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 Le retour du fléau de Gotham [PV The Reaper ; terminé]

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Batman
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Date d'inscription : 09/10/2011

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MessageSujet: Le retour du fléau de Gotham [PV The Reaper ; terminé]   Lun 3 Sep - 9:02

La baie vitrée du duplex offrait à voir les hauteur du centre-ville piquetées de milliards de points lumineux, tous plus petits les uns que les autres. Ça et là, des gyrophares de patrouilles parties à vive allure traçaient dans le lointain un sillage bleu et rouge contrastant avec le jaunâtre et le brun des luminaires de la municipalité. Crachotaient, pétaradaient et klaxonnaient les véhicules de conducteurs noctambules qui, contrairement au résident de la luxueuse propriété, ne pouvaient que rêver au confort douillet de leur foyer. A cette heure où le tout-venant se retournait sous ses draps, deux adultes, un homme à la quarantaine bien entretenue ainsi qu'une femme d'à peine trente ans, digéraient leur dîner au chandelle sur fond de musique de jazz. Le chatoiement de lustres parfaitement ouvragés soulignait la finesse des coups de pinceaux impressionnistes accrochés aux murs, dans un étalage indécent de richesse.

Lew Moxon soupira d'aise en s'enfonçant voluptueusement dans son fauteuil à haut dossier, un cigare cubain en bouche et son verre de Sherry à la main. Dans son dos, une charmante secrétaire stagiaire blonde (comment s'appelait-elle déjà ? Christie ? Crystal ? Bah ! Aucune importante !) mettait toute sa sensualité dans de lents et merveilleux massages circulaires provoquant une totale relâche de ses muscles. Moxon se sentait tellement bien, entouré de luxe, et en si agréable compagnie... Le col de son costume trois pièces anthracite desserré, il passa une main lascive dans son épaisse chevelure châtain parsemée de mèches grisonnantes, et quémanda un baiser, rapidement offert, à sa concubine. La vie était belle ! Certes, Falcone et Maroni vivaient sans doute des temps difficiles, mais ce n'était pas Lew qui allait s'en plaindre. Depuis que les frères ennemis de la Mafia pataugeaient en plein marasme financier suite aux récents "changements" intervenus à Gotham, les gangsters milieu de gamme (tels Moxon) se frottaient les mains en grignotant avidement les miettes régulièrement lâchés par les familles aux abois.

Lew Moxon. Un financier ayant très tôt compris quels avantages financiers pouvaient accorder un partenariat avec les malfrats de la ville. Sans scrupules, assez malin pour ne jamais laisser de preuves de ses implications, ce businessman implacable et retors avait peu à peu gravi les échelons de l'éco-système véreux de Gotham, s'arrêtant à mi-chemin des plus hautes strates pour demeurer noyé dans la masse, et éviter ainsi d'attirer l'attention de l'unité anti-gang. Escroc de moyen envergure, Moxon tenait éloigné les enquêtes et expertises le concernant en ne devenant jamais la priorité du moment, sacrifiant parfois de juteux contrats pour s'assurer la tranquillité judiciaire. Ce renard de la finance, figurant parmi les premiers à s'être lancé dans les affaires crapuleuses, avait tenu la distance en dépit de ses faibles ressources, devenant presque un vétéran au sein du monde de l'illégalité, et surtout un exemple pour les aspirants crapules issus de milieux modestes.

La masseuse, entreprenante (ou ambitieuse) poussa un ronronnement de bonne augure, murmurant de chaudes paroles au creux de l'oreille de son employeur, avait de laisser serpenter ses doigts de fée plus bas, toujours plus bas le long du dos de Moxon... S'immobilisant à hauteur de ceinture, elle défit amoureusement la boucle, riant mélodiquement en ressentant les prémisses de l’exhalation vertigineuse et enivrante qui s'annonçait.
Une sonnerie de téléphone portable arracha un grognement irrité au détourneur de fonds. D'une main hargneuse, Lew extirpa son cellulaire de sa poche intérieur, le rictus dépité sur son visage s'effaçant au profit d'un sourire carnassier lorsque ses yeux marrons aperçurent l'identité de son correspondant. Ce cher Tony...

Toit de l'immeuble

Aussi immobile, impassible et froid qu'une statue, Batman patientait, les deux mains prêtes à actionner les commandes de son décodeur à l'instant où la conversation téléphonique démarrerait. Agenouillé dans l'obscurité des sorties de la ventilation du bâtiment, le Chevalier Noir guettait depuis plus de trois heures l'imminence de l'appel entre Moxon et Berretti, suivant distraitement les bruits du salon captés par les micros qu'il y avait installés deux semaines plus tôt. A part réaliser que Lew Moxon ignorait la différence entre le smooth jazz et le latino jazz, Bruce n'avait rien découvert qu'il ne sache déjà. L'homme qu'il espionnait marchandait de faux billets à des truands de moindre envergure, promouvait les promotions canapé, n'aimait que lui-même et trempait en permanence dans au moins deux escroqueries boursières, quand il ne montait pas le casse d'une banque ou le vol de titres de propriété. D'ordinaire, Batman ne s'intéressait pas aux magouilleurs de l'acabit de Moxon. Sauf dans le cas présent, et pour une raison très précise.

« Allô ? » Fit Lew en décrochant.

- C'est moi. Répondit évasivement son correspondant.

- Monsieur Berretti ! Alors, cher partenaire, comment se porte notre négociation ?

- Vous êtes certains qu'on ne peut pas nous entendre ? Je me méfie des écoutes téléphoniques, vous savez...

- Ha ha ha... Aucune crainte, mon cher Tony. J'ai veillé à engager les meilleurs du domaine. Notre conversation est in-tra-ça-ble, c'est une certitude.

Sur le toit, Bruce sourit derrière son masque. Pianotant sur le clavier de son séquenceur, il remontait déjà la trace des signaux émis, isolant la signature dans le centre-ville de Gotham.

* Que va donc faire Tony Angelo Berretti dans ce quartier de la ville ? En général, les accords frauduleux sont passés au docks, ou hors des limites de Gotham... Pas en son centre ! * Songea le chevalier à la cape en fronçant les sourcils, sans cesser de resserrer le champs de ses recherches. Après tout, celui qu'il voulait retrouver, c'était Berretti.

« Monsieur Moxon, je n'aime pas trop rencontrer des gens comme ce Louis Hill... Je me suis renseigné sur cet homme. C'est un détraqué, un sadique qui prend un malin plaisir à torturer ses victimes avant de leur exploser le crâne. On le décrit comme "instable". Et ses antécédents... »

- Je sais tout ça, Tony. Mais monsieur Hill représente une opportunité à saisir. Contentez-vous donc de lui faire notre proposition, et épargnez-moi vos états d'âme. Vous n'avez pas toujours été si... Regardant.

Une discrète stridulation de son accessoire accompagna la réussite de Batman, qui venait de localiser précisément la position de Berretti sur la soixante-quatorzième, à l'angle de Jefferson Avenue. Repliant le séquenceur avant de le ranger dans un compartiment de sa ceinture multifonction, la chauve-souris se redressa sans attendre, courant à pleine vitesse pour se lancer dans le vide et étendre ses ailes.

Angle de la soixante-quatorzième et de Jefferson Avenue

Tony Berretti raccrocha brutalement, maugréant dans sa barbe quelque-chose à propos des nouveaux riches trop sûrs d'eux-même, et glissa un coup d’œil peu rassuré aux multiples coins sombres du point de rencontre. Situé dans un cul-de-sac abrité des regards, on y avait pour cette nuit garé un véhicule aux vitres teintées. S'y trouvait accolé deux hommes de main transpirant la nervosité, en compagnie d'un européen au physique peu avenant. Ses courts cheveux bruns renforçaient la stature militaire de sa posture droite, une montre étincelante à son poignet ainsi que l'élégance de son costume le désignant comme l'ancien soldat reconverti dans les trafics illégaux en tous genres qu'il était. Berretti tapota le holster accroché sous son aisselle et qu'une épaisseur de tissu dissimulait aux passants. Plus serein après avoir effleuré la lourde crosse de son fidèle Beretta, il apostropha ses gardes du corps d'un léger :

« Ça va être l'heure. »

Les portes-flingues se rapprochèrent de leur employeur, tournant la tête dans toutes les directions. Un silence angoissant fit ressortir le son pourtant extrêmement ténu des fibres de leurs vestes qui bruissaient à leurs mouvements. Une épingle tombant au sol aurait pu les faire sursauter. A la décharge des deux professionnels peu vaillants, depuis l'apparition du Batman, des tarés costumés et la nomination d'un policier intègre au rang de commissaire, les simples criminels traversaient une très mauvaise passe, subissant au choix les foudres d'un justicier masqué, les délires psychédéliques de marginaux baptisés "super-criminels" pour l'occasion, quand ce n'était pas l'UAC de James Gordon qui débarquait en force pour les prendre en flagrant-délit. D'ailleurs, le climat explosif de Gotham expliquait la présence des trois hommes dans le centre-ville, à l'heure où les fous sont de sortie. Moxon, sentant le vent des affaires tourner, avait décidé un beau matin de procéder à ce qu'il avait appelé "un remaniement des visées financières" de son réseau. Les gangsters d'aujourd'hui avaient recours aux tarés ? Qu'à cela ne tienne, il suivrait la mode. Bien entendu, lui n'irait pas risquer sa peau en allant discuter avec un sociopathe à la gâchette facile ; non, évidemment. Ce privilège revenait à son premier associé, qui depuis plusieurs mois, commençait à envisager sérieusement de couper les ponts avec le financier sans scrupules. Mais pour l'heure, il devait déjà s'assurer de rester en vie.

« Gaffe, les mecs. Louis Hill ne se promène jamais sans un fusil à pompe, et il sait s'en servir. On raconte qu'il a carrément pulvérisé les boîtes crâniennes de deux flics positionnés côte à côte, juste parce qu'il aimait pas leurs tronches... »

- Et aussi pour leur piquer leurs beignets, mouarf mouarf mouarf ! Se vanta une grosse voix de ventre jaillissant de l'entrée du cul-de-sac.

Exception faite de son arme à feu, nonchalamment calée sur son épaule, l'arrivant aurait aisément pu tromper son monde, et passer pour un banal épicier à l'humour graveleux. Petit, tassé sur lui-même, sa chevelure bouclée d'un noir de jais se dégarnissait à moitié ; un maillot de corps tendu à craquer sur son opulent ventre semblait ne pas avoir connu les joies d'un lavage en machine depuis des siècles,à l'instar du jean usé qui recouvrait difficilement les épaisses jambes du tueur. Une barbe de trois jours et un mégot racorni achevaient le portrait de ce criminel, qui paraissait tout faire pour se donner un air négligé. Ses yeux bouffis et injectés de sang, néanmoins, demeuraient vifs, et localisèrent en moins d'une seconde les semi-automatiques du trio face à lui. Goguenard, il les mit en joue avec une rapidité inattendue, ouvrant la discussion sur un râpeux :

« Alors les copines, et si on causait business, au lieu de tapiner dans ce trou désert ? »

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Dernière édition par Batman le Jeu 20 Déc - 10:57, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Le retour du fléau de Gotham [PV The Reaper ; terminé]   Mer 5 Sep - 3:31

HRP : je n'ai pas eu le temps de corriger les fautes de frappes ou d'inattention ; ce qui sera fait ce soir après le boulot...

Gotham City... Judson Caspian ne l'avait pas arpenté depuis une trentaine d'années pourtant, dans le fond, elle n'avait pas changé. Les immeubles étaient encore là, pour la plupart ; seuls quelques nouveaux bâtiments avaient remplacé ceux qui étaient trop vieux mais les rues étaient les mêmes et la faune qui y régnait, même si elle avait changé d'aspect, n'avait pas changé de nature profonde. Elle avait juste oublié que la nuit pouvait receler d'autres ténèbres que les leurs. Et qui s'en souvenait d'ailleurs ? La plupart des "nuisibles" de Gotham n'étaient que des enfants ou n'étaient même pas nés quand leurs semblables d'alors étaient tombés par dizaines sous les faux du Reaper et personne ne lui avait survécu pour décrire ce qui les avait ainsi frappé. Personne sauf un individu aux pouvoirs improbables qui avait disparu après avoir failli mettre fin aux jours de Judson. Qui que fut cet être, il n'était visiblement pas resté à Gotham et la ville avait enterré ses morts sans jamais comprendre ce qui s'était passé.

Le vieil homme regarda une dernière fois les âmes égarées des gothamites déambuler dans les rues de la ville puis il disparut dans la pénombre. Le temps était venu ; le temps de reprendre son labeur là où le Reaper l'avait abandonné.


*********


Pour une ruelle sordide, c'en était une sans l'ombre d'un doute et Mindy n'y aurait jamais mis les pieds si cet itinéraire ne lui avait pas été imposé par Lowell, son souteneur. Lowell était une brute épaisse, un afro américain d'une centaine de kilos de muscles et une véritable ordure ; vraiment pas le genre de type à qui on pouvait dire non à moins d'avoir du pouvoir ou d'être un inconscient. Son crâne luisant arborait des tatouages se voulant maoris et la somme de chaînes, bagues et bracelets en or qu'il portait lui donnait l'impression d'avoir du "style", comme il aimait à le clamer. Ses heures passées à soulever de la fonte lui servaient surtout à dérouiller des pauvres filles mais ça lui suffisait pour penser qu'il aurait pu aplatir Batman lui même ; et ce surtout parce qu'il n'avait jamais été un assez gros poisson pour intéresser la chauve souris de Gotham.

" Ok l'idiote ; je te laisse dix secondes pour me dire pourquoi tu m'as pas gagné mille dollars depuis la dernière fois qu'on s'est croisé et si tu me causes encore de ton petit lardon de merde qui est malade de je sais plus quoi je te promets qu'il te reconnaîtra pas quand tu reviendras à la maison.
J'en ai marre que Tony me prenne pour un gagne petit à cause de toi. Si tu me fais encore passer pour un con qui peut pas faire cracher ses putes je te démonte direct. "

La jeune femme rentrait déjà la tête dans les épaules, sachant parfaitement que rien de ce qu'elle allait dire ne lui éviterait les coups allaient pleuvoir ; et ce serait probablement le cas car les mille dollars, elle ne les avait pas gagné. Elle essaya de trouver quoi dire quand le peu de lumière qui venait de la grande rue transversale s'estompa. Dans le dos de Lowell, une silhouette monolithique venait silencieusement d'apparaître, sortie de nulle part. L'homme qui s'apprêtait à la frapper était plus grand qu'elle pourtant il avait au bas mot une tête de moins que cette ombre écrasante qui se dressait derrière lui et Mindy sut tout à coup que la raclée eut été préférable à ce qui allait suivre. Elle resta sans voix, les yeux écarquillées.

" Hé oh ! Tu as perdu ta langue sal... "

Ce fut à cet instant que Lowell comprit que quelque chose n'allait pas et son instinct lui hurla de se retourner ; et ce fut exactement ce qu'il fit. Le souteneur musculeux pivota sur lui même sans terminer sa phrase, sa main droite partant derrière lui pour chercher son arme ; son précieux desert eagle chromé à crosse de nacre. Une arme de poings au calibre effroyable pouvant faire passer de vie à trépas n'importe qui... ou n'importe quoi. C'était ce que son cousin lui avait dit en le lui vendant ; alors ça devait être vrai.

" Putain de merde !!! "

Jamais il n'aurait cru que quelqu'un pourrait s'approcher si près de lui sur son territoire ; et encore moins que ce quelqu'un semblerait tout droit sorti d'un cauchemar. Une ombre surmontée d'une capuche semblant désespérément vide. Lowell prit un pas de recul, plus par peur que pour pouvoir dégainer plus aisément, et ça ne servit pourtant à rien. Sa main droite avait bien attrapé son arme mais au moment de la braquer sur sa cible, ses doigts se retrouvèrent pris dans un étau qui obligea son poignet prit un angle improbable et lui arracha un cri de douleur.
Sans chercher à en savoir plus, Mindy se retrouva à courir sans même savoir comment elle avait pu y arriver et elle sut au fond d'elle que pour rien au monde elle n'aurait voulu voir ce qui allait arriver à Lowell. La brute avait hurlé puis plus rien ; seuls les bruits de fuite des talons aiguilles avaient précédé le silence.
Le desert eagle tinta en heurtant le sol et un bruit de respiration bloquée s'en suivit. La large main gantée qui avait désarmé la brute avait enserré sa gorge et le cri de douleur s'était éteint. Lowell tenta de se débattre ; toutes ses heures à soulever de la fonte...
Le bras de la sombre silhouette se dressa, levant le souteneur de cent kilos sans sembler peiner à le faire en aucune façon. Lowell s'accrocha de sa main encore valide à l'avant bras recouvert de plaques de cuir rigides. Dans le vide de la capuche, un crâne humain aux reflets de métal apparut et une voix semblant sortir d'outre tombe se fit entendre.

