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 Enigme scientifique [PV Fries]

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Pamela Isley/Poison Ivy

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Messages : 316

Date d'inscription : 18/11/2011

Localisation : Là où la Nature l'appelle


MessageSujet: Enigme scientifique [PV Fries]   Dim 15 Avr - 23:39

Tranquillement assise sur la banquette arrière d'une confortable voiture de fonction à la carrosserie lustrée, Pamela achevait de se poudrer les joues, étudiant d'un regard critique l'allure de son visage. Ses cheveux cuivrés noués en une longue queue de cheval sans prétention, la biochimiste s'était permise de souligner au crayon l'ovale élégant de ses yeux verts, unique touche d'originalité et de coquetterie qu'une laborantine de la GothCorp pouvait se permettre sans passer pour une intrigante. Or, si il existait bien une chose que la biologiste désirait éviter, c'était de se constituer prématurément une réputation sulfureuse.

Un tailleur lie-de-vin sur les épaules, des chaussures sans talon pour ne pas attirer l'attention et sa blouse posée à côté d'elle, la militante écologiste referma son poudrier d'un geste sec puis le rangea dans son sac à main, savourant le calme retrouvé d'une existence sans menace imminente d'intoxication.


* Et dire que j'ai quitté Seattle pour ne pas avoir à affronter de policiers... C'est un comble. * Soupira la rousse en suivant distraitement du regard le paysage urbain qui défilait par la vitre passagère, ses lunettes sur le nez.

Gotham City s'était remise de l'apparition spectaculaire du Joker laborieusement. Le trublion avait en effet largement marqué les esprits, provocant un chaos et une pagaille sans précédent dans l'historique de la ville. Les échoppes vandalisées, les crimes commis pour suivre les directives imposées par le criminel au sourire d'ange, sans parler de l'assassinat filmé du commissaire Loeb, continuaient d'alimenter les gros titres de la presse, dont les éditions spéciales en rupture de stock ne se comptaient plus. Ce qui agaçait souverainement la reine verte, qui, à la vue de la masse gothamite reprenant ses activités polluantes, se sentit venir des envies de meurtre.


* "Qui est ce James Gordon ?" "Qui se dissimule sous le masque du Batman ?" "Comment se porte Wayne Entreprise depuis sa décision de financer la reconstruction de la ville ?" "Qui est ce citoyen modèle, Oswald Cobblepot ?" Autant de questionnements inutiles que les pourceaux se posent , alors qu'on ne mentionne qu'à demi-mots notre brillante et salvatrice intervention pour mettre au point un sérum à la toxine du Joker. Je hais les habitants de ce taudis ! *

Ivy fulminait, depuis que Pamela avait sauvé la vie du jeteur de boules de feu durant le siège de la GothCorp. Irascible et grincheuse, l'avatar de Dame Nature n'en finissait plus de se plaindre, de critiquer et de se montrer négative, sa facette enjôleuse évaporée. Néanmoins, la petite voix demeurait présente dans la tête de son hôte, désagréable, certes, mais encore encline à dispenser des conseils à sa moitié. Lui étant reconnaissante de ne pas l'avoir abandonnée à son sort, Pamela faisait de son mieux pour apaiser son alter-ego, soulignant les points positifs de leur situation actuelle avec un peu plus d'entrain que nécessaire.

* Allons, ma belle, n'oublies pas Boyle. Ce bougre a réussi à survivre, dissimulé dans un placard, tandis qu'une foule déchaînée nous donnait la chasse. Rien qu'à me représenter ce flagorneur de pacotille, prostré dans l'obscurité, à claquer des dents en tremblant de peur, j'ai envie de rire.

- Ha ha ha... Oui, j'admets, ce devait être un spectacle digne d'intérêt... D'autant que, après avoir recouvré ses esprits, ce bon Ferris nous a contacté. Le renard savait que, sans Fries, son entreprise ne tarderait pas à connaître le grand plongeon. Il lui fallait du sang neuf, mais avec assez de génie pour dynamiser la branche recherche et développement de sa firme. Je dois avouer qu'il n'a pas ménagé sa peine pour nous inciter à délaisser notre poste à la faculté de Gotham : paie très rondelette, du matériel à la pointe de la technologie, la possibilité de débloquer des fonds pour financer jusqu'à quatre projets de grande envergure en parallèle... Difficile de dire non dans ces conditions. * Conclut Poison Ivy, de nouveau rayonnante.

Ce que ne prévoyait pas Boyle, bien entendu, c'est que sa nouvelle hégémonie scientifique comptait détourner les ressources mises à sa disposition pour renouveler son arsenal. Jusqu'alors constitué de brics et de broques, les atouts de l'éco-terroriste défrayeraient bientôt la chronique par leur ingéniosité et leur esthétisme.


« Nous sommes sur le point d'arriver, Docteur Isley. Monsieur le directeur m'a demandé de vous prévenir que le parking sur lequel nous stationneront est provisoire, et dû aux circonstances exceptionnelles. Par la suite, vous bénéficierez, au même titre que tous les chefs de projet de l'entreprise, d'une place réservée à votre nom. »

Un grand nerveux, ce Ferris Boyle. Obnubilé par l'idée que Wayne Entreprise verrait sa côté de popularité grimper en flèche suite à son action de bénévolat, le PDG de la GothCopr avait, sitôt que la sulfureuse rousse lui avait signifié son accord de travailler pour lui, invité (convoqué, en fait) la biochimiste à une sorte de "réunion de pré-réouverture". Cette journée, durant laquelle toutes les éminences grises de la firme devaient se retrouver, allait selon les propres termes du velouté manipulateur servir à "planifier une stratégie de co-développement interdisciplinaire". La coopération entre les docteurs Fries et Isley durant le règne tout éphémère du Joker avait démontré que la synergie donnait d'excellents résultats dans le domaine de la recherche. Fort de ce constant, Boyle s'était empressé de reproduire cette ligne de conduite à plus grande échelle, dans l'espoir de voir arriver l'invention du siècle, LA découverte qui révolutionnerait l'industrie. Pamela n'y croyait pas une seule seconde, mais avait choisi de se plier aux désirs de son nouvel employeur pour faciliter son insertion dans l'entreprise.

* Je me demande ce qu'ils ont fait de la dépouille du brillant cryogéniste... L'ont-ils découpée à la scie sauteuse ? Ou alors ont-ils attendu que la glace fonde pour mettre le corps dans un sac plastique ? *

Les plaisanteries de la reine verte ne firent pas sourire Pamela, qui goûtait peu à l'humour noir, surtout lorsque cela concernait un ex-collègue qui n'avait démontré aucun des habituels défauts du genre humain. En laissant son chauffeur lui tenir la porte, la spécialiste des végétaux regretta une fois de plus le décès du timide chercheur. Son alter-ego déplora, elle, la disparition d'un pion qui aurait pu grandement accélérer leurs recherches toxicologiques.

L'allure de la jeune femme se fit conquérante lorsqu'elle parvint à la double porte d'entrée de la GothCorp, remise à neuf après que la précédente ait été défoncée par des citoyens trop zélés. Nettoyé de toute trace de vandalisme, la façade éclatante et intimidante du bâtiment lui donna temporairement le tournis, le temps que la beauté rousse s'imprègne de l'aura de prestance qui irradiait des lieues. En inspirant à fond, la criminelle réalisa qu'une infinité de possibilités techniques lui seraient prochainement accessibles, et les derniers souvenirs de son ancien laboratoire étriqué s'estompèrent avec le chuintement de portes automatisées s'écartant l'une de l'autre.
Il faisait bon, dans le hall de ses nouveaux locaux. L'ensemble respirait la richesse, l'harmonie et le modernisme. L'impression de grandeur se ressentait
a fortiori puisqu'aucun membre du petit personnel n'était à son poste. Tous les luminaires fonctionnaient à plein régime, donnant à la GothCorp une allure de salon des dernières technologie à la veille de son ouverture. Comme elle l'avait supposée, ce fut le maître de cérémonie lui-même qui accueillit l'Empoisonneuse. Conformément à son rôle de PDG proche des employés, l'homme d'affaire s'avança d'un pas tonique, son plus beau sourire aux lèvres, serrant vigoureusement la main de sa collaboratrice. Un très bref mouvement du torse indiqua qu'il s'était retenu de faire un baisemain à son interlocutrice. Sans doute jugea-t-il cela trop grandiloquent.

« Mademoiselle Isley ! C'est un réel plaisir de vous comptez parmi nous ! Puis-je vous demander si vous avez apprécié ma petite attention ?»

* Quel obséquieux menteur ! Il sourit de toutes ses dents, mais ses yeux clairs restent froids, glacials. Il pourrait quasiment prononcer ce genre de phrase enjouée tout en nous tirant dans les chevilles. Ce type joue la comédie du lever au coucher, et j'imagine qu'il ment tout autant à sa femme... Vraiment, Boyle ferait une marionnette de premier choix. Dommage qu'il soit aussi trouillard, et que la moindre crise lui fasse perdre tout de sa superbe... * Regretta tristement une certaine courtisane aux baisers létaux, qui n'adorait rien mieux que de placer sous sa coupe de fortunés notables pour les dépouiller sans remord.

