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 Du pain et des jeux (sujet libre)

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Batman
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MessageSujet: Du pain et des jeux (sujet libre)   Mer 13 Juin - 21:11

Spoiler:
 


Bruce reposa le journal sur la banquette de sa Rolls-Royce et réajusta sa cravate.

« Pourquoi autant d’agitation autour d’une simple rencontre sportive ? Ça me dépasse. »

« Vous connaissez le proverbe maître Bruce, du pain et des jeux pour la plèbe, ce genre d’évènements permets aux braves citoyens d’oublier pour un temps leurs problèmes. »

« Alfred, vous devriez être content, pour une fois je ne suis pas reclus dans le manoir et sort en ville sous un habit civilisé. »

« Uniquement parce que vous savez que Mademoiselle Peleonor pourrait s’y trouver parmi les mondanités. D’ailleurs pourquoi ne l’avez-vous pas invité à vous accompagner ce soir ? »

« Mais parce que son père est déjà là-bas Alfred ! S’il me voit avec elle il… »

« Dois-je comprendre qu’il faudra attendre encore longtemps avant de voir une nouvelle génération Wayne courir dans le manoir ? »

« Vous n’allez pas encore remettre ça ! »

La Rolls s’approcha du Gotham Square Garden, la foule envahissait les rues alentours. A peine Bruce avait-il posé un pied à la sortie de la voiture sur le tapis rouge réservé aux VIP de la soirée que les flashs des appareils photo crépitèrent et l’éblouir. Les questions des journalistes jaillirent toutes et se couvrirent les unes les autres :

« Mr Wayne par ici ! »

« Souriez Mr Wayne, c’est pour la photo ! »

« Mr Wayne, c’est vrai cette rumeur de licenciement de 500 salariés aux sein de Wayne Enterprise ? »

« Mr Wayne, confirmez-vous avoir eu une liaison avec le top-modèle Cindy O’riordan ? »

« Mr Wayne, que pensez-vous de ce qui vient d’arriver à votre amis Harvey Dent ? Pourquoi a-t-il disparut ? Pensez-vous qu’il a été enlevé ? »

Le milliardaire avança sans se préoccuper de leurs questions et se dirigea vers l’entrée nord de l’édifice pour s’engouffrer dedans avec l’escorte bienveillante des agents de sécurités aux entrées qui protégeaient les personnalités de la soirée. Il se rendit dans la salle d’attentes des VIP qui patientaient devant un buffet. Tout le monde affichait des sourires de circonstances mais Wayne décelait des regards nerveux et inquiets. Tout le monde était encore sous le choc à cause de ce qu’il s’était passé lors du procès de Maroni. Parmi les invités, il y avait Carmine Falcone en personne qui triomphait radieux au milieu de sa suite de rital en costard Armani et en borsalino. Il était plus puissant que jamais. La ville lui appartenait, ses deux pires ennemis étaient hors d’état de nuire sur l’échiquier du pouvoir à Gotham. Maroni après sa tentative de meurtre contre un procureur fédérale allait être enfermé à vie ou bien se retrouverait sur la chaise électrique du pénitencier de Blackgate. Quand à Dent, désormais gravement défiguré, il était hors course. Falcone le soupçonnait d’être mort, personne ne pouvait survivre à des blessures aussi effroyables à moins d’avoir un acharnement hors du commun pour survivre. Quant à sa disparition dans l’hôpital, il soupçonnait un enlèvement mais se demandais bien de la part de qui. De toute façon ça n’avait plus d’importance, il n’avait plus aucun obstacle sur sa route, la domination sans partage du crime semblait être son avenir tout indiqué.

Le maire Hamilton Hill était entouré par ses gardes du corps et ses adjoints. Ils discutaient vivement entre eux. Toujours aucune trace de Dent, on ignorait totalement où il avait disparus et pourquoi. Personne ne s’entendait sur le nouveau procureur qui devait prendre sa place. De toute façon, plus grand monde n’était volontaire pour un poste à haut risque, les mafieux n’avaient même plus peur de descendre les magistrats. Gotham City était devenus une zone de non droit. Qui avait osé kidnapper Dent sur son lit d’hôpital et si il avait fui, comment avait-il pu le faire malgré le caractère atroce de ses blessures ? L’incompréhension du maire était total.

Bruce ignora l’agitation et s’approcha du buffet. Là un plateau, il ne restait déjà plus un seul petit four, juste un seul et unique toast au caviar. Wayne tendit sa main pour le prendre et juste au moment où ses doigts allaient se refermer dessus, il cogna sa main à celle d’Oswald Cobblepot qui avait eu la même initiative que lui pour accaparer le dernier amuse-gueule. Wayne le toisa de toute sa hauteur et le fixa méprisant. Impossible d’oublier le très déplaisant personnage qui avait fait jeu égal avec lui lors d’un affrontement à l’hôtel de ville attaqué par des émeutiers. Bruce savait que ce nabot n’était autre que le Pingouin, ce nouveau venus dans la pègre, un outsider marginal qui jouait des coudes avec les mafieux pour s’imposer et avoir son propre gang.

« Cobblepot ? C’est bien ça ? C’est bien votre nom, je l’avais oublié tellement il ne m’avait pas marqué. Vous essayez de devenir célèbre d’après mes souvenirs ? Courage, peut être qu’un jour on vous accordera une quelconque importance. Un conseil juste entre nous, laissez tomber les hauts de formes et les monocles, c’est totalement démodé et hors de propos, vous continuerez d’être la risée de la haute société avec un tel accoutrement. Sur ce, bonne soirée, j’espère que le combat vous plairas. »

Il s’éloigna du très déplaisant criminel, il n’avait encore aucun moyen pour prouver qu’il était le Pingouin, mais un jour, il y arriverait. Wayne se dirigea vers la grande salle en passant devant des affiches de Foreman et Cleveland en train de lever leurs poings face à face. Il rejoignit sa place au premier rang devant le ring. Ces fauteuils-là étaient tous hors de prix, plus de 1500 dollars, un nouveau record pour ce combat de toutes les démesures. Bruce aperçut le maire, Falcone et tous les autres notables qui prenaient place. Il chercha Rakel et son père du regard.

Le stade était bourré plus qu’à craquer, les spectateurs étaient coincés comme des sardines en boîte, personne ne voulait manquer le combat du siècle. On aurait dit que chaque humain présent était en train de hurler. Les deux boxeurs firent respectivement chacun leur entrée et s’avancèrent jusqu’au ring. Les agents de sécurité repoussaient la foule qui affluait sur eux pour les toucher. Ils criaient en les enjoignant à tuer leur adversaire. Le ring baignait dans un carré parfait de lumières jaunes et brûlantes. Lorsqu’ils enjambèrent chacun les cordes pour monter sur le lieu du combat, toutes les grosses huiles en costume cravate au premier rang se mirent à applaudir à tout rompre. Les caméras télés répartis tous autours ne manquaient rien. Les rugissements allèrent en s’amplifiant. Un homme en smoking munis d’un micro s’avança au centre du ring :

« Bienvenue au Gotham Square Garden, ce soir le championnat du monde des lourds. Dans le coin rouge, originaire de Chicago, pesant 108 kilos, avec un palmarès de 46 combats, 43 victoires dont 38 par KO, 2 défaites et 1 match nul, le tenant du titre, Joe Foreman the Killer ! Dans le coin bleu, le challenger, originaire de Gotham City, pesant 103 kilos, invaincu en 36 combat dont 32 par KO, Tony Cleveland the Punisher ! »

La foule devint cinglée, 80 000 spectateurs hurlèrent et tapèrent des pieds dans les gradins. Le fracas augmenta en intensité au retentissement du gong et le combat commença.