" Le temps est venu de payer pour tes crimes et de laver ton âme. "

Le bras se plia pour prendre un bref élan puis il propulsa la brute qui vola sur deux mètres avant de percuter bruyamment une benne à ordure métallique et de s'affaisser mollement sur le sol.

" Dis moi où est Tony. "

Lowell se voyait déjà mort quand ce qu'il savait de Batman lui revint soudainement : la chauve souris dérouillait tout le monde et filait les chocottes mais pas de morts à son actif... ou tout au moins elle tuait rarement. C'était son cousin qui le lui avait dit. Pas la peine d'essayer de lutter contre un truc pareil ; alors autant lui balancer ce qu'il voulait entendre et il le laisserait peut-être aller se faire plâtrer le poignet.

" Berreti est sur un deal ce soir ; il a pas dit sur quoi mais je sais que c'est sur la soixante quatorzième. Je suis pas son boy moi ; qu'il aille se faire foutre ! "

La brute meurtrie réalisa alors qu'un crâne de métal ne faisait pas penser à une chauve souris et que la lueur qui venait de s'allumer dans les orbites vides de cette chose n'était en rien annonciatrice d'une fin heureuse à cette discussion.

" Je sais rien de plus ; juré ! Je t'ai tout dit dit ! On est quitte non ? Hein ? ... Batman ? "

Le crâne s'inclina comme pour le regarder droit dans les yeux et Lowell sentit alors sa vessie se vider. Batman ne faisait que faire mal et faire peur... c'était ce que son cousin lui avait dit. Peut-être que si il fermait les yeux, ce monstre ne serait plus là quand il les ouvrirait... peut-être ?

" Batman ne peut rien pour toi. Il n'y a ici que la Faucheuse... "

Un éclair étincelant passa et en une coupe nette, la tête de Lowell roula au sol, laissant son corps sans vie s'affaler au pied de la benne.
Le Reaper ne savait pas qui était Tony Berreti et n'avait jamais entendu ce nom avant qu'il fusse sorti de la bouche de sa victime. Tout ce qu'il savait c'était que Lowell le respectait et que cela lui désignait une nouvelle proie... qui elle même lui en désignerait d'autres.


********


Surveiller l'angle de la soixante quatorzième et de Jefferson n'était pas ce que Viny aurait appelé "passer un bon moment" mais ça faisait partie du boulot. La chauve souris leur avait tellement coûté que faire preuve de prudence n'était en rien devenue une option ; quiconque se sentait hors d'atteinte apprenait à ses dépends que Batman pouvait faire tomber n'importe qui. Tony lui avait dit d'ouvrir l'oeil et le bon ; une rencontre avec un gars comme Louis Hill était dangereuse en soi et s'y rendre alors que le justicier masqué frappait où et quand bon lui semblait ajoutait une raison de plus de se montrer prudent.

" Eh merde ! "

De l'autre côté, Viny venait de voir Berreti et ses trois gros bras se faire braquer par un type qu'il n'avait pas vu venir. Comment avait-il pu rater ça ? Tony allait lui couper les couilles si ça ne se passait pas bien... et quand bien même ; sa prochaine augmentation ce serait pour la saint Glinglin ! Seul point positif : ce Louis Hill avait du coup l'air aussi bon que ce que la rumeur le disait. Mais pourquoi les braquait-il ?

" Bordel, je devais les prévenir quand il se pointait... j'ai l'air d'un con et je suis même pas du bon côté de la rue ! Putain si il les flingue je peux même pas le buter de là ! Fait chier !!! "

Viny allait sortir de sa cachette, en l'occurence de la ruelle faisant face à celle où Berreti et ses sbires devait rencontrer Hill, quand il sentit un frisson sur sa nuque. Dans un moment pareil, ça n'aurait jamais dû arriver et pourtant, il en était sûr ; quelque chose était derrière lui...


Dernière édition par The Reaper le Dim 9 Sep - 19:41, édité 1 fois
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Batman
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MessageSujet: Re: Le retour du fléau de Gotham [PV The Reaper ; terminé]   Dim 9 Sep - 18:24

Dépasser les imposants locaux déserts du Gotham Globe fit penser Bruce à Rakel. Pas pour très longtemps, hélas ; sur sa trajectoire aérienne, un haut building culminant à plusieurs mètres de ses voisins le contraignit à user de son grappin magnétique. Expédiant l'attache aimantée sur sa droite d'un tir expert, la chauve-souris replia ses ailes de tissu contre ses flancs, laissant le moteur de son grappin la tracter vers les cimes urbaines dans un sifflement mécanique. En quelques secondes, le Chevalier Noir se réceptionna sur le rebord d'un immeuble résidentiel, les yeux derrière le masque étrécis pour coller au plus près de son allure de prédateur nocturne. Accroupi au-dessus des rues bétonnées telle une gargouille gothique plus vraie que nature, Bruce se morigéna.
Son esprit ne devait pas errer ainsi dans les strates les plus agréables et distrayantes de sa psyché ! Il en allait de sa survie. Lorsqu'il mettait son costume, l'homme n'existait plus, seule importait sa mission. Aussi le milliardaire insomniaque repoussa-t-il les souvenirs sulfureux de la première nuit du jeune couple au manoir Wayne au prix d'un resserrement de mâchoire. Les formes féminines de la belle journaliste brune s'accrochèrent quelques secondes, tentatrices, se manifestant par le biais d'une sculpturale jambe effilée dépassant de draps en soie.

« Monsieur, mademoiselle Peleanor a demandé après vous. Je me suis chargé de lui dire que vous étiez de sortie. Elle a eu l'air de comprendre. » Informa Alfred dans l'oreillette de son pupille devenu adulte.

- Très bien, Alfred. J'ai localisé Berretti dans la Gotham historique, je m'apprête à l'interroger. Indiqua sobrement l'interlocuteur du majordome en préparant son prochain saut, les muscles fourmillant en prévision de l'effort à fournir.

- Et que ferez-vous si Tony Berretti s'avère effectivement être le responsable de la mort de vos parents, monsieur ? Vous contenterez-vous de le neutraliser pour ensuite le remettre à la police ?

Il y avait dans l'intonation du protecteur de l'orphelin une note d'inquiétude difficilement contenue. Si l'esprit vengeur rencontrait le responsable de sa tragédie d'enfance, contiendrait-il ses pulsions ? Trouverait-il la force de volonté nécessaire pour ne pas assouvir le besoin primaire de tuer le démon de ses cauchemars ? Le soutien du Chevalier Noir n'en était pas tout à fait convaincu, et la réplique de Batman ne fut pas pour le rassurer. Laissant un long silence s'étirer, le trentenaire avoua, d'un timbre grave et profond :

« Je ne sais pas, Alfred. »

Pour couper court à une interminable discussion, l'ombre impersonnelle de Gotham s'élança dans les airs, savourant la sensation grisante d'être portée par les courants ascendants, et traversa les trois blocs d'appartements qui le séparaient de Jefferson Avenue dans une courbe graduelle. Plus discret qu'une goutte d'eau s'écrasant sur un toit exposé aux intempéries, le Chevalier Noir posa les deux bottes simultanément sur son poste d'observation, se replia sur lui-même et déploya ses jumelles de vision nocturne.

* D'abord, étudier les environs ; repérer les individus hostiles ; planifier la stratégie d'approche ; agir * Se remémora l'élève de la Ligue des Ombres, sa bouche réduite à une fente.

L'atmosphère de la ruelle était imprégnée d'une odeur indéchiffrable, que Bruce avait empiriquement appris à reconnaître comme celle d'un mauvais coup en préparation. L'électricité et la nervosité ambiante piquait la peau, chaque son ressortait comme amplifié par des enceintes cachées, des frissons inconvenants s'amusaient à caresser les nuques ou à chatouiller le dos, et surtout, surtout, les ombres s'animaient. Le prédateur glissa silencieusement de cachette en cachette, contribuant par sa présence invisible à accentuer les pressentiments de danger qui clignotaient dans le cerveau des malfrats. Du toit où il avait atterrit, Batman se faufila derrière un château d'eau, puis sur une corniche, stoppant son recueil de données tactiques en se figeant, recouvert d'un manteau d'obscurité, à l'abri des regards.


* Un guetteur, deux gardes chargés de protéger Berretti, plus Louis Hill. * Dénombra Wayne, qui connaissait le criminel de réputation.

Hill personnifiait le sadisme dans son plus simple appareil : un esprit torturé, suffisamment malin pour échapper au GCPD, mais pas assez pour se lancer dans les affaires frauduleuses. Incapable de contenir son insatiable besoin de tuer, il en état arrivé à vendre ses services, se complaisant à merveille dans son travail d'assassin. Et comme le ventripotent tueur au fusil n'avait jamais été qu'un mercenaire parmi tant d'autres, Batman ne lui avait jamais donné la chasse spécifiquement.

* Priorité : neutraliser le guetteur. Puis préparer de quoi désarmer Hill, qui fuira probablement. Mettre hors d'état de nuire les gardes du corps de Berretti, et emmener ce dernier faire une "promenade" sur le toit pour lui délier la langue. *

Laisser Hill filer ne plaisait guère à la chauve-souris, qui cependant, ne pouvait pas prendre le risque de se disperser. L'objectif de la nuit se trouvait être l'associer de Moxon, et s'il parvenait à échapper au sort que lui réservait le Chevalier Noir, il s'écoulerait des semaines avant qu'une nouvelle occasion ne se présente. Sans un bruit, le gardien de Gotham City vérifia la présence de deux batarangs à sa ceinture, avant d'installer une nouvelle charge de filin en fibres de carbone sur son grappin. Sa cape retomba autour de son torse, recouvrant le plastron de son armure avec douceur, parant de ses ailes la chauve-souris toisant sa première victime d'un regard noir et acéré. Indifférent à la distance le séparant du sol, il se laissa attraper par l'attraction gravitationnelle, filant dans un claquement d'étoffe agitée par le vent droit sur Viny. Le pauvre malfrat de seconde zone eut l'intuition de tourner son attention sur ses arrière, apercevant son assaillant juste avant que l'impact n'ait lieu. Trop stupéfait pour même crier, la sentinelle s'effondra, projetée contre le pan de mur voisin par un puissant coup de pied aérien. Gémissant, face contre terre, Viny entrevit vaguement une silhouette sombre s'envoler juste avant que les ténèbres de l'inconscience ne le prennent. Tout s'était passé trop vite, et pas assez bruyamment pour que Berretti et ses acolytes ne puissent l'entendre.

Bruce usa de son grappin pour réintégrer la sécurité des hauteurs, bondissant de toit en toit avec l'agilité et la discrétion d'un prédateur félin. Sans hésitation, et en témoignant de aisance que lui offrait sa parfaite condition physique, il se campa dans l'intimité exiguë d'un renfoncement de la ruelle, ne débarquant pas immédiatement au milieu de la réunion mafieuse afin d'assurer sa visée. Une main proche de son bassin, prête à expédier un shuriken, et l'autre tenant en joue Louis Hill de son grappin, le Chevalier Noir se força à inspirer lentement une fois. Deux fois. Ensuite seulement, à présent que dans ses pensées ne gambadait plus ni Rakel dénudée ni préoccupations secondaires, ses muscles s'actionnèrent, dans un enchaînement paralysant d'efficacité.

Hill cracha au sol après s'être bruyamment raclé la gorge, expectorant une quantité révulsante de mucus nasal par la bouche. Un exploit qui lui valut des mimiques de dégoût généralisées de la part de son public. Tony voulut en venir à l'essentiel lorsque, jaillissant des ténèbres, un projectile se ficha sur le canon du fusil de Louis Hill, avant de l'arracher aux mains de son propriétaire légitime, qui hurla de déconvenue.

« Hey ! Mon pompe ! »

Deux petits objets tourbillonnèrent en vrombissant dans la ruelle sinistre, percutant à la tempe et entre les deux yeux les gorilles de Berretti, assommant momentanément les malfrats qui grognèrent sourdement en chutant. Pris de panique, l'associé de Moxon se mit à tourner sur lui-même, braquant son Beretta partout et nul-part à la fois, la main tenant son arme tremblant d'angoisse.

« M*rde ! D'où ça venait ? » Jura-t-il d'une voix rendue aigre et suraiguë par le stress.

Un bruit familier, le son reconnaissable entre mille de la débandade, l'enjoignit à braquer son regard sur sa gauche. Sans le moindre remord, un Hill essoufflé et en sueur s'employait déjà à fuir les lieux, abandonnant lâchement son ex-futur employeur en priant très fort pour que l'assaillant invisible ne soit pas venu pour le prendre lui. Épargnant sa salive en se retenant d'adresser une pique de provocation à Berretti, le calvitié fut rapidement recouvert par les ombres complices et facétieuses, isolant Tony et son Berreta du reste du monde. Ses protecteurs étourdis à ses pieds, le dernier criminel debout tira cinq ou six balles au jugé, droit sur le coin d'où était parti le filin attrapeur de fusil à pompe.

« Haaaaaaaaaaaa ! »

Le hurlement hystérique de Louis Hill déchira l'air lourd et empestant la poudre de l'intersection à la manière d'un couteau tranchant dans le vif une toile translucide. L'ancien militaire cru que l'oxygène de ses poumons se glaçait. Rien n'était sorti du trou obscur dans lequel devait se tapir l'agresseur, pas un son n'avait laissé croire que la chose qui le harcelait ne s'était déplacée. Alors pourquoi Hill aurait-il crié avec autant de puissance ? Qu'est-ce qui l'avait terrifié au point qu'il s'égosillât telle une ménagère contemplant un cadavre fraîchement décapité ? Maudissant l'angle de la ruelle qui masquait le reste de l'allée et donc la nature de l'apparition qui épouvanta le mercenaire débonnaire, Berretti se passa la main sur le visage, sous la vigilance imperturbable de Batman, qui s'était figé au cri du sociopathe au fusil. Suspicieux, ayant appris à ne jamais sous-estimer la faune sans cesse renouvelée des criminels et autres tarés costumés de Gotham, la chauve-souris s'empara de ses jumelles, étudiant de sa cachette les ténèbres insondables dans lesquelles s'était réfugié Louis Hill un peu plus tôt.

« Y'a quelqu'un ? » Demanda d'un timbre étranglé l'homme au Berreta, tandis que, de part et d'autre, ses anges-gardiens se relevaient péniblement, frottant la partie douloureuse de leur tête en jurant.

Constatant d'un œil torve la panique de leur supérieur, ils dégainèrent instinctivement leurs pistolets, formant un pseudo-triangle pour couvrir, à trois, trois-cent soixante degrés de possibles zones d'apparition d'une menace armée. L'un des hommes de main maugréa :

« P*tain ! Mais il branlait quoi, ce conn*rd de Viny ? Pourquoi qu'on a pas été alertés ? »

Un silence éloquent lui répondit.

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The Reaper

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MessageSujet: Re: Le retour du fléau de Gotham [PV The Reaper ; terminé]   Dim 9 Sep - 21:11

Traverser la ville de toit en toit n'était pas une sinécure et ce, même pour un e aberration comme l'était le Reaper. Trente années s'étaient écoulées depuis la dernière fois qu'il avait parcouru cette ville qui avait été la sienne. L'énorme distance qui séparaient les grattes ciel du centre ville rendait cet exercice impossible pour lui et il dût finir par redescendre jusqu'au planché des vaches et il savait par expérience, qu'utiliser un grappin, eut égard à sa masse et celle de son équipement, n'aurait pas été raisonnable. La technologie avait évoluée et il aurait pu se mettre à jour... comme il l'avait fait pour son équipement en remplaçant ses lames d'acier par un alliage de titane et en renforçant son armure de tissage de kevlar mais rien n'y avait fait ; l'idée de défier la gravité avec un gadget digne d'un film d'action ou d'espionnage farfelu ne l'avait pas séduit. Un van banalisé, blindé et équipé de matériel de surveillance, en revanche, cela lui avait semblé bien plus raisonnable.

Trouver le lieu du rendez-vous des truands, en revanche, n'avait pas été difficile (puisqu'il en avait obtenu l'adresse) et Judson se surprit à penser que décidément, rien n'avait changé. Lui qui ne savait pas ce qu'il trouverait en revenant ; il avait devant lui l'exemple même de ce qu'il avait combattu trente ans plus tôt. Berreti était accompagné de deux gorilles et un troisième faisait le guet dans une ruelle en face de celle où se trouvait son chef. Eliiminer cet observateur indésirable pourrait être une bonne manière de commencer une attaque en règle mais le Reaper en décida autrement. De là où il était, cet homme ne pourrait le voir arriver ; il ne pourrait que voir ses complices tomber comme des quilles. Il fuirait, sans l'ombrer d'un doute ; ce qui permettrait à Judson de tuer tous les présents pour le rattraper plus tard afin d'avoir quelqu'un à faire parler.
Pour l'heure, les malfrats semblaient attendre quelqu'un ; ce qui paraissait logique à ce qu'en avait dit Lowell avant de mourir. Le Reaper se terra donc dans les ombres de l'une des ruelles qui menait à celle où était réunies ses proies. Tandis qu'il se rapprochait, il put entendre un échange de mots entre ceux qui allaient bientôt tomber sous ses faux ; visiblement, leur rendez-vous avait commencer.