Rendant au comédien son sourire éclatant, Pamela inclina juste assez la tête pour qu'une mèche lui tombe devant le front, lui donnant l'occasion de réajuster sa mise d'un mouvement gracieux qui attendrissait la plupart des hommes. Faussement intimidée par la familiarité des échanges, l'intéressée inclina pudiquement son regard vers les coûteuses chaussures de son supérieur hiérarchique, répondant d'une voix douce tintée de gêne :


« La... La voiture que vous avez envoyée me chercher devant chez moi, vous voulez dire ? C'est que... Je n'avais pas l'habitude... Avant, je prenais les transports en commun chaque matin pour... »

- Ha ha ha... Balivernes ! Fit Boyle en s'esclaffant sur commande. D'un geste, il invita sa vis-à-vis à le suivre vers l'ascenseur. Vous travaillez pour la GothCorp, à présent, ma chère. A quoi cela sert-il d'être une biochimiste aussi talentueuse si vous devez perdre un quart d'heure de votre temps à prendre le métro ? Demanda l'élégant gentleman en prenant un air dédaigneux, le pouce appuyé sur le bouton d'appel de l’ascenseur. Anticipant sur la réaction de sa charmante compagne, il poursuivit sans se défaire de son ton paternaliste : Inutile de nier vos prédispositions, voyons. Le sérum mis au point par votre travail parle pour vous. Et, au passage, ce tout récent exploit vous vaut d'être attendue par vos collègues avec une grande impatience. Je commençais à tomber à court d'idées pour les distraire avant votre arrivée ! Avoua en pouffant Ferris Boyle, avant de s'engouffrer dans la cage métallique de l'ascenseur, et de stipuler à voix haute sa destination.

Le système de reconnaissance vocale était l'un des gadgets phare de la GothCorp, qui ne cessait d'émerveiller son PDG. Plus heureux qu'un enfant redécouvrant son jouet préféré, le businessman attendit que les portes se referment avant d'entrer dans le vif du sujet, frappant ses paumes l'une contre l'autre en une imitation faiblarde de gong.


« En ce qui concerne votre département... »

- L'ancien bureau du docteur Fries ? S'enquit prudemment la remplaçante du défunt en remettant ses lunettes.

- Précisément, oui. Celui de notre regretté Victor. Il... Hem... Vous n'êtes pas sans savoir que l'équipe de l'entretien ne reprendra le travail que demain, n'est-ce pas ? Je crains donc que la visite de votre...

Pamela pivota pour se placer face à son interlocuteur, qu'elle interpella d'une voix estomaquée, les paupières écarquillées d'étonnement :

« Vous n'avez pas prit la peine d'ôter son corps ? La dépouille est toujours là ? »

- Hem... Oui. Confessa le souriant personnage, évitant de regarder directement la militante écologiste., qui n'en revenait toujours pas.

- Mais... Mais enfin, on a annoncé dans le journal la mise en terre du corps. Qu'est-ce qui a été enterré si Fries gît toujours ici ? Voulut savoir la doctorante rousse. La réponse se fit quelque peu attendre.

- Un cercueil vide. Comme s'il prenait soudain conscience de la porté totalement amoral de ses phrases, l'impitoyable homme d'affaire éluda : Nous étions débordé... Il y avait ce sérum, à produire en masse. Et puis, les locaux étaient envahis de belligérants... Je me suis dis que cette tâche pourrait bien attendre un peu.

Intérieurement très impressionné par la malhonnêteté calculée du quadragénaire, Pamela Isley n'eût d'autres choix que d'exprimer sa désapprobation. Bouche ouverte, les épaules tombantes d'effarement, elle fustigea son nouveau patron :

« Attendre un peu ? Attendre un peu ? C'est tout ce que vous trouvez à dire ? Je veux bien croire que cette excuse vous suffisait, au moment où nous avons quitté les lieues, mais ensuite... »

L'ombre d'un rictus d'agacement traversa l'éclat bleuté des prunelles de l'industriel ambitieux, qui serra la mâchoire pour interrompre son employée d'un timbre nettement moins amical.

« Lorsque vous avez quitté les lieues, Miss Isley... Certains d'entre nous ont dû faire face à de brûlants imprévus et, livrés à eux-même, seraient morts vilipendés sans l'aide de la providence. »

Prise sur le fait, la biologiste se rendit compte qu'elle avait parlé trop vite. En un éclair, elle se reprit, mimant une expression d'indignation contenue en se détournant à demie, poursuivant la conversation sur une note plus acide.

« Les "brûlants imprévus" que vous mentionnez m'avaient justement prise en otage, donc je ne me souviens pas vraiment avoir eu le choix. J'étais entre le marteau et l'enclume, mes alternatives se résumant à rester sur place en espérant trouver une assez bonne cachette pour échapper à ma propre mise à mort ou emboîter le pas à un parfait inconnu pyromane. La seule différence, c'est que ma seconde option ne semblait pas prévoir de me tuer dans les prochaines minutes. Ne vous estimez donc pas avoir été le plus lésé dans l'histoire, Monsieur Boyle. Dans cet hélicoptère, j'ai passé les vingt minutes les plus angoissantes de ma vie. »

Un silence de plomb s'étira pesamment entre les deux occupants de l'ascenseur, chacun s'efforçant de conserver une expression neutre en dépit de la frustration que lui avait causée les propos de l'autre. Ferris tira sur ses boutons de manche, réajusta à de multiples reprises sur son nœud de cravate, et il s'en fallut probablement de peu pour qu'il ne se mette à siffloter pour meubler le silence. De son côté, Pamela réfléchissait, prétextant une révision de son maquillage pour ne pas être dérangée.

* Ainsi donc, Boyle ne souhaite pas que l'on s'intéresse à la façon dont est mort son employé... Bizarre bizarre. Sauf si... Aaaaah, je vois. Une autopsie poussée du corps du docteur pourrait permettre à une équipe de scientifiques pas trop stupides d'isoler la composition des cuves réfrigérantes C-2000, ce qui nuirait fatalement au seul possesseur des plans originaux. En bon paranoïaque, monsieur GothCorp veille jalousement sur ses intérêts. Il a donc fait en sorte que personne ne puisse s'emparer des secrets de son ingénieur de génie dans la mort.

- C'est presque une invitation ! De l'aveu même de Boyle, une analyse de la dépouille du héros de Gotham donnerait accès à une formule de cryogénie jamais vue. Il nous la faut, c'est indiscutable. Pam', tu sais ce qu'il te reste à faire ? *

Glissant une œillade sur l'affichage, la jeune femme constata qu'il arriverait à l'étage du département de cryogénie dans six grosses secondes. Sans empressement pour ne pas éveiller les soupçons de sa victime, la laborantine descendit les doigts dans son sac à main, enroulant les phalanges autour de son vaporisateur de phéromones concentrées. L'avantage d'être dans un espace clos, c'est que la cible assimilerait une dose massivement concentrée du produit, et comme ils n'étaient que tous les deux, l'Empoisonneuse n'aurait même pas à faire semblant de se mettre du parfum. Il lui suffirait de diriger son vaporisateur sur le visage de Boyle, et de presser la détente.

Lorsque les portes s'ouvrirent en un tintement clair, la reine verte se dirigea sans se retourner au bureau du docteur Fries, laissant derrière elle un PDG au regard vitreux, qui souriant benoîtement en répétant à voix basse :


« Le docteur Isley aura un peu de retard. Le docteur Isley aura un peu de retard... »

En retournant sur le théâtre du drame qui avait secoué le tout-Gotham, la militante écologiste se surprit à revoir, par des flashs intermittents, des images du passé l'assaillir. Elle revit Victor déambuler en résumant les caractéristiques du gaz du Joker, crut assister une seconde fois à l'apparition du jeune homme roux en costume, et surtout, repensa au hurlement du cryogéniste qu'elle avait entendu.

« Noraaaaaa !!! »

Poison Ivy sursauta. Elle cligna plusieurs fois des paupières, une main appuyée sur un bureau jonché de papiers couverts d'une écriture manuscrite. Une odeur chimique emplissait ses narines, mêlée à l'odeur si particulière du froid artificiellement créé. Les stigmates laissés par les rixes entre vigiles de la sécurité et le mystérieux pyrokinésiste avaient été presque effacés par la tornade humaine qui s'était déchaînée suite à l'envolée des assiégés. On avait méticuleusement renversé, déchiré et brisé tout ce qui pouvait l'être. Sauf une structure de glace qui luisait tristement, sous l'éclairage automatique. Déterminée à suivre le cérémonial jusqu'au bout, la visiteuse n'abaissa son regard qu'au tout dernier moment, réservant le spectacle d'un homme prisonnier d'un cristal pur pour la fin de son inspection.