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MessageSujet: Re: Du pain et des jeux (sujet libre)   Jeu 14 Juin - 8:45

" Cleveland ! Cleveland! Cleveland! "

Les acclamations retentissaient à travers la ville, les gens écoutaient à la radio les commentateurs sportifs qui parlaient du combat qui aurait lieu ce soir dans des termes élogieux. Les gens dans les magasins de spiritueux et les salles de billard avaient tous l’oreille collée à la radio. Des bandes massées sur les trottoirs captaient les émissions sportives sur leur radio. Tous les citoyens de Gotham qui n’étaient pas dans les rues étaient soit chez eux devant la télé en attendant fébrilement le début du combat, soit réunis en masse dans le grand stade de la ville pour y assister. Jonathan Crane vêtu de son costume marron et fade de psychiatre, marchait dans les rues en croisant ses mains derrière le dos. Il observait les bouteilles de gnôle et les cigarettes qui circulaient entre les gens tous à l’écoute de leur radio. Les groupes dans les rues allaient de 10 à 100 personnes. C’était une vraie cacophonie comme on avait plus vue depuis le jour dernier où Salvatore Maroni avait créé le grand chambard lors de son propre procès. Visez plus tôt : premier mafieux de l’histoire de la ville à tenter de descendre un procureur et en pleine audience devant le juge s’il vous plait.

Crane passa devant des parkings et observa des grosses transactions, des maquereaux à talonnettes prenaient des paris sur le vainqueur du futur combat. Il s’arrêta brièvement devant une compagnie de taxi dont les bureaux étaient bondés. Le patron avait installé un écran géant pour retransmettre la rencontre en circuit privé et l’entrée était libre. Il marcha quelques rues encore et déboula devant le Garden, il fit la queue pendant plus d’une demi-heure dans la foule avant de pouvoir rentrer à l’intérieur. Une fois dans la place, il ne se dirigea pas tout de suite vers les gradins, il se faufila dans les coulisses pour voir l’envers du décor. Il cherchait l’endroit où l’on enfermait les recettes des tickets d’entrées avant qu’elles ne soient convoyées vers la banque de Gotham dans un transport blindé. Crane s’installa dans une rangée de fauteuil près des locaux administratifs et consulta une brochure sur le Gotham Square Garden. Les spectateurs prestigieux donnaient leur impression :

Le conseiller municipal Burrows : « Le meilleur stade de toute la ville et pour cause, c’est le seul. »

Un manager sur le retour : « L’avant-garde du sport et du spectacle à Gotham. »

Une vieille gloire sportive : « Seul endroit où on contrôle le dopage des athlètes. »

Le propriétaire du Garden s’avança suivis de son secrétaire et d’une prostituée. Il avait l’œil hagard de celui qui a trop picolé pour avoir gagné un maximum de fric en une seule soirée. Crane se leva et le suivit discrètement en espérant qu’il le mènerait jusqu’à l’argent. Une fois qu’il aurait identifié où se dissimulait le coffre-fort du stade, il reviendrait plus tard en Epouvantail pour cambrioler. Il suivit le proprio en passant devant le bureau des agents de sécurité, ils ne firent même pas attention à lui. Avec la foule monstre dans le stade, ils étaient sur les nerfs. Ils avalèrent du café noir musclé avec de la déxédrine. Ils n’osaient pas imaginer le chaos monstre s’ils devaient évacuer 80 000 personnes en cas d’incendie. Le proprio du Garden s’arrêta à un bureau, fouilla dans un tiroir et trouva un comprimé anti-mal de tête. Il l’engloutit sans eau en soupirant un aah sonore. Un attroupement de journaliste passa bruyamment devant Crane en manquant de le renverser. Le proprio s’arrêta dans une pièce noire de monde, des spectateurs errant qui s’étaient paumés et des membres du personnel du stade en train de dévorer des sandwichs. Crane se mêla à la foule incognito. Un boxeur sur le retour monopolisait l’attention, c’était un vieux en fin de carrière qui était venus voir le combat comme tout le monde. Il brandissait le Gotham Globe, il citait un article d’une voix forte au proprio :

" Un ex-champion dans les ennuis. L’ancien caïd des rings de Gotham n’a plus un rond. De nombreuses sources confidentielles, nous ont révélé que le boxeur Jimmy Lee Earle, qui fut champion d’Amérique du Nord et un puissant pourvoyeur de prouesses pugilistiques avec KO à la clé, pourrait bientôt demander des bons de nourriture à l’aide sociale. La rumeur dit que son pécule diminue, diminue depuis qu’il a signé un contrat il y a quelques mois avec Oswald Cobblepot comme nouveau manager. Il ne lui reste plus aucune économie et l’éventualité d’un combat revanche contre le jeune challenger Tony Cleveland qui doit défier le champion du monde prochainement, est considéré par les professionnels de la boxe comme un projet chimérique. "

Le proprio se marra en lui tapant dans le dos :

" C’est vrai tout ça ? t’as signé avec Cobblepot ? "

Le boxeur grogna :

" C’est un ramassis de mensonges. J’ai 10 000 $ en action kellog’s cornflakes rice krispies et j’ai 3000 $ dans ma poche. "

Crane quitta les bureaux. Trop de monde ce soir, impossible d’espionner quoi que ce soit. Il se rendit vers les gradins. Il était assis et recroquevillé dans la foule. Il oublia le désagrément et l’inconfort total en imaginant qu’il balançait son gaz paniquant sur les 80 000 spectateurs pour créer une furie de panique apocalyptique. Il fut bousculé par la folie collective alors que le combat commençait. Il s’interrogea sur le besoin avide de sang et de violence des spectateurs. A continuer comme ça, ils allaient finir par faire peur aux deux boxeurs sur le ring.
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Rakel Peleonor
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MessageSujet: Re: Du pain et des jeux (sujet libre)   Jeu 14 Juin - 15:37

Oh que cette perspective de soirée m'ennuyait, je n'étais pas une fan de ce genre de combat, ce n'était pas mon truc, mais tout le gratin y était invité, moi compris. D'ailleurs mon père ne m'avait pas laissé grand choix lorsqu'il m'avait planté sa carte bancaire dans ma main pour que j'aille me trouver une robe digne de ce nom. Sa consigne, éblouir tout le monde rien que par ma présence. Je détestais lorsqu'il se servait de moi comme d'une vulgaire parure pour briller en société. Regardez comme ma fille est magnifique, chut chérie, ne gâche pas tout en ouvrant la bouche. J'avais beau protester, hausser les sourcils et ronchonner rien n'y faisait, je devais être prête pour ce soir. Bien, je choisis la robe la plus chers de mon magasin préférée, une magnifique robe bustier blanche tâchée de noire, suffisamment longue pour ne pas être vulgaire. Et puis comme la robe ne faisait pas tout une nouvelle paire de Jimmy Choo, des escarpins qui feraient pâlir de jalousie n'importe quelle fille présente à cette soirée. Il faut dire que peu importait les dépenses, mon père était visiblement ravie. Mes yeux étaient mis en valeur grâce au maquillage sombre et mes cheveux détacher finissait de me donner cette allure sauvage, presque intouchable.

Étant donné que ma mère n'était pas présente mon père choisit la
Dodge Viper noire pour faire son apparition, une Américaine, logique comment un homme politique pourrait conduire une voiture étrangère. Tout était une question de pub. J'aurais souhaitez conduire mais mon paternel n'aimait pas l'image que cette attitude donnerait, déjà que j'étais bien assez rebelle en ayant refusé une carrière de modèle pour le journalisme. Un nouveau soupire accompagné bien évidement d'un sermon de mon père face à mon comportement, il ne faudrait pas que les caméras voient ça.


"Voyons papa, tu sais bien que je serais la petite fille exemplaire, tu l'as dit toi même, je ferais une excellente actrice, avec un peu de chance, on me proposera un rôle."

Son regard se fit d'autant plus réprobateur, et il me demanda de ne pas prendre les choses sur ce ton. D'ailleurs il semblait lui aussi espérer que cette soirée serve à m'éloigner du journalisme, je savais qu'il ne supportait pas mon boulot, et qu'il n'attendait que ça. Si il savait à quel point je me sentais mal depuis mon aventure dans le cimetière et combien de fois je m'étais dis qu'il serait tellement plus simple de jouer les potiches pour un magasine de mode. La peur était un poison qui vous consumait petit à petit. Qu'importe ce soir ce n'était pas ce qui apparaissait. Alors que la Viper s'arrêtait devant le tapis rouge et qu'un homme se précipitait pour aller garer l'engin, je sortis de la voiture au bras de mon père, resplendissante, offrant le plus beau de mes sourires aux objectifs et caméras. J'étais née dans ce monde, et ça se voyait, j'aimais ça, j'étais à ma place, je jouais avec les journalistes alors que mon père n'appréciait guère ce moment de la soirée, sans doute à cause des questions gênantes qui raisonnaient. Une seule me fut destinée et elle me tira un sourire.