* Tant mieux ; cela en fera un de plus pour ce soir. Pas si mal après une si longue absence. *

Judson se prépara à entrer en scène quand un évènement des plus surprenants se produisit. Une arme de jet vint se ficher dans le fusil du petit individu replet que venaient rencontrer les autres. Il protesta vivement contre cette agression avant que son arme ne lui fusse vivement retirer des mains.

* Je ne l'ai pas vu venir... qui peut être aussi discret ? *

Tout en se posant cette question, le Reaper réalisa qu'il en connaissait déjà la réponse : Batman. Cela ne pouvait être que ce Batman dont les journaux parlaient ; le vigilante de Gotham City, celui qui avait fait tomber les plus gros poissons de la ville en si peu de temps et en ridiculisant au passage la police locale... tout comme cela avait été le cas trois décennies plus tôt. Qui d'autre attaquerait seul de tels individus à l'arme blanche ?
Ce serait donc Batman... celui qui osait intervenir à sa place ; après tout, pourquoi pas ? Seul comptait le résultat ; du moment que les mauvaises âmes rejoignaient leur Créateur. A ceci près que malgré une entrée en matière fort appréciable, rien ne sembla empêcher le gros bonhomme de fuir. Deux nouveaux projectiles vinrent sonner les deux sbires de Berreti qui ne trouva rien de mieux à faire que vider une bonne partie de son chargeur en direction des ombres d'où était venue l'attaque. Judson sourit sous son casque ; son remplaçant semblait avoir de la suite dans les idées en utilisant, tout comme il l'avait lui même fait trente ans plus tôt, les ombres et les subterfuges pour inspirer la peur à ses adversaires. Pourtant queque chose n'allait pas.
Pourquoi lancer des projectiles non létaux si il était à portée de jet ? Les voulait-ils tous vivants pour les faire parler ? Judson pouvait comprendre que ce Batman laissât fuir le petit gros pour se concentrer sur une cible prioritaire pour autant ce n'était pas une raison pour qu'il se montre lui même aussi clément. Si ce vigilante comptait rattraper Hill plus tard, il allait lui éviter cette peine.

Hill courrait à en perdre haleine alors qu'il n'avait parcouru au mieux qu'une dizaine de mètres avant de disparaître dans les ombres de la ruelle. Sans le savoir, le criminel avait fui en direction d'une mort certaine en la personne d'un véritable mur de cuir et de métal contre lequel il s'écrasa sans que le Reaper ne bronchât d'un centimètre. Louis ne l'avait pas vu tellement sa course avait été le fruit d'une panique tout à fait légitime. Mais la panique était en passe de faire passe à autre chose. Le goût du sang dans sa bouche ne lui plaisait pas et i lavait toutes les peines du monde à respirer. De toutes évidences, il s'était cassé le nez et peut-être même une dent contre quelque chose... il était pourtant sûr qu'il n'y avait pas d'obstacle après le croisement des ruelles ; il le savait car c'était le chemin qu'il avait pris pour venir. Il rouvrit les yeux pour se remettre sur son séant et ce fut à cet instant qu'il aperçut la forme monolithique drapée dans une cape plus noire que la nuit elle même.

" Merde... Batman ; je vais te faire la peau sale ordure. "

Vaine menace et Hill le savait ; tout les vas fonds en parlait ; Batman dérouillait les plus gros durs de la ville à mains nues. La seule raison d'être de cette bravade était ce mélange de douleur et de colère : comment avait-il pu être assez con pour fuir dans la direction même du Darknight ? Il aurait pourtant juré que la chauve souris était à l'opposé. Puis son sang se glaça quand il leva les yeux sur cette capuche désespérément vide dans laquelle apparut un sinistre crâne de métal. Puis il vit la faux sortir sans un bruit des replis de tissus ; son visage se réfléchit sur le métal poli et la panique revint brièvement pour devenir de la terreur.

" Seigneur Dieu... "

Une grande main puissante le releva par le bras droit, comme s'il n'avait été qu'un fétu de paille.

" Il arrive que l'on nous confonde... "

La faux se leva silencieusement dans les airs pour laisser à Hill le temps de réaliser comment il allait mourir ; pour lui laisser le temps de regretter et pour que le Reaper savoure sa peur.

" ... mais il est un peu plus grand que moi. "

La lame s'abattit pour interrompre le cri de terreur de Louis Hill ; et le silence reprit ses droits. Juste après le croisement, Berretti et ses hommes de mains s'apprêtaient à en découdre avec Batman quand ils entendirent le tueur mourir. Tous se figèrent et cherchèrent l'origine de ce hurlement funeste. Armes aux poings, ils cherchaient en vain ce qui avait pu se produire quand l'une des deux brutes écarquilla les yeux.

" P*tain de merde !!! "

La tête de Hill roula jusqu'à eux et les trois complices restèrent une seconde sans réaction. Puis les deux gorilles reculèrent.

" Faut se tirer d'ici Tony ! "

" C'est un piège. On s'est fait avoir comme des cons et on va crever là ! "

Berretti retint l'un des deux hommes par sa veste et braqua son arme sur le deuxième.

" On reste calme bande de taches. On va se replier en bon ordre sinon je vous flingue dans le dos compris ? "

Le gangster n'avait pas oublié ce qu'il avait appris à l'armée : la débandade était le meilleur moyen de se faire aligner par un tireur ou de tomber dans un piège... un autre piège alors car celui dans lequel ils étaient maintenant leur avait déjà coûté cher. Les trois hommes allaient donc se replier en bon ordre.

" Mani, tu couvres l'arrière et Marco tu couvres l'avant... je me charge des hauteurs. On va marcher en direction de cette foutue grande rue et la première chose qui se pointe on la truffe de plombs ; compris ? "

Les deux brutes acquiescèrent et le trio commença à mettre un pied devant l'autre en tachant de ne pas trop trembler. Quelques secondes plus tôt, c'était Hill qui les inquiétait et maintenant ce sale type était mort sans même un coup de feu... sortir de cette ruelle en vie leur semblait être devenu le but le plus important et le plus improbable de leur vie pourtant ils étaient sûrs d'une chose : s'ils restaient là ; ils mourraient à leur tour.

Tapis dans l'ombre et au delà du croisement, le Reaper se demanda si Batman allait les laisser passer ; après tout, il était venu pour eux lui aussi. Son intervention allait-elle faire reculer le Darknight ou bien ne se détournerait-il pas de ces pêcheurs ? Judson ne savait rien ou presque de ce vigilante si ce n'était ce qu'il en avait lu dans les journaux. Peu de morts à première vue et insaisissable ; cela leur faisait au moins un point commun et une différence pour autant, ça n'en disait pas plus sur ce qui allait suivre. Berretti allait fuir vers la grande rue et l'un de ses hommes de main couvrirait leurs arrières. Si Caspian les suivait, il allait essuyer un tir soutenu que son armure pourrait encaisser mais pourquoi prendre un tel risque ?
Batman allait se trouver sur leur chemin ; s'il intervenait, le Reaper pourrait rejoindre la scène sans s'exposer aux armes de ses proies et si rien ne se passait ; il pourrait toujours contourner l'immeuble et décider de la marche à suivre.


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MessageSujet: Re: Le retour du fléau de Gotham [PV The Reaper ; terminé]   Dim 16 Sep - 9:43

Il n'avait pas bougé d'un pouce, lorsque les balles s'étaient frayées un chemin vers son terrier aérien. Le milliardaire brun était resté immobile, pareil à un mirage, tandis qu'autour de lui, les projectiles létaux pénétraient profondément le revêtement du mur derrière son dos en projetant de la poussière. Six balles marquèrent de leur empreinte la ruelle, délimitant grossièrement la silhouette enroulée dans sa cape noire et mate. Le traqueur savait que Berretti et ses hommes paniquaient un peu plus à chaque seconde, la nervosité et la tension les rendant vulnérables aux effets théâtraux et au spectaculaire. Il suffirait désormais d'un rien pour que les trois adultes ne craquent et rompent les rangs, devenant aussi simples et faciles à neutraliser que des moutons.

* Étourdir l'adversaire à l'aide d'un nuage de fumée, pour annuler l'avantage procuré par les armes à feu. Fondre sur le groupe, désarmer et assommer ceux qui ne valent rien. Interroger le leader. *

Batman s'empara d'une capsule fumigène, guettant l'instant propice pour surgir et s'abattre inéluctablement sur les gangsters opérant un baroud d'honneur dans l'air vicié et nocturne de la ruelle. Un silence lourd accompagna l'expectative, jusqu'à ce qu'un juron retentisse et qu'une anomalie ne roule dans la lumière fade et usée d'un lampadaire mural. Louis Hill. En partie. Et mort, selon toute vraisemblance. Mouvement de recul général, au sein des malfaiteurs armés, qui n'eurent transitoirement d'yeux que pour ce moignon céphalique ensanglanté. En altitude, un perturbateur costumé se répéta un mantra pour conserver sa clarté de jugement.

* La créature la plus dangereuse et redoutable de cette ville, c'est moi. *

Il s'était extirpé de sa cachette d'obscurité au moment où la tête aux yeux révulsés de Louis Hill avait roulé dans la ruelle, provoquant une diversion inespérée et à saisir. Désormais situé dans les hauteurs d'un bâtiment grâce à son grappin, la chauve-souris mit à profit son angle de vue élargi pour étudier, dans son ensemble, la scène qui se déroulait sous ses yeux scrutateurs. Notamment la portion de Hill qui continuait de perdre du sang sur la voie publique.

Une focalisation de ses jumelles sur la base du cou du mercenaire mort permit au Chevalier Noir de constater une coupure nette, régulière et propre, qui avait sectionné indifféremment peau, muscles, nerfs et os sans rencontrer de résistance. L'amputation s'était déroulée en une fois, et, comme l'attestait l'absence de déchirure ou de crénelage autour de la blessure, avait été réalisée par une lame particulièrement bien aiguisée. De la décapitation de professionnelle disposant d'un matériel optimisé. On était loin du travail d'un amateur, ou d'une exécution ourdie par la Mafia. Ce qui menait à une seule conclusion logique.

Un autre traqueur chassait ce soir, et il avait porté son dévolu sur le même territoire que la chauve-souris. Quelque-part, en contrebas, tapis dans les ombres si chères au gardien de Gotham, s'était embusqué une seconde engeance de la nuit. Un individu qui appartenait aux carnivores de la faune infernale citadine, là où les truands et la pègre n'incarnaient qu'un vaste écosystème hiérarchisé d'herbivores effrayés à la simple vue de leur ennemi naturel. Entre les deux prédateurs, trois proies s'efforçant de s'organiser pour sortir vivant de la nasse de béton.

Bruce vérifia l'attache de ses protections sanglées aux avants-bras avec la rigueur et la méthode d'un vétéran du combat contre le crime. Noires et faites d'une céramique endurant la majorité des chocs, elles encerclaient dans une gaine protectrice ses radius et cubitus, se terminant par de longues dentelures recourbées aptes à bloquer les lames constituées de la plupart des métaux existants. Batman savait qu'il ne tarderait pas à en avoir un besoin vital. Au sol l'attendait un opposant autrement plus dangereux que Berretti et ses pistolets. Mais le Chevalier Noir n'appréhendait pas cette rencontre.

* J'ignore la Peur ; c'est de moi dont les autres ont peur. *

Il surveilla le déplacement lent et prudent du troupeau qui venait de subir coup sur coup deux épreuves ayant surchargées en adrénaline leur système sanguin. Gâchette sensible et yeux roulants dans leurs orbites, ils adoptèrent une formation en ligne couvrant l'ensemble des environs sur un axe vertical, les abords horizontaux étant réduits au strict minimum puisqu'ils se trouvaient dans une étroite ruelle. Bruce devina que les fuyards tentaient de regagner un espace plus dégagé, moins exigu. Une aire où la puissance de feu primerait sur les artifices du noctambule en armure noire. Sauf que Batman ne les laisserait jamais s'en tirer si facilement.

A pas de loup, le ténébreux trentenaire s'éloigna du rebord, fixant l'aimant magnétique de son grappin à une armature métallique récente et suffisamment robuste pour supporter deux cent kilos. Étirant le filin, il s'assura en glissant l'ustensile dans un logement prévu à cet effet, et retourna à la limite de son surplomb, un cordage le reliant à son point d'attache. Ne restait plus qu'à aveugler les protecteurs du partenaire de Moxon, et à arracher dans les airs Berretti pour lui extorquer des aveux. Sûr de lui, pleinement confiant en ses réflexes, le disciple de la Ligue jeta aux pieds du trio une poignée de fumigènes libérant leur gaz opaque et âcre en détonant bruyamment, avant de s'élancer tête en bas à la suite de sa diversion, droit sur sa cible. Le moulinet de son grappin siffla en déroulant mètre après mètre son câblage ultra-résistant.

Batman plongea dans le nuage artificiel, croyant agripper d'une poigne solide un ancien militaire reconverti dans les affaires crapuleuses ; les gants ne rencontrèrent que du vide. Formaté par ses années de service, Berretti avait derechef roulé hors de la fumée, réduisant la surface exposée en se mettant en boule. Dès sa vision rétablit, il mit un genou à terre, et ajusta sa visée, ne doutant pas une seconde que de cette purée de pois irritante ne tarderait pas à jaillir une cible à perforer de balles neuf millimètres. Sa frénésie ayant finalement identifiée une cible, il ne s'inquiéta pas de tourner le dos aux ombres de la ruelle, préférant se dire, en dépit du manque de cohérence, que Hill avait été décapité par la chauve-souris. Qu'un autre pseudo-justicier soit de sortie n'effleura pas sa conscience.

Les deux gardes hurlèrent, provocant la crispation des doigts de leur employeur, qui se passa nerveusement la langue sur les lèvres en attendant que se dissipe le brouillard. Deux chocs quasiment simultanés avertirent son cerveau que les gorilles avaient lâché leur arme, et s’époumonaient donc en gesticulant inutilement. Tandis que se clarifiait la situation dans la ruelle, le silence retomba, à chaque fois plus oppressant, et il s'en fallut d'un cheveu pour que Berretti ne remarque pas l'ombre mouvant vers les toits. Agissant avant d'avoir pensé à ce qu'il faisait, l'ancien soldat aligna sa mire sur le cagoulé engoncé dans une espèce d'armure d'un noir de jais, vidant les dix dernières balles de son chargeur consécutivement. Le bougre s'envola dans son refuge à grande vitesse, mais ne put empêcher une balle de lui érafler la jambe droite. Bien qu'il n'ait pu en jurer, Tony crut entendre un râle de douleur. On disait pourtant Batman invulnérable, invincible.

Un chargeur vide tomba à terre, vite remplacé dans la chambre par un autre, analogue, rempli de balles. La diversion dispersée, Berretti découvrit la plus étrange des guirlandes jamais offerte à sa vue. Se balançant dans le vide, ses anges gardiens gémissaient et grognaient, empêtrés dans un cordage dont le point d'attache n'était pas visible depuis la ruelle. Ce n'est qu'à cette seconde précise que l'homme réalisa qu'il n'avait plus personne à ses côtés, et qu'il aurait dû profiter de sa chance pour rejoindre Jefferson Avenue.

A l'abri des regards, Bruce grimaça en examinant sa blessure. Une belle estafilade s'étirait sur sa jambe droite, commençant déjà à saigner en produisant un fluide épais vermillon luisant à l'éclairage. Saigner n'était jamais bon, lorsque l'on incarnait un combattant anonyme désireux de préserver le secret de son identité. La moindre cellule contenue dans une seule goutte d'hémoglobine pouvait suffire à tout faire voler en éclat, depuis la mise au point des techniques de séquençage des gènes. Sans attendre, le blessé recouvrit sa lésion d'un pansement liquide se solidifiant à l'air libre, contenant sous un film translucide l'écoulement rubicond.

Berretti ne tarderait pas à se rendre, Batman en était certain. S'il s'y était autorisé, il aurait souri devant son avantage évident. Mais l'orphelin amer ne souriait jamais, une fois sa tenue enfilée. S'accroupissant, il se campa derrière le couvert d'une ventilation centralisé, et observa brièvement sa cible esseulée, qui en venait tout juste à la conclusion qu'un sprint décisif s'imposait. Nullement handicapée par sa jambe droite, l'ombre traqueuse bondit, étendant ses ailes redoutées pour dépasser le coureur en pleine action, avant de rabattre sa cape, supprimant le soutien permettant à son corps de tromper la gravité. Chutant comme une pierre, la chauve-souris s'interposa entre Jefferson Avenue et Tony, surgissant des hauteurs sans prévenir. Profitant de l'effet de surprise, Bruce attaqua en projetant son coude replié sur le buste du tireur expérimenté, lui coupant le souffle tout en le déséquilibrant brutalement vers l'arrière. D'une main, Batman enroula ses doigts sur le canon brûlant du Beretta, protégé des brûlures par le revêtement isolant du costume, et désarma Berretti d'une traction irrésistible pour l'agressé sans appuis. L'intéressé atterrit finalement sur le dos, les poumons aussi vides que ses mains, et les orbites agrandis de terreur.

