20 cm, l’aiguille traça des montagnes russes, le technicien se tortilla de peur sur son siège. Le Joker entra dans une colère noire, son visage était convulsé par la haine et la méchanceté.

« Quoi ?! Je ne suis pas drôle ! »

Les clowns ligotèrent le technicien sur la chaise. Le Joker claqua des doigts, un clown arriva en courant et arracha les chaussures de l’otage. Ils lui branchèrent des pinces reliés à un compteur électriques sur ses doigts de pieds et ses mains. Le Joker actionna l’interrupteur comme un dément. Le technicien hurla à pleins décibels, mélange entre vocifération et lamentation. Le Joker s’arrêta le temps de fixer la caméra.

« Et je vais vous dire une chose public, vous n’avez encore rien vu ! Dans l’art de faire du mal à son prochain, l’imagination de l’homme est sans limites ! La torture ne fait que commencer ! »

Le Joker bascula l’interrupteur et envoya le jus, le technicien se cabra et hurla. Les clowns détachèrent le cadavre et l’emmenèrent ailleurs, on amena un autre otage et on le sangla de la même façon. On relia les câbles à sa tête style chaise électrique. Harley Quinn s’amusait comme une folle à actionner les manettes, plus elle envoyait la sauce, plus sa victime bavait et avait les cheveux en train de roussir. On balança un nouveau cadavre, on amena un nouvel otage, un type costaud, un vigile de sécurité de l’immeuble. On lui réserva le même traitement, la machine se mit à faire des étincelles. La victime se mordit les lèvres, sa tête eut un soubresaut, il cracha une dent. Tout à coup, il s’arc bouta violemment sur son fauteuil et trouva la force de faire un doigt d’honneur au Joker.

Celui-ci s’étouffa de rire et bloqua la manette, le vigile s’arracha brutalement de son fauteuil en brisant ses liens comme un dément, il se mit à bondir en entrainant avec lui les câbles électriques toujours en marche, il tomba en plein sur un groupe de clown du Joker et les électrocuta. Harley Quinn passa discrètement à côté et vaporisa le tas de cadavres cramé avec un déodorisant tout en se pinçant le nez.

Le Joker semblait très surpris et à cours de blagues.

« Euh oui je… comment dire… C’était pas prévus ça ! Qu’on me trouve immédiatement une nouvelle machine ! »

Il vint se rassoir face à sa table de présentateur et commença à faire une patience avec ses cartes.

Après une longue interruption sur les écrans, les programmes recommencèrent. On vit le commissaire Loeb totalement dénudé sur le plateau de tournage d’une série télé, on lui avait arraché son peignoir et son pyjama, on lui avait noué autour du cou un drapeau américain pour que ça fasse cape de super-héros. Il tenait dans ses mains une feuille et lisait d’un ton mal assuré ce qu’on avait marqué dessus :

« Ici le commissaire Loeb, j’ai un message de la part du Joker. Nous sommes content de vous, nous en sommes à 83 morts dans les rues, vous progressez dans la furie braves citoyens, un peu de courage, on approche des 100 morts par jour. Avec un peu de chance, vous n’aurez même plus besoin du Joker pour faire de Gotham City un asile à ciel ouvert. »

Retour sur le Joker debout sur un plateau de jeux télés.

« Et tout de suite, notre émission culturelle, voici notre nouvelle candidate ! »

Gros plan des caméras sur Rakel Peleonor tenue en joue par un clown armé d’une kalachnikov. Le Joker s’approcha en lui faisant les yeux doux, il lui fit un baise main dans les règles de l’art, il se lécha les lèvres comme un obsédé. Harley Quinn furieuse gratifia le Joker d’une très puissante gifle et partit du studio télé en fulminant. Le clown psychopathe avait l’air encore plus mécontent que tout à l’heure après cette humiliation publique en direct à la télé.

« Ah ! Ma petite Harley, elle est très joueuse pas vrai ? Passons aux choses sérieuses. Mademoiselle, je vais vous poser une série de questions, si vous trouvez les bonnes réponses, vous repartirez peut être d’ici avec le gros lôt ! Mais je ne vous dirais pas ce que c’est. A votre avis ça sera quoi ? Je vous collerais le même sourire que moi sur votre visage ou vous offrirais une poupée vaudou Batou ? »

Un clown tapa sur un gros gong pour signaler le début du jeu.

« C’est partis ! Quel est le meilleur moyen de faire du napalm ?

1) Mélanger à part égales essences et concentrés de jus de fruit
2) Mélanger à part égales essences et litières pour chat
3) Mélanger à part égales essences et savons pour bébé

Comment se faire le plus d’argent possible ?

1) Braquer le casino de Gotham
2) Braquer la banque de Gotham
3) Braquer le Manoir Wayne

Quel est le lieu de villégiature idéal en ville pour les vacances ?

1) L’asile d’Arkham
2) La prison de Blackgate
3) Les égouts

Qui est Batman ?

1) Un illuminé
2) Un évadé de l’asile
3) Un évadé du ZOO

Quel est le plus grand humoriste de Gotham City ?

1) Le Joker
2) Le Joker
3) Le Joker

Surtout répondez bien à la dernière question, elle est cruciale. »


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Rakel Peleonor
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MessageSujet: Re: Event1: Mission 4 - The Joker's show.   Mar 28 Fév - 17:09

L'horreur semblait de monter encore d'un cran alors que les minutes passaient, nul ne semblait être en mesure d'arrêter tout ceci. Je ne comprenais pas pourquoi l'Etat n'avait pas encore fait intervenir l'armée, après tout que les ponts soient coupés n'empêchait pas l'action de soldat héliporter. Mais Gotham était l'enfant rebelle des Etats-Unis, celui que l'on préférait laisser dans la merde en estimant, qu'une fois encore, il l'avait bien cherché. Que pouvions nous faire face à ça, les équipes de police ne pourraient pas agir seule, surtout avec la panique qui avait été lancé dans les rues. Au final même si ça m'effrayait, l'idéal sera d'agir ici, d'arrêté ce psychopathe maintenant et tant pis pour les dommages collatéraux. Je déglutis difficilement à cette pensée, après tout je tenais tout de même à la vie. J'observais le technicien se faire attacher au détecteur de mensonge, si je savais que l'on pouvait tromper ces machines, je savais aussi que c'était quasiment impossible dans une situation de stress pareil. J'observais la scène d'un regard quelque peu effrayée, sachant que trop bien comment elle allait se terminer, c'était cousu de fil blanc. Les questions étaient insipides et sans le moindre intérêt, mise à part celui de traumatiser la victime avant sa mise à mort. Une preuve d'un certain sadisme mais lorsque l'on voyait le type qui se trouvait au centre de toutes ces petites attentions ça n'avait rien d'étonnant, un psychopathe qui sortait avec plus de maquillage sur la tête que moi. Je finis par laisser mon attention vagabonder, ne plus penser à ce qui se passait à côté de moi, c'était sans doute la meilleure chose à faire pour ne pas tourner folle dans ce genre de situation.

J'essayais d'avoir des pensées positives, même si ce n'était pas simple, je ne pensais pas une seule seconde que le monde laissera Gotham plonger même si beaucoup pensait qu'il s'agissait d'un cas désespérée. Je fixais mon regard sur lui, observant son visage semblant être torturé par cette nouvelle, comme si il se croyait réellement drôle. Il semblait être une personne quelque peu narcissique qui aimait voir l'attention posée sur lui, ce qui pouvait être utilisé contre lui, sans aucun doute, mais il fallait encore chercher comment. Le tout fut suivit par une exécution qui fit baisser la tension du studio alors que le meurtrier hurlait à pleine voix. Une odeur désagréable de poil grillé emplit la pièce et ça ne faisait que commencer, une fois encore je choisis de détourner mon regard, n'osant imaginer dans quelle situation se trouvait les autres. Étrangement, mon esprit choisit de penser au Batman, sans doute que lui aussi se trouvait dans une situation pareille, oh et peut être qu'avec un peu de chance, il débarquerait ici. L'idée de le voir de mes yeux pour la première fois ramenait un peu d'espoir. Cette pensée semblait d'ailleurs m'avoir fait reprendre du poils de la bête, j'aurais aussi un excellent article, et autant dire que j’espérais écrire le meilleur des articles, mais pour ça je devais survie, hors de question de mourir ici tout comme ces pauvres gus, j'avais l'intention de faire mon possible pour m'en sortir. Il fallait juste se montrer plus intelligente que ce clown.

Je sursautais alors que les lumières de secours furent la seule source de lumière, le courant semblait avoir sauté, laissant présager une attaque possible des policiers, mais malheureusement ce ne fut que de courte durée, du moins à mon goût, j'étais incapable de dire combien de temps c'était écoulé, le commissaire Loeb apparu sur les écrans et semblait lui aussi s'être plié aux exigences du clown, sans doute la dernière chose à faire. Je ne pensais pas que se plier à ces quatre volontés lui assurerait d'avoir la vie sauve. Le mot candidate raisonnait à mes oreilles alors qu'un clown armé d'un kalachnikov me demandait de me lever et d'approcher, ce que je fis sans laisser transparaitre ma peur. Il fallait savoir rester neutre, mais sérieusement c'était plus facile dans une salle de réception entouré d'hommes riches, et ennuyants. Le Joker semblait me faire les yeux doux, mais il n'avait rien d'un gentleman il avait surtout l'air d'un obsédé, mais je ne me formalisais pas pour si peux, j'avais presque envie de dire, qu'il n'était pas le seul dans ce monde. Se fut lorsque cette femme, Harley, le gratifiait d'une magnifique claque que je compris qu'il serait plus simple d'agir, surtout que son comportement laissait appréhender qu'il n'avait pas du tout apprécier. Je choisis de ne pas me laisser impressionner, ça n'aurait servit à rien, et je terminerais comme ses autres victimes. J'écoutais les questions respectueusement choisissant de ne pas l'interrompre mais sans pourtant avoir l'intention d'y répondre. Je choisis d'afficher un sourire charmeur sur mon visage, ce qui me ferait sans doute passer pour une psychopathe aux yeux des autres personnes présentes, mais qu'importe, je me promis juste de me lancer dans une carrière d'actrice si j'arrivais à mes fins.

"Si je peux me permettre, mais avec tout le respect que je vous dois, je vais me contenter de répondre à la dernière question étant donnée que c'est la plus importante, inutile de vous faire perdre votre temps."

Je choisis de faire le show à la manière d'une coprésentatrice, ça aurait sans doute été plus simple si j'avais une tenue un peu plus appropriée qu'un jean et une simple chemise.

"Après mûre réflexion, je dirais que le plus grand humoriste de cette ville est... le Joker."

Joignant mes mains, un peu à la manière d'une enfant qui réclamerait un cadeau à ses parents.


"Et pour mon cadeau, j'aimerais une interview, après tout personne avant vous n'avait réussit à répandre un tel chaos. Tout le monde doit savoir ce que vous avez réussis, et pas seulement Gotham. Vous passerez à la postérité."


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Vic Sage

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MessageSujet: Re: Event1: Mission 4 - The Joker's show.   Ven 2 Mar - 17:59

Ma lampe-torche en main, mon feutre marine sur le chef, je me retrouve cerné d'ombres mouvantes dans une sorte d'allée souterraine bétonnée et anormalement propre. Toute en longueur et rectiligne, cette cave commune, plongée dans l'obscurité, doit logiquement déboucher sur un escalier d'appartement vétuste, bien que pour le moment, je ne soit pas en mesure de distinguer la moindre porte. Les lieues embaument l'urée, la décomposition et l'humidité, mais contrairement à mes suppositions, je ne prends aucun SDF dans mon faisceau de là où je me tiens. Surprenant. Après une examen plus approfondi, il s'avère qu'il n'y a pas de trace de présence humaine du tout dans ce passage, chose rare dans un espace couvert et laissé à l'abandon.

* Aurait-on fait le ménage, ici ? *

Ce scénario gagne en probabilité tandis que je progresse de quelques pas dans cette tanière urbaine déserte, ajoutant à l'aspect aseptisé de ce passage le fait qu'il se trouvait surveillé par un homme armé déguisé en clown. Une main gantée vint se caler le long de mon menton tandis que j'assemblais les pièces du puzzle. La tour du GCN se situait dans un proche rayon de ma position actuelle, ce qui m'amena à penser qu'à partir de cette entrée, il devait être possible de rejoindre le lieu de la prise d'otage. Une excellente opportunité pour un justicier en vadrouille.

* Mais alors... Pourquoi ne faire garder cette issue que par un seul homme ? Pensait-on que cette voie ne serait pas exploitée par les forces de l'ordre ? *

Question stoppe son avancée pour tendre l'oreille, braquant sa lampe sur le sol pour en étouffer l'éclat. Le GCPD ne s'était effectivement pas servis de ce passage pour aller secourir les otages, donc soit le cadastre n'en mentionnait pas l'existence ; soit il n'y avait pas de communication initialement prévue entre cette cave et la tour, et on se sera arrangé pour en créer une artificiellement. Ma lampe pivote à gauche, à droite, et revient éclairer le reste du tunnel assombri. A intervalles réguliers, des renfoncements dans les murs porteurs desservent des locaux à poubelle, une organisation fréquemment retrouvée au sein des grandes villes, pour pallier au risque d'entassement des ordures sur la voie publique. D'un autre âge, ces niches (désertes, également) auraient constitué de bien belles chambres séparées pour les indigents... Sauf pour une, naturellement, qui expose à qui souhaite le voir un large trou aux contours irréguliers. Les gravats qui jonchent le sol ainsi que l'éclat lointain d'un puissant éclairage font ressembler cette portion de mur à une entrée de mine de forage.

* Le minage moderne, c'est de récolter de la folie en creusant des vies innocentes, apparemment... * Me fis-je la remarque en passant un index inquisiteur sur le rebord de l'excavation, éteignant ma torche devenue accessoire.

La phase de recherche s'achevait donc sur cette improbable découverte. Phase deux : infiltration. Et pour se faire, rien de mieux que de se saisir de son pistolet tranquillisant. D'autant qu'il ne me faut qu'une poignée de secondes pour distinguer des bribes d'une conversation entre plusieurs hommes (hostiles, par défaut). Au début, je ne parvins pas à discerner le moindre sens aux paroles articulées, mais le fait de me trouver entouré d'un épais revêtement de béton poussiéreux et étroit ne m'encourageais pas à m'arrêter pour tendre l'oreille. Le plafond du passage creusé se trouvait à un mètre du sol, forçant quiconque désireux de passer à adopter une position à mi-chemin entre l'agenouillement et l'allongement (et à grimacer en songeant au pantalon qui allait subir un terrible supplice à base d’abrasions). En plus d'être mal balisé et confiné, le boyau vous rendait affreusement vulnérable à une embuscade depuis la sortie (ou l'entrée) du conduit, ce qui ajoutait à ma nécessité de quitter le cylindre manufacturé précocement. Et si, comme votre serviteur, vous dissimuliez au fond de votre cœur un soupçon de claustrophobie, tout ça se combinait en une fantasque décharge d'adrénaline. Mon costume frotte à chacune de mes reptations, et il s'en faut plusieurs fois de peu pour que je ne laisse pas éclater une quinte de toux cacophonique qui, à coup sûr, m'aurait faite repérer.


« 'Paraît que le Joker a prévu de zigouiller Loeb, à la fin de l'émission. »

Le timbre rugueux et pâteux d'un homme fit vibrer mon tympan, présageant d'une sortie imminente du conduit. A l'aveuglette, en exploitant tout autant les trois raies de lumières qui révélaient un coude dans le boyau et l'inclinaison du tunnel pour percevoir une remontée, je m'efforçais de coller mon corps à l'abri des regards éventuels posés sur l'embouchure de cet accès imprévu vers le GCN.

- Ouais, j'l'ai entendue aussi, c'te rumeur... Mais bon, ce s'rait quand même un peu bizarre, nan ? J'veux dire... Le patron a eu pas mal de difficultés pour le capturer, le commissaire...