Les traits du malheureux biologiste moléculaire avaient été figés pour toujours en une mimique de chagrin impuissant, accolé à la cuve qui abritait son infortunée épouse. Le décalage entre la sérénité paisible de l'une et la violente colère de l'autre se trouvait souligné par la différence de structure de leurs "prisons" respectives : pour Nora, un cylindre régulier, lisse et impeccablement entretenu ; pour Victor, un prisme irrégulier aux arrêtes coupantes. Tâtant prudemment la glace, Pamela découvrit que, par thermoconduction, le dispositif de refroidissement de la femme de Fries avait prévenue la fonte de sa propre gangue glacée. Comme si la jeune danseuse avait fait en sorte de partager son sort avec son époux...


* Trêve de rêvasseries ! Décongèle-moi une portion de ce sorbet humain, que l'on puisse lui faire un prélèvement. Ensuite, on s'arrangera pour garder ce sujet à portée de main, histoire de pouvoir l'étudier sous toutes les coutures... *

Laissant sa moitié criminelle aux commandes, Ivy ne perdit pas de temps. Elle avait envoyé Boyle justifier son absence, mais doutait que son esclave lui garantisse plus de dix minutes de tranquillité. Passé ce délai, ses collègues de travail se lanceraient à sa poursuite, trop inquiets du sort de leur précieuse égérie. Si elle n'avait pas été uniquement motivée par des préoccupations bassement financières, cette inquiétude aurait pu être touchante.

D'une main experte, la scientifique pianota sur un clavier d'ordinateur miraculeusement épargné par les affres du vandalisme, lisant les lignes de commandes par-dessus ses verres blancs. Un émetteur de laser, normalement employé pour la cristallographie, pivota sur sa base, pointant son faisceau sur l'avant-bras gauche du macchabée avant de focaliser son rayon sur une zone de cinq centimètre de rayon. L'intensité d'une émission aussi localisée dissiperait la glace en un rien de temps, tout en ménageant une zone suffisamment étendue pour y planter une seringue. Observant minutieusement l'évolution de l'épaisseur de glace qui séparait le laser de la peau du docteur Fries, Pamela prit bien garde à ne pas léser les tissus de l'épiderme. Les photons chargés d'énergie avaient la fâcheuse tendance d'interagir avec beaucoup de molécules, et si le laser dénaturait les composés mis au point par le biologiste moléculaire, tout serait à refaire. Or, la biochimiste ne bénéficiait pas d'assez de temps pour deux essais. Les mains moites, l'éco-terroriste cilla sans arrêt, refusant de manquer l'instant-clef où la peau de son sujet deviendrait accessible pour une bête sécheresse oculaire.


* Pas encore... Pas encore... Là ! * Réagit l'expérimentatrice en enfonçant la touche de fin de programme. Obéissant obligeamment, l'appareil s'éteignit, se repliant sur lui-même avec un ronronnement mécanique.

Presque conjointement, la reine verte enfila une paire de gants en latex, déballa une seringue de son blister, et posa délicatement l'aiguille sur l'avant-bras du quadragénaire statufié. Le tissu de son costume avait été roussi par le rayon, mais n'avait pas été percé, ce qui rassura la séduisante manipulatrice sur la qualité de son opération. Ne lui restait plus qu'à enfoncer sa seringue, qui traverserait sans mal l'étoffe pour s'introduire dans la veine sous-jacente, et tirer le piston. Ne voulant commettre aucune erreur, la laborantine assura sa prise de son autre main, et se figea. Intriguée, elle fronça les sourcils, refusant de croire ce qu'elle venait de sentir.


* Les gants... Ce doivent être les gants qui t'ont donné cette impression. Il devait y avoir un pli, ou bien une bulle d'air... Ce serait impossible * Songea le docteur Isley, qui se débarrassa précipitamment d'un gant pour (et elle avait honte de l'admettre) prendre le pouls d'un mort.

Son index et son majeur touchant les tissus glacés et rigides du cadavre, Pamela attendit, comptant mentalement jusqu'à soixante. Et l'impensable se produisit. A un rythme effroyablement lent, le cœur du savant battait. Une chose relevant de la pure science-fiction, mais dont l'Empoisonneuse était témoin.

* Son cerveau devrait être gelé... Son sang devrait avoir figé dans ses artères. Les cristaux formés devraient avoir déchirés de l'intérieur ses tissus... Incroyable ! *

D'un coup, la peur d'être surprise rattrapa Ivy, obnubilée par la démence de sa découverte. Un prix Nobel pouvait la récompenser si elle parvenait à expliquer comment Fries avait pu éviter la mort par hypothermie brutale. Mais si tous les gros cerveaux de la GothCorp débarquaient et découvraient le pot aux roses, tout se compliquerait. Reprenant les rênes, Poison Ivy remit de l'ordre dans les pensées chaotiques de son hôte rousse, redéfinissant les priorités de la criminelle verte.

* On se bouge, Pam' ! Voilà ce qu'on va faire : d'abord, tu montes rencontrer les responsables de projet pour éviter qu'on ne se mette à te chercher ; ensuite, tu exploites l'influence que tu as sur Boyle pour décréter que, contre toute attente, un agent pathogène résistant aux basses températures s'est développé dans l'organisme du docteur Fries, et qu'en tant que spécialiste du domaine, il relève de ta seule responsabilité d'éviter une épidémie meurtrière. Pour se faire, tu prétendras envoyer le corps au crématorium, tout en déménageant ce cobaye dans un lieu à l'écart des soupçons. A partir de là, il faudra déterminer si notre survivant est cérébralement mort, auquel cas il fera un très bon incubateur géant ; ou si il peut se réveiller. Dans l'optique où personne ne s'est jamais relevé d'une tentative de cryogénisation, les chances pour que le second scénario ait lieu sont de 0,001 %... Mais les chances pour qu'il survive à une immersion dans un liquide réfrigérant se trouvaient déjà elles-mêmes à moins de 0,000001%, on évitera donc de se fier aux probabilités. *

Électrisée par la perspective redynamisante d'étudier de près un être humain dont le cœur battait sous les zéro degrés Celsius, Pamela ne ménagea pas ses efforts pour préparer l'extraction du corps de Victor Fries. Par chance, une minorité des scientifiques convoqués pour la journée étaient des femmes... Souriant sournoisement, l'éco-terroriste se vaporisa de phéromones, avant de se diriger vers l'ascenseur.

Plus tard, dans les sous-sols d'une usine désaffectée

Faute de mieux, le corps prisonnier des glaces avait été découpé au laser, avant d'être entreposé dans un conteneur réfrigéré. Dans ce caisson, la précieuse cargaison avait été expédiée à une adresse inconnue par un camionneur qui ne se souvenait plus de rien. Puisant dans les fonds sans limites de la GothCorp, la reine verte avait fait l’acquisition d'un véritable laboratoire de recherche qu'elle avait déménagé dans la planque de la zone industrielle où Victor résidait sans le savoir (ou peut-être le savait-il ?). Une fois toutes ses installations en place, Poison Ivy put installer le bloc dans une cuve au thermostat réglable, et se lancer dans l'expérimentation.

En vérité, la jeune femme ne savait trop comment procéder. Les réactions biologiques au froid n'étant pas sa spécialité, elle hésitant quant au protocole à suivre. Fallait-il réchauffant dans un ordre précis des zones du corps, ou bien tout dégeler en une fois ? Y avait-il des précautions à prendre ? Se tapotant les lèvres d'un index songeur, la biologiste opta pour la méthode douce : en quelques commandes, elle programma la cuve pour se réchauffer d'un dixième de degré toutes les demies-heures, recyclant sa technique de forage dans la glace pour poser des électrodes sur les tempes et sur le torse de son sujet. La prison solide de Fries pouvait désormais être enlevée sans crainte ; en cas de problème, un moniteur alerterait la biochimiste des dangers de ses actes. Ainsi rassurée, et avec minutie, elle entreprit de dégager son ancien confrère de son moule translucide, tandis que, très très lentement, l'environnement du biologiste moléculaire se réchauffait.

Les mains protégées par d'épaisses moufles isolantes, portant un pull en laine blanc et un pantalon ainsi qu'un manteau à doublure et un cache-oreille, l'Empoisonneuse s'échina d'interminables heures, avant d'estimer que son "patient" avait été débarrassé d'autant de glace qu'il était humainement faisable. Ne restait plus qu'à attendre le concert de bips qui résonnerait si d'aventure la conscience du cryogéniste subsistait quelque-part, dans ce corps rigide et pâle.


« Ce serait bien l'événement de l'année, si vous parveniez à vous relever, Victor. Et en même temps, je donnerais cher pour voir ce satané Boyle assister à votre retour d'entre les morts. » Souhaita la rousse en tapant du pied pour dissiper le froid qui commençait à s'insinuer dans ses orteils.