L'implacable semeur de peur étrécit les paupières derrière son masque, ne soufflant pas un mot en toisant le potentiel briseur de son enfance. La différence de hauteur aidant, le gardien de Gotham intimida le militaire fier à bras, qui assista, impavide, au désassemblage de son neuf millimètres. Les pièces chutèrent une à une, désolidarisées, avec une faible odeur de poudre. Misérable et prisonnier de son angoisse, Tony rampa à reculons dans la ruelle en s'appuyant maladroitement sur ses paumes, ruinant son costume hors de pris en un temps record face à un Chevalier Noir statique l'englobant dans son ombre déformée. Sentant sa dernière heure arriver, le repentant supplia, levant un bras comme pour se prémunir de l'apparition fantasmagorique :

« Déconne pas ! Pitié, me tues pas ! Me décapites pas comme Hill, j't'en supplie ! J'balancerai qui tu voudras ! »

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Dernière édition par Batman le Mar 18 Sep - 20:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le retour du fléau de Gotham [PV The Reaper ; terminé]   Lun 17 Sep - 14:09

Le petit trio de truands avait continuer à se replier en bon ordre vers la rue principale et Batman les avait intercepté à la plus grande satisfaction du Reaper qui n'aurait pas à les prendre en chasse et à les affronter devant des dizaines de témoins. Comme il l'avait espéré, la chauve souris de Gotham ne les avait pas laisser s'en tirer à si bon compte Ses méthodes étaient d'ailleurs très bien étudiées et Judson ne put s'empêcher de différer sa propre entrée en scène pour pouvoir observer ce spectacle hors normes.
Le Darknight avait profité de la frayeur provoquée par le Reaper pour se lancer dans un approche savamment mise en scène dans le but de faire voler en éclat le peu de cohésion qui restait à ses adversaires. L'usage de fumigènes rappela sa jeunesse à Judson qui se souvint en avoir lui même largement usé et abusé pour semer la confusion et couvrir ses attaques. Batman n'avait plus eut qu'à descendre au beau milieu du nuage crée au sol pour éliminer les malfrats désordonnés et pétris de peur qui ne demandaient plus qu'à céder sous ses coups.

Caspian fut surpris par la vitesse du vigilante armuré de noir ; ils étaient probablement du même niveau de rapidité mais le super héros de Gotham se déplaçait plus vite encore et avec plus d'aisance. La démonstration de combat, que le Reaper suivit aux infrarouges à l'aide de son casque, lui apprit aussi que cet homme était un maître en art martiaux ; probablement en taïjutsu et aussi en un ou deux autres styles qu'il ne tarderairt pas à identifier. C'était impressionnant. Tout dans ce qu'il voyait rappelait à Judson l'art du ninjutsu ou de certaines sectes d'assassins et d'espions qu'il avait approché au cours de ses voyages.

L'équipement de ce justicier de l'ombre n'avait rien à envier à celui de son aîné et il était utilisé judicieusement et parcimonieusement. Le balai qui se déroula sous les yeux du Reaper lui fit forte impression et il en savoura chaque passe en connaisseur. Ce Batman était une machine de combat, bien huilée et efficace. Son armure le gênait à peine dans ses mouvements et ce n'était pas son poids mais ses articulations qui pêchaient quelque peu tout en étant mieux étudiée que celle du Reaper pour ce qui était de la mobilité. L'armure de Judson était plus lourde mais son porteur comptait sur sa puissance musculaire pour palier à ce surplus de poids tandis que celle de Batman semblait faite de matériaux résolument moderne et légers qui, au final, ralentissait tout juste le Darknight et ce à tel point que seul l'oeil d'un expert aurait pu le percevoir.

* Plus jeune... plus léger et surentraîné... impressionnant. *

Voir ce surhomme plus jeune que lui en action ne frustra en rien Judson qui profita de la brièveté de cet affrontement pour en apprécier, en expert, la moindre miette. Quelle ne fut pas surprise en constatant que malgré son incroyable efficacité, Batman ne fit que désarmer ses opposants pour les mettre ensuite hors de combat. Il ne se servait de sa supériorité écrasante que pour palier au handicap qu'il s'imposait en voulant neutraliser ses proies plutôt qu'en les tuant. Voulait-il les interroger tous là où un seul d'entre eux aurait suffit ? Cette pensée troubla à tel point le Reaper qu'il faillit rater le cri de douleur de la chauve souris au beau milieu du déluge de plomb que Berretti avait fait pleuvoir dans sa tentative désespérée de fuite.

* Plus légère mais pas si solide que ça cette armure... *

Le Reaper allait se mettre en marche quand il s'aperçut que Batman n'avait dû être que très légèrement blessé car il repartit à l'attaque peu de temps après avoir été touché. Berretti était bien entraîné ; il avait réussi à échapper à l'attaque du vigilante qui avait voulu faire durer le spectacle en attaquant d'abord les deux sbires. C'était une mise en scène habile mais risquée et il en avait payé le prix... un petit prix apparemment puisqu'il repartait déjà à l'assaut.

Voir monter et descendre la chauve souris à l'aide de son filin et sans le moindre bruit superflu répondit à la question qu'il s'était posée à son entrée en scène ; voilà comment il avait pu être aussi discret. C'était un véritable ninja des temps modernes. Tout comme ces assassins du passé, Batman exploitait la moindre parcelle de terrain à son avantage et usait d'un équipement bien rôdé pour appuyer des techniques de combat issue d'un long et dur labeur. Ce genre d'entraînement, Judson en savait quelque chose, était le fruit d'une vie entière ou presque, surtout si cet homme avait moins de quarante ans ; ce qui semblait plus que probable s'il se fiait à son aisance de mouvements et à son endurance. Livrer combat et se balader de toit en toit nécessitait une condition physique exceptionnelle et ne pardonnait pas la moindre faiblesse ou usure du corps comme de l'âme. Le Reaper lui même ne se déplaçait pas aussi vite et surtout il n'aurait pu réaliser pareilles acrobaties.

De toutes évidences, ce Batman était donc une version plus jeune, plus mobile et moins létale du Reaper qui se demanda un instant comment allait finir cet affrontement. Visiblement pas par la mort de Tony Berretti, lequel fut aisément défait par le Darknight qui semblait avoir des questions à lui poser. Il n'avait pas tué les deux hommes de mains et il apparut évident à Judson qu'il ne tuerait pas non plus leur chef. A dire vrai, il n'avait pas sentit l'odeur de la mort ; celle qui accompagnait ses propres actes. Judson hésita un instant entre laisser faire Batman jusqu'au bout et ainsi prendre le risque de voir ces méprisables individus survivre ou intervenir pour faire ce qui devait être fait. Laisser vivre cette engeance lui sembla insupportable et aussi silencieusement que mécaniquement, le Reaper sortit de l'obscurité pour rejoindre les deux malfrats laissés suspendus dans les restes du nuage causé par le fumigène. Le filin les maintenant était à peine visible et devait donc être issu des dernières technologies en la matière. Judson pourrait les achever à loisir et le faire maintenant le priverait d'une approche furtive. Il n'avait pas la moindre idée de la réaction qu'aurait Batman en le voyant. Allait-il parler, attaquer ou observer ? Le seul justicier masqué qu'avait rencontré le Reaper avait failli le tuer et disposait de supers pouvoirs. Celui-ci semblait être un humain, un humain exceptionnel mais un humain tout de même.

La seule chose que Judson voulut éviter était que le Darknight ne disparut dans les airs en emmenant sa proie et ce fut ce qui le décida à différer la mort des deux gros bras qui se balançaient au dessus du bitume. Il préféra s'assurer de pouvoir approcher Batman assez près pour avoir une chance de l'intercepter s'il décidait de prendre de la hauteur. Le Reaper ne volait pas et s'il pouvait lui aussi prendre de l'altitude en gravissant les immeubles de la ville, il était bien incapable de le faire aussi vite que cet homme plus léger que lui, moins lourdement armuré et mieux équipé pour l'ascension qu'il ne l'était.

Son approche furtive lui laissa le temps de constater que l'autre vigilante était effectivement moins grand, d'au moins une bonne dizaine de centimètres et plus athlétique aussi. Tout au long de sa carrière, Judson n'avait jamais rencontré quelqu'un qui puisse rivaliser avec sa vitesse et encore moins se déplacer avec autant d'agilité que ce que ce Batman semblait en avoir. Lui même en était incapable et pour la première fois de sa vie, Judson eut l'impression d'être "lourd" en comparaison d'un autre homme.

* Qu'importe, je ne viens pas pour l'affronter et s'il est plus agile ; il n'est pas plus rapide que moi pour autant... *

Cette pensée prit fin au moment où les sens de Batman, occupé à interroger Berretti, allaient pouvoir percevoir que quelque chose venait de s'approcher. Plus besoin de discrétion, le monolithique super vilain stoppa son avancée à quelques mètres de la chauve souris et attendit, sans un mot, drapé dans sa sombre cape déchirée et usée par le temps. Dans le vide de sa capuche, le crâne de métal ne se percevait pas encore et la silhouette évoquait plus un spectre qu'autre chose.

Quelle serait la réaction de Batman ? S'il décidait de l'ignorer le temps d'obtenir des réponses, le Reaper resterait immobile et le laisserait finir ; son seul but était d'être assez proche pour intercepter une tentative de repli vers les hauteurs. Berretti ne lui échapperait pas. Après tout, si ce minable balançait des noms, Judson serait ravi de les entendre : de nouvelles proies tomberaient à point.

La seule chose dont le Reaper était sûr était que ce vigilante avait perçu sa présence et c'était d'ailleurs pour ça qu'il avait cessé son approche.
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MessageSujet: Re: Le retour du fléau de Gotham [PV The Reaper ; terminé]   Mer 19 Sep - 9:09

* Voilà donc celui qui a peut-être fait de moi ce que je suis aujourd'hui... Un être torturé, à l'âme écorchée vive. * Réalisa silencieusement Bruce, la respiration lente, en sentant la rancœur accumulée au fil des années resurgir.

Le monstre campé face au crapuleux industriel Gothamite avança d'un pas sur son potentiel créateur, le talon de sa botte noire paraissant peser des tonnes tant le claquement de la semelle se répercuta dans la ruelle déserte. Alors qu'il y a quelques minutes, Batman virevoltait dans les hauteurs de l'impasse avec la légèreté et la discrétion d'un oiseau de nuit, sa démarche lourde, plombée, évoquait à présent bien plus un soldat moyenâgeux en armure complète. Suspendus et inutiles, Mani et Marco braillaient à s'en briser les cordes vocales pour que l'on s'occupe d'eux avant que la corde ne cède, ou que le garrot engendré par le nœud du filin ne provoque une nécrose tissulaire. Sourd à leurs appels, la chauve-souris continua d'intensifier le feu de son regard sur Tony Berretti, repoussant son désir de sauvagement passer à tabac l'ex-militaire.

* Ta colère te rend fort, mais en la laissant prendre le pas sur toi, tu ne feras que t'y perdre. *

Les enseignements de son immortel mentor ne cessaient de se rappeler à l'élève de la Ligue, qui exploita le résultat de ses leçons de méditation pour tenir sous clef le prédateur, et laisser les coudées franches à l'homme derrière le masque.

* Visualise ta rage, délimite-la dans ton esprit, puis compacte-la et écarte-la dans une parcelle bien précise de ta tête. Elle restera présente, mais n'interférera pas avec tes pensées. *

Ne comprenant pas pourquoi le Chevalier Noir continuait de le fixer sans rien dire, Tony sentit sa résistance mentale baisser graduellement à mesure que l'attente se prolongeait, s'intensifiait, se durcissait. Comme une démangeaison que l'on tente de s'empêcher de gratter, et qui harcèle la conscience en devenant insupportablement envahissante. A bout de nerfs, il craqua :

« Qui tu veux ? Le Joker ? J'ai jamais bossé avec ce taré, c'est promis ! Ni avec le moindre taré d'Arkham ! Tu veux Moxon ? Lew Moxon ? Mais qui tu veux, à la fin ? »

A force de rester tête en bas, les deux gardes du corps suspendus sombrèrent dans l'inconscience, créant un silence étouffant pour Berretti, qui en vint à parler de plus en plus fort, comme s'il cherchait à lui seul à masquer l'absence de sons autour de lui. Certain qu'il pourrait marchander son amnistie en échange de la bonne information, l'intellectuel pragmatique abattit coup sur coup ses meilleurs atouts, espérant engranger rapidement des points auprès de son agresseur à la cape, qui ne laissait toujours rien paraître. Croyant s'en tirer en certifiant ne jamais avoir eu à faire avec un criminel costumé, Tony déduisit de l'impassibilité de Batman que ce dernier attendait autre chose. Jugeant ses espoirs de survie comme "misérables" s'il taisait ses accointances avec Moxon, il cracha le morceau de bonne grâce. Sans résultat. Terrifié à l'idée d'être celui que la bête voulait emmener dans son terrier, le fraudeur invétéré supplia quasiment la créature de cauchemar de lui dire qui balancer.

Bruce s'approcha de sa victime, sa plus précieuse saisie depuis qu'il avait créé le costume de son alter-ego pourchassant le crime à Gotham. Comme à chaque fois qu'il s'endormait, l'orphelin Wayne revécut le traumatisme de son enfance, revit la silhouette indistincte faire feu sur ses parents. Il sentit de nouveau le monde exploser en miettes, perdre tout sens et toute saveur, le laisser interdit, isolé et choqué, dans la pénombre humide et sale de Crime Alley. Sa cape enroulé autour de lui, le Chevalier Noir parut glisser sur le sol goudronné, tel un fantôme. La comparaison laissa Berretti songeur. Batman était-il un spectre ? Si oui, cela expliquait nombre de choses. Comment il parvenait à voler, pourquoi il ne craignait pas les balles, ou comment il réussissait toujours à se glisser derrière votre dos. Puis une effroyable pensée caressa l'esprit du militaire reconverti. Les spectres tourmentaient ceux dont ils souhaitaient la mort, et personne d'autre. Fallait-il en déduire que, jusqu'à son trépas, l'associé de Moxon continuerait de subir la pesante, asphyxiante présence de la chauve-souris ?

« Je veux un nom, Berretti. Un nom qui remonte à vingt-six ans. »

Alors qu'il ne l'attendait plus, la voix grondante, rauque et grave du traqueur s'éleva dans le silence de la ruelle, se répercutant sur les murs, faisant vibrer les cages thoraciques. Tony se serait presque réjoui de l'événement, s'il n'avait pas été accompagné d'une précision si déroutante. Un nom remontant à vingt-six ans ? Comment pouvait-il se souvenir d'une telle chose ? A cette époque, il venait à peine de quitter l'armée... Exception faite de la sensation grisante d'intégrer le monde de l'illégalité, Berretti ne gardait pas le moindre souvenir précis de ce temps révolu. Néanmoins, il s'abstint de tout commentaire, préférant tenter de broder au mieux une réponse satisfaisante plutôt que de couper son interlocuteur en lui confessant ne rien avoir gardé en mémoire de la période mentionnée.

Un élément supplémentaire aida beaucoup Tony à ne rien dire : l'apparition d'un second spectre, en périphérie de son champs de vision. La chose dépassait son homologue en noir d'une tête, environ, trahissait l'usure au vue de l'état de son manteau, et remplissait un critère essentiel pour tout bon fantôme : aucune portion de peau n'était visible. Le long manteau à capuche flottait dans le noir, soutenue par une forme humanoïde invisible, mais chaussée de lourdes bottes. Irrésistiblement attirés par le nouveau venu, les yeux de Berretti indiquèrent à Bruce que, dans son dos, l'autre prédateur venait de sortir de sa cachette. Le concurrent s'était très bien débrouillé, n'attirant à aucun moment l'attention du Chevalier Noir en produisant un bruit incongru. Mais à présent très près de Batman, il aurait du mal à tromper la vigilance de ce dernier, qui se tint aux aguets.

* Personne ne peut te prendre par surprise. Tu es libre d'interroger la cible ; si l'autre attaque, tes réflexes réduiront à néant l'avantage qu'il croyait avoir. *

Certain de pouvoir prendre l'ascendant sur l'inconnu, le protecteur de Gotham saisit au col le malfrat désarmé, soulevant celui-ci à hauteur de visage sans ménagement, exigeant en grognant :

« Qui as-tu engagé il y a vingt-six ans pour tuer Martha et Thomas Wayne ? Répond-moi ! »

L'interrogé tâcha d'ignorer sa frayeur, et l'absence de sol sous ses pieds. Il essaya de se concentrer malgré les poignes de fer serrant sa gorge et lui rendant la respiration pénible. Secoué violemment, il s'agrippa aux brassards de Batman, ses jambes flageolantes battant l'air comiquement. Mais ne lui revinrent en mémoire que des bribes inexploitables et des bouts de phrases sans intérêt pour la chauve-souris. Tel qu'il le redoutait, Tony ne put exhumer intacts des souvenirs aussi anciens de sa vie mouvementée.