Les interlocuteurs semblent localisés à une certaine distance de ma position. L'un d'eux a un objet dans la bouche, difficile de dire s'il s'agit plutôt d'un chewing-gum ou d'une cigarette. L'écho faible qui suit chaque réplique laisse penser que l'excavation va déboucher sur un vaste espace, et souterrain. Un garage, donc, si l'on tient compte du fait que l'espace sus-mentionné doit appartenir à une grande chaîne d'information. J'inspire délicatement pour éviter de m'encombrer les poumons de plâtre poussiéreux, serre durement la crosse de mon arme, et laisse pencher ma tête à découvert pour jeter un bref coup d’œil au-dehors, l'autre main sur mon couvre-chef pour en prévenir la chute.
Par la fenêtre de mon champs de vision, il m'est aisé de remarquer le torrent de lumière qui éblouit l'intégralité du dehors comme en plein jour. Le sol lisse typique des parkings souterrains tapisse le bas du panorama extérieur, égayé par des cloisons de murs blancs grisés d'usure. La plupart des emplacements sont occupés par les véhicules d'infortunés otages, toutefois, je note deux détails d'importance : la silhouette affalée de ce qui ressemble beaucoup à un vigile mort, et un peu plus en retrait, trois sbires du Joker armés de fusils automatiques qui bavardent posément tout en assurant leur rôle de surveillance.


* Aïe ! Ils n'ont pas décidé de faire les choses à moitié, à ce que je vois. Trois gardes rien que pour le sous-sol, c'est pas mal, pour commencer... Ok, comment vais-je m'en tirer ? *

Mes muscles lassés d'être pliés dans tous les sens pour tenir à l'étroit commencent à me lancer, et je sais que plus j'attendrai, moins je serai en état de réagir vite après être sorti de cette niche ankylosante. En d'autre termes, il va me falloir risquer une seconde fois d'être repéré, tout ça pour déterminer l'itinéraire le plus sûr pour quitter ma cachette actuelle. Entendant la discussion se poursuivre, ma tête lisse et imberbe se décala juste assez du recoin obscur et sec contre lequel je me dissimulais pour fouiller les environs du regard.

« Boucle-la un peu, Davis ! Déjà qu'on peut pas profiter de la soirée comme les autres, alors si en plus on doit subir toutes les conneries qui te passent par la tête... »

- Hahaha... Et ça t'étonne vraiment, que le patron n'ait pas voulu de toi en haut ? T'es qu'un putain d'clébard en chaleur, Roy ! Dès qu'l'engin qui s'trouve dans ton froc aperçoit une nana, tu deviens une bête juste bonne à tabasser et à baiser ! Le Joker aurait passé pour un sacré blaireau, s'il s'était affiché avec toi !

- Vas te faire foutre, connard ! Si j'suis ici, c'est parce le boss me l'a demandé personnellement. Il a insisté sur le fait qu'à part en passant par ici, les flics ne pouvaient entrer que par la grande porte, et on l'a piégée, celle-là. Donc mon rôle, il est super important, vu ?

- Hé, les mecs ! On va pas s'engueuler maintenant ? D'ici quelques p'tites heures, le patron nous filera notre fric, et on pourra se barrer de cette ville de merde en étant riches. Alors ça s'rait vraiment con de tout faire foirer juste pour une histoire de fierté. Le camion est chargé, et on a vérifié que la bombe pouvait être enclenchée à distance. Tout ce qu'il nous reste à faire à présent, c'est patienter, puis filer en activant notre dernier "cadeau explosif" aux flics pour qu'ils aient d'autres préoccupations en tête que celle de nous arrêter.

Tandis que les compères déblatéraient, une silhouette fugitive bleutée se coula hors du trou, profitant de ce que l'attention générale se fixait sur le médiateur (un latino, à en juger par sa pointe d'accent mexicain et la peau nue visible à hauteur de ses poignets). Je sentis le stress grimper à mesure que, ramassée sur elle-même, mon ombre trottinais à petits pas saccadés derrière les trois hommes de main, pressée qu'elle était de rejoindre le couvert provisoire d'un break vert bouteille. Ne s'interrompant pas subitement dans leurs échanges verbaux, je partis du principe que ma traversée du no man's land n'avait pas été détectée, et que ma présence demeurait inconnue aux gardes. Bien camouflé par le flanc et un pneumatique de l'automobile charpentée, Question inspira sans faire plus de bruit qu'un moucheron. Une main appuyée sur le sol tiède, paupières closes je repasse au ralenti les images prises par mon cerveau précédemment, afin de presser de mon cortex le maximum de jus de souvenirs. Exhiber ne serait-ce qu'un cil alors que trois individus armés et hostiles se tiennent à moins de quinze mètres de moi eût été suicidaire. Et je ne l'étais pas (ou pas encore, du moins).

Camionnette violette décorée de fleurs et contenant une bombe à déclenchement à distance garée à droite du trio armé, donc à ma gauche. Priorité : empêcher l'idiot chargé d'amorcer le compte à rebours d'appuyer accidentellement sur le bouton rouge. Approche frontale : exclue. Neutralisation à distance : impossible, aucune fenêtre de tir ne permet de réunir les trois cibles en un coup.
Armes adverses : AR-15 et kalachnikovs. Potentiel de mortalité : respectivement très élevé et important. Capacité des chargeurs : 20 balles de 223 Remington/30 balles de calibre 7,62 mm. Possibilité de traverser le champs de vision adverse et d'en ressortir vivant : 19%. Scénario envisageable : endormir deux des gardes en espérant que le dernier debout ne soit pas détenteur du détonateur (66% de chance de réussite) puis neutraliser à couvert le nuisible restant.


Inutile de dire que je n'en mène pas large. Ma mémoire visuelle ne rivalisant pas avec un ordinateur, je suis dans l'incapacité de dénicher un itinéraire me permettant de tromper la vigilance des hommes de main du Joker. De plus, le temps n'est pas de mon côté, et il me faut prendre une décision. Agir vite, avant que les preneurs d'otage ne s'en aillent. Frapper pendant qu'ils croient maîtriser la situation. Voilà de quelle façon je sauverai les vies humaines menacées. Tenant mon arme à deux mains, je me prépare à bondir pour expédier deux brutes au pays des rêves. Des contractions nerveuses font trembler mes muscles, et il me faut expirer à fond de longues minutes avant de recouvrer mes moyens.

* C'est pas le moment de flancher ! Fais le vide... Ne pense plus, suis juste ton instinct. Tu sais que tu peux réussir ce tir, alors laisse toi guider. Concentre-toi sur l'instant présent. Visualise mentalement ce que tu vas faire au ralenti, puis répète cette chorégraphie à une vitesse normale. *

Poussant brutalement sur mes jambes, je jaillis de derrière le break, découvrant les trois costumés en même temps qu'eux me repèrent, et lâchent un hoquet de stupeur. Le canon du pistolet à gaz prêt, j'aligne la visée sur l'espace séparant les têtes peinturlurées des deux hommes les plus proches de la camionnette gorgée de plastique avant de faire feu, contractant les muscles du bras pour amortir le léger recul et garantir une trajectoire parfaitement rectiligne à mon projectile. Et c'est là que les lumières s'éteignent, sans prévenir, dans un claquement de fusibles qui sautent. Par réflexe, je sais que le camp adverse va s'empresser d'arroser au jugé ma position en tirant aléatoirement jusqu'à vider complètement leurs chargeurs. D'où le bond allongé que je m'empresse d'effectuer afin de rejoindre un couvert voisin, entendant les premières rafales éventrer la voiture vert bouteille avec un acharnement dément. Les flashes des déflagrations illuminent par à-coup le parking, qui se met à résonner des mille alarmes déclenchées par une balle perdue. Hurlant leurs insultes pour couvrir le mélange de sirènes et de klaxons, les bandits terminent leur assaut essoufflés et méfiants.

« Bordel de bordel ! C'était qui, ce type ? »

Alors qu'il vient de cesser le feu, le dénommé Roy jure tout haut et laisse tomber son chargeur vide, devenu inutile. Sans attendre qu'il parvienne à recharger, Question se glissa parmi les ombres de la vaste caverne urbaine empestant l'essence et l'huile de moteur, son pistolet à la main. Si d'aventure le ou les hommes de main encore conscient étaient en mesure de recharger dans le noir, mon élégant manteau finirait troué comme une passoire dès le retour des éclairages. L'oreille aux aguets, je ne perçus cependant que les halètements angoissés de ce garde pris par surprise, qui devait commencer à sentir la panique le gagner. D'un timbre tendu et plus aigu qu'à l'accoutumée, Roy répéta, ne comprenant pas dans quelle mélasse il se trouvait.

« Les mecs ? »

Aussi subitement qu'elles s'étaient éteintes, les lumières du plafond recouvrèrent leur éclat d'antan. Excellent timing ! Ainsi, je semble surgir comme par magie à trois mètres du seul bandit non-neutralisé. Son masque joyeux contraste avec les auréoles obscurcissant le tissu de son veston, et une masse de cheveux auburn collés entre eux par la sueur lui ôte le peu de crédibilité dont il disposait autrefois. Face à ce criminel à la petite semaine, je me tenais bien droit, pistolet braqué et crâne incliné pour que mon feutre masque le détails de mes non-traits. La poussière s'étalant sur mon costume ajoutait une note de lugubre à mon aspect fantomatique qui ne gâcha rien, à en croire les soubresauts de mon vis-à-vis. En me découvrant, il effectua un bond spectaculaire en retrait, se cognant à la camionnette dans son dos. Au comble de la terreur, il tenta vainement de comprendre :

« T... T'es qui, toi ? Le batman ? »

« Non. Lentement, je plongeais mon invisible regard clair dans ses prunelles filtrant d'à travers deux trous de son masque. Son index interrogatif ne parvenait pas à rester immobile tandis qu'il me pointait. Mon nom... Est Question. »

* En voilà un que je vais pouvoir interroger pour en apprendre davantage sur ce qui se trame ici... *

D'un geste volontairement ample, je rangeais mon arme dans sa poche intérieure, lorgnant sur le sbire du Joker au cas où ce dernier se serait subitement senti pris d'un désir de m'affronter. Chose étonnante, son courage sembla lui revenir dès que j'eus dissimulé mon pistolet, détail que je n'avais pas prévu, et c'est un direct gauche dans le plexus qui récompensa mon manque de précautions. Le souffle coupé par la douleur, je me pliais en deux, perdant mon couvre-chef au passage. Au-dessus de mon crâne, Roy s’esclaffa :

« Ha ha ha... Mais en fait, t'es même pas un flic ! T'es juste un espèce de paumé qui s'prend pour un super-héros ! Coup de genou dans ma tempe gauche. Ha ha ! Mange-toi ça, sale plouc ! »

Dans une manœuvre d'esquive désespérée, je me laisse rouler en arrière, ressortant de ma galipette étourdi et sonné. Une migraine me vrille le crâne, et c'est en plissant les yeux que mes mains adoptent un semblant de garde haute serrée. Ce petit malin se tape les cuisses, jouant avec moi. Trop content d'évacuer tout le stress et la nervosité accumulés en me cognant durement, il me provoque.

«  Allez le sous-doué, on reprend son souffle et on essaie de me toucher ! Ha ha ha ! Finalement, j'suis bien content d'être resté dans c'parking moi ! »

Je disposais toujours d'une arme sur moi, qui n'attendais que d'être dégainée pour clouer le bec de ce cabotin et probablement ex-taulard. Néanmoins, une bonne vieille bagarre de rue comme je les aimais ne se refusais pas. La bouche remplie de sang, mon articulation perdit de sa prestance, et c'est d'une voix rauque et hachée que je rétorquais agressivement :

- Je te laissais juste le temps de sortir ton couteau. Les larbins dans ton genre en planquent souvent sur eux. Ça les rassure, au cas où ils tomberaient sur plus fort qu'eux. Comme un enfant de dix ans, par-exemple...

Cette pique peu inspiré fit cependant mouche, et j'eus la grande satisfaction de voir s'élancer mon opposant, en jurant à mon encontre. Écartant les jambes, j'abaissais mon centre de gravité pour préparer mon esquive tout en continuant de fixer le fusil gisant par terre, à côté de son propriétaire inconscient. Grâce au Pseudoderm, Roy ne pouvait voir où portait mon regard, pas plus qu'il ne sut que ses coups m'avaient déchaussés deux dents. Visiblement, le Pseudoderm empêchait également le sang de couler. Pour n'importe qui, tout se passait comme si je ne subissais rien en terme de blessures, telle une invulnérabilité factice. L'homme de main au masque de clown ne devait pas en être arrivé à cette conclusion erronée, car il ne montra aucun signe de trouble ou d'incompréhension. Dommage, tout ce qui déstabilisait mes ennemis était bon à prendre et m'aidait à gagner.

L'assaillant amorça un direct (encore un !) tandis qu'il s'approchait dangereusement de moi, mais je ne fis rien pour quitter sa zone de touche, préférant attendre que son poing parte pour l'emporter dans un élan inarrêtable. Les quadriceps tendus à l'extrême, Question verrouilla sa garde, de façon à laisser croire qu'il prévoyait d'encaisser le choc de cinq phalanges balancées à grande vitesse sur ses avants-bras repliés en bouclier. Par la mince interstice séparant ses deux membres supérieurs, le justicier que j'essayais de devenir avisa un changement de position dans la posture globale de Roy, qui préfigurait son allongement du buste. D'une roulade moins brouillon, je me déportais sur la droite de la brute, butant contre le corps flasque et tiède d'un criminel neutralisé. Floué, son collègue fit volte-face, beuglant sa fureur au travers d'une pellicule de plastique bon marché.


«  Reviens ici, sale fils de pute ! »

Désespérément lent à la détente, il remarque trop tard le AK-47 qui se retrouve soudain entre mes mains. Peut-être que durant l'intervalle d'une milliseconde, il crut que j'allais tenter de lui tirer dessus avec, et ricana telle une hyène de la savane. Ensuite, son cerveau repoussa l'hypothèse farfelue, lui mettant sous les yeux un autre scénario beaucoup plus cohérent et logique. En parallèle, le fusil de conception soviétique, que je tenais comme une batte, vint s'écraser contre la face latérale gauche de son visage, décalant sa mâchoire vers la droite et réduisant son oreille en purée particulièrement douloureuse. Roy fit un tour complet sur lui-même, et je n'eus qu'à le cueillir après sa toupie pour lui fracasser le cartilage nasal, avant de conclure par le traditionnel mais néanmoins incontournable fracassement des testicules. Ma victime laissa échapper un cri de douleur étouffé et rejoignit le reste de sa bande à terre.

* Question 1 ; hommes de main 0. * Triomphais-je en balançant l'engin de mort loin de ma personne, avant de recracher mes dents, que je rangeais avec précaution dans un sac plastique pour échantillon (qui devint un sac plastique de conservation).

Mon altercation avait déclenché un boucan certain, d'où un besoin pressent de déserter les lieues avant qu'une autre patrouille armée ne vienne voir ce qui se passait. Mes opposants ne seraient donc pas attachés, puisqu'une autre tâche allait accaparer le peu de temps dont je disposais avant de devoir disparaître. En m'époussetant d'une main énergique, je remis mon chapeau en place, et ouvrit en grand les portières arrières de la camionnette, évitant respectueusement de marcher sur les deux (et non pas un) vigiles tués. L'idée que ce qui avait causé leur décès se trouvât dans le fourgon peinturluré ne l'effleura pas, simplement parce que c'était visiblement en exploitant ce véhicule qu'une partie des troupes du Joker avaient investi le bâtiment. Infiltrer une bande d'hommes armées en utilisant uniquement le tunnel étroit dont je provenais semblait trop handicapant, trop contraignant pour qu'il fusse le seul itinéraire employé par les envahisseurs.

L'intérieur de la camionnette, un espace clos puant un étrange mélange d'odeurs chlorée et soufrée, recelait une impressionnante collection de barils ne portant aucune étiquette, et surplombée par un dispositif à affichage numérique. De quoi pulvériser le GCN sur ses fondations, ainsi que les trois étages supérieurs. Vérifiant que personne n'arrivait, je fis l'effort d'essayer de repérer un élément important, ou un fil rouge à couper. N'étant absolument pas formé au déminage, je n'avais à ma disposition que la logique et les clichés télévisuels pour m'épauler dans ma tentative de désamorçage. Touche d'humour noir : tous les fils du dispositif se trouvaient être d'un même rouge coloré.