Dernière édition par Pamela Isley/Poison Ivy le Dim 13 Mai - 11:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Enigme scientifique [PV Fries]   Ven 20 Avr - 16:43

L'hiver. La saison préférée de Nora. Scientifique de corps et d'esprit, Victor ne voyait en cette saison qu'une suite de phénomènes naturels tel que l'éloignement de la planète bleue à l'astre solaire diminuant sa température ou la forme mathématique des flocons de neige. C'est surtout la capacité du froid à ralentir considérablement les tissus organique et ainsi préserver des ravages du temps la beauté d'êtres vivants ayant terminé leur cycle de vie qui passionnait le jeune chercheur. La jeune femme avait une vision différente de ce rat de laboratoire et lui montra cette autre facette de la saison froide. Patinage dans un décor de velours blanc, l'agréable sensation de la chaleur d'une cheminée à feu de bois, la simplicité d'une bataille de boules de neige et l'amour. Belle, pure, innocente, Nora représente ce qu'il y a de plus beau dans cette passion pour ce trimestre glacé qui rapproche tant les gens.

Un lac gelé, de légers flocons de neige tombant du ciel et des conifères recouvert d'un manteau d'un blanc immaculé. L’athlète féminine effectuait des prouesses artistique tandis que le laborantin inexpérimenté dans le domaine sportif s'échinait à rester debout. Elle vint à lui et le prit par la main pour l'aider à faire ses premiers pas sur la glace. Serait-ce un rêve ? Il est en train de revivre le jour de leur rencontre à l'université, ce jour béni où il découvrit l'amour de sa vie. Victor glissa, tomba sur le derrière et prit de nouveau la fine main gantée de la belle blonde. Son visage se rapprocha du sien, leurs yeux se refermèrent et s'embrassèrent. Après une enfance sans joie et une scolarité spartiate, Fries était heureux pour la première fois de son existence. Comment oublier cet instant magique ? L'horreur de la maladie, de la congélation de sa moitié et de toute cette souffrance accumulée furent trop épouvantables pour qu'il se résigne d'accepter la triste réalité : ce n'est pas réel. Il pleura de joie et l'étreignit fortement contre lui.

Les deux amoureux patinèrent ensemble sur le lac gelé. Il aurait tellement aimé pour poursuivre ce délicieux moment mais la vie a toujours été cruelle envers le génie. Durant leur glissage insouciante, Victor vit son père près d'un sapin en train de l'observer. Un frisson glacé parcourut l'échine du savant en se remémorant l'absence d'amour paternel et les gifles le punissant de ne pas avoir suffisamment étudié. Quelques mètres plus loin, ce fut le tour du proviseur du pensionnat dans sa tenue universitaire de le fixer de son regard autoritaire ne permettant aucune forme de protestation. Camarades de classe moqueur, parquets à savonner à quatre pattes, règlement tyrannique, Victor se sentit mal à l'aise par les souvenirs désagréables que cette apparition fit resurgir. Son cœur s'accéléra brutalement à la vue de Ferris Boyle faire son entrée sur la patinoire en pointant une arme à feu sur le couple et tira. La balle brisa la glace sous les pieds de sa bien-aimée et, alors que Victor tendit sa main pour la sortir de là, quatre poignes se refermèrent sur lui et le tirèrent en arrière. Il se débattit pour échapper le l'emprise de son père, du proviseur, de Boyle et du slave aux cheveux roux l'empêchant de sauver Nora qui l’appelle au secours. Les quatre hommes finissent par le relâcher au moment même où son amour se noie. Victor plonge dans les eaux glacés du lac sans se soucier une seule seconde de son sort. Tout ce qui compte à ses yeux est de sauver celle qui a donné du sens à sa vie. Il la voit s'enfoncer lentement vers de sombres abysses, une main tendue vers le ciel à le regarder. Nora ne bouge presque plus. Victor nage avec l'énergie du désespoir alors que le froid du lac atteint un seuil de douleur inimaginable. Cette brûlure glacée le fait hurler, il se noie mais il continue inlassablement de descendre dans les ténèbres pour sauver son Eurydice.


« Gaaaaaaaaaaasp !! »

Enfermé dans une cuve d'acier, Victor reprit conscience en avalant goulûment de l'air. Son corps se raidit puis fut prit de violentes convulsions alors qu'il suffoquait dans ce long compartiment cylindrique sur le plan horizontal de taille humaine avec seulement quatre petites ouvertures vitrées sur le côté laissant passer la lumière. Le scientifique se convulsa alors que la douleur physique de sa renaissance cumulé à la souffrance psychologique de son cauchemar le rendit fou de chagrin. Prenant sa tête entre ses mains, il hurla son désespoir sans qu'aucune larme ne coule sur sa peau ruisselante d'humidité. Pendant près de trente secondes, il se laissa sombrer dans une série de cris et de suffocations jusqu'à s'être calmé. Il haleta, se redressa à moitié à cause de la faible hauteur de son cercueil métallique et se mit à arracher, plus ou moins facilement ses habits.

« Ahhh... Ahhh... Chaud !! AHHH !! C'est chaud ! Je brûle !! »

Peu après qu'il ait déchiré sa tenue, il entendit le grincement de la porte de la cuve lorsqu'elle s'ouvrit au niveau de sa tête. Ce faisant, de l'air froid s'engouffra dans la cuve et lui permit de se calmer. Presque amorphe et replié sur lui-même, Victor tourna lentement sa tête vers l'ouverture mais n'ayant pas encore entièrement recouvert la vue, il ne put distinguer nettement la silhouette lui faisant face. Une femme emmitouflée dans une tenue polaire.

« Nora... »

Il tendit faiblement un bras vers elle avant que les ténèbres ne s'abattent de nouveau sur lui lorsqu'il perdit connaissance. Durant son sommeil sans rêves, il entendit sa respiration lente ainsi qu'une voix et sentit quelqu'un déplacer son corps inerte. Lorsqu'il revint à lui, il était allongé sur une table qui, normalement, est froide mais ne sentit pas cette différence. Il cligna des paupières et tourna sa tête pour voir la pièce l'entourant. Des machines et autres appareils technologique de pointe produisant des bip ou affichant des données ainsi que des instruments chirurgicaux, du matériel de biologie et divers objets pour parfaire l'équipement rêvé d'un scientifique. Que fait-il ici ? Qu'est-ce qui se passe ? Est-il de nouveau en train de rêver ? Ses souvenirs confus de confrontation dans les locaux de la GothCorp et la noyade dans le lac sont-ils le fruit de son imagination ou l'affreuse réalité ? Des bruits de pas troubla ses pensées.

« Nora ?... »
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Pamela Isley/Poison Ivy

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MessageSujet: Re: Enigme scientifique [PV Fries]   Dim 13 Mai - 11:17

Pamela n'eut pas à patienter longtemps avant de voir le tracer de l’électroencéphalogramme s'affoler, affichant des pics d'activité cérébrales annonçant la sortie de la léthargie. Parallèlement, l'électrocardiogramme s'emballa, modifiant à toute vitesse les indicateurs de rythme biologique. Des étincelles dans les yeux, Poison Ivy vint se coller au plus près de la cuve, dédaignant la désagréable caresse du froid sur sa peau. Trépignant d'impatience, elle tournoya sur elle-même en un ballet improvisé, serrant ses mains l'une contre l'autre tout contre sa poitrine.

« J'ai réussi ! J'ai réanimé un mort ! Je suis une génie ! » Se galvanisa la biochimiste, les yeux tournés vers le plafond du sous-sol, sale et parcouru de traces de rouilles.

Le concert d'avertissements sonores produisant une cacophonie pénible à l'oreille, la spécialiste des toxines débrancha le son des appareils, sautillant d'allégresse jusqu'à sa créature qui allait bientôt ouvrir les yeux...


« Gaaaaaaaaaaasp !! » Fit Fries en sortant de son état d'hibernation, surprenant sa sauveuse qui poussa un petit cri effrayé.

* Mon dieu ! Qu'il est impressionnant, à haleter comme une victime tirée de la noyade. Et ses yeux ! Oh ! Et si il devenait violent ? * Prit peur la laborantine en restant sagement à distance d'un Victor en pleine épisode spasmodique.

* Qu'est-ce que tu attends, Pam' ? Qu'il nous claque entre les doigts ? Laisse-moi faire, et à l'avenir, plus de cri de jouvencelle. * Intervint la reine verte en se jetant sur les appareillages.