« W... Wayne ? Les parents de Bruce Wayne ? J'sais pas qui les a buté. J'en sais rien, j'le jure ! »

La réponse ne suffit pas à convaincre l'orphelin en croisade, qui avait pour politique de ne jamais croire la parole d'un criminel. Brutalement, il propulsa Berretti contre une façade, coupant une deuxième fois le souffle à sa victime.

« Tu mens ! Cracha le gardien solitaire à la cape, resserrant la pression autour de la gorge de son vis-à-vis, qui se mit à tousser sèchement. Qui as-tu payé pour faire disparaître les Waynes ? Dis-le ! »

- J'en... Sais... Ri... Rien.

Les mots, articulés au mieux par le déserteur, dépassèrent difficilement l'intensité sonore d'un miaulement de chaton. Violacé, les yeux exorbités par l'étranglement respiratoire et sanguin, l'homme mit toute son énergie à répéter son ignorance, se sentant petit à petit partir. Un sifflement aigu oblitéra son audition, et de petits points brillants l'aveuglèrent, tandis que son cerveau en manque d'oxygène se préparait à désactiver quelques fonctions biologiques trop gourmandes en énergie, tel que l'éveil.
Les mains lâchèrent soudainement Berretti, qui s'affala avec la grâce et l'élégance d'une poupée de chiffon jetée au sol. Toussant, crachant et inhalant goulûment de l'air à la fois, le financier frauduleux se sentit revivre, bien qu'en premier lieu, le retour d'oxygène dans ses poumons lui donna le tournis et des fourmis dans les membres. Plusieurs minutes s'écoulèrent avant qu'il ne reprenne contact avec la réalité.

Bruce lâcha Tony lorsqu'il devint évident que ce dernier n'était pas l'instigateur de la mort de ses parents. Déçu, las de se battre avec des souvenirs insaisissables, le trentenaire en costume rejeta la carcasse du criminel de moindre envergure dans la ruelle, patientant avant de le neutraliser pour que le GCPD puisse venir le récupérer. S'il l'avait assommé aussitôt, Berretti aurait pu conserver des lésions cérébrales conséquentes à un manque d'oxygène prolongé. La nuit de traque s'achevait sur une fausse piste, pour l'héritier de la fortune Wayne, qui n'en oublia pas pour autant son visiteur.

* Distraire l'inconnu en attaquant directement, puis s'éloigner pour l'étudier en sécurité. Une fois seulement ceci fait, déterminer dans quelle catégorie ranger ce tueur de criminels. *

Opérant un volte-face vivace qui déploya sa cape, le Chevalier Noir envoya vrombir un Batarang sur l'encapuchonné dès celui-ci dans son angle de vue, et, exploitant le délai nécessaire pour esquiver son projectile, ajusta la visée de son grappin vers les hauteurs, avant de tirer. L'aimant fila droit sur son point d'accroche, assurant la prise pour l'utilisateur, qui ne s'éleva pas de plus de cinquante centimètres. L'inconnu n'avait même pas prit la peine d'éviter le shuriken qui lui était adressé, fondant sur Batman pour sectionner proprement le filin de son grappin avant qu'il n'ait le temps de réagir. Rattrapé par la gravité, le disciple de la Ligue se rétablit en roulant au sol, un genou en appui, s'écartant immédiatement du voisinage de son opposant dans un froissement de cape. De nouveau campé sur ses pieds et en posture de combat, mais désormais contraint de faire une croix sur son accessoire de prédilection, Bruce détailla le meurtrier présumé de Louis Hills, qui venait vraisemblablement d'user de la même arme ayant servi à décapiter le mercenaire pour trancher les fibres de carbone de son grappin.

Haute, solidement musclée et paradoxalement floue du fait de l'étoffe recouvrant la totalité du corps, cette silhouette mystérieuse, sombre et menaçante reproduisit le schéma Berretti-Batman en observant fixement et sans rien dire le Chevalier Noir, qui ne sut trop comment interpréter ce comportement. Son vis-à-vis se mouvait vite, et sans mouvements inutiles. Il n'affichait pas son arsenal, empêchant la chauve-souris de déterminer son degré de dangerosité. Exception faite d'une protection ayant détourné son Batarang, le milliardaire noctambule ne pouvait que conjecturer ce que cachait le long manteau à capuche. Pour autant, il savait que l'inconnu tuait, soit pour se défendre, soit par choix. L'exemple de Louis Hill l'attestait, indubitablement. Les deux chasseurs n'appartenaient décemment pas à la même catégorie, ne fonctionnaient pas de la même façon. Pourtant, ils prétendaient au même niveau d'excellence physique, à en croire leurs gestuelles.

« J'ignore ce que tu croies être, mais pour moi, tu n'es qu'un meurtrier. Et je ne tolère pas ce genre d'individu en liberté dans MA ville. »

Avertit explicitement l'ombre protectrice de Gotham, qui souhaitait ne pas être trop handicapé par sa jambe lors de l'inévitable combat qui s'annonçait. Pour se conforter dans sa supériorité, le Chevalier Noir songea à tout ce qu'il avait entrepris, toutes les épreuves qu'il avait traversées, toutes les heures qu'il avait passées à se perfectionner. L'autre pouvait sortir de n'importe quelle fosse nauséabonde d'engeance tueuse, il n'égalerait jamais le parcours exhaustif réalisé par Bruce Wayne pour se construire. C'était impossible.

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The Reaper

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MessageSujet: Re: Le retour du fléau de Gotham [PV The Reaper ; terminé]   Jeu 20 Sep - 0:01

Dans la grande rue toute proche, les passants qui vaquaient à leurs occupations ignoraient tout du drame qui se déroulait à quelques mètres seulement derrière les ombres de la ruelle sordide. Suspendus à un funeste destin, deux truands avaient vu passer la silhouette inquiétante et presque irréelle qui avait fauché la vie et la tête de Louis Hill. Une légère brume masquait ses pas sans que l'on put dire si elle était le fait des restes des fumigènes de Batman ou si elle était émise par ce sinistre inconnu sorti de nulle part.

Tuer les deux sbires de Berretti avait bien entendu effleuré l'esprit du Reaper qui avait bel et bien délayé cette mise à mort ; bien plus intrigué qu'il était par les actions de son "successeur". Tout en lui indiquait à Caspian que ce vigilante hight tech était hors normes ; peut-être même autant que le Reaper l'était. L'armure, la mise en scène, les techniques de combat inspirées des arts martiaux, les armes dissimulées et le côté expéditif... tout était là pourtant deux générations séparaient les deux hommes. Peut-être était-ce pour cela que le cadet ne tuait pas là où l'aîné distribuait la mort à qui mieux mieux.

Quelque part, Batman était l'incarnation d'une époque plus technologique et aux mains propres qui ne voulait plus punir par la mort ceux qui brisaient la vie des autres. Le Reaper était à l'image d'un autre temps ; un temps où l'on excusait pas les criminels et où on ne compatissait pas avec les délinquants en se lamentant sur les conditions qui les avaient amené à être ce qu'ils étaient devenus. La seule culpabilité que pouvait ressentir Caspian était celle de ne pas avoir été plus tôt une machine à tuer qui aurait pu éliminer ceux qui avait pris la vie de son épouse avant qu'ils n'aient pu le faire. Dès que le Dark Knight en aurait fini avec eux, le Reaper tuerait ces malfrats ; c'était à ça qu'il servait et rien ne l'en empêcherait.

Voir opérer ce Batman fut instructif pour le Reaper qui fut étonné de la différence de méthodes qui les séparait. Cet homme masqué usait tout comme lui de la peur qu'il inspirait et d'artifices pour installer cette dernière mais ses actes ne semblaient pas avoir la même finalité : pas de morts. Sa proie lui déballait de quoi l'appâter, comme si sa vie en dépendait et de ce point de vue, la méthode "Batman" semblait marcher pour autant la mansuétude dont il faisait preuve à l'égard de ces criminels surprit Judson. Croyait-il vraiment qu'il fallait les envoyer devant la justice des hommes alors que le jugement divin les condamnait à mort ?

Pas exactement le jugement divin... juste celui d'un homme fatigué et étranger à toutes formes de tolérance envers ceux qu'il jugeait indignes de vivre. Caspian était un meurtrier froid et méthodique mais c'était aussi un fanatique dévoué à l'extermination de ces êtres abjectes qui dégradaient la société, qui ne faisaient selon lui que la parasiter et qui nuisaient aux braves gens. Tony Berretti rentrait précisément dans cette catégorie de nuisibles et ses acolytes, encore vivants à cet instant, en faisaient aussi partie. Le réticence de Batman à les tuer lui échappait ; comment un homme capable de se dresser face à de si dangereux individus pouvait-il faire preuve de générosité à leur égard. Pour le Reaper, ce refus de faire couler un sang pourtant désiré par les Enfers était une faiblesse ; une faiblesse noble mais une faiblesse tout de même. Au final, quelqu'un devait se salir les mains...

Batman ne sembla pas obtenir la réponse qu'il désirait et pendant quelques instants, Judson se demanda si ce sujet qui lui tenait visiblement à coeur, justifierait l'usage d'une persuasion plus brutale ou tout au moins provoquerait une colère légitime et une réponse létale... il n'en fut rien. Les mains du justicier défirent leur étreinte avant que celle-ci ne fusse fatale et le truand tomba au sol, sans connaissance. Ce geste étonna quelque peu le Reaper qui resta là à l'observer, pour tenter de comprendre.

* Curieux... il a le potentiel mais sa détermination n'est pas orientée dans le bon sens. Il peut tuer, je le sens mais il semble obéir à un code d'honneur ou je ne sais quels principes. Tout comme moi... sauf que mes principes ne sont pas tout à fait les mêmes. Intéressant... *

Pourquoi Diable s'intéressait-il à une affaire vieille de vingt six années ? A cette époque, Caspian avait déjà quitté Gotham City mais le nom des Wayne lui était connu et pour cause ; Judson avait lui même fait partie des élites de la ville. Il se souvenait qu'il s'agissait d'un couple charmant et richissime. Ils étaient une version plus riche de son propre couple et le Reaper se rappela qu'ils avaient eux aussi un enfant... peut-être un garçon mais il n'aurait pas pu en jurer. Cela devait pourtant bien être le cas car le nom de Wayne était encore dans la presse en la personne de Bruce... Bruce Wayne.

Ainsi les parents de ce playboy milliardaire avaient été assassinés... Judson n'en avait rien su, tout occupé qu'il était à se cacher en Europe avec Rachel. Cette pensée ne le rendit pas vraiment triste car son coeur était à jamais endeuillé de la perte de celle qu'il aimait pour autant cela lui déplut ; les Wayne étaient des gens de bien. Thomas avait voulu moderniser la ville et les travaux qu'il avait lancé, notamment pour son métro aérien, avaient été bien utiles pour les déplacements du Reaper.

Pourquoi se mêler d'un meurtre vieux de vingt six ans ? Cela avait-il un rapport avec la pègre encore en place ? Batman espérerait-il tirer des preuves d'une vieille affaire pour faire tomber des barons du crime ? Le milliardaire offrirait-il une prime secrète à qui lui amènerait les assassins de ses parents ?

* Aucune importance... seule compte ma croisade et ma souffrance ; celle-ci ne me regarde pas. *

Le justicier masqué resta quelques instants immobile puis il pivota à la vitesse de l'éclair en expédiant un projectile à l'intention du Reaper qui vit en ce geste une agression en vue d'un engagement au combat... ou d'un désengagement. Le grappin du héros siffla dans les airs et ce fut ce qui déclencha la charge de Caspian, persuadé que Batman allait tenter d'emmener Berretti avec lui ; ce qui ne fut pas le cas. Le batarang se ficha brièvement sur l'une des plaques de protection de l'armure de Judson qui l'ignora purement et simplement, se contentant de noter la force exacte de l'impact.

La lame de la faux partit chercher le filin plutôt que celui qui avait voulu en user ; Batman n'était pas un criminel, pas aux yeux du Reaper et en tant que tel, sa mort eut été aussi inutile que contraire à ses principes. Seuls les "nuisibles" l'intéressaient. Certes, Batman enfreignait des lois et ses actes étaient jugés criminels mais pas aux yeux de Caspian qui avait fait prie encore pour servir sa croisade. Ce justicier semblait lui aussi avoir une croisade à mener et même si les moyens différaient dans leur intensité ; tous deux fonctionnaient sur le même principe ; celui de s'affranchir des lois des hommes pour lutter contre le crime.

* Rapide, très rapide... autant que moi. *

Le Dark Knight retomba au sol avec l'aisance et la légèreté d'un véritable ninja et fit face au Reaper après avoir pris soin de reprendre quelques mètres de distance.

* Plus léger, plus agile... mais pas plus rapide. Pas de super force sinon son projectile aurait pénétré. Il est doué et surentraîné tandis que je suis vieux et bien plus lourd... un combat intéressant mais je ne suis pas là pour m'amuser et lui non plus. Si j'avais compris plus tôt qu'il n'emmenait pas Berretti, je l'aurais laissé se replier. Et maintenant quoi ? *

Le Reaper était redevenu un monolithe immobile presque aussi vite qu'il avait chargé et déjà sa lame avait disparu sous son manteau. Batman signifia d'emblée sa position quant à la présence et aux actes de celui dont il ignorait encore l'identité. Sous la capuche, le crâne de métal se dessina très légèrement, comme s'il s'agissait d'une apparition. La voix d'outre tombe du Reaper emplit la ruelle, de façon lugubre et monocorde.

" Je ne suis pas venu pour toi justicier. Seuls les âmes corrompues m'intéressent. Ne te mets pas en travers de mon chemin et tu n'auras pas à découvrir ce que je crois être ou non. "

Et sans autre forme de procès, la grande silhouette s'avança en direction de Berretti. La cape était assez longue et les mouvements assez coulés pour donner l'impression que le Reaper ne marchait pas mais qu'il flottait ou coulissait sans un bruit contre le sol de la ruelle.

" C'est pour lui que je suis là. Son heure est venue, tout comme l'heure de son dernier voyage. "

Judson se douta que Batman ne le laisserait pas prendre une vie si facilement, fusse-t-elle celle d'une ordure comme Berretti. Ce qu'il avait vu n'allait pas dans ce sens et il se demanda si la prochaine action du justicier de Gotham serait une attaque ou une diversion. Dans les deux cas il avait déjà décidé de l'encaisser, afin de pouvoir jauger de la force exacte de son adversaire ou tout ua moins de se techniques s'il s'agirait d'une diversion. Il ne voulait pas de cet affrontement pour autant il lui semblait inévitable tant que son but serait de prendre des vies. Batman n'avait pas épargné ces trois hommes pour les laisser à la merci de celui qu'il venait de qualifier de tueur. C'était d'ailleurs cette appellation qui avait convaincu Caspian de l'inéluctabilité d'un combat contre la chauve souris.

* A toi de jouer, montre moi ce que tu as en réserve et je te montrerais ce que je suis. *

Malgré son apparente impassibilité, le Reaper s'apprêtait donc à recevoir une attaque de plein fouet et à reculer tout aussi impassiblement ; la riposte viendrait ensuite, une fois qu'il saurait exactement ce à quoi il devait s'attendre. Entre sa condition quasiment surhumaine, sa volonté inébranlable, sa haute tolérance à la douleur et son armure, il savait qu'il ne risquait en fait pas grand chose sur une ou deux attaques. Contrairement à Batman, le Reaper avait l'avantage du choix ; il pouvait décider d'en finir avec les truands quand bon lui semblerait : les armes à feu dissimulées dans ses faux y pourvoiraient. Et puis, il était curieux ; curieux de voir ce que valait celui qui semblait être son successeur... même s'il ne tuait pas.

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MessageSujet: Re: Le retour du fléau de Gotham [PV The Reaper ; terminé]   Mar 25 Sep - 7:23

[HRP]J'ai un peu imposé le rythme des phases d'action et de dialogue. J'espère ne pas avoir abusé Wink[/HRP]

Le grondement d'une voix caverneuse jaillit des ténèbres de la capuche, concurrençant sans mal les octaves rocailleuses et graves du Chevalier Noir, qui ressentit une terrible impression de déjà-vu en entendant la première réplique de la haute silhouette meurtrière. Ses phalanges le démangèrent lorsque l'écho de souvenirs impérissables s'ajoutèrent à l'affirmation du spectre, comme voilé d'ombres complices. La Ligue des Ombres aussi, ne prétendait tuer que des âmes corrompues. Ce qui n'avait pas empêché Batman de leur tourner le dos dès l'évidence de leurs sanglants objectifs devenu palpable.