* Oublies la bombe, et fonces en haut. * Ordonnais-je à moi-même en claquant les portière d'un geste brusque et empressé.

Le larbin assommé s'agita un peu. J'aurais pu le saisir au col et l'interroger, mais l'entreprise risquait de me demander légèrement trop de temps. Alors qu'une alternative beaucoup plus simple se trouvait à ma portée. En fouillant rapidement chacun des trois individus, je pus dénicher la fameuse télécommande qui pouvait déclencher l'apocalypse. Le puissant boîtier connut une fin peu enviable, méticuleusement aplatit sous ma semelle inflexible.
Cette tâche réalisée, je remis un bon coup sur le crâne de ce cher Roy, qui le méritait bien. Cette fois-ci calmé pour un bon moment, l'homme ne protesta pas lorsque je lui pris ses vêtements, son arme et son masque. Étant moins musclé que ce malfrat, mais d'une taille similaire, j'endossais ses effets par-dessus mon costume, pliais respectueusement mon feutre pour le glisser dans une poche intérieur avant d'installer le faciès de clown sur mon visage anonyme.


«  Hé ! Qu'est-ce qui se passe, en bas ? » Crachota une radio fixée à la ceinture d'une de mes deux premières victimes. Bon point : la patrouille n'avait pas encore été envoyée. Mauvais point : elle n'allait par tarder à l'être.

Avec minutes supplémentaires qu'on venait de m'allouer, je sus ce qui me restait à faire. Sans attendre, je soulevais par les aisselles Roy, le fourrant derrière les barils de la camionnette (dans le but de conserver l'atout de mon déguisement), ce qui ne me laissa que le temps de courir pour pénétrer dans la cage d'escalier lorsque l'ascenseur principal du bâtiment s'immobilisa au niveau du parking.


* Nouvel objectif : me fondre dans le groupe des preneurs d'otage, en imitant leur comportement. Ils seront alertés d'un événement anormal, donc aux aguets et prudents. Mais ils ne s'attendent pas à ce que l'un des leurs soit l'ennemi. *

J'en avais eu la confirmation : la chose que redoutait surtout les hommes du Joker, c'était une apparition du Batman, dont les méthodes d'infiltration cadraient assez bien avec ma mise en scène : une élimination graduelle des troupes nuisibles, en silence et sans qu'un son autre que des bruits de combat ne soit entendu. La découverte de deux des leurs neutralisés amorcerait un mouvement de panique général et planterait les graines d'une nervosité tournée uniquement vers un monstre chimérique. A charge pour moi d'en tirer profit.


Dernière édition par Vic Sage le Ven 9 Mar - 21:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Event1: Mission 4 - The Joker's show.   Mar 6 Mar - 15:01

Le Joker


Le clown n’en croyait pas ses oreilles, la séduisante brune souhaitait une interview, il écarquilla ses lèvres en un sourire stupide et bomba le torse en croyant impressionner la jeune femme en face de lui.

« Oui ! Le public a le droit de savoir d’où vient ma folie ! Venez donc par ici ! Je dois bien vous accorder cette faveur, après tout vous êtes la seule aujourd’hui à avoir reconnus que j’étais un drôle, un bon point pour vous, je crois que je vous tuerais en dernier, non ne me remerciez pas, ma modestie naturel va en souffrir. »

Le Joker claqua des doigts et deux de ses sbires saisirent Rakel par les bras pour l’emmener dans une autre salle de tournage. Pendant qu’ils déambulaient à travers les couloirs, les deux clowns parlèrent entre eux :

« Le patron va encore raconter son passé et la façon dont il est devenu psychopathe. Ça m’avait vraiment ému, son père qui était analyste en solvant et qui travaillait dans l’usine chimique Axis Chemicals l’avait dur, un travail pénible et ennuyeux. Pour se faire du fric en plus il concocta un alcool maison. Les pauvres avaient besoin de gnôle d’occase et le père du patron en vendait à bas prix avec comme clientèle des clodos et des ouvriers. Le père du patron ouvrit un magasin de nettoyage à sec et continuait à fabriquer son alcool en coulisse. Il coupait son whisky à moindre frais avec des solvants de qualité médiocre pour plus de bénéfice, il en a vendue à quelques ouvriers qui restèrent aveugles à vie. L’un des frères d’une des victimes voulut venger son frangin et retrouva le coupable, il punissa le père du patron en prenant son pauvre fils et en le balançant avec un grand éclat de rire dans l’une des cuves d’acides d’Axis Chemicals, défigurant à jamais le Joker. »

« Ah bon ? Moi il m’avait pas dit la même chose. »

Les deux clowns abandonnèrent Rakel sur un plateau télé avec projecteur et un grand divan style psychanalyste. Le Joker arriva tout sourire et invita Rakel à s’assoir pendant que lui-même s’étendait sur le divan comme un patient reçu par son psychiatre et s’apprêtant à lui révéler ses angoisses profondes. C’est sur un ton triste que le Joker parla.

« Mon sois disant père avait épousé ma mère pour son argent et elle accepta car c’était une femme au physique ingrat qui n’aurait jamais pu trouver un mari. Elle voulait un enfant, mais il ne voulait pas lui en faire maintenant qu’il avait acquis sa fortune, alors elle séduisit un domestique qui fut mon véritable père biologique. Quand l’ignoble mari de ma mère s’en rendit compte, il taillada le visage de mon père, il le défigura en un atroce sourire puis l’assassinat, ma mère en devint folle. Lorsque j’avais 10 ans, elle m’avoua toute l’histoire. Elle aimait m’habiller en petit clown avec ce maquillage et ces vêtements violets, quand je fus majeur, elle m’ordonna de tuer son mari, je le fis ! J’étais plus heureux que tout. Puis lorsque ma mère, avant de s’ouvrir les veines me tendit un couteau en me demandant de me défigurer le sourire pour ressembler à mon vrai géniteur, je le fis sans hésiter ! »

Tout à coup, Harley Quinn qui s’était tenus avec d’autres clowns derrière le plateau, s’avança à grand pas avec un air consterné.

« Poussin ! Qu’est-ce que tu racontes ? Tu m’avais dit que c’était ton père qui t’avais infligé ça, il t’attachait au radiateur pour te battre quand tu avais 5 ans et tu avais pris le couteau de cuisine pour le tuer dans son sommeil. Et que une fois adulte, un vilain policier t’avais poursuivis après un vol jusque dans une usine, te faisant tomber dans une cuve d’acide par accident et… »

« Euh oui ! Aussi ma petite Harley, aussi ! C’est juste que ça remonte à tellement loin que je ne me souviens plus très bien, ça change tout le temps tu vois ? Je ne sais même plus ce qu’il c’est vraiment passé. »

« Menteur ! Tu m’as raconté n’importe quoi pour m’émouvoir ! »

Elle gifla encore le Joker et pointa du doigt Rakel.

« Et à elle aussi tu mens ! Juste pour la séduire comme moi ! »

Harley quitta le plateau furieuse. Le Joker se releva avec un regard noir.

« La garce ! Elle m’a cassé mon coup ! Pourquoi est-ce que j’ai choisis une blonde pour me servir d’Harlequin adoré ? Mademoiselle ne voudriez-vous pas prendre s aplace ? Vous ne serez pas déçu, je suis un amant très aventureux.»

Il fit un geste de la main envers Rakel pour que ses sbires la ramènent avec les autres otages puis ils retournèrent tous sur le principal plateau du journal télé. Le Joker repris sa place de présentateur le visage maussade. Puis relevant doucement sa tête, il fixa l’un des clowns qui vaquait à ses occupations derrière la caméra. Le Joker l’interpella :

« Toi ! Oui toi, viens ici ! »

Le Joker sortit l’un de ses couteaux à crans et entreprit de se curer les dents avec.

« Qu’est-ce que tu fais ici ? Tu n’étais pas sensé rester à côté de la camionnette avec son contenus psychédélique ? Tu t’ennuyais pas vrai, tu voulais tellement venir rire avec nous ! Tu étais triste ! »

Le Joker bondit dans les bras du clown en larmoyant.

« Moi aussi je suis triste, on a toujours pas atteint les 100 morts aujourd’hui et Batman n’est même pas venus pour moi alors que j’avais fait tout ça pour que moi et cet abruti on puisse passer ensemble à la télé pour faire le meilleur duo comique de la ville ! Tu ne trouves pas que Batou et moi ça ferait vraiment quelque chose de… grisant ! »

Le Joker se rassit la mine triste et invita le clown à faire de même. Le Joker entoura ses épaules et sa nuque avec son bras comme s’il tenait contre lui un collègue ivre dans un bar.

« Tu es pas comme les autres toi, tu veux que je te raconte comment je suis devenus comme ça ? C’était quand j’étais enfant, mon petit frère et moi on faisait souvent l’école buissonnière, il y avait un pédophile qui rodait près de l’école, il s’habillait en clown pour attirer les enfants et les tuer, il avait les cheveux verts et les vêtements violets, il a enlevé mon frère sous mes yeux en riant et son sourire était démesuré ! Puis il est partis, j’ai eu peur de ça pendant toute ma vie, je savais que le seul moyen de ne plus avoir peur de lui c’était de devenir encore plus effrayant, alors je me suis habillé comme lui et j’ai pris un couteau pour me scarifier et rendre mon sourire encore plus laaaaaaarge que le sien ! »

Le Joker tourna sa chaise vers une table derrière qui contenait un amoncellement d’armes à feu, de farces et attrapes et de jouer pour enfant. Il s’empara d’une mauvaise réplique d’un masque de Batman et le tendit au clown.


« Tiens mets ça, dans 5 minutes l’émission sur la torture des flics au chalumeau sera finis et on va reprendre l’antenne, on va improviser un gag, c’est toi qui feras Batman. Et bien ? qu’est-ce que tu attends ? Retire ton masque et mets celui de Batou ! »

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Rakel Peleonor
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MessageSujet: Re: Event1: Mission 4 - The Joker's show.   Jeu 8 Mar - 23:02

Je commençais sérieusement à croire que j'étais parfaitement folle, voilà que je commençait à faire du gringe à un psychopathe qui venait de tuer plusieurs personnes juste devant mes yeux en faisant preuve d'un sadisme rare, il n'y avait qu'une possibilité à ce genre de comportement, je devenait folle. Mais comme par miracle, je semblais avoir conquit le Joker, parler de lui semblait être une véritable passion, et je me devais de l'exploiter. Ajoutons à ça que ça me ferait un merveilleux article lorsque je me sortirais de cette situation désagréable, oh oui j'y croyais et heureusement dans ce genre de situation. J'eus un petit soupire de soulagement, mais ce fut surtout un sourire de façade qui prit place à une peur quelconque, j'avais compris que c'était ce comportement qui faisait que je n'avais vécu le même sort que les précédents joujoux de ce taré.

Avant que je n'ai eu le temps de dire le moindre mot, le Joker avait claqué des doigts, et je m'étais retrouvé encadrée par deux gorilles qui faisaient au moins deux têtes de plus que moi, comme si j'avais envie de tenter de m'enfuir avec tout ces tarés armés, je me ferais tirer comme un lapin avant d'atteindre la porte, j'étais réaliste. Ces hommes me saisirent par le bras et me conduisaient sans le moindre ménagement vers une autre salle. Je ne connaissais pas très bien le Gotham City News, ils m'avaient proposés un poste, mais l'idée de faire passer ma frimousse à la télé ne me plaisait pas, je ne serais jugée que pour une seule chose, mon physique, ou plus exactement le fait que j'étais la fille des Peleonor, ça ne louperait pas à l'image, au moins au Gotham Globe je pouvais prendre un pseudonyme ou simplement me cacher derrière mes mots. Je marchais en silence, me montrant plutôt docile, je n'avais pas réellement d'autres choix, je ne faisais pas le poids. Je profitais de cette "charmante" compagnie pour écouter, on apprenait toujours des tas de chose en fermant tout simplement notre bouche et en écoutant ce que l'on avait à nous dire.

Et aujourd'hui devait juste être mon jour de chance, mes "gardes du corps" avaient décidés de m'offrir de précieuses informations sur l'histoire du Joker. Au final une histoire assez banal de violence, dans notre bonne vieille Gotham, mais aux conséquences terribles. J'en arrivais même à avoir de la pitié pour le Joker, du moins jusqu'à ce que l'autre homme intervienne. A cet instant je fus assez partagée. Il y avait plusieurs explications à ça, soit une faculté à s'adapter à chaque personne afin de mieux la toucher au plus profond de son être, même si en soit j'en doutais fortement, cet homme ne semblait pas assez sain d'esprit pour ça. Je pensais plus à une schizophrènie, ou simplement une mémoire défaillante ce qui ne serait pas étonnant, cet homme avait visiblement subit un choc qui l'avait profondément traumatisé afin d'en faire ce qu'il était aujourd'hui. Malgré ça je restais persuadée que chacune de ces histoires avaient un point commun, il n'était pas difficile de s'en rendre compte, cet homme avait visiblement eu une relation difficile avec son père, un sujet à éviter à tout prix.

J'aurais aimé en apprendre plus, mais nous avions fini notre petite ballade et mes deux baby sitter m'abandonnèrent sur un plateau de télé avec un projecteur et un divan, c'était juste improbable, il avait pensé à tout ou quoi? Je ne voyais pas du tout à quelle genre d'émission pouvait servir ce plateau. Qu'importe, j'étais la quo-vedette d'un présentateur fou, j'avais de plus gros problème que de critiquer les choix du décorateur de Gotham City News. Le Joker arrivait telle une star, m'invitant à m'asseoir, ce que je fis évidemment, avant de le regarder s'installer tel un patient chez le psy. Cette nouvelle histoire fut à son tour très instructive, encore ce point commun, la relation avec le père. Alors que j'allais prendre la parole, essayant d'en savoir plus et surtout, d'essayer de paraitre sympathique à ce fou lorsque la blonde choisit d'intervenir, visiblement consterné. Il y avait une discorde dans le couple, ça c'était une bonne chose, et pas uniquement pour moi, peut être que cette situation offrirait une possibilité d'agir aux forces de l'ordre. Une fois cet homme arrêté il serait relativement simple de rétablir un semblant d'ordre. En tout cas cette nouvelle histoire fut une fois de plus lié au paternel du Joker. Si ça ce n'était une preuve. Mon esprit de journaliste était à l'affut, et autant dire que j'avais l'intention de faire l'article qui me révélerait en tant que personne à part entière et non pas seulement une vulgaire fille de. En tout cas il était temps de semer l'anarchie dans ce couple, je n'allais pas m'en prier, en dehors de sa santé mentale défaillante, cet homme semblait, comme tous les autres, avoir une plus grande faiblesse, les femmes. Harley semblait vouloir me faire passer pour une victime, était ce réellement de ça que j'avais l'air? Qu'importe il était tant de jouer. Je chassais rapidement mon air ahurit de mon visage avant de sourire au Joker , comme si rien ne c'était passé.

"Comme si vous aviez besoin de votre passé pour séduire, votre personnalité est grandement suffisante, elle vous sous estime. Et je suis d'ailleurs très honorée que vous m'imaginiez pour prendre sa place, je serais m'en montrer digne."