"Mademoiselle Peleonor est il vrai que vous avez été contactée par Karl Lagerfeld en personne pour devenir sa nouvelle égérie?"

Je me contentas d'y répondre en posant mon index sur mes lèvres comme si il s'agissait d'un secret à ne pas ébruité. Une réponse qui ne m'engageait pas mais qui ferait parler alors que c'était totalement faux. Je me demandais bien qui était leur source à moins que se ne soit que le fruit de leur imagination. Qu'importe une fois la partie de plaisir des photos et de l'accueil VIP je me retrouvais au milieu d'une foule compact de VIP. Poser le regard sur certains d'entre eux me procurait un frisson d’effroi dans le dos en souvenir de mes soirées agités dans Gotham, que se soit avec Knox, seule ou avec Bruce. D'ailleurs il devait être là quelque part, et si je faisais semblant de m'intéresser à la conversation de mon père avec un autre homme politique dont j'avais oublié le nom, je ne pouvais m'empêcher de le chercher du regard. Cette soirée promettait d'être d'un ennuie mortel...
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MessageSujet: Re: Du pain et des jeux (sujet libre)   Jeu 14 Juin - 19:51

Comme toujours et grâce à son grand intellect, Oswald progressa à pas de géant dans sa quête de pouvoir. Lors de l'invitation de Plunkett Sr auquel des criminels de bas étages et lui-même avaient été conviés pour faire le ménage, le cambrioleur au parapluie avait réussit à découvrir le lien unissant l'homme d'affaires au tueur en série. Le Feu Follet Fou est le fils de Plunkett Sr ! Oui... il est évident qu'Oswald n'est pas omniscient et que cette soirée ne lui a donnée que des soupçons qu'il a dû étayer à grands renforts de preuves, de pots-de-vin pour les informateurs intelligents, d'os brisés pour les plus réticents et divers méthodes moralement répréhensibles. Le tout fut expédié dans le bureau même du commissaire Gordon avec tous les compliments d'un mystérieux bienfaiteur. Le Pingouin, un bienfaiteur ? Ne pensez pas qu'il a donné cette information par bonté d'âme. Autant faire confiance au Diable. En prouvant la complicité d'Howard Plunkett Sr dans le Long Halloween, la place d'intermédiaire entre les politiciens et la mafia est libre.

L'ambitieux criminel d'un mètre cinquante huit n'avait pas chômé durant cette période troublée par les exactions du Feu Follet Fou. Le Pingouin s'était mit à la boxe. Personnellement ? Non. Du tout ! C'est un excellent escrimeur, il est vrai mais il a passé l'âge de se battre comme un chiffonnier. Maintenant, il paye des laquais pour ces basses œuvres. Oswald se moque éperdument de la boxe. Deux types transformant le visage de leur adversaire en sauce bolognaise sur un ring ? Très inintéressant. La seule chose d'intérêt dans ce sport, c'est l'argent qui circule dans les mains des bookmakers. Et voilà comment un cambrioleur de son gabarit et petit chef de gang devient un respecté organisateur sportif. Beaucoup d'argent avait circulé et plusieurs sacs de ciment avaient servit à obtenir le silence de détracteurs pour mener à bien son entrée dans la boxe professionnelle.

« Et surtout, n'oublie pas de sourire ! »

Répéta pour la dixième et dernière fois le Pingouin avant que la porte de la limousine à long châssis ne s'ouvre devant un tapis rouge. Les journalistes amassés sur les barrières de corde rouge VIP le mitraillèrent avec le flash de leur appareil photographique en l'appelant frénétiquement. Tout sourire, il salua ces grattes-papiers avant de pointer ses bras vers l'imposant individu sortant derrière lui pour donner du spectacle à la plèbe. Tony Cleveland, le challenger au demi-sourire, fit quelques saluts discrets à la foule mais dû en faire davantage, poussé par la hardiesse du Pingouin l'incitant à lever les bras en l'air, faire le signe de la victoire avec son index et son majeur ou encore faire la pose à ses côtés devant les photographes.

« N'est-il pas magnifique, notre champion ? Je vous le demande ! Je n'ai rien vu de semblable de toute ma carrière professionnelle ! S'exclama t-il à l'intention des preneurs d'images. Tony. Je t'ai demandé de sourire... Rajouta t-il à demi-voix sans desserrer la mâchoire. Oui ! Mesdames et messieurs, vous avez devant vous celui qui va devenir le nouveau symbole de ce noble sport ! La fierté de la nation tout entière ! »

Alors que "The Punisher" entra dans les coulisses du stade pour se préparer au combat l'opposant à Joe Foreman, des journalistes hélèrent ce dernier pour avoir une exclusivité mais il les ignora, au contraire du Pingouin qui s'avança vers les barrières de sécurité.

« Monsieur Cobblepot ! Quelles sont vos impressions pour le match de ce soir ? »

« Mon poulain va gagner. C'est une certitude ! Je suis aussi certain que le match sera à la hauteur de nos espérances et que sa date sera connu de tous. »

« Avez-vous vu Tony Cleveland durant ses séances d’entraînement ? Est-il confiant ? »

« Il m'avait l'air tout aussi confiant qu'à ses précédentes victoires. Je ne doute pas de ses capacités de combattant. »

« Vous n'avez donc aucune crainte du teneur du titre ? »

« Pas vraiment. C'est un vieux baroudeur dans la boxe professionnelle. Certains diraient même que c'est une légende du sport mais il est temps pour lui de tirer sa révérence et laisser place à un champion plus jeune. »

« Qu'avez-vous à répondre des récentes accusations sur la mort du manager de ce dernier ? »

« Je ne ferais aucun commentaire sur cette tragédie. Cette soirée est réservée à la boxe. Si vous voulez bien m'excuser, j'ai un champion à soutenir. »

En s'éloignant du parterre de journalistes, Oswald s'adressa à son garde du corps, chauffeur et souffre-douleur, un afro-américain de grande taille, battît comme une armoire à glace, complètement chauve et masquant son regard de brute derrière une paire de lunettes noire.

« Bossworth ! J'ai une mission pour toi. »

« Monsieur ? »

« Surveille le larbin de Bruce Wayne. Je l'ai vu dans sa voiture en arrivant. Pourris lui sa soirée. »

Le Pingouin rejoignit les notables de la ville réunit dans une salle réservée à l'élite de la société. Il salua son ami et soutien, le maire Hamilton Hill, serra la main de nombreux industriels, essaya de broyer celle de Roland Daggett et congratula Carmine Falcone. Après les salutations d'usage et ronds de jambes aux personnes à flatter, Oswald s'éloigna du gratin mondain pour déguster quelques canapés et hors d’œuvre et, en voulant s'emparer du dernier toast, sa main cogna celle d'un autre riche affamé.

« Wayne ! Quelle bonne surprise ! Je pensais justement à... »

« Cobblepot ? C’est bien ça ? C’est bien votre nom, je l’avais oublié tellement il ne m’avait pas marqué. Vous essayez de devenir célèbre d’après mes souvenirs ? Courage, peut être qu’un jour on vous accordera une quelconque importance. Un conseil juste entre nous, laissez tomber les hauts de formes et les monocles, c’est totalement démodé et hors de propos, vous continuerez d’être la risée de la haute société avec un tel accoutrement. Sur ce, bonne soirée, j’espère que le combat vous plairas. »

Le coupa le milliardaire misanthrope avant de s'éloigner de lui, le laissant seul et aigrit. Le dernier des Cobblepot écrasa le dernier toast en essayant de canaliser sa colère vers la promesse d'une ignoble vengeance lavée avec le sang de Wayne. Ce dernier avait rejoint les personnalités de Gotham dans les premières places en face du ring. La presque totalité des places furent prise lorsque les deux boxeurs apparurent et que le speaker les accueille de sa voix énergique. Alors qu'il résuma le palmarès de chacun d’entre eux, un employé du stade s'approcha du voisin de gauche de Bruce et capta son attention.