* Un exécuteur, qui a choisi de purger dans le sang la criminalité. * Catalogua Bruce sans quitter des yeux une seconde ce vif adversaire qui l'avait assuré ne pas vouloir se battre.

* Une chance qu'il ne soit pas apparu avant moi... A quoi ressemblerait Gotham si un tel monstre s'était chargé d'y distiller la terreur en semant des cadavres dans son sillage ? *

En se basant sur son expérience passée, le milliardaire surentraîné savait qu'il devait impérativement agir, et vit. Les extrémistes lancés dans une croisade contre les malfrats ne trainaient jamais lorsque venait l'heure de l’exécution. En illustration vivante parfaite de cette appréhension, l'assassin de Louis Hill glissa dans la ruelle, avançant droit sur la vie qu'il comptait achever au nom du Bien. Seule la chauve-souris blessée pouvait s'y opposer.
Batman consulta son arsenal en silence, les compartiments de sa ceinture masqués par sa longue cape. Ses réserves de fumigènes étaient vides, les batarangs qu'il possédait ne lui serviraient pas à grand-chose, et son grappin nécessitait des réparations impossibles à effectuer en plus combat... Sa victoire ne reposerait pas sur des gadgets, cette fois. Il allait lui falloir vaincre par ses seules performances physiques, en frappant le talon d'Achille du monolithe humanoïde.

* C'est un roc, endurant et impossible à surpasser en terme de force brute. L'idéal serait de l'immobiliser en exploitant la différence d'agilité qui nous sépare, en le déséquilibrant pour que son poids fasse tout le travail. *

S'élançant à la rencontre du prédateur nocturne, le gardien taciturne de Gotham s'opposa à l’exécuteur de Berretti en rappelant :

« Personne n'est habilité à fixer la dernière heure d'un être vivant. »

Bondissant dans les airs, le Chevalier Noir fit mine d'ajuster un coup de pied sauté, alternant au dernier moment ses appuis pour passer au-dessus du spectre morbide. L'autre laissa faire, ou fut trop pris au dépourvu pour parer. Indifférent aux explications sous-jacentes, le Chevalier à la Cape opéra un balayage puissant sur les articulations des genoux du colosse, poursuivant son offensive par un début de prise. Tête derrière la ligne d'épaule adverse, bras prêts à verrouiller un blocage cervical, l'adepte du Ninjutsu sentit deux mains étrangères l'agripper et le repousser sans effort dans la ruelle. Volant dans l'impasse, Bruce rebondit sur une façade de brique noircie, calculant son saut pour rester hors de porté du Faucheur.

Offensive échouée.

« Tu ne fais qu'entretenir un cercle de violence, en tuant. A ton avis, quels sentiments domineront chez les proches et les amis de Berretti, une fois ce dernier mort ? La Peur de ton autorité ? Au début, peut-être ; mais ensuite, cette Peur tournera à l'amertume, au désir de vengeance, à la soif de revanche. » Fustigea le combattant du crime d'une voix étranglée par un début de fatigue.

Recomposant sa garde, Batman revint à la charge, délaissant les prises du Ju-Jitsu au profit d'enchaînements de Wu-Shu percutants et fluides. Deux poings ornés de gantelets protecteurs alternèrent les directs et les atemis, fendant l'air à un rythme soutenu tandis que, brisant ce tempo martial, des coups de pieds s'insinuaient dans la cadence. Rien n'y fit, néanmoins ; l'expert du combat à mains nues eut beau modifier l'ordre de ses enchaînements, incorporer des séquences inhabituelles dans ses attaques et accélérer progressivement dans l’exécution de ses assauts ; aucun coup ne porta. En face, l'inconnu paraît, bloquait et détournait chaque frappe, gratifiant fréquemment son adversaire en noir de ripostes dangereusement bien placées qui obligèrent Bruce à se contorsionner.

* L'agilité seule ne me permettra jamais de vaincre cet individu, homme ou femme. * Comprit-il, incapable de déterminer le sexe du spectre dont le long manteau et la voix déformée pouvait tout autant appartenir à un guerrier qu'à une guerrière.

Essuyant une estocade encore plus puissante que les autres, le Chevalier Noir se désengagea (moins souplement qu'il ne l'aurait souhaité, toutefois) en faisant voler sa cape telle une traîne de suie. Essoufflé, Batman gaspilla ses derniers Batarangs sur le monolithe encapuchonné, n'escomptant que retarder un peu l'avancée du colosse afin de récupérer du premier round, particulièrement éprouvant. "Pour vaincre des ennemis par centaines, ne consacre pas plus d'une seconde à la neutralisation de chacun" aurait dit son mentor. La Ligue enseignait l'art de l'affrontement en infériorité, mais en se reposant sur des techniques supposées conclure le combat en quelques secondes. Face à une machine d'endurance et de vitesse, l'ombre de Gotham allait devoir innover, en exploitant les informations glânées au fil de la rencontre.

L’exécuteur de Louis Hill ne parut pas avoir reçu la même formation que le milliardaire globe-trotteur. Soit il n'avait bénéficié des leçons de la Ligue, soit il avait appris à s'affranchir du carcan classique pour élaborer son propre style, plus en accord avec les spécificités de sa lugubre croisade. Dans tous les cas, cet anti-héros partageait les convictions drastiques de la Tête de Démon, ce qui n'arrangeait pas la situation. Bruce se serait volontiers passé d'un Ra's al Ghul Bis dans sa ville, surtout à une époque où les criminels connaissaient une recrudescence d'effectifs. Gesticulant mollement, Tony Berretti grogna, avant de retourner dans les limbes de l'inconscience, tandis que deux prédateurs se toisaient, en chiens de faïence, les pans de leur manteau respectifs repliés le long du corps. De nouveau prêt à en découdre, la terreur ailée des malfrats reprit, comme si rien ne s'était passé :

« Si ton but est de faire disparaître la criminalité, tu fais complètement fausse route. Tes actes de violence nourrissent les velléités d'une génération de criminels à venir plus nombreuse, plus déterminée, plus sauvage. Par tes actions, tu ruines mes efforts pour nettoyer Gotham. Mais peut-être ne cherches-tu qu'un prétexte pour tuer ? »

Tout en monologuant, Bruce ouvrit le dernier compartiment de sa ceinture, qui contenait une charge explosive. Destiné à détruire les obstacles ou à condamner une issue, le projectile rempli d'un mélange réactif n'avait pas été conçu pour être utilisé sur l'homme, et Batman ne comptait pas s'y abaisser. En revanche, cet accessoire pourrait bien lui sauver la mise prochainement, lorsqu'il lui faudrait se replier pour réapprovisionner son arsenal, et préparer un plan pour contrecarrer les actes du spectre faucheur, apparemment trop rompu aux arts martiaux pour être défait sans étude approfondie.

* N'oublie pas la lame qu'il a employée pour décapiter Hill... Elle doit se trouver quelque-part, sous son ample vêtement uniforme. * Se fit lui-même la remarque le Chevalier Noir, tout en fouillant discrètement la ruelle des yeux en quête d'un itinéraire pour regagner par l'escalade la sûreté des toits.

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MessageSujet: Re: Le retour du fléau de Gotham [PV The Reaper ; terminé]   Ven 28 Sep - 2:06

Le Reaper se dirigeait vers sa proie quand le Darknight lança son assaut. Le monolithe armuré stoppa son avancée pour se concentrer sur les coups portés par Batman, lequel réussit véritablement à le surprendre avec sa feinte ; non pas que les compétences martiales de la chauve souris dépassèrent les siennes mais Caspian n'avait pas encore réalisé la force exacte de son adversaire. Pour le coup, comme il comptait encaisser les premiers coups de son adversaire pour s'en faire une idée, la chose tomba à point et l'impact sur son genou répondit à cette interrogation tandis que Judson répondit à la première déclaration du vigilante officiel de Gotham.

" Ces hommes ont eux mêmes fixé l'heure de leur mort en choisissant leur vie et se repaissant de leurs exactions. "

Le Reaper analysa le coup qui venait de lui être porté avant même que son opposant ne fusse sur lui pour porter sa prise.

* Rapide et surentraîné... puissant mais pas assez pour le ralentir... tout comme moi à son âge mais je suis plus grand, plus lourd et par là même, plus fort et moins agile. Pour la première fois de ma vie je ne vais pouvoir compter que sur ma force et ma résistance... pour le reste on est trop proches pour que je me repose dessus... *

Le temps de cette réflexion avait bien entendu suffit à Batman pour tenter de placer une prise de jujitsu... en pure perte. Caspian était bien trop expérimenté en aïkijutsu autant qu'en lutte et son armure comme son physique avait réduit à néant la douleur du coup porté à son genou ; rendant irréaliste l'option des prises contre lui.

Les clés et prises fonctionnaient à peu près toutes sur le même principe ; aller à l'encontre des articulations et ceci signifiait que tant que l'on était pas aller au bout de la prise, l'adversaire pouvait s'en libérer aisément. Un opposant plus puissant ou assez expérimenté pouvait bloquer une prise avant que la contrainte ne pusse opérer et il fallait le "distraire" ou "l'attendrir" avec un ou plusieurs coups pour pouvoir gagner le temps nécessaire au placement d'une prise efficace. Celle utilisée par le Darknight était efficace pour autant, le Reaper n'ayant en rien souffert du coup porté sur son genou, n'avait eut aucun mal à l'interrompre et ce d'autant plus facilement que les clés étaient justement l'une de ses spécialités... et qu'il était de toutes façon plus fort physiquement, bien plus fort. Fort heureusement, il n'était pas plus rapide.
Le bras de Caspian échappa donc sans mal à cette attaque et ses mains tentèrent presque machinalement de renvoyer la politesse à celui qui avait osé s'aventurer trop près d'elle mais elle ne réussirent qu'à le repousser... lui aussi était doué. Sous son casque, Judson sourit, cet adversaire était d'une grande valeur martiale et en tant que combattant, il ne pouvait qu'apprécier cela.

* Nous sommes du même niveau... mais je suis plus fort et plus lourd... contrairement à lui, je peux tenter des clés avec une chance de réussir mais doué comme il l'est, il l'a sans doute compris et je pense qu'il va passer aux échanges coups... un domaine ou son agilité l'avantagera. Quel combat fascinant... dommage que je ne sois pas là pour le sport... *

Batman continua son laïus une fois hors de portée et le Reaper le laissa faire calmement avant de lui répondre, toujours de sa voix d'outre tombe.

" La peur... c'est ce que je suis venu leur apporter. Ils se croient au dessus des lois ; ils pensent que rien ne peut les arrêter. La seule chose qui les freine c'est la peur ; pas celle d'être arrêtés puis libérés mais celle de mourir et c'est ce que je suis venu leur apprendre... "

Le monolithe se remit silencieusement en mouvement, approchant dangereusement de son adversaire.

" ... à avoir peur de la Faucheuse. "

Le Darknight repartit à l'attaque, cette fois-ci à coups de poings et de pieds aussi rapides que bien placés. Caspian les para tous, les uns après les autres comme l'aurait fait une machine, froide et infatigable, tout en analysant le style de son adversaire.

* Ses réflexes valent les miens mais il se déplace plus vite. Il passe du ninjutsu au kung fu avec une facilité impressionnante ; il a dû étudier longtemps pourtant il ne semble pas avoir encore quarante ans et sa maîtrise vaut celle d'un grand maître. C'est impressionnant ; je ne vois pas d'autres mots mais il fatigue... frapper à ce rythme est éprouvant, même pour un tel athlète. *

Le Reaper finit enfin par contre attaquer et pour autant il ne le fit que sporadiquement ; comme ci chacun de ses coups valait de l'or et qu'il ne les délivrait qu'au compte gouttes. A nouveau, cela se faisait comme si un robot tentait de faire des arts martiaux ; sans grâce mais avec puissance et précision. Puis le rythme des contre attaques du monolithe accéléra et même ses parades devinrent dangereuses quand au lieu d'opposer un avant bras à une attaque, le Reaper commença à y opposer un poing armuré ou les piques des diverses plaques de protection de son armure. Et une ouverture se fit jour...

Le coup de poing de Caspian faillit bien balayer la garde de Batman qui recula sous l'impact et ce malgré ses protections de gantelets ; la chauve souris profita du mouvement en arrière qui lui était imposé pour exécuter un repli rapide vers une zone plus sûre. Le monolithe ne le suivit pas et s'immobilisa à nouveau. Le vigilante milliardaire reprit la parole, probablement autant pour inviter son adversaire à se livrer un peu plus que pour gagner du temps et reprendre son souffle... du moins c'est ce que se dit le Reaper qui pour autant le laissa faire.

" Mes actes ne sont que la conséquence de leurs existences et je suis là pour briser ce sentiment d'impunité qui les invite à continuer et à proliférer. Tu as repris ma lutte sous un autre angle ; tu les combats et tu as les capacités mais ton indulgence les poussent à recommencer puisqu'ils savent que tu ne les tueras pas. "

Judson suivit aux infrarouges le mouvement de main de Batman quand celui-ci saisit quelque chose à sa ceinture mais à nouveau il resta immobile.

* Une autre arme ? Ce garçon est plein de ressources. Je devrais le charger, juste pour voir ce que c'est mais je suis trop vieux pour jouer avec lui. Il m'a déjà trop distrait de ma tache et si je tarde trop, je ne pourrais pas achever ces mécréants pour lesquels je suis venu ce soir. *

" Poursuis ton combat ; il est noble mais ne te mets pas en travers du mien sinon je te tuerais. "


Il n'y avait aucune bravade dans le ton monocorde et outre tombe du spectre, ce n'était pas une menace... mais bel et bien ce que Judson voyait comme un dénouement inévitable.

" Tu es plus jeune, plus agile, ton équipement est plus moderne et tu es surentraîné... "

Si la voix d'outre tombe avait pu exprimer une quelconque émotion, cela aurait été du regret.

" ... mais ça ne suffira pas. "

La lueur au fond des orbites vides s'intensifia et le monolithe se remit silencieusement en mouvement en direction de Berretti, sans sembler se soucier le moins du monde de Batman. En réalité il n'en était rien et Caspian se préparait à voir revenir le Darknight qui ne le laisserait pas mettre à mort ces criminels.

* Si il avait plus efficace que ces armes de jets, il s'en serait servi. A son prochain assaut, je découvrirais ce qu'il tient en main. *

Cette fois-ci, le Reaper ne le laisserait attaquer qu'une seule fois et après sa première parade il frapperait à son tour et ne s'arrêterait pas, comme le ferait une machine implacable et dès qu'il serait assez près, il lui ferait lâcher ce qu'il tenait, s'il ne s'en était pas déjà servi et il l'agripperait pour le broyer contre lui ou le réduire en miettes, à coups de gantelets, de piques et de casque.


Dernière édition par The Reaper le Jeu 25 Oct - 1:41, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Le retour du fléau de Gotham [PV The Reaper ; terminé]   Mer 24 Oct - 12:12

[HRP]Toutes mes excuses pour ce nouveau retard, j'hésitais quant à la manière de conclure cette rencontre. A toi de voir si ce RP se termine ici, ou s'il se poursuit plus loin dans le temps Wink[/HRP]

Une cage d'escalier de secours, s'achevant à plus de trois mètres au-dessus du niveau de la ruelle, capta transitoirement l'attention de la chauve-souris, qui mémorisa de son mieux la position dans l'espace de cette voie de secours pour le moment hors de portée. Son regard insondable et aussi noir que la nuit tomba alors droit dans la caverne ténébreuse que créait la capuche du manteau de l’exécuteur, alors que ce dernier lâchait à la dérobée une phrase aux sous-entendus désagréables.

* Que vient-il juste de dire ? "Tu as repris ma lutte" ? Non, impossible. Si ce tueur de criminels sévissait auparavant, je l'aurais forcément remarqué. Forcément... *

L'uppercut violent et glacial du doute s'enfonça dans l'estomac du milliardaire en tenue de combat tandis que l'hypothèse surréaliste s'insinuait dans ses pensées déconcertées. Aurait-il pu, depuis le début, être passé à côté des interventions meurtrières d'un confrère prédateur de la nuit ? L'autre encapuchonné parcourait-il réellement déjà les rues de Gotham en quête d'âmes égarées à châtier avant la survenue de Batman ?