Je jouais toujours mon rôle, et pourtant un frisson m'avait parcouru le dos face à sous entendu, je n'osais même pas imaginer ce qu'il faisait subir à cette pauvre fille dans l'intimité. Mais visiblement cette intervention avait été gâché son enthousiasme et tant mieux il ne s’intéressait plus à moi. Je fus ramenée avec le reste des otages poussant enfin un soupire de soulagement. Ce fut d'ailleurs un étrange revirement de situation, à présent le Joker s'intéressait à l'un de ses hommes, et ce n'était pas pour me déplaire, si ils commençaient à s'entretuer, ceci nous donnerait une change d'agir. Je décidais de ne pas me préoccuper du sort de ce clown au final, je m'en foutais pas mal, il était sans doute du même bord que le reste de la troupe, un de moins serait toujours une chance de plus pour nous. La seule chose qui attirait mon attention fut la mention de Batman, alors c'était ça son objectif. Malheureusement le Batman devait avoir à faire avec tout le bordel en ville. Bref pour le moment le Joker était occupé, il était temps d'arrêter d'être passive et agir. Je tentais de me rapprocher d'autres otages, essayant de trouver des personnes qui pourraient m'aider, un policier de préférence, au pire un employé de sécurité, ils étaient relativement reconnaissable grâce à leur uniforme, dès que je serais suffisamment près de l'un d'entre eux, je tenterais une approche, mais il fallait être discrète. Je fus tout de même un peu vexée par la nouvelle version du Joker, que j'écoutais d'une oreille, pas d'histoire de père, il mettait ma théorie à mal, à moins que l'on imaginait que le père n'était pas intervenu et que c'était donc par sa faute qu'il était devenu ainsi. Raah mais ce n'était pas le moment, je devais tout de même faire mon possible sauver les gens ici présent, et pas simplement penser à ce que je pourrais faire une fois sortie de cette galère et à ce foutu article, j'avais déjà le titre "au coeur de la folie".

Je grinçais légèrement des dents en voyant le Joker jouer avec un masque du Batman, il s'attaquait à un symbole qui devait rester sauf à mon avis, particulièrement dans ces moments difficiles. A cet instant il fallait que je trouve un allié de poids. Il serait possible de s'en sortir mais il fallait s'allier, seul nous n'arriverions à rien.
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Vic Sage

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MessageSujet: Re: Event1: Mission 4 - The Joker's show.   Sam 10 Mar - 18:30

« Hep ! »

- Hein ?

Une crosse à la patine usée par le temps entra brusquement dans le champs de vision d'un clown en faction devant la salle où étaient retenus les otages, percutant un point situé juste entre ses deux yeux ébahis. Crosse d'un fusil mitrailleur que je tenais entre les mains, soit dit en passant. Mais je serais très étonné de vous avoir surpris en précisant cela.
Un mercenaire un peu idiot (s'être laissé prendre au vieux coup de la diversion, tout de même) s'écroula à demi dans le couloir large et surchargé de décorations du GCN (photos de conférences, coupures de presse encadrées, vous voyez le genre ?). Pour éviter que le son sourd de son corps s'affalant au sol ne résonne puissamment dans les environs, mes bras vinrent spontanément ralentir la chute désarticulée de ma dernière victime en date, agrippant celui-ci fermement (remercions au passage les Kalachnikovs d'être équipées d'une bandoulière). Il était le quatrième que j'assommais, en fait, si l'on comptait les trois gars neutralisés dans le parking souterrain. Au cours de mon ascension vers les hauteurs de la tour, j'avais eu tout le loisir de constater qu'en réalité, les effectifs ennemis se résumaient à une grosse dizaine de personnes (des gens armés, néanmoins, ce qui contrebalançait leur nombre réduit par un certain potentiel de destruction).

L'entrée principale avait évidemment été piégée, plastiquée de manière assez sophistiquée, comme je pus l'admirer après cinq minutes de montée de marches.


* Quoi de plus normal, venant d'un fou furieux qui s'était arrangé pour volcaniser tous les ponts de Gotham simultanément ? *

Des charges, réparties entre les points-clefs de la structure du hall haut de plafond, se tenaient prêtes à sauter si quiconque franchissait le seuil des portes vitrées, éliminant les forces des autorités tout en bloquant l'accès le plus direct aux otages. L'escalier dans lequel je m'étais engouffré donnait sur le fond du hall, m'offrant un point du vue très confortable sur la scène tout en me dissimulant à la vue des autorités qui se trouvaient en face. Leurs gyrophares éclairaient à intervalles réguliers l'espace silencieux et plongé dans la pénombre, projetant sur les murs lisses la découpe agrandie des démineurs se préparant à intervenir. Mais tout ça prendrait trop de temps, et j'avais la conviction que le Joker ne se laisserait pas arrêter sans réagir. La bombe conservée dans le parking sous-terrain constituait un des atouts que ce sociopathe gardait dans sa manche, mais j'aurais été bien naïf de me figurer qu'il s'agissait du seul. En refermant doucement la porte, mon regard capta, à la faveur du faisceau bleu et rouge, une forme allongée au sol, immobile. Serrant plus fort le fusil entre mes doigts gantés, il me fallut inspirer calmement pour ne pas céder à la très forte tentation de bêtement récupérer un chargeur sur un des gardes des étages et d'aller flinguer le responsable de ce carnage. Mes chances de réussites restaient décentes, mais ce plan d'action puant la testostérone comportait une très grosse faille : il ne mentionnait pas ma survie. Que je parvienne à repérer un larbin du Joker, que je l'assomme et le dépouille, passe encore. Que je débarque brutalement sur le plateau du GCN, oui. Y trouver un homme en tenue de carnaval (ou d'Halloween) pour le truffer de plombs, aucune difficulté. Mais après ? Les autres mercenaires, me descendraient sans mal, éliraient un autre leader tout aussi instable, et la prise d'otage perdurerait. Au détail près que cette fois-ci, plus personne ne pourrait y mettre un terme sans obéir aux exigences des malfrats.

Avant d'atteindre l'épicentre du problème, je fis un petit détour par la zone de maintenance, là où l'on pouvait trouver les générateurs principaux du bâtiment. En tant que justicier solitaire, mes meilleurs chances de réussite consistaient à recourir à toute mon intelligence pour bluffer et manipuler les méchants. Or, le spectre du Batman semblait posséder une emprise très exploitable sur ses bandits expérimentés, une piste qui ne cessait de me trotter dans le crâne. Les couloirs déserts (désertés par les vivants, s'entend) m'obligeaient à me déplacer sans bruit, l'oreille aux aguets. Et, paradoxalement, il me fallait aussi tâcher de faire au plus vite. Heureusement, mes nombreuses infiltrations et filatures opérées à Hub City m'avaient inculqué plusieurs choses, telles que savoir évoluer prestement et à un volume sonore minimal. Je déduisis le nombre réduit des preneurs d'otages en ne rencontrant personne lors de mon exploration, signe trahissant que la majorité des hommes du Joker se trouvaient en compagnie de l'intéressé, à veiller sur les malheureux otages. Plus par paranoïa que par prudence, je perdis un certain temps à éviter le regard scrutateur des caméras de sécurité, justifiant ce contre-temps à ma conscience en arguant que Question ne devait pas laisser trop de traces de son passage.


* Si ça, ce n'est pas un générateur, ça y ressemble quand même drôlement... * Songeais-je, inclinant doucement la tête sur le côté en examinant une masse décorée de fils dans le noir.

Oui, dans le noir. Ma lampe-torche se trouvait dans une de mes poches intérieures, sauf que par-dessus mon manteau, il y avait les frusques de Roy, mon ami travaillant pour le Joker (et dont le masque de clown ne permettait pas de voir grand-chose, soit dit en passant. Seule la prudence et le risque de tomber nez-à-nez avec un autre bandit m'empêcha de le retirer). Pour la même raison, récupérer ma source de lumière portative était temporairement exclu. D'où une petite hésitation de ma part lorsque je me retrouvais face à une grosse armoire poilue. A force de tâtonner, mes doigts repérèrent un interrupteur sur le mur, que j'actionnais en fermant les yeux, avant de les entrouvrir lentement pour dissiper l'éblouissement. Les lieues ressemblaient très fortement à une réserve : étroitesse, rentabilisation maximale de l'espace en empilant des serveurs les uns sur les autres, luminaires minimalistes, et couleur uniforme de la décoration inexistante. Un carré gris surchargé d'appareils électriques ronronnant doucement, quoi. Mais je ne demandais pas mieux.
En agitant mes doigts, je parcourus de l'index les différentes consoles, cherchant ce qui devait être l'interrupteur principal. Je ne m'y connaissais pas en électricité, mais ce ne devait pas être trop compliqué à dénicher, non ? Un pictogramme noir d'éclair à fond jaune, accompagné de multiples recommandations de sécurité, devraient m'aider dans ma quête.
Mon idée se résumait à ceci : couper le courant dans toute la tour du GCN. Un premier, bien que court,
black-out avait sérieusement ébranlé les troublions masqués du Joker, alors pourquoi ne pas prolonger l'expérience et mettre leurs nerfs à rude épreuve ? Aveugles et effrayés, il me serait beaucoup plus aisé de les éliminer et de sauver leurs otages. Parfois, le plan d'attaque optimal ne débordait pas d'originalité, néanmoins, il...

* Zut... *

Ça, c'est moi qui découvre à quoi on a eu la bonne idée de relier le transformateur principal. Salaud de maniaque des explosifs !

Dans le plus pur style totalitaire, on avait branché une minuterie de une seconde sur le générateur, minuterie elle-même fixée à un tas non-négligeable de C4. Le secteur où je me tenais se trouvant beaucoup plus proche du plateau que le hall d'entrée, il suffirait d'une quantité bien moindre de plastique pour éliminer l'ensemble des citoyens piégés. Ce qui revenait à dire que mon joli plan tombait à l'eau, et aussi que j'avais affaire à forte parti. Plus question de me fier aux bonnes vieilles techniques traditionnelles ayant fait leurs preuves : le Joker ne s'y laisserait pas prendre, résolvant chacun de ses problèmes à coup de détonations. Maussade, j'éteignis la lumière, songeant soudainement au fait que j'étais peut-être passé à côté d'autres bombes disséminées dans la tour. Le fait qu'une fouille approfondie m'aurait demandée largement trop de temps ne suffit cette fois-ci pas à m'ôter le poids de la culpabilité des épaules, et c'est sombrement que je repris mon ascension, tâchant de réfléchir de façon pragmatique, en oubliant les nombreuses vies en jeu cette nuit.


* Il faudrait que je me débrouille pour faciliter l'entrée du GCPD... Ça ébranlerait les preneurs d'otages, les forçant à agir dans la précipitation, en plus de me fournir une diversion suffisante pour agir de mon côté. Comment jouer ça ? *

C'est en arrivant sur le pallier d'un étage de la rédaction qu'une idée (farfelue, je le confesse) me vint à l'esprit. L'avantage, c'était qu'elle ne nécessitait qu'une feuille de papier et un stylo. L'inconvénient, c'est que s'il se mettait à pleuvoir, elle échouerait. L'un dans l'autre, c'était une solution rapide, claire et concise, qui avait le mérite de m'assurer l'anonymat. Du moins, tant que ni les policiers ni le S.W.A.T. ne prenait la peine de fouiller mon véhicule, laissé dans la ruelle. En allumant une lampe de bureau, je me saisis du premier stylo me tombant sous la main (vert), sélectionnais une feuille vierge et écrivis dessus, de ma plus belle plume :


Au GCPD
A l'angle de Palmer street et de la 37ème avenue ouest, vous trouverez une ruelle dans laquelle ont été ligotés un couple de criminels à la solde du Joker. Franchissez la porte au fond de l'impasse, et vous parviendrez à un tunnel débouchant dans le parking sous-terrain du GCN.
Agissez vite, et discrètement, le temps nous est compté
Signé : ¿


Ma prose manquait de relief, et je ne signais pas Question. Gotham City ne m'appartenait pas, et l'ingérence ne faisait pas partie de mes habitudes. Mon rôle dans cette affaire devait être tu, ignoré ou effacé. En rangeant le stylo, j'utilisais a lampe pour sécher l'encre plus rapidement, localisant d'une œillade glissante la plus proche fenêtre donnant sur la rue où le barrage de police avait été installé. De l'extérieur, un faible halo jaunâtre ne devait pas être discernable, donc il ne viendrait à l'idée de personne d'orienter un projecteur sur ma position. Anonyme j'étais arrivé, anonyme je repartirai. D'un pas léger, j'éteignis l'unique source ponctuelle d'éclairage, utilisant la très faible lueur filtrant de l'extérieur pour m'adonner à l'art si ancestral du pliage. Honnêtement, je ne me serais jamais imaginé que savoir faire un avion en papier s'avérerait aussi utile. Comme quoi, traîner sur les bancs de l'école constituait une formation très complète au futur métier de redresseur de torts...
Une main sortie par l’entrebâillement de la fenêtre, je pointais le nez de mon message aéroporté droit sur une voiture, une vingtaine de mètres plus bas. Orientant l'appareil de cellulose de façon à ce qu'il opère une descente lente mais globalement rectiligne, je le lançais d'un faible impulsion, ne souhaitant pas le voir dépasser son point de chute désigné. Comme pour me prouver que ce mode de communication n'était plus d'actualité, un brusque coup de vent emporta mon avion dans une large vrille, le malmenant longuement avant de le laisser tomber comme une pierre, aux pieds d'un point noir qui devait être un officier du GCPD. Vivement, je reculais en fermant la fenêtre, considérant cette mission accomplie. Je pouvais à présent me lancer à l'assaut des preneurs d'otages... La partie la plus facile, donc.


* ... Ou pas. *

Si l'on exceptait le fait qu'ils étaient armés, avaient des otages et se trouvaient tous rassemblés en une seule zone, neutraliser les ravisseurs ainsi que leur meneur ne paraissait plus aussi ardu. Bien entendu, avec de telles œillères, escalader l'Himalaya tout nu apparaissait possible. Sans avoir même la certitude que les renforts étaient en route, je retournais à l'escalier principal, avalant les marches sous de puissantes foulées en économisant mes forces. Pareil à un balisage, l'éclairage m'indiquait clairement dans quel direction se trouvait le plateau du GCN, puisque les terroristes ne s'étaient pas donné la peine d'allumer l'ensemble des pièces de la tour. Seules les salles qu'ils avaient traversé ne se trouvaient plus plongées dans les ténèbres. J'aurais toutefois préféré qu'il en soit ainsi, notamment en pénétrant dans un étage empestant la poudre et la mort, où un charnier m'attendait. Les sbires du Joker s'en étaient donné à cœur joie, considérant probablement qu'ils avaient assez de prisonniers sous la main pour se permettre d'en perdre quelques-uns. La lointaine rumeur d'un brouhaha, de hurlements de douleur et d'applaudissements factices me firent adopter une allure plus lente.
A pas de velours, je me laissais glisser le long d'un mur amenant à un angle droit. Plusieurs affiches fléchaient mon itinéraire comme étant celui du plateau principal, une coïncidence des plus heureuses. Parvenu au coude, avec mon fusil au chargeur vide, je pris soin de tendre l'oreille avant de m'engager à découvert. Le timbre étouffé et malicieux d'une voix inconnu me parvint.


« ... Je ne sais même plus ce qu’il c’est vraiment passé. »

Je touchais au but. Bloquant ma respiration, je fis une rapide vérification du contenu du dernier couloir me séparant du plateau, exhibant une tête masquée à un garde posté devant la double porte. Se grattant la nuque, il avait l'index lové autour de la gâchette d'un AK-47 ayant connu des jours meilleurs. Avant qu'il ne puisse s'étonner de m'apercevoir, je lui adressais un « Hep ! »de bon aloi. Réagissant en bon sous-fifre, le malfrat brama une onomatopée d'incompréhension, puis se dirigea tout droit dans mon piège. Préparant mon fusil à venir l'assommer, je frappais le criminel de bas étage et freinait sa chute.

* Inutile de perdre du temps à dissimuler ce gars. De toute façon, les événements ne vont pas tarder à s'accélérer. * Soliloquais-je en réajustant ma posture factice d'homme de main, avant d'entrouvrir la porte surmonté d'un écran rouge scandant "en diffusion". Suivant une intuition de dernière minute, j'échangeais cependant mon chargeur vide contre un plein. La perspective de me retrouver cerné par les ennemis, sans doute.

Le plateau télé ressemblait à une nasse de pêcheur un jour faste. Dans une salle aux dimensions respectables, on avait regroupé comme public l'intégralité des otages, qu'ils soient journalistes, cadreurs, personnels de l'entretien, vigiles, etc. L'air était lourd de tension, à la fois glacé de peur et brûlant de violence. Des spots déversaient inégalement une lumière crue sur le centre du plateau, et laissaient la périphérie dans une semi-obscurité propice à l'infiltration. En tant que membre des preneurs d'otages, néanmoins, il me fallait jouer le jeu, et faire comme si j'effectuais mon tour de garde.
Personne parmi les employés du clown meurtrier ne s'offusqua de ma présence, j'eus donc la liberté de les dénombrer (ce qui me mina le moral : une belle dizaine d'individus armés m'encerclaient sans en avoir conscience).