Visiblement en proie à la tourmente, le scientifique transformé en être du froid crispait les mâchoires, hurlant comme un dément torturé de toutes parts, sanglotant sans que la moindre larme n'apparaisse. Fébrile, la doctorante pivota la tête dans tous les sens, vérifiant : la saturation en dioxygène, le rythme cardiaque, la pression sanguine, les courbes de l'électroencéphalogramme, et en désespoir de cause la température corporelle du sujet, qui remontait progressivement. Rien n'alerta la biologiste, qui se sentit perdre pied confrontée à un problème de cryogénie redoutablement compliqué. Aussi rapidement que possible, elle réfléchit :


* Ce peut être le contre-coup de la cryogénisation : l'accumulation de protéines dans ses tissus aura induit une détérioration cellulaire traduite au niveau du cerveau par une douleur généralisée. Ou bien j'ai mal organisé son réveil. A moins que Victor ne soit resté trop longtemps dans la glace... *

L'intéressé, sourd et aveugle à ce qui se passait en-dehors de la cuve, s'agita soudain, empoignant férocement ses habits, déchirant les fibres textiles, usant de tout ce qui pouvait servir pour se débarrasser de l'épaisseur supplémentaire. Sans cesser de se mettre littéralement à nu, Fries se plaignit de la chaleur, agissant comme si une canicule dévastatrice le terrassait. Redressant la tête qu'elle avait penchée sur le sol pour réfléchir, Pamela sentit ses pupilles s'étrécirent lorsque l'éclair de compréhension illumina son cortex.

* La chaleur ! *

D'un bond, la biologiste se jeta sur le clavier relié au paramétrage de la cuve, et, dans son empressement, essaya d'entrer de nouvelles directives avec ses moufles sur les mains. Pestant contre sa propre idiotie, la laborantine saisit les gants protecteurs entre ses dents pour s'en débarrasser au plus vite, agitant des doigts avant de laisser courir ses phalanges sur les touches. Le réchauffement cessa immédiatement, et une baisse graduelle de la température lui succéda. Ou plus exactement devait lui succéder, car la cuve ne permettait pas de procéder à de trop grandes variations du thermostat dans un laps de temps réduit (une histoire de conductance thermique...). L'inconvénient de cette incapacité à évacuer beaucoup de calories d'un coup, c'était que la cuve resterait trop chaude pour Victor encore plusieurs secondes. Or, la biochimiste craignait que ces quelques instants supplémentaires ne suffisent à altérer définitivement l'état du scientifique cryogénisé. Il lui apparut nécessaire d'intervenir, quand bien même sa tentative de sauvetage augmenterait les risques d'une réaction imprévue.

Enjambant ses installations dont les fils serpentaient au sol, Poison Ivy desserra les verrous de la portion supérieure de la cuve à mains nues, sa peau en contact avec le métal désagréablement froid ne tardant pas à s'engourdir et à la picoter. Par une série de gestes précis, l'éco-terroriste ouvrit la porte principale du conteneur pour permettre la sortie de l'air chaud, grimaçant intérieurement en songeant aux risques qu'elle prenait. Que se passerait-il si le système immunitaire de Victor avait été altéré par sa glaciation ? Ou si son cycle respiratoire fonctionnait sur une autre base que le couple dioxygène-dioxyde de carbone ? Alors laisser le cryogénicien inhaler l'atmosphère non-stérilisée de l'extérieur le tuerait aussi sûrement qu'une balle en pleine tête... Mieux valait ne pas y penser.


* Du calme, du calme. C'était la seule chose à faire... Et puis, regarde : la SAO2 est toujours à 95%. Il vivra. * Tâcha de se conforter la reine verte en étudiant le visage de son patient.

Chauve, d'une pâleur terrifiante, son haleine ne projetait pas la moindre volute de vapeur en dépit du froid l'environnant. Sa sclérotique, normalement blanche, présentait une pigmentation bleutée préoccupante, bien que ce signe clinique n'évoquât aucun symptôme de pathologie à la biologiste végétale. Un murmure faible, comme desséché, filtra d'entre les lèvres exsangues de l’homme en sueurs, que Pamela ne comprit pas. Plissant les paupières, elle vit son sujet relever faiblement un bras, dans une tentative désespérée pour la saisir. Prise au dépourvue par le geste, la jeune femme bondit en arrière, hors de portée de l'attaque qu'elle imaginait dirigée contre elle. Son cœur battant la chamade, l'expérimentatrice rousse vit le membre retomber mollement sur le support de la cuve, tandis que son possesseur s'enfonçait dans les brumes de l'inconscience.


* Alors, ma belle, on a peur de sa créature ?

- Il a dû se réveillé désorienté et en état de choc. Sa première réaction aurait été agressive. Il m'aurait serré les mains autour du cou si je l'avais laissé faire...

- Il ne nous reste donc plus qu'à faire en sorte qu'il quitte sa léthargie dans de bonnes dispositions, Pam' ! A ce moment-là, ce ne sera plus avec violence, mais avec reconnaissance qu'il te traitera. Tu as sauvé sa vie, chérie. * Assura l'alter-ego de la sulfureuse rousse pour aider son hôte à se mettra au travail.

En premier lieu, la reine verte procéda à quelques tests sérologiques, prélevant un peu de plasma sanguin pour s'assurer que Victor survivrait. Tandis que le spectrophotomètre se chargeait d'analyser les échantillons triés par cytométrie de flux, Ivy prépara une table de réveil adaptée à son patient. Recyclant le support destiné aux dissections, elle tira profit de la bonne conductibilité thermique du métal pour refroidir la table via un flux d'azote liquide. Son laboratoire prenant de plus en plus des airs de chambre froide, la demoiselle s'emmitoufla dans une épaisseur supplémentaire, prit le temps de se recouvrir le visage d'une crème hydratante pour prévenir le dessèchement de sa peau, puis usa d'un harnais destiné initialement au transport des déchets biologiques afin de soulever le corps inerte de son sujet d'étude. Avec une délicatesse toute relative, l'expérimentatrice aux yeux verts installa Victor sur sa table de réveil, tout en surveillant ses signes vitaux. Par peur de commettre une maladresse, elle n'essaya pas d'injecter au scientifique le moindre calmant (ce qui aurait facilité son transport, et assuré qu'il ne se réveillerait pas en pleine manœuvre). Par chance, l'homme demeura inconscient. Tout à ses activités, la doctorante résuma pour elle-même :


* Donc... La température interne du docteur Fries doit se maintenir à un niveau drastiquement bas pour éviter la dégradation de son état... C'est logique. Il était toujours en vie dans la glace, ce qui ne pouvait signifier qu'une seule chose : son organisme continuait de fonctionner malgré la froideur extrême. Une chose impensable, sauf si l'ensemble des processus physiologiques ont été altérés pour ne plus fonctionner qu'à froid. Le contrecoup de cette adaptation, c'est naturellement une incapacité à vivre aux normes physiologiques. D'où un constant besoin de refroidissement. *

Une mélodie électronique accélérée tira Pamela de ses réflexions. Les pics de l'électroencéphalogramme réapparaissant, elle sut que Victor ne tarderait pas à s'éveiller. Néanmoins, cette fois-ci, il serait dans un environnement plus adapté, et moins contraignant. Fini la petite boîte cylindrique étouffante et trop chaude ! Il se trouvait à présent sur une longue et agréablement glacée table, libre de ses mouvements et surveillé par la seule personne au monde pouvant se targuer de connaître ses besoins. Par égard pour son confrère, Pamela avait orienté l'éclairage de sorte qu'il n'éblouisse pas trop ce dernier. Le cliché du réveil dans un lit d'hôpital, une lampe braquée sur soi, avait fait suffisamment de dégâts sans qu'il soit en plus nécessaire de le revisiter en version polaire. Curieuse et très excitée par les perspectives qu'annonçaient le retour d'entre les morts de Fries, la botaniste attendit, en retrait, les moufles serrées l'une contre l'autre.

* Lorsque Boyle verra ça, il croira se trouver face à un fantôme. Un spectre du passé revenu le hanter...

- Et si on avertissait Ferris ? Si on se servait de Fries pour gagner l'obéissance de Boyle ? Ça nous faciliterait la tâche, non ?

- Boyle est déjà un pantin entre nos mains. Il ne servirait pas à grand-chose de s'approprier son estime. Et de plus, ce n'est pas un scientifique, lui. En conservant l'atout qu'est Victor dans notre manche, nous pourrions disposer d'un ingénieur de génie en permanence ! Penses donc à toutes les merveilles qu'il pourrait mettre au point pour nous ! En nous unissant, nous avons résolu le casse-tête de la toxine du Joker en vingt-quatre heures. Que ne saurions-nous pas faire si le temps ne devenait plus un ennemi, mais notre alliée ? * Claironna l'Empoisonneuse en rêvant à des armes hybrides et à des dispositifs d'une létalité sans précédant. Totalement conquise par l'euphorie de sa moitié criminelle, Pamela laissa un sourire rayonnant s'étaler sur ses lèvres. Des étoiles de fantasmagorie donnèrent à ses iris verdoyantes l'éclat et la beauté d'émeraudes taillées.