« Monsieur ? Excusez-moi. »

« Hein ? Quoi ? Qu'est-ce que vous me voulez ? »

« Je regrette mais votre place est réservée. »

« Comment ?! C'est impossible ! Cela fait des mois que j'ai fait ma réservation ! »

« Toutes mes excuses. Il s'agit d'un imprévu de dernière minute. Suivez-moi, je vais vous montrer votre place. »

Et alors qu'ils s'éloignèrent, Oswald prit sa place en arborant un grand sourire et fit semblant d'écouter le monologue du speaker avant de feindre l'étonnement en voyant le multimilliardaire assit à sa droite.

« Ça par exemple ! Encore vous ? Le monde est décidément très petit. J'ai beau être l'organisateur du match de boxe du siècle qui restera sans doute dans les annales de notre mère-patrie mais à aucun moment je n'ai cru avoir la chance d'être à vos côtés ! »

Le Pingouin se fit réjouit d'être là alors qu'il meurt d'envie de lui planter une lame en plein cœur. Le match de boxe venait de débuter mais il s'en moqua éperdument. Tout ce qu'il veut, c'est tourmenter Bruce Wayne. Pendant quelques instants il applaudit son poulain comme n'importe lequel de ses supporteurs mais profita d'une clameur pour agripper le cou de Wayne avec le pommeau recourbé de son parapluie et tirer la tête de ce dernier vers lui. Oswald Cobblepot rapprocha son visage de l'oreille de son ennemi héréditaire et, d'une voix haineuse comme semblant contenir avec difficulté toute la rage l'animant, lui susurra :

« Oui ! Quelle chance d'avoir l'opportunité de clarifier certains détails ! Ta famille a détruit la mienne, Wayne ! Tu nous as traîné dans la boue, mit plus bas que terre mais c'était sans compter sur la détermination des Cobblepot ! Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. N'est-ce pas ? Me revoilà de nouveau dans la course et je compte bien te briser comme vous l'avez fait avec ma famille ! Je vais faire de ton existence un enfer ! Je n'aurais de cesse de détruire tout ce qui a de l'importance pour toi ! Ta société, ton manoir, tes biens, tes amis, ton domestique, je vais tout te prendre ! Tout ! Je veillerais à ce que chacune de tes séparations soit aussi douloureuse qu'une ablation d'organe sans anesthésie ! Tu connaîtras la froideur de l'hiver dans le caniveau, les repas offerts aux sans-abris, le plaisir de l'alcoolisme et le goût amer de la prostitution ! Je me délecterai de chacun de tes malheurs, Wayne ! Tes larmes auront le goût du plus divin des hydromels, tes supplications se transformeront en une douce mélodie et tes déboires me serviront de comptines avant de m'endormir ! La mort te sera interdite ! Interdiction formelle de me spolier ce privilège ! J'engagerais une armée d'hommes de mains, de médecins et d'avocats s'il faut te maintenir en vie pour que je puisse profiter de chaque seconde de ton malheur et ce n'est que lorsque j'aurais pitié de ta misérable carcasse que je daignerais t'achever comme une vulgaire punaise ! »

Il relâcha son étreinte, reprit son air faussement joyeux comme si de rien n'était et, comme si ce détail lui avait échapper, rajouta d'une voix soi-disant confuse :

« Oh ! J'ai faillit oublier ! Je viens de racheter votre place ! Un affreux sourire machiavélique se dessina sur son visage. Wayne... vous êtes mon invité ! »

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MessageSujet: Re: Du pain et des jeux (sujet libre)   Mar 19 Juin - 11:35

Double-Face



La soirée battait son plein au Gotham Square Garden, les rues aux alentours du grand stade de la ville étaient maintenant vide. Une silhouette sortit d’une ruelle. En le voyant surgir de l’ombre, n’importe qui l’aurait considéré comme un fantôme. Harvey Dent avança d’une démarche lente mais froidement résolus. Alors qu’il s’approchait de l’une des portes de services réservées au service technique, il sortit un revolver de sa veste et le chargea tout en murmurant d’une voix rauque, amer et inquiétante que personne n’avait jamais entendus chez lui :

« Tu vas voir Harvey, ce n’est absolument pas difficile d’utiliser ça. Tu sais pourquoi il y a plus de morts dans notre civilisation actuelle ? C’est parce qu’on emploie des armes à feu, nous nous sommes facilité la tâche, avant il fallait vraiment le faire pour tuer quelqu’un en utilisant son épée, sa hache ou son arc. Alors qu’aujourd’hui, il suffit juste d’appuyer sur une vulgaire détente. »

A l’intérieur, la foule vociféra dès le premier coup de gong. Le challenger dansa habillement autours du champion en titre. Les deux campaient sur le ring en donnant une impression de puissance et la confrontation qui allait suivre allait apparaître comme très sauvage.

Dent entra par la porte de service, ses deux mains enserraient son arme qu’il levait devant lui et il s’avança prudemment, passant devant un agent de sécurité assoupis qui dormait sur une chaise où il s’était posté en étant sensé surveiller les issus du bâtiment.

Sur le ring le champion Foreman balançait de lourds directs avec trop de confiance en lui. Son adversaire balança soudain un coup sauvage qui décontenança son rival qui rompit et se laissa bombarder d’enchainements sous le coup de la surprise. A la fin du round il retourna à son coin en maugréant, complétement hué par la foule. Il repoussa son entraineur par colère alors qu’il qui essayait de lui prodiguer des conseils.

Dans les coulisses, Dent passa dans le dos d’un agent de sécurité, il agrippa ses mains autours de son cou et l’étouffa avec une frénésie criminelle que jamais personne n’aurais pu soupçonner chez lui. Il observa le corps en commentant de sa voix affreuse :

« Tu vois Harvey ? C’était pas si difficile que ça. »

Dans le round 2 le champion repartit à l’assaut, il matraqua Tony Cleveland de ses directs. Le challenger subissait l’orage mais résistait. Le public était en transe, on leur avait promis un combat et ils en avaient un. Il semblait en cet instant que la victoire importait peu, la seule chose que voulaient tous ces braves citoyens c’était du sang, comme s’ils y étaient aussi habitués qu’à la viande saignante.

Près des vestiaires, Dent se rapprochait de la grande salle, une porte cadenassée bloquait le passage. Il pointa son arme sur la serrure et la démolit d’un seul coup de feu. La détonation fut dissimulée par le vacarme des chaudières à cet endroit et par les cris incessants de la foule en train d’hurler face au ring qui débordait de violence.

Dans le 3éme round, Foreman matraquait son adversaire qu’il avait coincé dans les cordes, Cleveland encaissait impuissant, n’étant plus que victime, la foule lui hurlait haineuse de contre-attaquer alors qu’il tentait désespérément de survivre.

Dent marchait dans l’un des couloirs que le champion avait emprunté avec son équipe de soigneurs et son entraineur avant de rejoindre le ring. Un employé du stade qui trainait là par hasard l’invectiva avec force en lui disant qu’il n’avait pas le droit d’être là. Lorsque Dent se retourna vers lui et qu’il put contempler son visage, l’employé se mit à trembler, perdit le contrôle de ses fonctions corporels, il s’urina dessus, tenta d’articuler quelque chose les lèvres tremblantes puis devenus blanc comme un linge, il s’évanouit face à la vision cauchemardesque du nouveau visage de Dent.

Au 4éme round, Cleveland n’abdiqua pas et engagea un corps à corps difficile avec le champion, s’ensuivit des échanges de coups confus et brutaux. D’une droite vicieuse, il envoya Foreman à terre qui se releva aussitôt ulcéré pour reprendre l’assaut. Ils se jetèrent l’un sur l’autre comme des bêtes sous le regard avide du public. Ils frappèrent plus pour survivre que pour gagner. Ce fut au tour de Cleveland d’être envoyé à terre, un retournement de situation qui étonna l’arbitre qui se recula effrayé. Le martèlement repris avec encore plus d’intensité. Le combat devenait fou, les deux boxeurs se blessèrent l’un et l’autre au visage à coups d’uppercuts et de crochets mortellement précis. Le champion retomba à nouveau au tapis, le visage au sol, en se relevant il laissa une trainée de sang.

Dent apparut devant la dernière porte ouvrant sur la salle. Un flic montait la garde. Il le vit et dégaina son arme.

« On ne bouge plus ! Qu’est-ce que… Dent ? Non c’est impossible ! Comment avez-vous pu survivre à ça ? »

Il tremblait et transpirait, l’être au visage mi-ange mi-démon en face de lui ne pouvait pas être le pauvre procureur, un homme ne pouvait pas rester en vie avec de tels stigmates. A moins que ce ne soit un fantôme ?