* Foutu masque... Impossible d'examiner les lieues à la dérobée. Reste plus qu'à faire comme si m'arrêter était naturel, en multipliant les petites pauses de deux minutes de-ci de-là. *

On raccompagna fermement une jeune femme brune parmi les civiles captifs tenus sous la bonne garde de calibres automatiques.

* Si seulement je pouvais faire en sorte qu'aucun de ces types ne puisse tirer, ça me laisserait un peu plus de latitudes pour manœuvrer. *


« Toi ! Oui toi, viens ici ! »

Impossible d'ignorer un ordre direct de ce type aux cheveux verts, dont je m'étais que moyennement préoccupé depuis mon entrée. D'un côté, en tant qu'homme de main quelconque, j'aurais été en droit de me fondre dans la masse des subalternes, non ? Mais ce n'était pas le cas. Et je n'allais pas tarder à en comprendre la raison...

« Qu’est-ce que tu fais ici ? Tu n’étais pas sensé rester à côté de la camionnette avec son contenus psychédélique ? Tu t’ennuyais pas vrai, tu voulais tellement venir rire avec nous ! Tu étais triste ! »

Quel imbécile ! Je ne m'étais pas douté un seul instant que les masques pouvaient permettre au sociopathe de différencier les équipes qu'il avait enrôlées. A moins que ce ne soit la tenue, ou même l'arme, qui m'ait trahie ? Je ne pouvais plus essayer de clarifier ce point, malheureusement, car le joyeux drille et son arme blanche vint jouer une comédie absurde, se collant à moi sans prévenir. Il sentait fort, un mélange de musc et de souffre, mais en dépit de l'électricité dans l'air, son contact n'avait rien de moite. N'écoutant qu'à demi la tirade émue de ce piètre acteur humoristique mélangeant les genres au hasard, ma tête chercha à se décoller de son épaule recouverte de tissu violet, ce afin de dégager mon champs de vision. La mention récurrente de la légende urbaine de Gotham finit par me rappeler que, selon mes propres estimations, Batman devrait intervenir ici, tôt ou tard. Qu'il ne l'ait pas encore fait me laissait un goût aigre en bouche : si Question s'était mêlé à cette prise d'otage, c'était en grande partie pour prendre la chauve-souris sur le fait. Inconsciemment, je m'étais auto-persuadé qu'à nous deux, nous triompherions des hommes armés du génie maléfique. La désillusion qui s'abattit sur mon crâne me rendit un peu apathique, mollasson et muet, ce qui ne parut pas déranger le Joker, très à l'aise pour combler les blancs et jacasser dans le vide.

* Comment ais-je pu me fourrer dans un tel pétrin ? Comment ais-je pu penser que le Batman se manifesterait au GCN, alors que le bâtiment regorge de malfrats à la gâchette facile ? Je... * Le reste s'étrangla dans ma gorge. D'une certaine façon, ça allait être un record, pour moi : je me voyais de nouveau mort, quelques heures à peine après avoir réchappé une première fois aux griffes de la grande faucheuse.

Mou comme un tas de chiffon, je laissais le très théâtral preneur d'otage me conduire jusqu'à une chaise, et m’agripper en une étreinte presque réconfortante s'il n'avait pas autant déblatéré sur son prétendu passé. Le mensonge qu'il improvisait au fur et à mesure le parvenait comme au travers de bouchons, et j'eus une montée de sueurs froides. C'était en général l'effet que provoquait un psychopathe tueur sur le commun des mortels. Étant mortel moi-même, je ne pouvais déroger à cette règle.
Alors oui, j'avais toujours mon fusil mitrailleur. Sauf qu'à moins d'être tireur d'élite, chanceux au possible et contorsionniste, il m'était virtuellement impossible de réduire au silence l'ensemble des individus nuisibles sans me prendre une balle létale. Tout ce qu'il me restait à espérer, c'est que le Joker allait se désintéresser de son employé bientôt, et qu'il m'ordonnerait de retourner à mon poste. J'aurais alors le choix entre tenter de sauver des vies au péril de la mienne, ou de fuir sans demander mon reste.
Ce dilemme était très différent des situations auxquelles j'avais eu à faire face à Hub City. Dans ma ville, Question enquêtait beaucoup, mais agissait peu. A part pour secouer un homme de main détenteur d'informations, il ne se battait pas. Et surtout, jamais au grand jamais il ne s'était risqué à déjouer une prise d'otage de cette ampleur.


* A-t-il fini ? * Me demandais-je en ne percevant plus qu'un agréable silence de la part de mon interlocuteur maquillé et scarifié. L'intéressé commençait à chercher derrière lui un ustensile quelconque, probablement pour torturer un otage. En tendant mes muscles, je me préparais à me lever de ma chaise.


« Tiens mets ça, dans 5 minutes l’émission sur la torture des flics au chalumeau sera finis et on va reprendre l’antenne, on va improviser un gag, c’est toi qui feras Batman » Et ce fou de me tendre un masque de mauvaise facture du Batman.

* Merde ! *

Ou bien ce gars est diablement intelligent, ou bien son instabilité psychique lui a soufflé la bonne idée stupide au bon moment. Vu de ma fenêtre, aucune des explication n'est satisfaisante, car aucune ne me fournirait un élément utile pour augmenter mes chances de survie. C'est l'instant de panique le plus long de ma vie.

* Si je retire le masque de clown maintenant, je suis mort, ou bon pour le chalumeau. Dans tous les cas, c'est foutu pour moi. Allez, Vic, réfléchis ! *


« Et bien ? »

Nombre d'ennemis armés : douze. Répartition : demi-cercle approximatif autour du groupe d'otages. Champs de tir actuellement couvert : intégralité de la salle, avec risques de blesser des civils. Accès visibles vers le dehors : uniquement la double porte sur le côté du plateau. Éclairage provenant de luminaires alimentés par soit le transformateur principal soit par un générateur secondaire. Probabilité équivalente pour les deux cas de figure, mais présence d'un générateur d'appoint derrière les bancs du public. Probabilité que le plateau soit relié au transformateur principal uniquement : inexistante. Énergie du transformateur alimente l'appareillage de diffusion, les caméras et les micros. Rôle probable de la source d'appoint : alimenter les spots rajoutés dans la pièce pour l'éclairage. Possibilité de détruire la source d'énergie secondaire à l'aide d'une rafale : très satisfaisante, cible volumineuse, proche, et AK-47 réputé précis. Amélioration du ratio de précision en anticipant sur le recul du fusil par une déviation vers le bas du canon.
Obscurité créé permettant d'échapper aux tirs, surtout en cas de bluff (impact psychologique très significatif) de l'identité réelle. Ennemis terrifiés pouvant fuir ou tirer au hasard pour tenter de me tuer. Pour éviter le moindre dommage collatéral, faire en sorte que la dernière image vue par les sbires costumées soit ma silhouette plongeant dans la direction opposée à celle du groupe d'otages.
Meilleure manière de se libérer de l'étreinte de l'individu responsable du chaos de la ville : glisser en arrière sous son bras et rouler hors d'atteinte dans la direction prévue après avoir tiré. Quasi-inévitable douleur à la nuque et aux coudes occasionnée par le mouvement. Risque que la gêne empêche de se mettre en sécurité convenablement : minime.


« Et bien ? Qu’est-ce que tu attends ? Retire ton masque et mets celui de Batou ! »

Le masque pensivement tenu dans ma main gauche, j'inclinais du chef, ma main droite descendant subrepticement sur la crosse du fusil dérobé à Roy. D'une voix étonnée de larbin stupide, je fis savoir à la cantonade :

« Hein ? Mais chef, pourquoi voudriez-vous que je me déguise en Batman ?
Je suis Batman ! » Tonnais-je en récupérant la voix rauque de Question, arrosant d'un déluge de balles le générateur situé dans ma ligne de mire. Je n'avais désormais que les quelques centièmes de seconde de la surprise engendrée pour me mettre hors de portée. En me repliant sur moi-même, je fis remonter mes jambes à hauteur de buste tout en inclinant la tête. Une série de grésillement et un grand claquement de spots s'éteignant simultanément résonnèrent sur le plateau, en même temps qu'un concert de jurons étouffés en entendant qu'un des suivants du Joker prétendait être la chauve-souris déguisée. Prenant appui sur le clown au couteau, j'étendis brutalement mes jambes à l'aveuglette, tandis qu'un voile noir tombait devant mes yeux. Le bras du Joker glissa sur ma nuque à toute vitesse, et je me reçus durement sur le sol, un fracas tonitruant accompagnant cette chute. D'une roulade brouillon, Question s'enfonça dans la salle principale de la tour, grondant à la cantonade pour détourner l'attention des preneurs d'otage:

« Les forces de police ont déjà investi le bâtiment. Rendez-vous ! »

Oui, je sais. Le VRAI Batman n'aurait jamais prononcé une telle phrase. Il serait tombé sur les malfrats, les aurait assommé sans rien dire et serait reparti une fois tout ce beau monde ligoté. D'un autre côté, Batman n'utilisait pas d'armes à feu. J'avais d'ores et déjà raté mon numéro de postiche, ne restait plus qu'à espérer que les autres seraient trop effrayés pour prêter attention à ce détail révélateur. Et de toute façon, j'avais pas mal à faire. A commencer par foncer accroupi en direction d'un couvert, tout en me débarrassant des affaires de Roy. Tout en me faisant canarder, naturellement. Mais tapis dans le noir, et ramassé sur moi-même, je n'étais la plus facile des cibles. C'est presque trop tard que je sentis un décor devant moi, manquant de rentrer dedans. Précipitamment, croyant que chaque détonation claquant dans l'air allait s'accompagner d'une blessure fatale, je longeais le panneau jusqu'à en trouver le bord, me jetant de l'autre côté. Achevant de me changer, j'installais mon feutre à sa place (dans les situation d'urgence, mes pires tics avaient la sale habitude de se manifester de manière incongrue) et saisis mon pistolet tranquillisant, inspirant à fond. L'adrénaline me conférait une sorte de conscience aiguë des sons se répercutant sur le plateau, et c'est dans un état second que je résolus d'utiliser jusqu'à ma dernière munition pour envoyer des preneurs d'otage à terre.
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Master Rp

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MessageSujet: Re: Event1: Mission 4 - The Joker's show.   Mar 27 Mar - 10:26

Le Joker


Le Joker manqua de s’étouffer en entendant l’affirmation bruyante de son faux sbire. La suite fut assez confuse, certains clowns se marrèrent en croyant que c’était un gag pour les caméras, d’autres le prirent au sérieux et foncèrent avec le canon de leurs armes en avant pour capturer l’intrus. Des balles lâchées par le justicier déguisé mirent tout le monde d’accord. Il bouscula sévèrement le Joker dans sa fuite et disparut. Le Joker se releva et hurla dans un coassement strident :

« Attrapez-le ! Je le veux ! C’est Batou ! »

Et il gesticula des bras en même temps pour montrer sa colère tout en poussant ses hommes de mains à traquer celui qui venait de gâcher son émission télé.

Le Joker s’approcha du malfrat tenant la caméra et lui intima de le suivre avec son appareil.

« Viens ! On va faire une émission en prime time ! Plus de 40 millions de téléspectateurs nous regardent ! A nous l’audimat ! »

Il se précipita ensuite vers les otages qui fuyaient dans tous les sens en criant maintenant que tous les clowns étaient partis à la poursuite du trouble-faîte. Joker attrapa le poignet de Peleonor et l’entraina à sa suite sous la menace de son couteau à cran.

« Viens avec nous ma beauté ! Tu seras notre présentatrice ! »

Il lui colla un micro entre les mains et la poussa devant lui. Il la suivit en compagnie de son clown cameraman. Ils s’arrêtèrent pour filmer les clowns en train de vider les chargeurs de leur kalachnikov sur leur ennemi invisible dans l’un des nombreux studios.

« Vas-y ma chérie dis quelque chose ! Commente la fusillade ! On est en direct ! Tu vas devenir ma journaliste attitrée ! Non ne me remercie pas, ma générosité naturelle va en souffrir. »

Harley Quinn arriva et gifla avec violence le clown psychopathe.

« Tu séduit encore cette garce ?! J’en ai assez ! Tu dois choisir ! C’est elle ou moi ! »

« Allons coquine, tu sais que je n’aime que toi, mais je me devais d’entretenir ma réputation de tombeur et de plus beau-gosse de la ville devant Batou. »

« Je te pardonne pour cette fois Poussin mais à la seule condition, écorche là vive ! Je veux l’entendre gémir de douleur ! »

« Tout ce que tu voudras mon cœur mais avant il faut que je… »

« Chef ?! Batman a disparu. »

« QUOI ?! »

« Oui envolé. »

« Portait-il des oreilles de chauves-souris sous son masque ? Avait-il des grandes ailes noirs, des griffes affreuses et un corps de monstre noir et velus sous son déguisement ? »

« Non pas vraiment. »

« Alors ce n’est pas Batman bande d’incapables ! Mais avant d’aller le poursuivre, je vais trucider la brune pour faire plaisir à ma chérie. »

Il constata que Rakel avait disparu.

« Ah non ! J’aime le chaos, mais pas quand les victimes refusent de jouer le jeu et de se faire massacrer. »

Un autre clown vint l’interrompre :

« Patron, on a un problème, un commando du SWAT au grand complet vient de se ramener autours de l’immeuble avec un bataillon de la garde nationale. »

« Et alors ? Qu’est-ce que ça peut faire ? »

« Si on ne déguerpit pas, on va tous mourir. »

« Oui mais au moins c’est drôle ça, essaye d’en tuer un ou deux avant de crever. »

Il se détourna du clown qui était atrocement inquiet et lança aux autres :

« Avant toute chose, tournons le bouquet final de nos émissions. »

Peu après…


Ce plateau de télévision servait au tournage de série télés stupide dans le style : amour, gloire et beauté. Le plateau de tournage reproduisait les jardins d’une villa de Beverly Hills. Il y avait une piscine, du gazon synthétique et des faux palmiers en caoutchouc. Il y avait des projos au fond de la piscine qui illuminaient l’eau. Des nus artistiques en décoraient les fausses colonnes de marbres en polystyrène tout autour. Le commissaire Loeb était ligoté debout sur le plongeoir. On l’avait revêtu d’un slip de bain rose qui lui donnait un air triste et ridicule. On avait peint sa tête en blanc et son crane en vert. On lui avait mis un gros sourire de rouge à lèvres style Bozzo le clown sur son visage. Le commissaire avait un regard désespéré, des larmes coulaient sur son maquillage, ses lèvres tremblaient dans un sanglot. Une caméra fit un gros plan sur le premier flic de la ville et tourna pour filmer le Joker. Il était sur un fauteuil à bascule au bord de la piscine. Harley Quinn était assise à califourchon sur lui et lui bizouillait l’oreille. Elle lui mordillait son lobe, elle laissa un suçon dans son cou. Un petit poussin se baladait au bord de la piscine l’ai égaré, il ne savait pas pourquoi on l’avait placé ici.

« Oh oh oh mon cœur, ne nous laissons pas trop aller, je sais qu’il est très excitant de s’accoupler avec toi sur une pile de cadavres, mais là il y a peut-être dans enfants qui nous regarde à la télé en ce moment même ? Il ne faut pas trop les choquer avec des choses sexuelles ou violentes comme… comme… comme ça par exemple ! »

Il sortit son colt python 357 magnum et explosa le poussin en un seul tir. Le commissaire Loeb depuis son plongeoir se mit à gémir. Ses sphincters lâchèrent, il s’urina dessus. L’eau de la piscine en dessous se rida. Le Joker se leva en tenant dans ses bras Harley comme une jeune mariée.

« Ma petite puce adorée, il est temps d’utiliser nos joujoux pour montrer à nos déplaisants invités de quoi nous sommes capable ! »

« Oh oui poussin ! »

Le Joker déposa sa complice et sortit une sorte de spray gravé avec un AH AH AH ! Il le pointa vers loeb sur son plongeoir.