* Non, je ne le crois pas. Si une croisade avait déjà menée pour purger la ville auparavant, Gotham city ne serait pas aussi gangrénée aujourd'hui. Il y aurait eu des signes indicateurs de changement, des rumeurs ou des faits divers attestant la mise à mort de dealers... Il ou elle me ment, c'est la seule explication. On cherche à me déstabiliser, en minimisant mon impact sur la corruption et la criminalité de Gotham. Cette personne vise à me persuader que tout le mérite de mes actions lui reviendrait, sans doute pour me distraire et amoindrir ma volonté. Une distraction grossière ! Il va apprendre que ce genre de ruse ne fonctionne pas sur moi. *

La Faucheuse reconnut brièvement la justesse de la lutte de son cadet, démontrant un léger penchant pour la loyauté et le respect d'autrui propre aux individus certains de leurs capacités et connaissant leurs limites sur le bout des doigts. L'hypothèse initiale et crédible de Bruce, qui faisait de sa rencontre du soir un ancien disciple de La Ligue, prit un coup au moment où Batman fut encouragé à poursuivre une quête "noble" qui, pour Ras', n'aurait mérité que railleries et mépris. En fondant à vitesse lente sur Berretti, l'autre prédateur menaça de mort quiconque s'opposerait à sa croisade, y comprit l'ombre de Gotham, suggérant stoïquement qu'il possédait de quoi vaincre l'agilité et les gadgets du jeune noctambule surentraîné. De là où il se tenait, le Chevalier Noir gronda en réponse, piqué au vif par l'assurance du mystérieux encapuchonné :

« Mon combat, je le poursuivrai... En m'opposant au tien. »

Remisant son explosif à sa ceinture, Bruce crut profiter de sa position pour aborder la Faucheuse sur son flanc et tirer partie des angles morts de l'apparition pour lui asséner un coup déséquilibrant. En deux pas chassés rapides, il fit glisser les semelles de ses bottes droit sur son adversaire, préparant ses appuis pour terminer sur sa jambe d'appel. D'une impulsion élastique, le milliardaire au masque noir expédia tout son poids dans les airs, armant un double coup de pied sauté visant approximativement le sternum de l’exécuteur. Soufflant bruyamment tout en détendant conjointement les quadriceps, la chauve-souris se trouva une nouvelle fois mise en échec par la garde cuirassée de son ennemi, qui ne perdit pas une telle occasion de frapper un opposant si mal installé sur ses appuis. Repoussé vers le sol et son rude bitume, Batman n'eût que le temps d'ajuster sa garde avant d’apercevoir un premier poing voler vers sa tempe. Instinctivement, il se baissa, espérant se couler dans l'ouverture pour saisir le criminel et l'amener au sol par une prise de judo. C'était sans compter sur l'expérience du prédateur, qui verrouilla une poigne solide sur l'avant-bras du Chevalier Noir tandis que ce dernier évitait le direct. Un étau d'acier entreprit de broyer lentement les deux os du bras droit de l'héritier Wayne, qui grogna de stupeur, opérant à la dernière seconde une rotation salvatrice pour échapper à la seconde main captatrice, qui aurait assuré l'immobilisation totale du protecteur de Gotham.

Il se trouvait en très mauvaise posture. Sa jambe droite le lançait sourdement, trop mise à contribution pour taire sa douleur et son inconfort, amollissant les coups de butoir du traqueur de criminels et fragilisant sa stabilité au sol. Les coups de feu tirés ne tarderaient pas à attirer des patrouilles du GCPD comme une lumière fascinant des papillons de nuit, et d'ici là, il existait peu de chances que le combat entre les deux lutteurs, d'égale qualité, soit terminé.

* Comment réagira cet individu si des policiers lui ordonnent de ne plus bouger ? Il n'obtempérera pas, c'est certain, mais au-delà... Verra-t-il dans ces agents des gêneurs s'opposant à sa croisade ? Tuera-t-il également les officiers s'efforçant de l'arrêter pour l'interroger ? Il y a de fortes chances... A moins que l’exécuteur soit déjà parti à l'arrivée des forces de l'ordre. *

L'alternative supposait deux scénarii : ou bien le tueur de malfrats devait être contraint à fuir, ou bien son ennemi le laissait effectuer sa sombre besogne, en justifiant auprès de sa conscience que le décès d'un grand nom du crime organisé restait préférable à la mort de plusieurs agents de police n'ayant fait qu'essayer d'appliquer la Loi. S'il avait eu le temps d'y réfléchir, de pondérer son jugement par une réflexion sur le long terme, jamais Bruce ne se serait permis de raisonner de la sorte. Malheureusement, le gardien de Gotham City ne bénéficia d'aucun répit.

Une nouvelle frappe lourde enfonça son flanc, menaçant de le plier en deux. Malgré ses muscles contractés pour atténuer le choc et le revêtement protégeant son corps, le trentenaire accusa le choc, n'évitant qu'à demi le danger suivant en déviant gauchement l'offensive. Et pendant ce temps, la poigne de fer continuait de le maintenir dans de giron de son opposant, qui finirait tôt ou tard par assurer sa prise sur sa gesticulante proie. La Faucheuse n'ayant pas autant d'efforts à déployer que son cadet pour le retenir, elle s'épuisait nettement moins vite, profitant de sa clarté d'esprit pour étudier les séquences de mouvement et exploiter la moindre faille du Chevalier Noir, qui, de là où on le gardait prisonnier, ne pouvait pas atteindre l'escalier de secours, de l'autre côté de la ruelle obscure. Le cerveau monopolisé par la nécessité de tenir éloigné l'autre combattant du crime, son endurance sollicité à outrance et ses articulations de moins en moins réactives, Bruce comprit qu'il lui fallait prendre une décision. Le peu d'énergie lui restant pouvait tout juste lui permettre d'échapper à son ravisseur, ou être vulgairement dépensée pour porter d'ultimes coups à l'encapuchonné (avec l'efficacité qu'on leur connaissait déjà). S'il quittait les lieux, Berretti mourrait, mais Batman parviendrait à s'en tirer et aurait l'occasion de se préparer pour une prochaine confrontation. Si le disciple de la Ligue s'échinait aveuglément à respecter son crédo d'invulnérabilité, il finirait dans la tombe aussi bien que Berretti (tous deux probablement suivis par quelques policiers trop zélés), et Gotham city n'aurait alors plus d'ombre protectrice pour empêcher un bourreau sanguinaire de pérenniser sa quête.

Rugissant en prévision de la douleur, la chauve-souris exécuta une volte acrobatique sur place, se contorsionnant brutalement dans les airs pour contraindre la main enserrant son avant-bras à le lâcher (ce qui ne se fit pas sans une fulgurante luxation de son articulation radio-humérale). S'éloignant sans attendre hors de portée du redoutable guerrier, le bras droit pendant, inutile, le long de sa jambe, Bruce inspira lourdement pour chasser la souffrance lui brûlant le membre. Une partie de son esprit aspirait à arrêter de bouger pour ne plus avoir mal, quitte à constituer une cible facile pour le meurtrier de Louis Hill. La portion lucide de Bruce Wayne, quant à elle, envoya le seul bras valide à disposition chercher le projectile explosif dans la ceinture multifonctions, avec l'intention ferme de quitter les lieux au plus vite. Chaque mouvement alourdi, ralenti par la fatigue, il s'empara de l'artifice supposément salvateur, armant le bras pour un lancer en cloche qui n'arriva pas. L'autre l'avait accompagné dans son recul, captant son avant-bras gauche pour le tordre, et faire lâcher l'explosif concentré tenu par le Chevalier Noir blessé, qui n'hésita pas un instant avant d'activer la charge.

Si proche du point d'impact, Batman n'espérait pas s'en tirer à moindre frais. Réduit à se prémunir de l'explosion avec les moyens du bord, il s'emmitoufla dans sa cape en tournant le dos autant que son membre prisonnier et son bras luxé le lui permettaient, souhaitant épargner de sévères brûlures à son visage masqué (de tels stigmates sur le faciès de Bruce Wayne auraient été impossibles à justifier).

La charge amorcée et prête à se déclencher au moindre contact avec une surface solide quitta les doigts gantés de la chauve-souris, chutant négligemment vers l'asphalte crevassé de la ruelle, à moins de cinq mètres de Berretti. L'énergie cinétique suffit à provoquer la déflagration, qui sépara les deux combattants avec la puissance d'un coup de marteau titanesque. Les oreilles bouchés par la compression sonore, tout le bas du corps blessé par la petite bombe, et la vue trouble, l'ombre de Gotham espéra de tout son cœur que la protection dont bénéficiait son ennemi n'avait pas totalement absorbée le choc. Chancelant, désorienté et sourd, un bras partiellement fonctionnel, l'autre gourd et impossible à bouger, Batman se traina jusqu'à la cage d'escalier, sa cape brûlée au deux-tiers flottant ridiculement derrière lui. Avec l'aisance d'un octogénaire, le meilleur des disciples de Ra's Al Ghul entreprit de monter sur une benne à ordure, puis s'aida d'un rebord de fenêtre glissant pour atteindre le premier des barreaux de l'échelle vétuste, qui grinça lugubrement. Sans un regard en arrière, ses muscles uniquement animés par sa force de volonté et non plus par une quelconque énergie subsistante après un tel enchaînement, le prédateur nocturne gravit les marches métalliques menant aux toits de Jefferson Avenue, manquant de s'évanouir à mi-parcours. La défaite, car s'en était indubitablement une, blessa profondément l'égo du Détective. Lorsqu'enfin la sécurité des hauteurs l'autorisa à se ménager une pause pour récupérer un semblant de souffle, sa première pensée cohérente fut :

* J'ai délibérément laissé un criminel tuer. *

Son état nécessitait des soins urgents, il n'avait même pas l'assurance d'avoir semé son adversaire, la police risquait de débarquer avec peut-être un hélicoptère de surveillance, il ignorait comment il parviendrait à regagner sa cachette, et pourtant, pourtant, Bruce n'en demeura pas moins bloqué à un constat humiliant : on l'avait forcé à renier son principe majeur, sa seule règle, son code d'honneur personnel. Quelqu'un avait réussi à lui faire admettre un meurtre de sang-froid, une excécution, alors que le vrai Batman, le Batman que Bruce croyait incarner, aurait cent fois préféré mourir en tenant d'empêcher la mise à mort de Berretti plutôt que de fuir lâchement. La Faucheuse lui avait inspiré la Peur. La peur de mourir, la peur de voir Gotham sombrer encore plus bas qu'avant l'apparition de son impassible ange-gardien.

« Maître Bruce ? Maître Bruce, répondez ! »

La voix d'Alfred tira le croisé en livrée noire de son apathie. S'installant à couvert derrière un renfoncement d'immeuble, l'intéressé posa un genou à terre en grimaçant, soupirant en articulant de son mieux :

- Je suis vivant. En... Envoyez-moi la Batmobile à la soixante-quatorzième rue, vite !

Batman commençait à se sentir partir, l'adrénaline chutant dans ses veines et cessant de le maintenir en état d'éveil. Le contrecoup de ses efforts menaçait de le submerger à tout moment, et s'il s'évanouissait avant d'avoir atteint un havre de tranquillité, ses espoirs de refaire surface en vie dégringoleraient en flèche.

« Que s'est-il passé ? » Chercha à comprendre le majordome qui, bien que ne l'ayant pas mentionné à haute voix, avait envoyé le véhicule blindé de son pupille à l'adresse demandée.

- Un imprévu... Quelqu'un d'autre s'efforce de purger Gotham de sa criminalité, mais pas de la même manière. Ses méthodes sont plus... Owww...

Un vertige secoua le trentenaire, qui dodelina lourdement de la tête, l'articulation soudainement molle et pâteuse. Nauséeux, le milliardaire aurait pu se croire ivre, sans toutes ses marques sur son costume et la douleur embrumait ses pensées.

« Restez avec moi, Monsieur ! Parlez-moi, racontes-moi ce qui s'est passé. Concentrez-vous ! »

Nouveau vertige. La voix d'Alfred semble venir de très loin, la douleur s'estompe, et la vision du Chevalier Noir se brouille, s'obscurcit.. Lentement, sans s'en rendre compte, l'homme à la cape dévastée et trouée glisse sur sa droite, atterrissant sur son poignet. Tout le poids de son armure et de son corps vint comprimer l'articulation, réveillant le douleur de son avant-bras et tirant l'assoupi du pays des songes. Maxillaires crispées, soufflant entre ses dents, le fils fortuné de Thomas Wayne se releva à demi, estimant qu'une station assise prolongée favoriserait trop une perte de connaissance. Claudiquant légèrement, les épaules raides, une main gauche mollement appuyée sur sa tempe pour activer la liaison radio avec la Batcave, il résuma péniblement :

- Un criminel s'est mis en tête de tuer les autres malfrats de la ville, en se constituant juge et bourreau des coupables. Ses capacités sont... Je n'avais jamais vu ça. Il m'a tenu en échec tout du long, sans trahir la moindre faiblesse, jouant presque avec moi tant l'écart de puissance était grand. Il a sectionné mon grappin pour m'empêcher de lui fausser compagnie, avant de me tenir éloigné de sa victime.

« Tony Berretti ? »

- Oui. J'ai été contraint de le fuir pour cette première fois, mon manque d'informations sur ce traqueur de criminels me faisant... Cruellement défaut.

« N'en dites pas plus, Monsieur. Le temps que vous rejoigniez la Batcave, je vais lancer une recherche pour réunir des éléments sur ce sinistre individu. Que savons-nous à son sujet, à par l'intitulé de la mission qu'il semble s'être fixée ? A-t-il évoqué un nom ? Quel est son modus operandi apparent ? »

- Il a un moment utilisé le nom de "la Faucheuse" pour se désigner, ce qui pourrait laisser entendre qu'il s'agit d'une femme. Le mode opératoire est inconnu, mais il/elle a tué Lous Hill, le mercenaire tueur à gage, à l'aide d'un outil tranchant. Potentiellement un analogue de la traditionnelle faux employée pour représenter l'allégorie de la Mort. Oh, et, même si je peine à y croire, cette personne prétendait avoir commencé sa croisade avant Batman.

« En doutez-vous monsieur ? »

Un bref silence lui répondit, silence troublé par les sirènes du GCPD débarquant sur les lieux du forfait. En périphérie, drapée d'obscurité, la batmobile glissait d'ombre en ombre, roulant au ralenti pour ne pas attirer l'attention, s'immobilisant non loin de son utilisateur à peine assez restauré pour entreprendre une descente jusqu'à son bolide.

- Il y a beaucoup de choses dont je ne doutais pas avant de croiser la route de cet analogue de Batman. A présent, je suis nettement moins sûr de mes convictions. Alors disons que je doute de la véracité de ses dires, mais que je compte tout de même suivre cette piste, juste au cas où.

« Fort bien. » Conclut l'intendant du manoir Wayne, qui connaissait assez bien son protégé pour comprendre toute l'influence psychologique qu'aurait la découverte d'un précurseur sur le moral de l'orphelin vengeur.

Sans élégance, une silhouette fugitive, apparemment vêtue de frusques, se laissa difficilement tomber de plusieurs toits répartis à des hauteurs différentes, avant de se laisser glisser dans l'habitacle d'un tank noir aux courbes innovantes. Dans un concert de mécanique puissante, la Batmobile se verrouilla, assurant à son hôte déjà assoupi une protection maximale pour son trajet du retour.

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MessageSujet: Re: Le retour du fléau de Gotham [PV The Reaper ; terminé]   Jeu 25 Oct - 22:22

[HRP : ça me semble être le bon moment pour terminer ce sujet ^^]

Deux ombres se livraient à un ballet aussi violent que rythmé dans la pénombre de la ruelle et ce dans un silence presque religieux. Seul le souffle du justicier masqué se faisait entendre entre les sons mats des impacts des coups portés par les deux adversaires. Malgré sa blessure et leur différence de gabarit, Batman réussissait à tenir tête au Reaper, lequel semblait aussi inépuisable qu'une moissonneuse batteuse. La cadence de ses assauts s'accéléra doucement au fur et à mesure que celle de son ennemi ralentit. Batman se fatiguait tandis que la Faucheuse l'attaquait sans relâche. Bientôt, tout serait terminé...

* Il est en train de céder de plus en plus de terrain ; ce n'est plus qu'une question de temps. Encore quelques secondes et je poserais ma main sur lui... et je le briserais. Quel formidable adversaire ; je ne pensais pas que quelqu'un pourrait me résister à ce point. *

Riposte après riposte et offensive après offensive, Le Reaper avait fait reculer Batman comme un bulldozer emportant ou aplatissant tout sur son passage ; lentement mais sûrement. Plus lourd, plus puissant et mieux protégé que son adversaire, Caspian crut bien la victoire acquise quand il réussit à agripper l'avant bras de la chauve souris ; sa poigne de fer ne lâchait jamais ce qu'elle avait attrapé... ou presque. Le justicier de Gotham opposa tout ce qu'il lui restait de force afin d'éviter que la deuxième main de la Faucheuse ne vint se poser sur lui et il finit par utiliser ce mystérieux objet qu'il avait sorti tantôt de sa ceinture. Le Reaper ne l'avait pas oublié, à aucun moment et pourtant il ne savait toujours pas ce que cela pouvait être.