Sur un petit nuage, la laborantine perdit de vue son identité de biochimiste, ondulant langoureusement des hanches en se dirigeant d'une démarche chaloupée vers la clé de son hégémonie sur Gotham. Aux petits soins pour son serviteur en puissance, elle s'approcha, la mine inquiète et attentive, d'un Victor qui s'efforçait visiblement de remettre de l'ordre dans ses idées. D'une voix transpirante de chagrin, l'homme appela, incertain :


« Nora ?... »

* Quel chose pathétique ! Il ne vivait que pour sauver sa femme, et son expérience au travers de la Mort ne lui aura pas ôté cette préoccupation du crâne... Enfin ! Ça nous donne un excellent levier pour rendre notre nouveau collaborateur coopératif. * Analysa froidement Ivy, obnubilé par son pragmatisme de manipulatrice.

En façade, Pamela tint le rôle d'infirmière, venant poser une main compatissante sur l'épaule de Victor, sa chevelure retenue par sa capuche pour ne pas lui tomber devant les yeux. D'une voix douce, la spécialiste des toxines le rassura :


« Docteur Fries ? Me reconnaissez-vous ? C'est moi, Pamela Isley. Nous avons travaillé ensembles, vous vous souvenez ? Le gaz du Joker menaçait nos concitoyens, et nous avons réussi à élaborer un remède en conjurant nos efforts. Je suis de votre côté, Victor. Vous n'avez rien à craindre de moi. »

Tout en le tranquillisant d'un timbre apaisant, la biologiste consulta les écrans indicateurs. En tenant compte des "spécificités" du sujet, rien ne justifiait une intervention pour l'instant. L'organisme du scientifique paraissait avoir surmonté le choc du traumatisme avec succès dès lors qu'il avait été maintenu dans une norme thermique appropriée. Afin de l'aider à revenir progressivement à lui, l'éco-terroriste informa graduellement son vis-à-vis, afin que dans l'esprit de celui-ci, la plupart des questions oppressantes (Qui ? Quoi ? Quand ? Où ? Pourquoi ?) reçoivent une réponse.

« Vous vous êtes retrouvé prisonnier dans la glace pendant plusieurs jours. Je vous ai transporté dans la sécurité d'un ancien entrepôt, dans les docks de Gotham, pour vous libérer de votre gangue. Apparemment, le froid ne vous a pas tué, mais aurait altéré votre métabolisme. En essayant de vous réchauffer, j'ai accidentellement agressé votre système. Peut-être avez-vous quelques bribes de souvenirs de votre éveil dans la cuve ? C'est pour cette raison que vous êtes nu : en cherchant à vous refroidir, vous avez arraché vos vêtements. Ce qui explique que vous sentiez un contact dur et métallique sur votre dos : j'ai installé une table couplée à un système de refroidissement pour que vous ne souffriez plus de la chaleur. »

Ménageant une pause (l'esprit, même d'un génie, peinait fréquemment à digérer un flux d'informations lorsqu'il sortait d'un état de veille), l'attentionnée infirmière débarrassa délicatement son confrère des électrodes décorant son torse, ses tempes et ses avants-bras, lui laissant cependant une perfusion dans la veine brachiale antérieure.

« J'ai dû m'inspirer des résultats de nos travaux pour réussir à préparer un perfusion de nutriments qui ne gèlerait pas dans votre organisme. Quand vous irez mieux, nous l'ôterons ; pour le moment, essayez déjà de de me dire comment vous vous sentez, et si vous pouvez vous redresser en position assise. Je voudrais ensuite vérifier si vous parvenez encore à marcher. Vous êtes le premier cryogénisé que je réanime, alors l'hypothèse de séquelles n'est pas exclue ... » Avertit la plantureuse laborantine en se mordillant les lèvres d'un air coupable.

Les yeux de Victor étaient toujours bleus. Ça, plus la perte des poils, pouvaient n'être que la conséquence surprenante de l'adaptation thermique du cryogénicien ; ou alors, il s'agissait des signes avant-coureur d'une pathologie consécutive à l'hibernation prolongée...


* Si tel est le cas, il faudra extraire autant de connaissances que possibles à ce mâle avant qu'il nous lâche pour de bon. * Préconisa laconiquement l'Empoisonneuse.
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MessageSujet: Re: Enigme scientifique [PV Fries]   Dim 27 Mai - 21:05

Victor détecta une présence dans la salle et, à moitié groggy par son réveil d'entre les morts, il croyait avoir affaire à sa bien-aimée Nora. Le cryogéniste présumé mort émergea peu à peu de sa torpeur et se sentit étrangement calme. Ce silence apaisant l'entourant... C'est le calme après la tempête cauchemardesque ayant secouée son esprit brisé. Peut-être est-ce aussi en raison de sa nouvelle condition physique. Pression artérielle anormalement basse, respiration lente, tout son organisme travaille au ralentit. Ne bougea presque pas d'un cil, Victor fit lentement rouler ses yeux dans leur orbite mais ne vit personne dans ce champ de vision restreint. Finalement, son faible appel parvint aux oreilles de la personne présente dans la même pièce que le pauvre scientifique. Cette dernière posa une main ganté son son épaule dont le contact, normalement glacé, fut ressentit comme tiède par le malade.

« Docteur Fries ? Me reconnaissez-vous ? C'est moi, Pamela Isley. Nous avons travaillé ensembles, vous vous souvenez ? Le gaz du Joker menaçait nos concitoyens, et nous avons réussi à élaborer un remède en conjurant nos efforts. Je suis de votre côté, Victor. Vous n'avez rien à craindre de moi. »

Encore étourdi, Victor mit du temps à comprendre les paroles et retrouver les souvenirs qui s'assemblent avec. Sa vision se fit peu à peu plus nette. Le flou d'un blanc éclatant s'atténua au profit de couleurs diverses et variées formant des tâches éparses. Le savant crut reconnaître une forme humaine à l'autre bout du bras apaisant. Les traits du visage se définirent et se firent fins, délicats, féminins. Fries cligna des paupières et observa perplexe cette femme partiellement flou.

« Vous vous êtes retrouvé prisonnier dans la glace pendant plusieurs jours. Je vous ai transporté dans la sécurité d'un ancien entrepôt, dans les docks de Gotham, pour vous libérer de votre gangue. Apparemment, le froid ne vous a pas tué, mais aurait altéré votre métabolisme. En essayant de vous réchauffer, j'ai accidentellement agressé votre système. Peut-être avez-vous quelques bribes de souvenirs de votre éveil dans la cuve ? C'est pour cette raison que vous êtes nu : en cherchant à vous refroidir, vous avez arraché vos vêtements. Ce qui explique que vous sentiez un contact dur et métallique sur votre dos : j'ai installé une table couplée à un système de refroidissement pour que vous ne souffriez plus de la chaleur. »

Difficile, même pour quelqu'un sortant de léthargie, de croire pareille histoire. Son métabolisme modifié par le froid ? Ridicule ! Bien qu'il ait quelques trous de mémoires, il ne peut nier la congélation. C'est un véritable miracle qu'il ait réussit à survivre dans un bloc de glace pendant plusieurs jours. Peu de personnes peuvent se targuer de ne pas avoir succombé au froid mais de là à ce que la structure organique d'un homme change par contact de liquide cryogénique, il y a un fossé. Le docteur Isley lui ôta des électrodes qu'il, bizarrement, ne sentait pas.

« J'ai dû m'inspirer des résultats de nos travaux pour réussir à préparer un perfusion de nutriments qui ne gèlerait pas dans votre organisme. Quand vous irez mieux, nous l'ôterons ; pour le moment, essayez déjà de de me dire comment vous vous sentez, et si vous pouvez vous redresser en position assise. Je voudrais ensuite vérifier si vous parvenez encore à marcher. Vous êtes le premier cryogénisé que je réanime, alors l'hypothèse de séquelles n'est pas exclue ... »

« Je... je me sens bien. J'ai une étrange sensation mais aucune douleur. Je n'ai aucune envie particulière. Pas de désirs particuliers. Rien. Je me sens... comment dire... indifférent. C'est comme si j'étais une coquille vide. C'est très étrange mais il n'y a pas de quoi s'inquiét... »

Il cessa de parler de sa voix calme, lente et monocorde lorsqu'en amenant un bras vers son visage pour se frotter les yeux, il immobilisa ce dernier à quelques centimètres de son regard. Sa main resta ainsi une poignée de secondes à laquelle il accorda toute son attention. Ses yeux s'agrandirent d'effroi, sa respiration s'accrut et son cœur prit en intensité. Il tourna l'extrémité de son bras sous toutes les coutures et réalisa qu'elle était d'une pâleur cadavérique si ce n'est plus. A croire que de la glace circule dans ses veines pour teinter sa peau de ce blanc, légèrement bleu charrette comme si le rouge ses globules étaient passés du rouge au bleu en passant par le violet pour arriver à cette nuance. Victor redressa sa tête et ne pas la moindre trace de rosé sur le reste de son corps. Il ressemble à un cadavre sortit de son local réfrigéré d'une morgue de la tête aux pieds. La tête ? Sentant la panique l'envahir et mué par un affreux désir de connaître le fin mot de l'histoire, le scientifique se releva en tremblant sous l'effort. Ses membres rigides avaient du mal à fournir l'effort demandé après si peu de réhabilitation mais il réussit à se mettre en position assise et à tendre le bras vers une petite table métallique à roulettes proche de lui. Ses doigts agrippèrent le rebord du plateau et le tira vers lui mais la distance, la fatigue et le poids conséquent de sa prise et de son contenu ne lui permit pas de le garder à l'horizontal. A peine, le tableau n'eut-il plus le support de la petite table métallique que les outils chirurgicaux disposés dessus retombèrent au sol. Fries l'utilisa comme un miroir en utilisant le reflet pour voir son visage dépourvu de la moindre pilosité. La seule consolation, bien maigre il faut l'avouer, fut la présence de ses sourcils qui avaient miraculeusement survécut au massacre.