« Commissaire, pourquoi n’avez-vous pas ris jusqu’ici ? Vous avez en face de vous le plus grand comique que Gotham City ait jamais vu ! Profitez-en ! »

Il actionna son spray et balança un gaz vert sur la face de Loeb. Le nuage se dissipa, le regard de Loeb devint vitreux. De la mousse verte aux allures de produit chimique mortel suinta de ses yeux, de sa bouche et de son nez. Ses bras s’agitèrent convulsivement et se rétractèrent en manquant de déchirer les liens qui le retenaient prisonnier. Des os à l’intérieur de son corps cédèrent, on entendit nettement le bruit des craquements. Des bulles de mousses vertes lui sortirent des oreilles. Le Joker monta sur le plongeoir et sautilla dessus avec un sourire de gros sadique. Le corps désarticulé de Loeb, aussi flasque que mou tomba dans la piscine. Il se débattit quelques instants puis flotta à plat ventre, raide mort.

« Oups, la police de Gotham va devoir trouver un nouvel abruti pour les diriger, Harley, note bien qu’il faudra qu’on envoie des ballons à son enterrement ! »

Le Joker redescendit du plongeoir et ses clowns l’accueillirent et lui tendirent une tronçonneuse. Le Joker l’a mis en route et clama :

« Bien, il est temps d’aller charcuter notre justicier ! Que la fête commence ! Celui qui me ramènera sa tête aura droit à une sucette ! Fouillez chaque étage, chaque gaine de ventilation, chaque cage d’ascenseur, chaque escalier de secours, chaque plateau télé et chaque remise de produits de ménages. On le torturera en direct ! »

Un clown tendit à Harley Quinn son gigantesque maillet et elle ajouta :

« Poussin, excuse-moi de ne pas jouer avec toi, mais de mon côté je vais aller écrabouiller la groupie qui a osé te faire les yeux doux ! »

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Rakel Peleonor
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MessageSujet: Re: Event1: Mission 4 - The Joker's show.   Mer 28 Mar - 20:13

Le chaos régnait sur le plateau de télévision, l'annonce de ce clown qui affirmait être le Batman avait fait rompre les rangs. Encore marade, panique et colère, il était difficile de comprendre ce qui se passait, mais une chose était certaine, il fallait profiter du bordel qui venait d'être créer par cet homme, oui parce que je ne croyais pas une seule seconde que cet homme puisse être LE Batman. Rapidement, j'essayais de persuader d'autres otages de nous liguer afin de pouvoir nous révolter, mais personne n'était réellement d'accord il faut dire qu'ils ne voulaient qu'une seule chose, s'enfuir loin de ce fou. Mais à quoi bon sauver sa vie si ce fou se mettait à contrôler la ville, et continuait à semer la terreur, ce n'était que repousser l'inévitable. Face à la panique je choisis de parer au plus presser, avec un peu de chance, je pourrais trouver une arme, de quoi me défendre, et peut être de quoi tuer ce psychopathe et sa petite amie.

Cependant avant que je ne puisse faire quoi que se soit, je sentis une main froid attraper fermement mon poignet, et découvrit avec horreur ce Joker qui me tenait fermement, couteau à cran à la main. Sous la menace je n'avais d'autre choix que d'obtempérer, tout en gardant la tête haute, micro entre les mains et me demandant bien ce que j'allais pouvoir dire à cette foutue caméra mais je ne voulais pas l'encourager, et encore moins lancer la population en colère contre le Batman. Marchant devant le Joker et son caméraman, le bruit était assourdissant alors que les Kalachnikov se voyaient vider de la moindre petite balle, afin de mettre à mal un ennemi invisible à moins qu'il ne s'agisse du mur, aller savoir avec ces fous. Face à ce spectacle je restais sans voix, et même face à la menace, difficile de trouver des mots pour commenter ce chaos. Alors que j'allais ouvrir la bouche pour sortir quelque chose, n'importe quoi, cette folle qui servait de petite amie au Joker fit une nouvelle irruption et lui envoya une gifle avec force, une jalouse invétérée. Je ne perdis pas de temps pour m’éclipser dès que je pus alors que Harley, servait de diversion, elle et ce faux Batman.

Je partis à toutes jambes profitant d'un mouvement de foule, mais dès la première porte passée, je me séparais du groupe, trop voyant et facile à repérer pour nos agresseurs, il serait stupide de leur faciliter la tâche surtout après ce que j'avais entendu, cette garce qui voulait ma peau. Elle apprendrait très vite que l'on ne me faisait pas si facilement la peau, il faudrait qu'elle s'accroche et se serait à ses risques et périls. Arrivant sur un plateau de tv relativement calme, personne ne se trouvait là, on n'entendait que les cris et le bruit des coups de feu à proximité. J'avais l'impression d'être retournée au collège un terrain de football, des gradin, enfin pour être exacte, se serait sans doute la sensation que j'aurais eu si j'avais fréquenté les bancs d'une école public, mais c'était le cadre exact de la plus part des séries pour ado, un peu stupide avec pompon girl et footballeur. Mais en soit c'était une aubaine pour moi, un terrain de foot signifiait les protections qui allaient avec, se serait ce que pour le décors, ce qui me ferait une arme de fortune parfaite pour me protéger de cette folle qui était persuadée que je voulais lui voler son mec, et puis quoi encore, je n'étais pas si stupide que ça. Trouvant une étagère où trônait les casques, je me précipitais vers elle, attrapant rapidement l'un des casque, jugeant son poids avec un sourire, ceci suffirait sans doute à la calmer un moment, et avec un peu de chance, l'unité d'intervention passerait à l'action avant que je n'ai le temps de trouver autre chose pour me défendre.

Je me collais le long du mur et la seule entrée pour ce studio, du moins la seule que j'avais vu, prenant le temps de rassembler mes esprits tout en scrutant le moindre bruit, je ne pouvais pas me permettre de me laisser surprendre. Une fois mon souffle reprit et mon esprit prêt à affronter d'éventuel ennemi, je me lançais dans les couloirs, mon casque toujours à la main, prenant la direction de la sortie en suivant les panneaux lumineux verts qui l'annonçait. Dehors il y avait les flics, et donc la sécurité, je ne pouvais qu'être confiance, et pourtant la méfiance me poussait à me retourner à chaque fois que je pensais entendre un bruit.
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Vic Sage

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MessageSujet: Re: Event1: Mission 4 - The Joker's show.   Lun 9 Avr - 14:24

Mal au crâne. Respiration douloureuse. Bouche sèche. Oreilles qui sifflent. Vertiges.

* Je suis où, là ? *

Mon incompréhension est justifiée : une sorte de trou noir masque mes souvenirs les plus récents, ne me laissant que le moment où je me préparais à affronter les hommes de main du Joker comme repère temporel. Un peu nauséeux, j'ouvre prudemment les yeux, me découvrant allongé sur un tapis rectangulaire au beau milieu d'un salon plongé dans l'obscurité. Une absence totale d'odeurs ménagères me laisse perplexe. Personne ne vit ici. A en croire mon nez, je suis allongé dans une sorte de maison-modèle, telles que celles vous proposant divers types de décorations ou d'ameublements. En voulant tâter mes oreilles bourdonnantes, je constate (et c'est plutôt rassurant) que le Pseudoderm masque toujours mes traits. Et à la suite d'une inspection sommaire, il apparaît que mon costume est encore en bon état, à l'exception du cinquième espace intercostal droit où une jolie tâche de sang macule magistralement ma tenue.

* Qu'est-ce que... ? J'ai un peu peur de regarder, mais bon... Alors... Oh ! Hum... Aïe ! Bon, ça m'a l'air superficiel. *

Je n'en ai aucun souvenir, cependant j'arbore désormais une charmante griffure sur l'abdomen (causée par qui ? Ou par quoi ? Je n'en ai pas la moindre idée... L'essentiel, c'est que ce ne soit pas mortel, je suppose). En pivotant vivement ma tête, je cherche à repérer l'origine de la faible luminosité qui tamise le salon dans lequel je me trouve. Cette pièce, propre et bien rangée, fourmille de petits objets, ustensiles et autres décorations voulant donner une âme à une maison, mais auxquels il manque cruellement une cohérence. Des natures mortes côtoient les photos d'une heureuse famille (ce sont des acteurs, à en juger la largeur de leurs sourires) dont pas un ne me paraît amateur de peinture. Aucune console de jeux en vue, alors que le cliché montre deux adolescents qui se chamaillent. Bref, une pâle copie de la réalité comme seul saurait le faire un...

* ... Décor de série télévisée. *

Et d'un coup, je me souviens.

J'avais les mains tétanisées, agrippées à la crosse de mon pistolet comme un noyé perdu en pleine mer se serait accroché à sa bouée. Perdu, je l'étais bel et bien, seul, dans la pénombre d'un environnement inconnu, à transpirer et à haleter, derrière un couvert qui partait un peu plus en miettes à chaque seconde. Les rafales s'enchaînaient à un rythme tel que, bientôt, mes oreilles ne prirent plus la peine de différencier les déflagration, fusionnant les multiples détonations en une longue et désagréable explosion. Mon crâne me donnait l'impression d'être immergé dans un seau de glace. Le tissu de mon costume me collait à la peau. La sueur glacée de l'angoisse primaire court-circuita mon cortex, et puis tout devint plus intense.
Je ne réfléchissais plus. Je ressentais simplement ce que mes sens détectaient. L'humidité de l'air ambiant, la luminosité éblouissante d'étincelles provoquées par des balles perdues, l'odeur aigre de la peur et celle, plus salée, de la rage ; la chaleur de l'influx sanguin qui me rougissait les joues sous mon masque et la sécheresse de ma bouche. Plus de plaisanterie ou de doute : je risquais dans l'instant présent cinq fois ma vie à la seconde ; aucun neurone n'avait intérêt à paresser ou à se laisser distraire.
Et c'est grâce à l'urgence de ma position que je pus réussir à maintenir aussi longtemps ma concentration. Habituellement, ma vigilance et mes déductions se déclenchaient ponctuellement, en réponse à un effort de volonté. Mais ce soir-là, dans la tour du Gotham City News, il n'y eût pas de temps mort. Une expérience inoubliable.

Débit de balles à la seconde : 10 ; précision quasi-inexistante du fait de l'état psychologique des preneurs d'otage. Solidité du couvert actuel : insuffisante. Risque élevé de se trouvé à découvert et acculé, sans possibilité de fuite, dans un délai de soixante secondes. Possibilité de fuir au moment où l'ensemble des hommes de main du Joker auront à recharger : infime, car basée sur le postulat que toutes les armes contenaient initialement le même nombre de balles.

Ma tête pivota alors, roulant des cervicales pour effectuer un panoramique rapide de ce que je pouvais observer depuis ma cachette mise à mal.

Extincteur à six mètres, localisé dans une niche de protection en bois. A employer pour provoquer un brouillard artificiel et temporaire d'un mètre cinquante de rayon. Grille d'aération maintenue par trois vis (la quatrième ayant cédé sous la rouille) à vingt mètres. Chance de réussir à ôter la gaine : de l'ordre de la certitude, puisque les autre vis paraissent toutes aussi fatiguées. Évasion possible en combinant les deux éléments si aucun agresseur ne vient interférer pendant les secondes que prendront l'ouverture du conduit. Occurrence : possible, mais pas probable. Prévoir un second obstacle à opposer aux sous-fifres.

Je me revis en train de cligner des paupières, ébloui par la déferlante d'informations qui fusaient sous le cuir chevelu de mon organisme avec la célérité de décharges électriques. Et ce n'était pas terminé. Presque indépendamment de ma volonté, je repris mon examen, en focalisant mon attention sur les hauteurs du studio.

Absence de spots utilisables. Structure et armature des soutiens du décor solides et impossibles à endommager sans posséder un matériel adéquat. Rideaux de suppléances fixés à des traverses par des attaches métalliques d'apparence récente. Piste inexploitable.
Possibilité secondaire : utiliser l'extincteur pour créer une nappe de dissimulation factice à l'opposé de la grille de ventilation. Chance d'attirer l'ennemi sur la zone de brouillard : importante. Temps nécessaire pour comprendre la supercherie : largement suffisant pour me permettre de me faufiler dans l'aération. Problème subsidiaire : comment libérer le contenu de la bonbonne rapidement sans se découvrir ?


Et puis des bruits de voix, au milieu des claquements de douilles et des détonations répétées. Je ré-entendis le timbre simplet d'un anonyme malfaiteur s’époumoner pour couvrir le violent vacarme :


« Fanson ! Watervil ! Allez-y, forcez ce fouineur à sortir de sa cachette, qu'on l'abatte une bonne fois pour toute ! »

Le grognement approbateur des deux sous-fifres m'avait été masqué par les autres sons, mais je me figurais aisément le sourire mauvais qui s'étala sur leurs visages masqués et maquillés. A pas mesurés, leurs armes pointées dans ma direction, les éclaireurs progressèrent, une seconde ligne prête à ouvrir le feu au plus petit mouvement. La certitude de ne pas devoir réagir sur le coup me revint à l'esprit. A ce moment, j'aurais pu jeter l’extincteur dans le champs de tir, ce qui aurait provoqué une grêle de balles tuant au passage Fanson et Watervil. Sauf qu'ensuite, les survivants se serraient précipités sur mon couvert, me trouvant accroupi, et occupé à déverrouillé la grille de ventilation. Une mort rapide, mais peu glorieuse...
Cette certitude m'était venue en un flash net et précis, et bien que fondé sur de vagues suppositions, je savais l'hypothèse véridique. La survie de Question se joua dans les secondes qui suivirent. Aux aguets, ramassé sur lui-même comme un fauve tapis dans les bois, le justicier vêtu de bleu compta mentalement jusqu'à quinze, pendant que deux téméraires preneurs d'otages se dirigeaient droit sur le piège qu'il leur tendait. Invisible à moins de se trouver derrière le couvert, j'avais laissé mes adversaires venir à moi, les poings serrés, mon pistolet à gaz rengainé. Au corps-à-corps, son utilisation m'aurait neutralisé aussi bien que mes cibles. Je me préparais à user de la force brute, pour une fois sans colère ou hargne pour motivation, mais avec détermination. Le son d'une semelle usée couinant sur le sol et la respiration lourde d'un larbin du Joker m'incitèrent à jaillir des ténèbres de ma cache.

Opposant le plus proche de profil, tient entre les mains un fusil mitrailleur de contrebande puisque usé et de design non-conventionnel. Probablement acheté à un mercenaire parti se reconvertir comme marchand de mort. Taille du sujet : environ un mètre quatre-vingt cinq, pour quatre-vingt douze kilogrammes (plus de graisse que de muscles). Jambes écartées, appuis solides et équilibrés : frapper en priorité les bras pour détourner le canon de l'arme et obtenir un impact efficace. Oreilles couvertes par le masque, coup pertinent : direct du pied.
Acolyte armé d'un pistolet semi-automatique (cran de sûreté ôté) manié à deux mains. Dénote d'une certaine expérience dans l'usage des armes à feu. Faculté à toucher une cible en dépit d'un allié comme obstacle : très envisageable. Pour compenser cet atout, s'aligner avec le premier malfaiteur et propulser celui-ci sur son collègue. Occasionnera une perte d'équilibre sérieuse et une chute permettant d'aller saisir l'extincteur et de lancer la cible rouge dans la fenêtre de tir des preneurs d'otages.