« N’approchez pas ! Restez à distance ! Ne me touchez pas ! »

Il avait pointé son arme face à de nombreux criminels pendant sa carrière, mais pour la première fois, l’homme qu’il tenait en joue ne donnait aucun signe de peur ni aucune signe d’énervements, comme si la peur de mourir ou d’être blessé était totalement absente chez lui. Il lui dit narquois de sa voix affreuse qui n’était absolument pas celle de Dent :

« Inutile, quelqu’un d’autre à déjà tué Harvey a ta place si l’on peut dire. Crois-tu vraiment que j’ai peur de me prendre une balle ? J’ai connus bien pire et bien plus douloureux avec la morsure de l’acide. »

Le flic laissa tomber son arme et prit la fuite en courant. Dent ouvrit les portes des deux mains et s’avança dans l’une des grandes allées centrales menant jusqu’au ring. Il marcha impérial comme si aucune force au monde ne pouvait l’arrêter. Personne dans le public ne le remarqua. L’attention totale de la foule était braqué sur le ring où le 5éme round avait une ambiance de fin de monde, une sorte de pugilat d’un autre temps entre ces deux boxeurs lourds qui titubaient sous les coups, haletant, leurs forces laminés par la guerre qu’ils se livraient. Même les flics autour du ring qui étaient sensé empêcher la foule de monter dessus en cas de débordement, était accaparé par le spectacle et ne firent pas attention à Dent qui passa près d’eux pour se planter face au ring.

Il n’existait qu’un seul moyen de stopper net le combat et d’attirer toute l’attention du public sur lui, une seule façon de les faire taire tous pour qu’ils fassent un silence religieux et l’écoutent portée par sa verve et son éloquence, de la même façon qu’ils avaient écoutés autrefois le brillant procureur en plein réquisitoire.

Lequel des deux ? Lequel fallait-il stopper pour que tout s’arrête et qu’il devienne le centre des attentions. Foreman ou Cleveland ? Le champion ou le challenger ? L’ange dans ce corps, c’est-à-dire Dent préférait le challenger car il était issus de Gotham, le démon dans ce corps, c’est-à-dire l’autre, préférait le champion car il était sensé être le plus fort et il n’admirait rien d’autre que la force et méprisait la faiblesse. Impossible de départager entre les deux volontés. Aussi il fouilla dans sa veste et en sortit une pièce dont l’une des faces était brillante, majestueuse et impeccable, l’autre face semblait rouillées, balafrée et noircis.

« Pile, Cleveland, face, Foreman »

Il monta sur le ring en enjambant les cordes. Les deux boxeurs cessèrent de se battre pendant un instant en le fixant incrédule. Tout dans leur regard disait : mais qui c’est ce type et qu’est-ce qu’il fout là ? »

La main de Dent fit un mouvement, la pièce voltigea dans les airs et retomba dans sa main. Face. Il leva son arme et tira dans la tête du champion. Son visage fut arraché, sa cervelle se répandit sur le ring et ses 100 kilos de muscles s’écroulèrent amorphe sur le sol.

Silence totale dans le stade, toutes les caméras télés étaient braquées sur lui et tous les citoyens de Gotham qui étaient assis devant leur écran purent contempler le nouvel accoutrement de leur procureur héroïque et surtout son nouveau visage. Plus de 10 millions de téléspectateurs virent ce qu’il était devenu depuis son dernier procès contre Maroni.

« Merci de votre attention. »

Le seul boxeur encore en vie s’avança courageusement pour stopper le tueur, mais lorsque celui-ci le fixa tout en lançant à nouveau sa pièce en l’air déclencha en lui une terreur effroyable, la vision de la pièce en train de voler pour décider de la vie et de la mort par le simple hasard était si effrayante, si aberrante, si extrême, si insoutenable qu’avant même qu’elle ait ratterrit dans la main de Dent, il sauta du ring et s’enfuit en courant.

La voix dérangeante de l’alter-ego d’Harvey retentit forte et stridente, même dans les derniers rangs des gradins, tous eurent l’occasion de l’entendre clairement.

« Cher amis concitoyens, vous venez une fois de plus de prouver que vous n’êtes que des bêtes en train de vous rassasier de sang avec un plaisir malsain. Pendant longtemps Harvey, ce pauvre Harvey, cette pauvre loque, a cru que le vrai problème c’était la Mafia qui infestait la ville, mais je lui ai ensuite révélé la vérité, le vrai problème c’était vous tous, c’est vous qui avez capitulé, qui n’avez pas résisté, vous avez laissé la Mafia vous corrompre, vous menacer, vous faire peur, vous l’avez laissé faire, à partir de cette nuit vous allez tous devoir assumer votre indolence criminel et votre paresse moral, vous allez devoir expier dans le sang votre illusoire sentiment que la justice de cette ville devait châtier le crime et vous sauver sans que vous n’ayez rien à faire ! Les juges, les avocats, les magistrats, aucun n’a pu vous sauver de la Mafia, pour la simple raison que la justice n’existe pas, il n’y a que le hasard, chaotique, vrai, impitoyable, le vrai destin de chaque être est là. Vous avez cru en Harvey Dent, le hasard s’est brutalement montré à lui. Pendant des années Harvey m’a caché au fond de son âme, il m’a empêché de surgir au grand jour, il m’a retenus prisonnier dans ses cauchemars, il n’a pas voulu me laisser sortir et je grondais à l’intérieur de lui. Mais lorsqu’il ressentit la pire douleur au monde, la morsure de l’acide, l’humiliation publique et la destruction du magnifique visage dont il était si fier, Dent fut cruellement déçu par cette ville, par vous tous. Il était dans une abîme tellement sombre qu’il s’est alors tourné vers moi, la seule chose qui lui restait. Il m’a permis de dominer son corps, de prendre les décisions qu’il n’avait pas le courage d’appliquer, il m’a permis d’exister enfin pour châtier cette ville comme elle le mérite, il m’a donné la clé de sa vengeance. Harvey Dent n’est plus, je suis Double-Face et le calvaire de cette ville maudite ne fait que commencer. »

Il parcourut du regard l’ensemble du premier rang. Son visage ravagé pour moitié à l’acide était si affreux et choquant que certains se crispèrent de dégouts ou se levèrent au bord de la panique pour fuir. Double-face lançait et relançait sa pièce continuellement tout en fixant les riches et les puissants de la ville. Dans un sourire triomphateur et cruel il arrêta son regard sur Falcone. Le parrain de la Mafia devint blême.

« Regardez cet immondice. Pile il reste en vie, face il meurt, une chance sur deux, 50/50. Que décideras le hasard ? Peut-être restera-t-il en vie et régnera sur vous pour vous maintenir dans la terreur pendant 10 ans de plus. Peut-être va-t-il mourir dans l’instant et vous serez enfin libre de sa tutelle, vous pourrez enfin cracher au visage de cette famille. Qui le sait ? Seul le hasard le sait. Il n’y a que deux issus possibles, il y a le bien et il y a le mal, la joie et l’amertume, la victoire et la défaite. La rédemption et la damnation. Les victimes et les bourreaux. »

Il lança sa pièce en l’air dans le geste le plus dramatique que la ville ait jamais connus. Bien que ça ne dura que 3 secondes à peine, ont eu l’impression que le temps venait de s’arrêter et de se figer à Gotham City. Le vieux Falcone semblait au bord de l’infarctus et de l’horreur. Il n’avait pas peur de la mort, combien de fois dans sa vie de gangster avait-il faillit mourir ? Non il avait peur de la façon qu’employait Double-Face. N’importe lequel de ses ennemis l’aurait simplement mis en joue et tué, mais le démon sur le ring était en train de décider ça à pile ou face ! Comme si sa vie n’avait aucune importance et que le fait qu’il reste en vie ou meurt n’était pas si déterminant au point qu’il s’en remette au pur hasard. Jamais Carmine Falcone ne ressentit autant d’angoisses, d’horreur et de désespoir face à la pièce qui retombait dans la main de Dent.