« Non... Non... »

Son corps se mit à trembler sous le choc et, tout en restant immobile, laissa glisser le plateau entre ses mains puis retomba au sol. Ayant encore ses bras face à lui, il vit que l'un des doigts ayant servit à saisir le morceau de métal avait été légèrement sectionné, probablement pas l'un des instruments de chirurgie et sa terreur ne lui avait pas fait ressentir la douleur. Un mince filet de sang marron s'écoula paresseusement de cet index.

« Marron ? »

Victor ignorait que son sang est parfaitement rouge comme tout être humain mais que sa transformation l'avait rendu daltonien et plus précisément sensible à cette couleur spécifique. L'horreur le submergea de toute part. Sa transformation, la tentative de meurtre de Boyle, la foule de civils enragés, le Joker voulant sa tête. Tout cela l'attaqua au plus profond de lui. Victor prit sa tête de ses deux mains que la folie naissante fit crisper ses doigts au point d'écorcher son cuir chevelu. Il tremblait comme une cocotte minute sur le point d'exploser. C'est quand il tourna sa tête vers le plafond tout en conservant son emprise sur son crâne qu'il hurla à pleins poumons son désespoir. Son cri, à fendre l'âme, ne cessa que lorsqu'il n'eut plus assez de souffle pour continuer.

« Que suis-je devenu ?! Que suis-je?! Je suis un monstre ! UN MONSTRE !!! »

Il lança de nouveaux cris à durée variables qui n'était que rage à l'état pur. Fries renversa les objets passant à sa portée. Appareils électroniques, fiole, seringues et autres furent violemment projetés au loin par le forcené. Le biologiste quitta la table, fit quelques pas incertains et s'affala par terre trop affaiblit. Victor s'empara d'un scalpel gisant près de lui pour mettre un terme à toute cette souffrance et pointa la lame vers son cœur. Alors qu'il s'apprêta à commettre l'irréparable, la vue de ses vêtements trempés et déchirés formant un petit tas attira son attention. Il tendit son bras libre vers un petit morceau de papier rigide sortant d'une poche et le regarda fébrilement. Il ne s'agit ni plus ni moins que d'une fine bande de papier photo prise dans un photomaton où Victor Fries et sa douce Nora partagent quatre petits encadrés d'un bonheur passé. Une série de photographie vielles d'une dizaine d'années le représentant lui, le grand timide, avec la belle et rayonnante de fraîcheur épouse assise sur ses genoux. Un couple heureux, s'amusant pendant une courte minute dans une cabine et s'embrassant tendrement sur la dernière prise. Le scalpel lui échappa des mains. Une intense tristesse l'envahit mais aucune larme ne coula de cet homme glacé et torturé. Il ne peut même plus pleurer son amour.

Il n'a pas le droit de l'abandonner. Non. Elle est son rayon de soleil, la seule chose de bien qu'il lui soit arrivé dans toute son existence. Qu'importe ce qu'il doit endurer, seule la guérison de Nora compte. Il doit la récupérer à tout prix. Cette pensée lui rappela son ex-employeur et assassin Ferris Boyle qui changea son humeur. Fries se redressa, genoux au sol, et, levant ses bras en l'air d'un air furieux, vociféra :

« Boooooooooyle !! »
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Pamela Isley/Poison Ivy

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MessageSujet: Re: Enigme scientifique [PV Fries]   Mar 19 Juin - 16:20

[HRP]Toutes mes excuses pour cette énorme latence dans ma réponse Embarassed [/HRP]

* Oooops ! Ta créature vient de comprendre qu'elle a perdu plus que ses cheveux dans l'histoire, Miss Franckenstein ! * Caqueta avec une perverse satisfaction Ivy lorsque Fries, se figeant au beau milieu d'une phrase, aperçut son bras.

Impossible de savoir ce qui lui causa précisément un déclic... Sa couleur de peau ? Des sensations différentes de l'ordinaire ? Douleur latente ? L'homme n'en mentionna rien, préférant farfouiller dans la salle la moindre surface réfléchissante assez grande pour lui renvoyer son visage aux yeux. Tel un drogué en pleine dissipation des brumes de ses hallucinations, le scientifique chancelant et paniqué provoqua un concert métallique claquant dans l'air stagnant du sous-sol en balançant aveuglément les instruments restés à son côté.


* Il faut que je le maintienne en place ! Ce n'est pas prudent de le laisser gesticuler ainsi ; et s'il se blessait ? * S'inquiéta Pamela en venant au contact de son patient revenu du royaume des morts par hypothermie.

* Si tu veux, ma belle... Prends tout de même garde à ne pas te faire blesser. * Rétorqua son alter-ego avec un cynisme non-dissimulé.

La scientifique rousse emmitouflée sous plusieurs épaisseurs de tissus fut auprès de Victor au moment où ce dernier remarqua une coupure (bénigne) qu'il s'était fait. La biologiste ne put s'empêcher d'observer le sang qui s'en échappait, rassurée de le voir aussi rouge et ni trop épais ni trop fluide. La réaction du blessé, en revanche, la prit au dépourvu.


* "Marron" ? Que signifie...

- Dyschromatopsie. La cryogénie perturbe la perception des couleurs, dirait-on.* Éclaircit l'Empoisonneuse sans s'émouvoir de l'apparition de ce handicap mineur.

Afin de vérifier que le problème de vue ne trahissait pas un dysfonctionnement plus grave, notamment d'origine cérébral, la biochimiste de formation chercha dans son laboratoire de fortune une lampe-crayon, pensant ne retarder que de quelques secondes l'instant où elle expliquerait au docteur Fries la cause de son sang devenu marron La jeune femme s'éloigna, évita la console de l'électroencéphalogramme, expirant longuement pour éviter de grelotter, et se prépara à retirer une moufle le temps de saisir la lampe. Or, dans son dos, le quinquagénaire se mit à hurler sans prévenir. Le docteur Isley sursauta de plus belle, manquant de trébucher sur un câble qui traînait. Pivotant sur place, les yeux grands ouverts de stupeur, l'éco-terroriste tomba sur le spécialiste de la cryogénie occupé à se labourer le crâne.


« Docteur Fries ! » S'écria la plantureuse féministe en tendant une main impuissante.

L'homme entra dans un épisode de folie pure, plus violente et spasmodique encore qu'à son réveil. Le moindre objet à portée de ses mains devenait un projectile qu'il expulsait rageusement, dans un désir manifeste d'expulser de son être une insupportable éruption d'émotions.


* Les patients qui ressortent d'un coma sont, à ce qu'on dit, susceptibles de conserver à vie des séquelles. Fries, en plus, s'est vu trahi par un homme en qui il avait confiance, et a cru perdre pour toujours sa femme. J'aurais dû m'attendre à ce qu'il ne reste pas de marbre. * Comprit trop tard la reine verte, refusant d'atténuer son erreur sur le seul fait qu'elle n'était pas médecin de formation.

* Tout ça, c'est très bien, mais... Quand en viens-tu à la partie intéressante ? Tu sais, celle où tu l'entortilles autour de ton petit doigt. * Intervient Ivy d'une voix faussement légère. Son hôte sentait que les élucubrations de son prédécesseur à la GothCorp fatiguaient l'Empoisonneuse à un point déraisonnable. Et Pamela ne voulait pas voir son alter-ego décider de prendre les choses en main.

Victor délaissait sa table de fortune tandis que son infirmière attitrée vint lui apporter un soutien physique, esquivant les bris de verre et les instruments tranchants ou pointus jonchant le sol. A cause des détours qu'elle fut forcée de faire, la rousse ne put soutenir le quinquagénaire lorsque les jambes de ce dernier l'abandonnèrent. La plante des pieds du scientifique désormais chauve suintait à force d'être confrontée à un sol couvert de débris incisifs, et Fries ne dut qu'à la chance de ne pas s'estropier plus en tombant.