Aussitôt planifiée, aussitôt entamée. Ma stratégie d'évacuation débuta sans effet de style, avec un coup appuyé de la jambe droite qui visa le fusil mitrailleur équipé de toute une panoplie d’accessoires. Les pans de mon manteaux allongèrent ma silhouette de façon temporaire, ma chaussure s'élevant magistralement en direction de la menace principale. En me fiant à mes déductions, je laissais mon propre poids m'entraîner vers l'avant, exploitant la gravité terrestre pour faciliter mon déplacement. Or, contrairement à mes suppositions, le second clown appuya sur la détente. Le projectile mortel, lancé à pleine vitesse, siffle dans l'air tumultueux du GCN, frôlant la peau de mon torse sur sa face latérale droit pendant six bonds centimètres avant d'aller se ficher dans un mur, traçant un sillon rouge entre me cinquième et ma sixième côte. Le message de douleur envoie des aiguilles me transpercer la cervelle, m'incitant à m'écrouler au sol en recouvrant la blessure d'un bras protecteur. Par chance, la machine ne pouvait plus être stoppée, et, gémissant sous l'effort, Vic Sage trouva dans ses petites cellules l'énergie nécessaire pour se jeter sur l'ennemi le plus proche, créant une réaction en chaîne de chutes. La scène aurait presque pu apparaître comique, sans le son, les visages terrifiés des otages fuyant la salle de diffusion, et les nuages de poudre qui commençaient à opacifier l'atmosphère.

Sans trop savoir comment, je parvins à ne pas suivre les deux éclaireurs dans leur chute, me précipitant à l'inverse sur l'extincteur qui trônait patiemment à proximité, arrachant le cylindre rouge à son socle. Levant l'objet au-dessus de mon crâne, mes bras envoyèrent la diversion effectuer une cloche magistrale, prématurément achevée par la pluie de plomb qui s'abattit. Un cri supposé guider les assaillants sur leur "cible" me confirma que les choses se déroulaient comme prévu. La mousse ignifugée se décompressa en vapeur opaque, son apparition accompagnée de cris offusqués. Une voix suggéra de tirer sur le nuage, initiative jugée brillante par un confrère, et qui fut dûment exécutée. Ni une, ni deux, Question se baissa, attrapant le cadre métallique situé à hauteur de ses genoux, et tira de toutes ses forces, à s'en arracher les bras du torse. Ce mouvement tendit violemment mes tissus musculaires, agrandissant la lésion superficielle de mon abdomen qui saignait de plus en plus. Plus suant que jamais, mon corps parut sur le point de craquer, juste avant qu'un crissement douloureux ne retentisse. Les vis avaient cédé d'un coup, me laissant éberlué, un cadre poussiéreux et grillagé entre mes mains gantées. Un coup d’œil rapide m'avertit du peu de temps qu'il me restait pour filer.

D'un geste, la grille voltigea sur les deux corps étendus qui se relevaient déjà, tandis que les renforts attendaient de voir les derniers volutes se dissiper pour déterminer si, oui ou non, l'intrus avait été éliminé. Ma tête coiffé d'un feutre plongea diligemment dans le conduit rectangulaire, suivie du reste de mon anatomie, et, en deux puissants mouvements de reptation, j'avais entièrement été avalé par le serpent métallique.

* On peut dire que j'ai eu chaud... * Songeais-je en réalisant tous les risques que j'avais pris.

Agenouillé à demi, collé à la cloison de la fausse maison, j'achevais de remettre de l'ordre dans la chronologie des derniers événements. A partir de mes voyages dans le système de ventilation, je pus retracer la fin de l'histoire. A bout de forces, je m'étais enfoncé au hasard des bifurcations, parcourant peut-être une trentaine de mètres avant de glisser sur une grille surplombant un décor de sitcom qui n'avait pas supportée mon poids. En tombant comme une pierre, mon corps ne put encaissa les nouvelles douleurs, d'où une perte de connaissance passagère. En levant les yeux, j’aperçus ladite grille pendante à es gonds, qui se balançait encore un peu.


* Faisons le point : j'ai réussi à libérer les otages sans y laisser ma peau, et suis actuellement dans un environnement relativement calme. Côté négatif, le GCPD n'a pas encore investi les lieux, et il reste dans le bâtiment assez de criminels armés pour orchestrer un massacre. Ça aurait té plus simple si le Batman s'était montré, je pense... * Grinçais-je sombrement en notant que, même moi, je ne parvenais pas à prévoir les mouvements du justicier de Gotham.

La lassitude qui alourdissait mes pensées depuis mon réveil s'expliquait par la chute de tension consécutive à une utilisation prolongée de ma concentration. Une sorte de sprint mental prolongé, qui me laissait épuisé et incapable de recourir avant un bon bout de temps. Si vous avez correctement suivi la métaphore, ça équivalait à dire que j'allais au-devant de difficultés. Sans mes cellules grises à disposition pour m'aiguillonner dans la bonne direction, je n'étais qu'un type ordinaire déguisé. Et armé d'un pistolet à gaz. Contre une dizaine de gars tirant à vue et menés par un psychopathe impulsif, je trouve que ça faisais un peu juste, tout de même. Partir maintenant ne changerait rien à la donne initiale, puisque je pressentais que le Joker ne se rendrait pas sans faire couler le sang. Cependant, mettre hors-course ses hommes de main me prendrait trop de temps, sans parler de mon état.


* Par-contre, neutraliser la tête pensante de la prise d'otage, c'est de l'ordre du réalisable. Visiblement, on a à faire à des truands sans envergures, qui se contentent d'obéir passivement aux directives du patron. Sans leader, ces hommes ne feront pas long feu. *

Ce plan me plaisait énormément. En fait, il plaisait surtout à la partie de Vic qui rêvait de passer à tabac la tronche ricanante du clown. Ce taré avait prit plaisir à torturer, à faire souffrir et à tuer, sans jamais montrer le moindre signe de remord ou de doute. S'ajoutait également à son portrait l'aisance effrayante avec laquelle il avait fait sauter simultanément tous les ponts de la ville. Un animal affamé et atteint de la rage se serait comporté avec plus d'humanité que ce boucher ricanant. Ce mauvais plaisantin devait finir dans une salle aux murs capitonnés, et vite.
A la hâte, je sortis ma lampe-torche, vérifiant qu'aucune tache de sang ne maculait mon manteau. L'hémorragie de ma blessure avait été endiguée, et ne serait pas visible tant que je conserverai mon costume par-dessus mes habits. Ma main droite attrapa mon arme, et d'une poussée lente, Question se releva dans la pénombre, prêt pour le deuxième round.


« En selle, Cow-Boy. »

Le timbre rauque de ma voix filtrant au-travers du masque me donna un coup de fouet motivant. Le pistolet en main, ma source de lumière dans l'autre, je commençais par chercher la sortie de ce plateau de tournage, entendant les pas lourds d'individus cavalant au sein de l'étage. On me cherchait. Tant mieux. Tout ce qu'il me restait à faire, c'était de me poster en embuscade, d'immobiliser un sous-fifre et de lui faire dire où son employeur se terrait. Si possible en le faisant hurler un maximum. Je n'oubliais pas que depuis le début de ce scénario cauchemardesque, les disciples du Joker s'étaient comportés en bons tortionnaires amoraux. Ils méritaient la prison tout autant que le comique de service.

Il y avait deux accès à la salle dans laquelle je me trouvais, et dont le volume n'était occupé que de moitié par le décor de la fausse maison. L'une des sortie menait à une arrière-salle verrouillée, l'autre donnait sur un couloir éclairé qui devait desservir l'ensemble des plateaux du GCN. Silencieux comme un murmure, je me collais dans l'angle mort de la seule entrée possible, braquant le canon de mon pistolet à hauteur d'épaule et tendant l'oreille pour tâcher de prédire l'arrivée des dangereux malfaiteurs. Forant mon souffle à demeurer lent et profond pour ne pas faire de bruit, j'attendis, plus rigide qu'une statue, avec les échos des directives pour seule distraction.


« Allez allez ! Par équipes de deux ! Trouvez-moi c'fumier ! »

- Et n'oubliez pas : si vous trouvez la fille, ne la butez pas. Harley la veut vivante.

Bonne nouvelle : ces idiots se séparaient, donc moins de danger. Et en prime, ils perdraient un temps précieux à chercher une jeune femme qui, de toute façon, n'était plus dans la tour. Excellent.

* Petits petits... Venez donc par ici, j'ai un joli cadeau pour vous... *

Deux bandits approchaient, je pouvais les entendre avancer pas à pas, tournant et retournant sur eux-même pour fouiller les lieux. A l'instant où le premier entrerait dans ma salle, je ne disposerai que d'une poignée de millisecondes pour faire feu, et bondir dans le couloir pour y neutraliser le second bonhomme. Un peu prétentieux, comme objectif ? Sans aucun doute. La suite des événements m'amena de toute façon à réviser ma conduite. Une démarche plus souple, et étrangement pesante, rattrapa le duo d'hommes de mains, déchirant le silence d'une voix aiguë et impérieuse.


« Mais qu'est-ce que vous fabriquez, à traîner comme ça ? Vous avez entendu les ordres ? Fouillez-moi cette salle, exécution ! »

Ce devait être la dénommée Harley. Une jeune fille pleine d'énergie, apparemment, bien que trop dévouée aux intérêts de son leader. Sur le plan pratique, j'étais très, très mal : si endormir deux cibles d'affilé représentait un exploit, en neutraliser trois relevait carrément du domaine de l'impossible.

* C'est le moment d'avoir une idée de génie ! * Soliloquais-je, les doigts parcourus de fourmillements annonciateurs d'une fusillade imminente.
Comme pour me donner raison, le nez d'un canon apparut dans l'encadrement de la porte maintenue ouverte. En inspirant à fond, je m'apprêtais à enclencher la gâchette, les maxillaires crispées.
Sauf qu'une radio grésilla.


« Ici l'équipe du sous-sol, est-ce que quelqu'un me reçoit ? On a été assommés par un type avec un flingue à gaz, il doit être dans les étages. »

Avec une précision défiant toute concurrence, les gardes que j'avais précédemment neutralisés s'étaient réveillés, et donnaient l'alerte. Une coïncidence des plus accomodante.

- T'as un métro d'retard, on l'sait déjà, ça. On le cherche, justement, ce type. Tout le monde veut lui faire la peau.

- Sauf qu'il y a un autre pépin... Je sais pas comment, mais les flics ont trouvé notre tunnel d'accès. On les entend qui se préparent à intervenir.

De ma position, je distingue nettement le son étranglé d'une grimace de stupéfaction. D'un geste que je suppose vif, on arrache la radio des mains de son utilisateur. L'acolyte du Joker tempête alors :

« Quoi ? Bande d'incapables, vous n'avez même pas été fichu de vous débarrasser d'un seul gêneur, et en plus, vous me dites que vous ne savez pas quoi faire ? Mais repoussez la police, triples buses ! Monsieur J. ne veut pas être dérangé, et ce que Monsieur J. veut, c'est ce qui vous garantit de ne pas mourir prématurément, est-ce que c'est clair ? »

De l'autre côté du mur, je lâche un bref soupir de contentement. Les renforts sont en route, je ne suis donc plus seul à lutter. Heureusement, parce que la situation commençait à m'échapper. Un instant, j'envisage, porter par l'euphorie du soulagement, de tenter une frappe-éclair sur le trio des malfaiteurs, puis renonce à cette idée. A présent que le temps jouait en ma faveur, il devenait inutile de prendre des risques inconsidérés. Plus confiant, j'attendis la suite des opérations.

« Vous deux, allez aider les abrutis au parking souterrain. Et informez les équipes cinq et six qu'elles sont affectées à la défense du bâtiment, désormais. Quant à moi, je vais finir d'examiner l'étage. » Ordonna la voix enfantine d'Harley, immédiatement obéit dans ses directives.

* Harley se retrouve seule. Il serait dommage de ne pas en profiter pour la mettre hors-course... Après lui avoir arraché quelques informations, naturellement. * Résolus-je en glissant doucement plus près de l'angle du mur, respirant uniquement par le nez. Le bruit décroissant des pas lourds rythmait mes inspirations.

Si je me manifestais trop tôt, les gardes en train de descendre m'entendraient et me trufferaient de balles ; et si j'attendais trop longtemps, la jeune femme se serait remise de ses émotions et résisterait. Il me fallait profiter de sa rage passagère, qui la rendait moins attentive, tout en ménageant un délai de prudence. Respirer une fois. Deux fois.

Une porte claque.


* Maintenant ! *

Aussi rapidement que me le permettait ma blessure, je bondis face à l'unique criminelle toujours présente, arme pointée sur son crâne, les mains prêtes à réagir au moindre signe avant-coureur d'esquive. Par hasard, les pans de mon manteau restèrent un instant inclinés, telle une très courte cape, avant de retomber le long de mon pantalon. Je n'eus même pas à me composer un visage stoïque : mon masque lisse était déjà le stoïcisme incarné. De mon ton le plus grave, j'avertis la demoiselle :


« Plus un geste ! Posez votre arme au sol en douceur, et levez les mains au-dessus de la tête. »

Harley me dévisagea, ses yeux bleutés se fronçant sous son maquillage exagérément pâle. Sa tenue rouge et blanche soulignait élégamment la finesse de sa taille, bien que je ne perdis pas de temps à détailler la silhouette de ma vis-à-vis. Mon regard s'était de lui-même focaliser sur l'énorme masse que la frêle et gracile hystérique blonde tenait, peinant à croire qu'une si fragile demoiselle puisse soulever aussi tranquillement l'imposante arme. Silencieusement, la bouche plissé de rage, elle étudia le pistolet avec lequel je la braquais, puis, à contrecœur, lâcha sa masse. L'onde de la chute de l'ustensile me fis l'impression d'être à côté d'une armoire normande s'écrasant au sol. Heureusement que cette folle ne l'avait plus entre les mains.

Nouvelle porte qui claque.


* Que... ? *

Stupidement, mes yeux pivotèrent au loin, afin de repérer la jeune femme brune (une des otages, logiquement) qui venait d'entrer dans le couloir où Harley et moi nous tenions. La pensée informulée me vint que cette inconnue, qui devait la fille recherchée par Harley, était incroyablement stupide d'être restée dans la tour.

Un coup de pied latéral me fouette la main droite, envoyant rouler mon arme à distance. Jurant à voix haute, je fis de nouveau face à mon adversaire, qui venait de profiter de ma distraction pour frapper. Sauf que je ne vis qu'une semelle de botte remplir mon champs de vision une seconde avant d'être soulevé du sol. A demi-sonné, Question dodelina de la tête, distinguant vaguement une forme rouge et blanche qui, après une volte digne des meilleurs acrobates, récupéra sa masse.


* Leçon numéro 1 : ne jamais sous-estimer une femme. * Songeais-je en me redressant (pas assez vite pour être en état de combattre lorsqu'Harley m'écraserait avec sa masse, cependant).

Encore étourdi par ce très brutal retournement de situation, Vic Sage sentit sa fin arriver, regrettant amèrement que ce soit si bref. Mais, et je remerciais intérieurement la jalousie féminine, l'hystérique blonde se désintéressa soudainement de moi en apercevant l'autre membre du sexe féminin présente. Mugissant comme un taureau, elle fondit sur sa rivale, masse armée et prête à frapper, hurlant rageusement :


« Tttttttooooiiiiiii !!!!!! »

Il faudrait que je l'aide. Une pauvre femme vulnérable, qui ne désirait rien d'autre que de quitter cet enfer, ne ferait jamais le poids contre Harley. Mais le monde tournait autour de moi. Le coup de pied qu'on m'avait administré se faisait toujours sentir sur ma mâchoire, et, additionné à mon autre blessure, ça commençait à faire un peu trop pour que je bondisse sur mes jambes, le regard étincelant et prêt à en découdre. Au lieu de ça, je roulais sur le ventre, poussant sur chaque muscle fonctionnel de mon corps pour regagner ma dignité.

* Debout ! Dépêche-toi, Vic ! Une civile va peut-être mourir ce soir, alors bouge-toi ! *

Flageolant, mais finalement érigé, ma première préoccupation fut de voir comment s'en sortait la brune. Et elle s'en sortait sacrément bien.
C'était quoi déjà, la règle numéro 1 ?

Une épine en moins sous mon pied, ma conscience m'autorisa à laisser les deux combattantes régler leurs affaires entre elles. Mes mains récupérèrent mon pistolet avec empressement, et, sans attendre, je repartis à l'exploration. Mes méninges me suggérèrent de monter les escaliers, puisque la suivante du Joker avait décrété vouloir fouiller cet étage. Le reste des troupes du clown devant explorer la tour du GCN méticuleusement, il ne devait rester que le chef de l'opération dans les hauteurs. Dopé par la perspective de stopper le psychopathe moi-même, mes jambes m'emportèrent de marche en marche, sourdes aux protestations de mes muscles et à mes gémissements. Mon costume serait bon pour le pressing, une fois cette histoire terminée.