« Face ! »

Exulta Double-Face, son visage martyrisé de brûlures se déforma en un rictus macabre de la pire sorte et il fit feu aussitôt. Deux coups, deux balles. Elles transpercèrent les deux yeux de Falcone. Le liquide graisseux et gluant de ses yeux explosés coula de ses orbites. L’arrière de son crâne vola en éclats d’os et de cervelles, arrosant la foule juste derrière.

« Deux balles ! Deux coups de feu ! Le destin a choisi ! »

Puis ne se retenant plus, Double-Face leva à nouveau son arme et la déchargea entièrement sur le cadavre du parrain tout puissant pour le profaner, il arracha son visage par ses tirs. Puis il balança l’arme vide et fumante par terre sans plus de cérémonies. Les flics consternés qui avaient suivis toute la scène avec la même horreur et la même fascination reprirent leurs esprits et montèrent sur le ring à toute vitesse pour se précipiter vers Double-face, ils le plaquèrent à terre et lui passèrent les menottes.

Mais déjà il était trop tard. Falcone était mort. Toute la ville l’avait vu. Un simple homme, qui n’avait jamais tué auparavant, qui n’avait jamais employé d’armes à feu, venait d’abattre le plus puissant criminel de la ville par sa seule volonté. A partir de cette nuit, plus jamais personne n’aurait peur de tuer ou de se confronter au moindre mafieux, si un simple mortel sans aucun talent criminel particulier était capable d’effacer leur roi d’un simple geste, tout le monde pouvait le faire. En une seconde, en un seul mouvement de pièce, en un seul choix prit totalement au hasard, Dent venait de changer le destin de la ville à jamais. Il y était enfin arrivé, il avait vaincu Falcone mais ironie du destin, il avait du devenir ce qu’il haïssait le plus, un criminel pour enfin y parvenir.

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MessageSujet: Re: Du pain et des jeux (sujet libre)   Mar 19 Juin - 11:40

C’est avec un immense déplaisir que Bruce constata l’arrivée de Cobblepot à ses côtés. Pourquoi le sort avait-il fait en sorte que l’ignoble nabot soit assis juste à côté de lui ? Il écouta éberlué le monologue haineux du Pingouin envers sa personne, il se rendit compte de la folie des grandeurs qui animait la nabot. Il disait haïr Wayne à cause de rivalités ancestrales de leurs familles, mais il était clair pour Bruce qu’il le détestait lui car il symbolisait un modèle de popularité et de réussite dans la haute société qu’il enviait terriblement, Oswald voulait être à sa place, ça crevait les yeux. Devenir le plus riche de la ville, celui que les gens admiraient, celui qui avait un physique agréable qui subjuguait la gente féminine. Lorsqu’il eut finis sa cruelle complainte, Wayne abasourdis n’osa pas répondre. Il mourait d’envie de l’attraper par le col, de le soulever et de faire la revanche du combat qu’ils avaient fait à l’hôtel de ville là tout de suite, mais il se retint en observant la foule de notables et de journalistes autours. Non il fallait garder contenance et contre-attaquer plus tard. Mais pour Batman, le Pingouin ne manquerait pas de devenir la cible n°1 de ses efforts contre le crime maintenant que le Joker avait été neutralisé et enfermé à Arkham, maintenant que le Feu Follet Fou était mort et que Maroni allait finir derrière les barreaux pour de bon.

Aussi il glissa subtilement à Cobblepot :

« Nous verrons bien mon cher, nous verrons bien, à trop vouloir briller on se brûle les ailes, votre fortune récemment acquise me semble terriblement douteuse et vu la politique actuelle de notre commissaire Gordon, vous pourriez très vite vous retrouver à fréquenter les douches collectives de Blackgate avant la fin de l’année. Vous retardez complétement, l’époque où l’on achetait les consciences des juges et des jurées à Gotham est finie. »

Il ne prêtait pas attention au combat. Autant c’était un évènement peu commun pour la foule, autant pour Batman qui était coutumier des affrontements en tout genre, cela le laissait de marbre. Il dévisagea les premiers rangs à la recherche de Rakel et la trouva finalement assise aux côtés de son père. Elle était radieuse dans sa nouvelle robe. Mais bon dieu pourquoi le sort avait-il fait qu’il était assis à côté du gros lard en haut de forme au lieu d’être assis à côté de la plantureuse Rakel ? Bruce se perdit dans ses pensées en l’observant rêveusement de loin pendant tous les rounds. Il revint à la réalité en entendant une détonation particulièrement assourdissante. Le stade complet devint silencieux, 80 000 spectateurs avaient le souffle coupé. Là sur le ring, Harvey Dent ou du moins ce qu’il en restait. Bruce observa avec horreur ce qu’était devenu son ami procureur. Cette voix affreuse, ces morts violentes, était-ce vraiment l’homme en qui il avait cru et pour qui il avait organisé des collectes de fonds ? Le gardien de la morale à Gotham était devenu un démon comme lui-même par dépit pour se venger du mal que le crime lui avait infligé. Il songea que Dent était possédé, qu’il n’était plus maître de lui et cela l’effraya car c’était également le cas pour lui avec Batman. Il observa Double-Face et vit un miroir.

Lorsque Dent se mit à nouveau à parcourir l’assistance des notables de la ville au premier rang, Bruce eut une peur bleue qu’il prenne pour cible Rakel. Il se leva subitement en criant :

« Harvey non ! Je vous en prie ! Ne faîtes pas ça ! »

Double-Face prit pour cible Falcone et Bruce se mit à frémir face à l’exécution sanglante du chef tout puissant de la pègre. Il avait peur non pas pour lui mais pour Rakel car il voyait déjà l’ex-procureur tourner son arme vers elle au hasard après avoir descendu Falcone. Mais non, Double-Face fut satisfait et s’arrêta, la police en profita pour prendre d’assaut le ring et l’arrêter. La foule devant les gradins s’était levé pleine de stupeur et les journalistes foncèrent eux aussi vers le ring pour prendre Dent en photo. Ils bousculèrent tout le monde, y compris Wayne et Cobblepot. Et Wayne ignorant l’agitation, ignorant la ruée de la foule, se dirigea vers Peleonor en n’en tenant plus. Mettre fin à sa peur de la voir prise pour cible par le criminel. La moitié des notables encore assis au premier rang vit le milliardaire approcher avec un air plus déterminé que jamais. Ils le fixèrent tous avec surprise.

« Mais enfin qu’est-ce qu’il fait ? »

Mr Peleonor lui-même regarda inquiet l’homme le plus riche de la ville en train d’avancer droit sur lui et sa fille. Wayne stoppa net devant eux, soulagé de l’avoir là avec lui. Il prit le visage de Rakel entre ses mains et l’embrassa. L’onde de choc fut aussi virulente dans les premiers rangs que ce qu’avait fait Double-face. Les gens regardèrent consterné le couple. Ne comprenant absolument pas pourquoi le plus riche d’entre eux se laissait aller avec une femme alors qu’ils venaient tous d’échapper à la mort car Double-Face aurait pu tuer chacun d’entre eux en s’en remettant au hasard. Ils étaient choqué de voir Wayne faire fit de toute convenance. Pire encore, toutes les jeunes femmes de la haute société dans les 3 premiers rangs qui rêvaient de se marier à Bruce le meilleur parti de la ville, se mirent à trépigner et à s’étrangler de rage en lançant des regards noirs et jaloux à Rakel. Le plus déconcerté par tout ça était très certainement son père qui effaré était immobile et livide, se demandant qu’est-ce qui avait bien pu passer par la tête du milliardaire pour venir présenter ses assiduités à sa fille de cette façon très brusque, sa chère fille en plus ne s’en défendait pas et le laissait faire ! La moitié des journalistes qui jouaient des coudes et se débattaient avec la police pour prendre Dent en photo, saisirent l’occasion du scoop et se ruèrent sur le couple en train de s’embrasser pour les mitrailler de flash de pellicules. Bruce s’écarta d’elle et rouvrit enfin les yeux, il se rendit compte de l’agitation autour de lui à cause de ce qu’il venait de faire et murmura :

« Et ça y est, on va être en première page avec ce pauvre Harvey demain, j’aurais dû me retenir. »

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MessageSujet: Re: Du pain et des jeux (sujet libre)   Mar 19 Juin - 21:23