* Qu'est-ce qu'il pense pouvoir faire avec ça ? Si c'est une seringue hypodermique ou je ne sais quo id'autre dans ce style, elle ne passera jamais mon armure et quand bien même ; je doute qu'il ait quoique ce soit qui soit adapté à... *

Judson ne put poursuivre sa réflexion car d'un seul coup, son adversaire se contorsionna de plus belle sans pour autant lui échapper. Bien que cela parut être un vain effort insufflé par l'énergie du désespoir, il y avait bel et bien un but à cette ultime épreuve de force. Ce but, Caspian se douta bien qu'il s'agirait de briser sa prise mais il ignorait encore comment son adversaire comptait y arriver car il ne le lâcherait pour de simples contorsion, si acrobatiques fussent-elles.

* Inutile ; tu ne... qu'est-ce qu'il vient de faire ??? *

Le Reaper ne comprit que trop tard ce qui allait se produire ; quand il entendit le déclic du gadget de Batman. Il regretta soudainement de ne pas avoir sorti ses faux, trop intrigué qu'il était par le niveau martial de son adversaire. Judson avait voulu tester la force du Batman et il s'était laissé séduire par l'idée de le vaincre d'homme à homme, sans armes et à la seule force de ses poings blindés. Il réalisait soudainement que cela avait été une erreur... une lourde erreur.

D'un seul coup, le monde bascula et la Faucheuse dut lâcher prise. Le souffle de l'explosion repoussa le Reaper comme s'il avait été percuté par un camion et il vola tout droit en direction du mur le plus proche, lequel le stoppa net dans un bruit mat. Le casque blindé et hermétique de Caspian épargna ses tympans, sa vue et sa boite crânienne pour autant son armure ne put qu'atténuer l'onde de choc. Le goût du sang parasita momentanément l'attention de Judson ; le goût de son propre sang. Il était touché ; l'accélération et la décélération brutales l'avaient malmené. Ses os étaient intacts mais ses organes avaient peu apprécié un tel traitement. La silhouette massive du super vilain commença à se décoller du mur dans lequel il était incrusté. Des morceaux de briques et de mortier accompagnèrent la remise en mouvement du Reaper qui avança lentement, comme un robot remettant ses systèmes en ordre de marche. La Faucheuse resta debout, immobile et monolithique, à la recherche de son adversaire alors que celui-ci était déjà en pleine ascension. Les infrarouges de son casque accélérèrent considérablement la quête de sa proie et Judson ne put que constater la distance qui les séparait maintenant.

* Une bombe... il a utilisé une bombe à bout portant : pauvre fou... ou peut-être pas tant que ça. Il est encore capable de grimper. Sa forme physique est impressionnante. Qui est-il ? Comment peut-il encore bouger après un tel affrontement ? *

Dans le lointain, les sirènes des voitures de police annonçèrent l'arrivée de nouveaux problèmes, des problèmes auxquels le Reaper ne tenait absolument pas à faire face. Il savait que les forces de l'ordre ne reculeraient pas devant lui et qu'il devrait les combattre s'il voulait terminer ce qu'il avait commené. Judson chercha du regard sa première proie, Berretti, et la trouva allongée sur le sol à plusieurs mètres, sans connaissance.

* Je ne pense pas être grièvement blessé et mon équipement semble intact ; je peux encore combattre... mais contre qui ? Le Reaper ne tue pas de policiers... pas à moins d'y être forcé. Je voulais voir la peur dans les yeux de ce cancrelat quand je le tuerais mais il est sans connaissance. Tant pis, ça attendra... et au moins je lui trouverais une utilité. *

Silencieusement, le sinistre monolithe glissa vers Berretti pour se tasser en arrivant à son niveau. Une large main gantée et armurée se saisit de la ceinture du malfrat et le Reaper se redressa sans même ralentir, emportant sa proie comme si elle n'était qu'un simple bagage. La Faucheuse avait besoin de nouvelles proies : cet homme allait lui en fournir... beaucoup. Caspian leva les yeux sur les hauteurs pour constater la disparition de la chauve souris.

* Impressionnant... notre prochaine rencontre sera plus dangereuse ; un combattant avec autant de ressource sera probablement mieux préparé. Reste ses blessures ; si c'est un être humain il sera en convalescence pour quelques temps... au moins une semaine mais plus plausiblement deux ou trois. Tout dépend de l'efficacité de son armure. *

Son armure... cette dernière intriguait Judson qui se demanda où elle avait bien pu être construite. En son temps, le Reaper avait dû user de sa fortune personnel pour payer des artisans afin de s'équiper et il aurait été très contrarié de devoir le refaire en ces temps modernes où l'information circulait bien plus vite et bien plus efficacement. Qui payait pour les équipements de Batman ? Cette question, la Faucheuse aurait le temps d'en trouver la réponse, ou d'essayer à minima d'en envisager, quand il serait à l'abri.

Les égouts furent le choix de Caspian plutôt que la voie aérienne ; après les coups de feu et l'explosion, le ciel de Gotham allait être sillonné par au moins deux hélicoptères du GCPD et il était hors de question de se livrer à une course poursuite contre de tels engins. Avec son armure et son gabarit, le Reaper se replia donc vers une grille d'un des tunnels du métro de la ville (laquelle ne comptait pas qu'un unique métro aérien) et s'en servit pour descendre dans les profondeurs, loin d'éventuels poursuivants.

Et Batman dans tout ça ?

* Comment va-t-il échapper aux hélicoptères ? Il était mal en point... je serais curieux de savoir comment il va s'en sortir... car je suis sûr qu'il va s'en sortir. Un adversaire avec tant de ressources ne se serait pas lancé dans une telle aventure sans prévoir un moyen de fuite. *

Le Reaper ne fut pas le témoin de l'arrivée de la Batmobile, pas plus que de celle des policiers d'ailleurs ; trop occupé qu'il était à se diriger dans les méandres des sous sols de Gotham. Bientôt il pourrait réveiller sa proie et lui poser tout un tas de questions... enfin, tout un tas... il n'avait besoin que de quelques noms... ceux de ses prochaines victimes. Ensuite, Judson réfléchirait à sa prochaine rencontre avec la chauve souris ; car il y aurait une prochaine rnecontre : un tel adversaire ne capitulerait pas.

* La prochaine fois, il sera prêt et je devrait l'être aussi. Je l'ai acculé parce que rien ne l'avait préparé à affronter un tel adversaire mais s'il a la détermination nécessaire à l'exercice de la vie de vigilante dans une ville comme celle-ci alors il saura trouver le courage de revenir à la charge. Saura-t-il remonter jusqu'à moi ?
J'en doute car je ne laisse pas de traces ; en revanche, il connait bien mes proies et je ne serais pas surpris de le revoir quand je m'en prendrais à elles. *
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MessageSujet: Re: Le retour du fléau de Gotham [PV The Reaper ; terminé]   Jeu 20 Déc - 10:57

Le soleil filtrait au travers des persiennes de la chambre principale du manoir Wayne lorsque Bruce émergea enfin de sa lourde torpeur. Faible, ébloui par la luminosité pourtant ténue de la luxueuse pièce, il grogna mollement, portant instinctivement son avant-bras droit à ses yeux pour se prémunir de l'agression sensorielle... Et se crispa par anticipation, en se rappelant brutalement que son bras droit avait été luxé lors de la nuit dernière. Étrangement, la douleur ne vint pas. Stupéfait, le richissime célibataire entrouvrit les paupières, avisant stupidement l'attelle parfaitement placée qui enserrait son coude dans un étau sécurisant.

« Toujours aussi admiratif du travail de votre humble serviteur, monsieur ? » Plaisanta une voix aussi sobrement guillerette que familière tout en poussant la porte de la chambre, les bras chargés d'un plateau sur lequel trônait un brunch plus que conséquent.

Alfred navigua adroitement entre le mobilier d'époque du manoir Wayne, son impeccable costume noir sur les épaules. Un sourire accueillant égayait son visage longiligne d'ordinaire si flegmatique. En réponse à sa question, son protégé et employeur repoussa largement les draps, constatant brièvement que l'on avait aussi refait (avec la même dextérité) le bandage de sa jambe droite. Se redressant sur son séant en calant son dos contre deux oreillers rembourrés, l'unique fils de Thomas Wayne se donna le temps de rassembler ses esprits, lorgnant pensivement sur le ciel défilant à l'extérieur, devinant au loin le chant mélodieux d'oiseaux perchés sur les haies du parc. Une main gauche un peu malhabile passa sur les yeux de l'ombre de Gotham torse nu, qui réceptionna avec une gratitude non-feinte le plateau de son majordome.

« Il faudra vraiment que nous reparlions de cette histoire d'augmentation de salaire, mon cher Alfred... S'exclama Bruce en agitant à plusieurs reprises l'index vers son interlocuteur. Je ne compte plus le nombre d'articulations, coupures et brûlures, que vous m'avez soigné au cours des derniers mois. »

- Certainement, monsieur... Mais pour l'heure, je ne saurai que trop vous sugérer d'avaler l'intégralité de ce qui se trouve dans cette assiette.

Ne se faisant pas prier, le propriétaire de Wayne Entreprise se jeta avidement sur ses couverts, attaquant d'un bon coup de fourchette l'entrecôte et sa poêlée de champignons préparée par son talentueux cuisinier. Courageusement, il se força également à avaler l'intégralité de l'infâme mixture verdâtre qu'Alfred ne manquait jamais de lui concocter pour ses "lendemains difficiles". Bruce savait que ce "cocktail multi-vitaminé maison" incluait pas moins de quinze jus de fruits et légumes différents (mélangés en de savantes proportions), mais pour le reste... Tout ce que l'identité civile de Batman avait retenu sur cet élixir revitalisant était son goût, proprement révulsant, et son odeur, particulièrement atypique. Hélas, le mystérieux liquide honorait parfaitement ses promesses, rechargeant les batteries du trentenaire ne dormant jamais plus de trois heures par nuit. On ne devenait pas un combattant du crime sans devoir supporter certains inconvénients...

« J'ai pris la liberté de compulser le résultat des recherches effectuées par l'ordinateur de la Batcave... Rien de concluant, je le crains. Nous manquons sérieusement d'éléments pour affiner l'analyse. Soit dit en passant, Monsieur Fox était présent hier soir à votre retour dans la Batcave. Je me suis permis de le mettre à contribution pour vous soigner. Au vue des circonstances, il n'aurait de toute façon jamais pu être tenu en-dehors de cette affaire bien longtemps... Vous serez certainement heureux d'apprendre qu'avant de quitter le manoir, il avait déjà remplacé votre grappin. Une chance que nous ayons gardé du surplus... »

- Lucius est déjà parti ? S'étonna le milliardaire blessé, qui vérifia l'heure d'une œillade surprise, réalisant à quel point l'après-midi était entamée.

- Hélas oui, monsieur. Ils s'en trouvent encore parmi nous qui soient astreints au régime diurne. Gotham vit aussi le jour... Et, compte tenu de l'heure, monsieur Fox pouvait difficilement s'éterniser. Le conseil administratif de Wayne Entreprise ne peut pas prendre de décisions en son absence. Si cela peut flatter votre égo, Lucius n'a délaissé votre chevet qu'à regret. Et j'ai d'ailleurs dû lui assurer que je ne vous autoriserai pas à quitter cette chambre avant que vous ayez parfaitement recouvré la santé.

Mi-amusé, mi-sérieux, Bruce leva le nez de son assiette, des mèches éparses de sa chevelure d'un noir d'encre s'échappant du sommet de son crâne. Souriant avec complicité à son guide, l'héritier Wayne émit des réserves quant à la bonne tenu de ladite promesse.

« Et Fox vous a cru ? »

- Son visage avait la même expression que la fameuse fois où vous lui avez juré de ne jamais employer l'une de ses créations pour un usage autre que celui écrit dans la notice...

La réponse stoïque du majordome empêcha le fortuné célibataire d'avaler quoi que ce soit pendant plusieurs minutes. Lorsque son hilarité s'estompa, le vieil intendant du manoir affichait une expression légèrement soucieuse. Croisant les bras derrière son dos, il rapporta d'un timbre faussement indifférent :

« Mademoiselle Peleonor vous a laissé un message. Elle compte rédiger un article en faveur de Batman, en rassemblant une série d'interviews des résidents du quartier industriel. Là où les interventions de votre médiatique alter-égo ont permis à la population de retrouver un rythme de vie à peu près normal... »

Circonspecte, une paire d'yeux gris perle épièrent la moindre réaction sur le visage concentré et absorbé dans la mastication du maître des lieux. Le plateau à plat sur les genoux, couteau et fourchette en main, celui-ci ciselait et enfournait bouchée après bouchée, ne ralentissant que pour respirer. Connaissant son pupille sur le bout des doigts, le flegmatique britannique sentit qu'une importante réflexion accaparait l'esprit de son employeur. De l'avis même d'Alfred, Batman ne laisserait pas une jeune femme déambuler seule dans l'une des zones les plus austères de Gotham City. N'en attendant pas moins d'un homme véritablement amoureux de Rakel, il se permit d'anticiper sur les requêtes du sieur Wayne.

« La conduite de la Batmobile à une main ne devrait pas vous poser de problèmes majeurs, et je comptais défaire votre attelle dans la journée, quoi qu'il arrive. Si Batman se rend aux docks ce soir... »

- Rakel n'a pas besoin d'un garde du corps pour se promener dans la zone industrielle, Alfred. L'interrompit abruptement le trentenaire brun. C'est une grande fille. Elle nous l'a déjà assez répété, à son père et à moi. Qui plus est, Batman a bien plus important à faire, en ce moment.

Une ombre d'incompréhension chiffonna les traits d'ordinaire détendus de l'homme à tout faire du manoir. Récupérant lentement le plateau vide, le dernier-né Pennyworth supposa, sans trop y croire :

« L'agresseur de la nuit dernière, monsieur ? »

Son interlocuteur ne s'embarrassa pas de réponse. Une contraction involontaire de sa mâchoire se chargea d'illustrer l'opinion de l'ombre de Gotham, qui grimaça l'espace d'un instant avant de s'extirper sans grâce de son matelas, les muscles noués et l'équilibre incertain. Emboîtant le pas de son employeur sans vraiment tenter de le rattraper, le majordome s'étonna :

« Sauf votre respect, Batman ne peut pas être partout à la fois. Ne serait-il pas plus judicieux de veiller aux intérêts de mademoiselle Péléonor, plutôt que de vous lancer dans la traque d'un individu dont vous ignorez tout, à commencer par la fréquence d'apparition ? »

Son prédécesseur dans l'escalier menant au rez-de-chaussé du manoir stoppa sa descente à deux marches du palier. Une main sur la rambarde, la démarche raide, l'héritier Wayne affichait un poids inhabituel sur ses larges épaules. Bien que l'intérieur du domaine soit chauffé, on sentait sur la peau nue du célibataire une froideur n'ayant pas grand-chose à voir avec la saison. Le milliardaire crispa ses doigts, serrant de plus en plus fort la rambarde en bois, refusant de regarder son acolyte de toujours dans les yeux.

- Alfred... Hier soir, j'ai perdu un combat. Batman a perdu contre quelqu'un... Il a dû fuir, se replier... Et même laisser un meurtre être perpétré en toute impunité... Tout ça sans pouvoir intervenir. Alors excusez-moi si je vous semble ne pas accorder à Rakel l'attention qu'elle mérite, mais s'il y a bien une chose que je ne souhaite pas voir arriver, c'est qu'un individu en mesure de surpasser Batman soit laissé libre d'agir et de lui faire du mal.

Coî, le vieil homme à tout faire offrit à son cadet le répit nécessaire pour ravaler ses larmes. Le jeu des apparences comptait beaucoup, pour son maître, et Alfred sentait que Bruce, intérieurement meurtri, digérait très mal d'avoir été défait aussi aisément par un inconnu. Le vénérable gentleman ne comprit qu'à cet instant précis combien le symbolisme de la nuit dernière affectait, et affecterait, son pupille. Dans l'esprit du trentenaire, le Chevalier Noir ne pouvait pas être battu. Cette affirmation avait toujours constitué le socle sur lequel reposait le reste des idéaux de la Chauve-souris, le pilier de sa volonté, le cœur de sa définition. Celui-ci ébranlé, c'était tout Batman qui devait se remettre en question... Mais plutôt que d'admettre qu'il n'était pas infaillible, son maître optait pour le choix de l'opposition : considérer qu'une revanche rétablira l'équilibre, ramènera le score à une égalité. Batman allait se lancer sur les traces de l'encapuchonné, déployer mille et un efforts pour devenir encore meilleur qu'avant. De sorte qu'à leur deuxième rencontre, ce soit à son tour de triompher.

Mitigé quant à ce qu'il devait penser de l'attitude va-t-en guerre du milliardaire solitaire, son homme de confiance plissa les lèvres, estimant ne pas avoir à commenter la décision de son employeur. A part lui-même, Alfred conclut que la construction du dossier visant à accabler Lew Moxxon devrait attendre. Batman avait visiblement plus urgent à faire que de coincer un businessman aux méthodes discutables.

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