En poussant la porte à double battants éclairée par une veilleuse jaunâtre, je débouche sur un couloir, identique à celui de l'étage inférieur dans sa façon de desservir les multiples plateaux d'enregistrement. Sauf qu'en lieu et place de l'oppressant silence de la tour endormie, mes oreilles distingues un ronronnement pétaradant très caractéristique. Tendu, je me glisse hors de l’entrebâillement, m'attendant à voir débouler d'un instant à l'autre un taré armé d'une tronçonneuse que j'expédierai au pays des rêves. Le ronronnement se maintint d'interminables minutes, croissant et décroissant sans jamais me montrer sa source. Il ne me restait pas d'autres alternatives que d'avancer dans l'antre de la bête, les nerfs tendus à l'extrême, mes lèvres si pincées que, sous le Pseudoderm, elles ne devaient plus être visibles.


* Ne panique pas. Si tu te laisse envahir par la peur, tout est foutu ! * Me répétais-je, posant précautionneusement un pied après l'autre, mon cœur tambourinant dans ma poitrine.

Maintenir un état de veille permanent était beaucoup plus fatiguant qu'il n'y paraissait. Dans les films, on ne parle jamais de cette migraine qui vous assaille après dix minutes d'une traque pour la survie, ni des crampes que l'on ressent à garder l'index plié autour de la gâchette. L'estomac comme replié sur lui-même, j’atteignis enfin le niveau des premiers plateaux. L'éclairage puissant me dévoila une scène macabre : une réplique de riche propriété de la côte Est californienne avec piscine et palmiers, au milieu de laquelle flottait un cadavre à la peau noire. Ce ne faisait pas du tout envie, mais il appartenait aux justiciers d'aller au-devant de ce genre de spectacle. Afin de me donner contenance, je vérifiais l'état de mon chargeur. Onze cartouches. Tant mieux, il me faudrait au moins ça.


* Va identifier le macchabée. C'est important. *

Conformément à mes pires craintes, c'était bel et bien le commissaire Loeb qui trempait dans la piscine d'eau froide. Le Joker venait d'envoyer un message aux autorités de Gotham, et ce n'était pas une déclaration d'amour, plutôt un documentaire illustré sur les dangers de la lutte contre la criminalité. Je ne connaissais pas l'homme, mais peu d'humains auraient mérité de subir son sort. En signe de respect, j'ôtais mon feutre, observant une minute de silence. Ce n'est qu'à cette instant que je me rendis compte que la tronçonneuse s'était tue.


« C'est à force de te laver trop souvent la frimousse que tu t'es ramassé une tronche pareille ? »

En sursautant, je braquais mon arme sur le faciès étonné du nouvel arrivant, qui avait entre les mains une tronçonneuse d'un vert sombre éteinte. Ses lèvres écorchées dansèrent tandis qu'il arborait une variété impressionnante d'expressions, allant du sérieux le plus complet à l'hilarité la plus déridée.

« Grrr ! Oh ! Hiiiii ! Aaaah ! Hohoho ! Hum... Eh he ! Aha ! »

Le Joker s'immobilisa face à moi, le rectangle bleu de la piscine nous séparant l'un de l'autre. D'une main, il pointa sa tête grimée au maquillage.

« Tu vois tout ce que tu ne peux plus exprimer ? Toutes ces belles émotions que tu ne peux plus montrer ? Moi, je ne me gommerais pour rien au monde les traits. C'est ce qui me rend si drôle, hahaha !»

Et, d'un coup, sa main plongea dans une de ses poches, pour en sortir un yoyo qu'il lança sur moi. Redoutant le pire, je bondis sur ma gauche, atterrissant au sol avant de me relever, le pistolet dirigé sur le mauvais plaisantin, qui se contenta de ramener son jouet dans sa paume en tirant d'un coup sec. L'air suprêmement fier de son tour, il gloussa :

« Je t'ai eu, andouille ! C'était un banal yoyo. Tiens, d'ailleurs, tu saurais pas comment qu'on fait une pyramide avec ce machin-là ? J'ai vu un gars faire de ces figures, en regardant sur Internet. Attend attend, ça devait être comme ça... »

Indifférent à l'arme que je pointais sur lui, Le Joker se mit à froncer des sourcils, visiblement totalement absorbé dans sa tâche. Les doigts emmêlés dans la ficelle de son jeu, il tirait et poussait en maugréant dans sa barbe. Refusant d'y croire, je tirais sur le criminel, sans même avoir prononcé le moindre avertissement.
La détonation claqua dans l'air électrisée du plateau, et je crus voir la capsule filer à pleine vitesse sur ma cible, qui, dans un mouvement d'une absurdité rare, gesticula dans tous les sens, comme paniquée. Sauf que ses jérémiades, à première vue anarchiques, lui permirent d'esquiver mon tir. Stupéfait, je ne remarquais le yoyo jeté sur moi qu'au moment où le jouet s'enroula autour de mon pistolet à gaz. Une décharge de trois cent volts parcourut alors mon corps, me contraignant à abandonner mon arme pour éviter la mort par électrocution.


« Ben alors ? On en perd ses gadgets ? Batou m'aurait déjà mit hors d'état de nuire, lui. T'es qui ? Son homme de ménage ? » Me dit le clown d'un ton moqueur. Piqué au vif, je répondis d'une voix caverneuse :

« Je suis celui qui t'enverra moisir derrière des barreaux ! »

Sans relever ma menace, le Joker grimaça, ses dents jaunâtres à demi dévoilées par son rictus d'empathie.

« Hou ! Toi, tu dois fumer des tonnes de sans-filtre, pour avoir une voix aussi grave. T'as penser à te faire soigner ? Oh, attend... J'ai ce qu'il te faut... »

Comme s'il venait juste de la trouver, le preneur d'otages aux cheveux violets ramassa sa tronçonneuse, qu'il démarra d'un geste ample. Avant de s'avancer vers moi.

« Une petite ablation des cordes vocales, ça te dit ? Fais-moi confiance : comme tous les médecins, je ne sais absolument pas ce que je fais. Ha ha ha ha ! »

De l’œil, je considérais mon arme, située trop loin pour que je parvienne à m'en emparer avant que l'autre psychopathe ne me tombe dessus. Il avait une arme des plus mortelles, qui m'interdisait de laisser la moindre ouverture. Et pour couronner le tout, en dépit de son apparente insouciance, il savait diablement bien se battre, comme en attestaient ses esquives. Dans l'urgence, je pris la plus inconsciente des décisions : me battre au corps-à-corps. Poings levés en garde, j'éloignais mes appuis pour aérer mon jeu de jambe. A mains nues, je ne pouvais envisager de parer le moindre coup : ce serait l'esquive ou rien. Le tueur fou me fonça dessus, sa bouche tordue hoquetant de rire, la lame rotative frottant contre le sol en produisant un son désagréable.

* Concentre-toi, Vic. Ça va être le combat de ta vie. *

On expire. On ne pense plus qu'au combat. Et on cherche une faille.

Tronçonneuse tournant à une vitesse de huit cent cycles par seconde. Rythme de rotation lui permettant de traverser de nombreux matériaux, mais possibilité de la bloquer en utilisant un textile résistant à l'étirement. Joker : agile, emploie des combinaisons improbables de coups, mais adore tellement la mise en scène qu'il en néglige sa sécurité. Profiter d'une série de coups portés pour se replier et récupérer le pistolet. Tirer sur le clown, qui esquivera, et le pousser dans la piscine d'un coup de pied ajusté à hauteur du sternum. Le tazer-yoyo qu'il porte sur lui interagira avec l'eau, provocant un court-circuit qui mettra l'ennemi K.O. Récupérer l'homme inconscient pour lui éviter la noyade, et laisser le GCPD s'occuper de son cas.
Probabilité d’écoper de plusieurs blessures mineures : élevée.



J'envoie mes bras en arrière, me débarrassant au plus vite de mon imperméable tandis que le Joker s'approchait, toujours plus près. Le vêtement en main, je lui imprimais une rotation sèche, avant de le lancer tel un fouet sur la lame de la tronçonneuse, sur laquelle il s'accrocha comme prévu. Croyant que je cherchais à le désarmer, mon opposant ramena vers lui son ustensile, à l'instant où je lâchais la pièce de tissus que la tronçonneuse se fit un plaisir d'avaler goulûment. Or, les fibres, plus résistantes que le synthétique, embourbèrent les engrenages de la machine, qui gronda sourdement avant d'émettre un chuintement d’abdication et de laisser échapper des fumerolles à l'odeur de plastique cramé. Avec une moue boudeuse, le Joker jeta loin de lui son engin de mort.


« En garde, sacripant. Je m'en vais te coller une déculottée dont tu te souviendras ! » Promit-il en adoptant une posture extravagante inspirée de la boxe anglaise.

Mon premier uppercut le fit glousser de rire, et ce ne fut ni mon coup de pied ni ma retournée du coude qui le détrompèrent sur l'avantage dont il disposait sur moi en combat rapproché. En extase, le cabotin maquillé m'expédia un coup de pied dans le bas-ventre, avant d'abattre ses poings sur mon crâne et de conclure par une série de gifles provocantes. Je reculais de plusieurs mètres, fouettant l'air de mes bras pour repousser les assauts de mon opposant, qui ricana.


« Hey ! On avait dit : ni morsures, ni griffures, ni coups dans les valseuses ! Oh ! Zut ! J'ai enfreins cette règle-là, désolé. » S'excusa le comique en mettant une main repentante devant sa bouche pour mimer un désarroi exagéré.

D'un mouvement coulé, je pris mon pistolet, visais et enchaînais trois tirs tout en courant sur le soupirant d'Harley, qui me reprocha mon manque de fair-play tout en pivotant sur lui-même tel un culbuto. Sans ralentir, Question fixa son regard sur le torse de son vis-à-vis, qui parut comprendre au dernier moment ce qui se passait réellement. Mais avant qu'il ne puisse dire un mot, deux pieds s'enfoncèrent sur la ligne de ses poumons, vidant son torse de tout oxygène et le propulsant en arrière, dans l'eau chlorée de la piscine. Je terminais mon envol sur le sol, l'impact me coupant également le souffle. Les traits crispés, le diaphragme momentanément bloqué, j'entendis le Joker pousser son premier vrai cri de douleur lorsque les volts lui firent sauter les plombs. Un silence d'après-guerre tomba sur le studio, me laissant tout l'espace sonore nécessaire pour haleter et gémir, les testicules en charpie. Ce dingue avait renforcé l’extrémité de ses chaussures avec du métal ! Reconsidérant l'option de le laisser ce noyer je finis toutefois par repêcher l'homme, que j'abandonnais sur le bord de la piscine. Le cadavre de Loeb, lui aussi électrisé, ressemblait à présent plus à un mannequin de crash-test qu'autre chose.

L'essentiel avait néanmoins été fait. Les otages étaient saufs, le Joker neutralisé, et les bombes préparées par les preneurs d'otages n'exploseraient pas. D'ici une à deux minutes, les forces d'intervention lourde de la ville débarqueraient, prenant en charge les citoyens apeurés et arrêtant les malfaiteurs. Quand à Question, il allait emprunter des vêtements ça et là, dissimuler son pistolet et sa lampe-torche sur lui, puis ôter son masque de Pseudoderm. Je pouvais brûler mon costume actuel, et commencer dès maintenant à économiser pour m'en acheter un autre... Une fois ces tâches menées à bien, il me suffira de me glisser parmi les otages (je ne pensais pas qu'un listing précis ait pu être mis en place dans l'intervalle), et de me laisser conduire au-dehors comme une gentille victime en état de choc.

Mes dernières pensées allèrent à la jeune femme brune que j'avais laissée face à Harley. Je me demandais bien ce qui était advenu d'elle...
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Rakel Peleonor
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MessageSujet: Re: Event1: Mission 4 - The Joker's show.   Mar 10 Avr - 14:46

Je continuais à déambuler dans le studio, me répétant que j'étais parfaitement folle, j'aurais du fuir, mais ce n'était pas dans mes habitudes. Le casque toujours en main, je finis par attraper la poignée d'une porte et essayais de garder un pas assuré. Ce n'était pas réellement ce à quoi je m'attendais, je me retrouvais en tête à tête avec un inconnu et cette folle d'Harley, pendant quelques secondes, j'imaginais pouvoir les éviter mais la porte derrière moi se mit à claquer, attirant le regard de l'homme sur moi. Il ne manquait plus que ça. Pendant quelques secondes, je restais immobile, ne sachant pas trop quoi faire puis voyant que Harley ne m'avait pas encore remarqué, je fis un pas en arrière puis un autre, et alors que je m'apprêtais à partir en courant, tenant toujours fermement mon casque en guise d'arme. Mais malheureusement cette folle de blonde remarquait ma présence et se mit à foncer sur moi en hurlant en toute hystérie, brandissant une immense masse bien plus lourde qu'elle ça ne faisait presque aucun doute. Pendant quelques secondes je restais figée, jusqu'à éviter la jeune femme prête à me foncer dessus qui fut emporter par le poids de son arme.

Il fallait que je me rappelle mes leçons de self défense, 4 ans que je pratiquais ça ne pouvait pas être en vain. Mais à vrai dire à cet instant c'était plutôt l'instinct de survis qui prenait la relève. Alors que la jeune femme reprenait ses esprits, et s'apprêtait à se relever je m'approchais d'elle et envoyais de toutes mes forces le casque en pleine tête, lui cassant sans doute une dent étant donné qu'elle se mit à cracher du sang, abandonnant son arme, qu'elle estimait sans doute trop lourde pour se battre correctement avec moi. Elle vociférait des menaces inutiles, ce n'était pas comme ça qu'elle réussirait à m'impressionner. Rapidement un conseil sage me revint en tête, ne jamais se laisser dépasser par ses émotions, la colère ne rendait pas plus fort, bien au contraire, il fallait en jouer. Je pris une moue moqueuse pas franchement en accord avec mon coeur qui battait la chamade.


"Tu sais tu peux le garder ton mec, pas de soucis, de toute façon vu ce que les flics vont lui faire lorsqu'ils vont inter..."

Je n'eus pas le temps de finir ma phrase que cette folle me sautait dessus, la rage brillant dans ses yeux, ses mains se serrant autour de mon cou. Je tendis ma main pour attraper le casque qui avait valsé plus loin lorsqu'elle m'avait fait tomber au sol, mais il était trop loin. AU prix de quelques efforts, je réussis à me dégager de l'emprise de la jeune femme en lui envoyant un coup de genoux droit dans l'estomac. Ca ne suffisait absolument pas à me libérer de son emprise mais je réussis à attraper mon arme de fortune pour lui faire une nouvelle fois rencontrer la tête de mon ennemie qui fut sonnée sur le coup, me laissant le temps de reprendre le dessus. Je ne choissis pas une chose aussi stupide que l'étranglement, je n'avais probablement pas la force pour, non je choisis quelque chose de simple et de rudement efficace, lui taper la tête contre le sol. Une fois celle ci neutralisé, du moins suffisamment pour me laisser le temps de fuir, je me mise à courir à toute vitesse, suivant les flèches des issues de secours, au final c'était la meilleure chose à faire maintenant que je savais où se trouvais au moins l'un de mes ennemis, il ne me restait plus qu'à courir et vite. Je remerciais intérieurement ces années de footing qui m'avaient permis d'acquérir une certaine facilité à courir, ce qui n'était pas du luxe depuis quelques temps à Gotham.

Je poussais une lourde porte en fer et me retrouvais dans une ruelle sombre, face à un homme qui portait une cagoule et une arme de pointe. Je me mis à retenir ma respiration, perdant sans doute une bonne partie de mes couleurs, mais celui ci ne se montrait pas hostile. Il posait ma main sur mon épaule, me disant que tout allait bien à présent. Mais de quoi parlait-il? Ce ne fut que lorsque je remarquais l'inscription SWAT sur son gilet par balle. La fin du cauchemar était proche.
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MessageSujet: Re: Event1: Mission 4 - The Joker's show.   

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