L'ennuie total, je n'éprouvais pas le moindre plaisir à observer ce combat, ce n'était pas mon truc, mais je faisais bonne figure, il fallait bien. Je retenais mon envie de scruter la foule à la recherche de Bruce. J'avais espéré le voir à cette soirée, mais visiblement il n'était pas proche des places que mon père avait acheté. Non nous avions une toute autre compagnie, non loin de nous, se trouvait Falcone. J'avais du mal à ne pas l'observer, particulièrement avec ce que j'avais pu vivre en compagnie de Knox, et puis il ne manquerait plus qu'il raconte à mon père qu'il m'avait déjà vu, et dans quelle circonstance pour que mon paternel décide de m'enfermer dans un couvent jusqu'à la fin de ma vie. D'ailleurs cette pensée me tirait un petit sourire. Cependant mon sourire s'effaçait rapidement alors qu'un homme monta sur le ring. Non pas n'importe quel homme ce visage, bien qu'à moitié détruit par l'acide, était celui d'Harvey Dent tout le monde le connaissait à Gotham. D'ailleurs j'avais été peinée lorsqu'on m'avait annoncé qu'il était décédé, mais visiblement l'information était erronée. J'écoutais le discours de cet homme que je ne reconnaissais pas, jetant de petits coups d'oeil inquiet à mon père assit à côté de moi. J'avais peur pour lui parce que j'avais remarqué l'arme de double-face, ce regard de fou qui luisait au fond de ses pupilles. Il avait visiblement perdu la raison. Étrangement c'était une chose de plus en plus commun à Gotham et je me trouvais toujours au mauvais endroit au mauvais moment. Le pire dans tout ceci, restait que si je pourrais écrire un excellent article, je ne serais pas la seule à parler de ce sujet, il ne s'agissait pas d'un scoop.

Mon regard blême, j'observais le corps du boxeur à terre, dans son sang avant de détourner mon regard vers cet homme qui menaçait à présent l'un des hommes les plus puissants de cette ville. Deux balles, et s'en fut finit. Intérieurement je sentis que cette nouvelle attaque serait plus néfaste pour Gotham qu'il n'y paraissait. Falcone était un monstre, mais il avait l'avantage de faire peur aux gens, il y avait encore une certaine hiérarchie à Gotham, du moins jusqu'à maintenant. Je ne me souvenais pas à quel instant je m'étais levée, tenant fermement le bras de mon père. Je n'avais pas peur pour ma vie, mais pour la sienne, je n'étais pas une vraie personnalité, lui si, il risquait bien plus que moi. Mais non Harvey choisit de s'acharner sur le cadavre de cet homme autrefois craint. Je ne me détournais pas du spectacle, observant cet homme et cette lueur de folie qui s'était emprunt de lui. Gotham se mourrait, tout comme ses habitants. Alors que l'on aurait pu croire que cette folie meurtrière n'aurait pas de fin, Harvey se laissa arrêter par les forces de l'ordre. Mon coeur cognait dans ma poitrine et je n'entendais qu'à peine les paroles de mon père derrière moi. A vrai dire, j'eus l'impression de reprendre une respiration qu'une fois que je vis Bruce s'approcher de moi, sa présence me rassura immédiatement. Je sentis la chaleur de ses mains sur mon visage, puis celle de ses lèvres sur les miennes. J'oubliais mon père, et les centaines de personnes qui se trouvaient autour de nous. Je passais mes bras autour de son cou et lui rendais avec plaisir, faisant fit de toute convenance.

Je me foutais bien de toutes ces filles qui me regardaient en crevant de jalousie et même de mon père qui se racla bruyamment la gorge pour tenter de nous décontenancée. Il faut dire que même les flashs des photographes ne semblaient pas nous déranger, j'étais si bien en sa compagnie, il avait ce don de faire faire sentir en sécurité. J'eus un petit sourire alors que Bruce me fit sa petite remarque. Je retins un petit rire plongeant ma tête dans son cou pour chuchoter à son oreille.


"Tu sais les journalistes devraient être le dernier de tes soucis, mon père n'a pas de couteau à la main, rassure moi? Cette fois il pourrait ne pas te manquer." Un nouveau petit rire." Je t'aime je suis prête à m'afficher comme la copine de Bruce Wayne dans les médias, et de faire face aux hordes de filles qui voudront me couper la tête."

Je redressais la tête dans un sourire avant d'attraper sa main et de me retourner vers mon père, qui était encore livide, difficile de dire si c'était à cause de ce qui venait de se passer avec Harvey ou face à mon baiser avec Bruce.

"Papa, je voulais te présenter Bruce Wayne, quoi que tu dois déjà le connaitre."

A cet instant difficile à dire si mon père était ravi ou non, son visage était juste inexpressif, il observait Bruce silencieusement avant de tendre sa main pour le saluer. Je m'attendais presque à ce qu'il me fasse une blague stupide sur le fait que je lui avais promis que JAMAIS je ne sortirais avec Bruce Wayne, mais visiblement la surprise l'emportait. Il n'échangeait avec lui que quelques politesses de bases, il était choqué par tout ce qui venait de se passer.

"Rentre à la maison papa, il n'y a plus de raison de rester ici, et il va falloir préparer une conférence pour demain, ça va être une longue journée."

Je ne rentrerais pas avec lui, je voulais rester avec Bruce encore un peu. Mon père hésita quelques instants, observant mon visage puis celui de Bruce, avant de me demander de ne pas trop tarder à rentrer à la maison et d'être prudente. Je suivis mon père du regard jusqu'à ce qu'il disparaisse et me retournais vers Bruce, l'air grave.

"Je croyais qu'Harvey était mort... Ca aurait sans doute mieux valut pour lui. Je ..."

Ma main serra la mienne, un journaliste eut le culot de venir nous demander si nous avions un commentaire à faire, et pire encore si il voulait qu'il nous envoie une photo. Son air narquois ne tira chez moi que l'indifférence, et un petit air agacé par le fait que nous ne pouvions pas parler librement.

"Tu aurais au moins pu m'inviter à ce match, mon père m'a forcé à venir, je dois avouer que ça me souciais, mais je m'en serais voulu d'avoir laisser mes parents seules face à ce monstre. Pourquoi tous les gens bien de cette ville semblent se transformer en monstre?"

Ma voix fut soudainement moins sûre que jamais, la peur que j'avais ressentis à l'instant où Harvey était monté sur le ring puis lorsqu'il fit feu sur Falcone semblait remonter.

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MessageSujet: Re: Du pain et des jeux (sujet libre)   Mer 20 Juin - 14:25

S’il y a bien une chose que le docteur Jonathan Crane n’observait pas en cet instant, c’était bien le combat, il se fichait éperdument de l’affrontement sur le ring, il ne regardait que les effets de celui-ci sur la foule avec une curiosité malsaine. Il se délectait des réactions primaires du public. Scrutait leur visage et leurs gestes, s’il avait été à la place des boxeurs, Crane pensait qu’il aurait ressenti de la peur. On ne pouvait qu’angoisser face à une telle réaction excessive de la foule qui ne désirait qu’une seule chose, un tribut de sang, vous voir tuer ou être tué. Mais à la grande surprise de Crane, une peur encore pire que celle-ci s’invita ce soir-là en montant sur le ring, non pas seulement pour terroriser tout le stade, mais aussi pour terroriser la ville entière par l’intermédiaire d’une retransmission télé qui battait tous les records d’audimat en scotchant tout Gotham sur les écrans télés.