« Restez là, Victor. Je viens vous aider. Ne bougez plus ! » Lui intima une voix féminine qu'il n'entendit vraisemblablement pas.

A dire vrai, la suite des événement faillit signer la fin des rêves de grandeur de l'avatar de la Nature. Statufiée de stupeur, la spécialiste des toxines assista, les muscles paralysés d'effroi, à une tentative de suicide d'un homme qui, paradoxalement, venait d'échapper de justesse à la mort. Sous la voûte crânienne de la demoiselle, Poison Ivy explosa.


* Mais... Ne reste donc pas plantée là, comme une idiote. Va l'empêcher de se transpercer le cœur. Bouge, Pamela. DÉPÊCHE-TOI, JE NE VEUX PAS LE PERDRE ! * S'insurgea l'esprit criminel en beuglant à son tour.

Électrisée par l'ordre venu de son inconscient, la militante écologiste s'élança, ventre à terre, faisant fi des obstacles, oubliant le froid qui insensibilisant ses orteils et ses lèvres. Sa capuche s'abaissa durant sa cours, libérant une chevelure vulnérable au gel et des oreilles déjà douloureuses. Le souffle court, elle rejoignit son précieux allié, prête à se jeter sur lui pour éviter qu'il ne se tue en désespoir de cause. Heureusement, le pire n'arriva pas. Avisant un détail invisible pour la biologiste végétale, le concepteur des cuves C-2000 tendit des doigts fébriles vers ce qu'il restait de ses effets personnels réduits en lambeaux, une expression indéchiffrable animant ses traits. Interloqué par le soudain revirement, la femme fatale de Gotham parcourut à une allure plus modérée les derniers mètres la séparant de son collègue, maintenant une distance de sécurité entre elle et l'imprévisible miraculé.

En plissant les yeux, ,Ivy isola dans son champs de vision un rectangle de papier glacé tenu dans l'écrin que constituaient les paumes rassemblées du veuf. Au prix d'un effort oculaire, celle qui se voulait Mère Nature distingua vaguement un cliché représentant deux personnes, adultes, dont l'une avait de longs cheveux blonds.
In petto, l'Empoisonneuse applaudit de joie, toute fièvre envolée.

* Nous venons de découvrir la motivation souveraine de ce pauvre docteur Fries : sa chère et tendre ! C'est parfait, il ne nous reste plus qu'à l'utiliser. Ça, et une bonne vengeance contre le responsable de son état, devraient rallier sans peine à notre cause le timoré et hésitant cryogéniste. *

Le désespéré scientifique, toujours étendu sur le sol, laissa son arme lui échapper. Un silence de deuil s'étira, moment particulier que ne voulut pas briser la botaniste, de peur de déclencher une autre frénésie auto-destructrice chez son protégé thermophobe. Il y avait dans ce laps de temps sans parole une profonde signification. A l'instar du vent que l'on ne pouvait pas voir, mais sentir, ce silence véhicula dans le cœur de la reine verte un frisson inexplicable.

Sans plus d'explications, l'homme né du froid mit les genoux à terre, tenant le cliché de son couple passé avec ferveur, et hurla hargneusement le nom de Ferris Boyle. Tout suivait les prévisions de la criminelle... Ne restait plus qu'à présenter les choses avec tact et délicatesse.

La plantureuse rousse couva Victor du regard, le considérant comme un disciple perdu sur les sentiers de la haine, et qui ne demandait qu'à être guidé jusqu'à une voie salutaire. La voie de la vengeance.


« C'est exact : Boyle est responsable de votre état, Victor. Il vous a dupé, trahi, manipulé, sans égard pour votre personne. Il mérite de mourir de votre main. »

D'un pas indécis, la belle enjôleuse réduisit la distance les séparant, comptant sur son timbre persuasif pour canaliser les aigreurs de son interlocuteur et court-circuiter toute nouvelle crise. Tendant les bras pour désigner son vis-à-vis, elle tempéra cependant d'un constat évident :

« Mais pas dans l'immédiat. Regardez-vous, docteur Fries : vous êtes encore très affaibli, malhabile à diriger vos mouvements, sans connaissance des changements survenus dans votre métabolisme, et, le plus important : sans armes. Votre ennemi a pour lui des gardes du corps, des vigiles, tous équipés de pistolets et entraînés. Vous vous feriez tuer, ou pire, jeter en prison pour le restant de vos jours, à égrainer les heures perdues dans une vendetta précipitée. »

La douce et réconfortante présence féminine s'agenouilla face à son futur complice, posant une moufle amicale sur la joue du spécialiste de la cryogénie tout en échangeant un regard débordant de détermination.

« Je peux vous aider, tout comme vous pouvez m'aider. Unissons-nous, à nouveau. Rien ne pourrait arrêter nos génies unifiés, et surtout pas ce sale porc de Ferris Boyle. Grâce à mon support, nous pourrions mettre au point notre vengeance, la plus terrible qui soit. Puis, ensembles, nous pourrions travailler sur la guérison à votre femme... » Termina sur un ton de conspiratrice la manipulatrice aux prunelles verdoyantes, trop consciente de l'impact d'une telle promesse sur son seul auditeur. Norah Fries occupait toujours les locaux de la GothCorp, telle la belle au bois dormant des neiges...

Le flacon de parfum se trouvait plus loin dans le laboratoire, et aurait pu aisément rendre l'esprit du cryogéniste encore plus malléable. Cependant, Pamela ignorait de quelle manière sa drogue interagirait sur les récepteurs de sa cible physiologiquement non-humaine. Préférant ne prendre aucun risque, elle se contenta d'utiliser une voix de sirène pour gentiment amener son interlocuteur à adhérer à ses paroles. Se relevant nonchalamment pour laisser Fries méditer sur sa proposition, elle continua en s'adossant à une console :


« Éliminer le PDG de la GothCorp faisait partie de mes plans depuis le début... Les industriels sans vergogne qu'il fréquente et soutient polluent depuis trop longtemps notre planète ; l'un comme l'autre doivent être stoppés... D'une façon définitive.
Je me suis arrangée pour être recrutée à votre ancien poste, dans le but de supprimer ce menteur éhonté à la moindre occasion. Accessoirement, j'ai également pu acquérir grâce à ce nouvel emploi un matériel de pointe, qui nous sera probablement très utile dans les semaines à venir...
»

L'oratrice secoua négligemment sa chevelure pour en vérifier l'écoulement fluide, signe que le gel ne s'y était pas encore attaqué. Tout en ramenant une épaisseur de protection sur son cuir chevelu, elle confessa (juste pour mieux leurrer le scientifique) :

« Nos points communs sont plus nombreux qu'il n'y paraît, mon cher Victor. Certes, nous partageons une animosité viscérale à l'égard des patrons tels que Boyle, et nous sommes tous deux biologistes. Mais au-delà, nous avons tous deux été trahi, et avons frôlé la mort. Vous, par congélation forcée de la main de votre employeur ; moi, par empoisonnement de la main de mon précédent petit ami... Ce genre d'expérience vous change... Profondément. Vous métamorphose en quelque-chose de plus fort, une sorte de version améliorée de votre vie passée. Prenez par-exemple ce Batman, ou... Le Joker. Tous deux ont dépassé leur condition d'êtres humains ; tous deux réussissent là où le mortel échoue. Ils se sont libérés des limites de leur nature d'homo sapiens, et les citoyens lambda les craignent avec justesse. Songez à ce qu'ont accompli ces deux individus, et dites-vous qu'ils ne sont pas les seuls... Vous et moi sommes comme eux, Victor. Qui survivrait à une dose létale de poison ? Qui survivrait à une cryogénisation sans préparation préalable ? »

Brûlante intérieurement, la jeune femme sourit largement à son compère.

« On ne choisit pas d'être meilleur, on le devient par la force des choses. Votre ancienne vie est derrière vous, et c'est aussi le cas de votre identité. Forgez-vous en une nouvelle, qui correspond à ce que vous êtes maintenant. Inspirez-vous de ce qui vous a transformé, et faites-en votre force, votre atout maître. Puis joignez-vous à moi pour montrez à ceux qui nous ont déçu ce qu'il en coûte de nous contrarier. » Gronda Ivy, les iris pétillantes.

Elle avait soigneusement évité d'informer son vis-à-vis de son problème de perception des couleurs, et négligé d'aborder le thème de l'adaptation à une vie en extérieure du cryogéniste. Que le quinquagénaire ne puisse quitter la cachette sans en pâtir sérieusement assurait la reine verte d garder son assistant de génie sous contrôle, comme s'il eût été équipé d'une laisse extrêmement courte. Quant à sa promesse voilée de guérir la femme de Fries, elle réfléchissait déjà à un moyen d'éviter d'avoir à l'honorer. Dans le pire des cas, tuer le veuf éploré dès qu'il deviendrait trop agaçant pourrait se révéler aussi simple que de monter le thermostat du laboratoire...
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Enigme scientifique [PV Fries]
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