Crane était assez éloigné du ring et avait du mal à distinguer les nouveaux traits du visage de Dent. Mais il le percevait bien grâce aux deux teintes de couleur différentes de son aspect. Le côté noircis de ses vêtements sautait aux yeux, les stigmates de son visage qu’on décelait de loin par l’absence de cheveux et les marques de brûlures qui avaient aussi noircis son visage, se repérait aussi aisément même pour quelqu’un aussi éloigné du ring que Crane. Son attention se focalisa à fond sur le discours de l’ex-procureur et c’est le psychiatre qui était en Crane qui réagit :

*Un schizophrène refoulé lui ? Non ce n’est pas possible ! C’est trop drôle. Le chevalier blanc de Gotham, la voix de l’ordre et la morale, l’irréprochable magistrat, le pourfendeur des mafieux au tribunal serait atteint d’une folie sans nom qui était tapis au fond de son âme et qui n’attendait qu’une seule étincelle pour sortir ? Voilà qui est fascinant, très fascinant et même plaisant !*

Dent lui apparaissait semblable à lui, car Crane souffrait des mêmes maux, mis à part que sa part d’ombre à lui ne lui parlait pas, elle n’avait pas de voix, non l’Epouvantail de son imaginaire le pointait du doigt et se fixait comme une image insistante dans con crâne lorsqu’il se faisait virulent. Lorsqu’il agissait en force dans son esprit, Crane ne parlait plus et ne bougeait plus comme il le faisait d’habitude mais comme le faisait l’Epouvantail dans son inconscient. Le masque du monstre devenait son propre visage et il savait que cette abomination était sa vraie nature. Et lorsqu’il contempla Dent ou plutôt Double-Face comme il s’était désigné en train d’agir avec cette démence obsessionnelle du hasard et de la dualité, Crane reconnu l’un des leurs, Dent n’était plus qu’un taré costumé comme lui et comme les autres. La mort de Falcone fut suivie d’une grande agitation. Crane fut bousculé et plutôt malmené en raison de son aspect chétif. Il quitta l’enceinte confuse plongée dans le chaos et marcha dans les abords du Gotham Square Garden en tapant du talon pour faire circuler le sang dans ses jambes, il était resté assis trop longtemps. Des gens étaient attroupés aux portes du stade, un flic semblait bouleversé. En marchant Crane ne croisa que des gens qui semblaient effondrés. Des yeux rouges, des sanglots, des femmes avec des kleenex. Crane sortit dehors, un sans-abri qui titubait ivre l’accosta en lui demandant :

" Mais bordel de Gotham ! Quelqu’un va-t-il enfin me dire qu’est-ce qui se passe ? "

" Harvey Dent est mort, définitivement. "

Les gens dehors tendaient les bras vers le stade en parlant : Regardez ! Regardez ! C’est là que Falcone s’est fait descendre !

Un abruti commenta :

" S’il avait fallu attendre ça pour que ce rital de Falcone crève enfin, il aurait fallu balancer de l’acide sur la tronche de Dent bien plus tôt. "

Des inconnus réconfortaient des inconnus. Tout le monde avait peur. Dent était le seul symbole morale de la ville, sans lui qu’allait devenir Gotham City? Ils avaient tous de l’appréhension pour la ville, un héros était mort, un monstre venait de naître sur ses cendres.

Une voix hurla :

" Il arrive ! "

Les badauds foncèrent vers une issue du stade, les équipes télés aussi. C’était noir de monde. Une camionnette de police se gara suivis d’une ambulance. Des flics descendirent et repoussèrent les journalistes. Ils virèrent les badauds à coup de matraques. Ils défoncèrent à coup de pieds des caméras télés. Les flics étaient sur les nerfs. C’est pas tous les soirs qu’un procureur descend en direct un parrain de la mafia devant 80 000 personnes et devant 10 millions de téléspectateurs. Les journalistes résistèrent avec leurs caméras et appareils photos et regagnèrent du terrain perdus. Crane se mit sur la pointe des pieds pour mieux voir. Des ampoules de flashs lancèrent des éclairs. Des flics poussèrent un brancard roulant avec le cadavre de Falcone dessus. Les gens se dispersèrent mécontent. C’est tout ? On a envie de voir Double-Face !
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MessageSujet: Re: Du pain et des jeux (sujet libre)   Jeu 21 Juin - 13:51

La réplique du milliardaire ne se fit pas attendre et, prenant un air aussi décontracté que possible, celle-ci fut d'autant plus redoutable pour l’ego du Pingouin.

« Nous verrons bien mon cher, nous verrons bien, à trop vouloir briller on se brûle les ailes, votre fortune récemment acquise me semble terriblement douteuse et vu la politique actuelle de notre commissaire Gordon, vous pourriez très vite vous retrouver à fréquenter les douches collectives de Blackgate avant la fin de l’année. Vous retardez complétement, l’époque où l’on achetait les consciences des juges et des jurées à Gotham est finie. »

Oswald fit de son mieux pour ne pas avoir l'air décontenancé par le contenu de la répartie adverse et tenta même de camoufler sa surprise par un visage perplexe, indécis comme si Wayne parlait d'une chose irréelle. Malgré tout, il eut tout de même l'air désarçonner et, de ce fait, n'eut pas le cran de s'attaquer de nouveau à sa némésis. Comment cet avorton misanthrope peut-il même douter des activités illégales du Pingouin ? Il semblerait qu'il l'ait mal jugé. Bruce Wayne n'est peut-être pas qu'un homme d'affaires paresseux reclus dans son manoir. Il n'a, certes, aucun mérite de gagner de naissance ce qu'Oswald obtient à la sueur de ses complots mais il a l'air bien informé. Le dernier des Cobblepot lâcha un petit gloussement moqueur et s'intéressa au combat de boxe. Le criminel encouragea ardemment son poulain à gagner. Lorsque Tony Cleveland avait l'avantage, le malfrat s'écriait « Vas-y ! Continue !! Massacre-le ! Imagine que c'est ton ex-femme ! ». Lorsqu'il attaquait Foreman mais que ce dernier parvenait à parer ses coups, Oswald beuglait « Ta droite !! Utilise ta droite, bon sang ! Maintenant ta gauche ! Alterne tes crochets, incapable ! ». Lorsque les rôles sont inversés, il l'encourage à sa manière en criant « Ce n'est pas en restant sur la défensive que tu l'auras ! Contre-attaque ! ». Et quand Cleveland se prenait des mandales dans la figure, il vociférait « Qu'est-ce que tu attends ?! Mets-toi sur la défensive ! Je ne t'ai pas engagé pour perdre ! ».

Une détonation mit fin au déchaînement de joie de la foule ainsi qu'un terme à la carrière du champion de la boxe. Son corps sans vie s'écroula sous le regard horrifié de toute l'assistance. Quelques cris de pucelles finirent de clore le vacarme précédent avant que l'assassin ne se mette à monologuer d'une puissante voix de tribun. Oswald eut du mal à croire ce qu'il voyait et pourtant c'était bel et bien lui. Il parla de corruption, de justice, de hasard et de biens d'autres thèmes. Oswald resta à moitié bouche bée à la vue du tout nouveau demi-visage de l'ancien chevalier blanc de Gotham. L'appel désespéré de Wayne à son vieil ami confirma l'impensable : voici Harvey Dent ou, du moins, ce qu'il en reste. Il tira deux fois sur l'homme le plus influent, dangereux et puissant de Gotham n'ayant plus aucun adversaire à sa taille depuis l'arrestation de Maroni. Le voilà en train de se faire abattre tel Abraham Lincoln par John Wilkes Booth. Celui qui se fit désormais appeler Double Face vida son chargeur sur sa victime et se laissa arrêter sans émettre de protestations par les policiers.

La foule fut attirée par une curiosité morbide et s'approcha de la scène que les policiers, employés du stade et vigiles essayèrent de contenir. Bossworth, comme un bon chien de garde, empêcha la plèbe de bousculer monsieur Cobblepot, n'hésitant pas lui-même à pousser ces derniers sans aucun ménagement. Le cambrioleur et son gorille avancèrent vers le ring où un policier leur ordonna de rester en dehors de la zone du crime.

« Je suis l'organisateur du combat et un ami du maire alors écartez-vous de mon chemin ! »

L'agent municipal, bouleversé par les événements, n'émit que quelques balbutiements de protestation avant de le laisser seul monter sur le ring. Le criminel au long nez jeta un regard songeur sur la dépouille du champion puis observa Dent, plaqué au sol, en train de se faire menotter qui, lui aussi, le regardait. Les deux hors-la-loi se jaugèrent du regard, l'air impassible puis Double Face lui offrir un large sourire plein de morgue. Oswald conserva son attention sur le tueur même lorsqu'il fut emmené de force par les policiers vers la sortie. Il soupira et s'approcha des cordes où Bossworth l'attendait sagement.

« Donne-moi une bonne nouvelle. Puisque Foreman est mort, on a gagné. Non ? »

« Impossible. Ni vainqueur, ni vaincu. Aucun bookmaker n'acceptera de payer. »

« J'ai demandé une bonne nouvelle. »

« Euh... nous pourrions réclamer votre pari. »

« Allons-y. »

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