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 Changer les choses [PV Rakel Peleonor]

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Pamela Isley/Poison Ivy

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MessageSujet: Changer les choses [PV Rakel Peleonor]   Sam 12 Jan - 16:19

Deux petits coups secs furent frappés à l'imposante porte du bureau de la directrice du département recherche et développement de la GothCorp. Entrebaîllant comme à son habitude la porte juste assez pour que l'occupante des lieux l'identifie, un jeune homme blond portant une blouse et un badge agraffé à son col annonça d'un timbre joyeux :

« Voilà votre thé vert, mademoiselle Isley ! Sans sucre, comme vous l'aimez. »

- Ah ! Merci beaucoup, Richardson ! Vous êtes vraiment adorable, de me l'avoir apporté jusqu'ici. Répondit chaleureusement sa supérieure en lui offrant un sourire reconnaissant, sa voix mélodieuse caressant l'amour-propre du jeune chercheur dans le sens du poil.

Installée à son bureau, face à la porte ouverte, Pamela quitta son siège d'un mouvement gracieux, sa chevelure d'un roux enflammé se balançant à cette occasion. Le goût pour la verdure de la belle se sentait aisément, puisque pas une portion de la pièce ne manquait de sa plante en pot, l'impression générale se trouvant à mi-chemin entre une serre et un bureau conventionnel. Lunettes chaussées, blouse fermée et chaussures sans prétention aux pieds, la remplaçante du docteur Fries vint réceptionner sa boisson chaude, couvant son charmant subordonné blond d'un captivant regard émeraude. Dire qu'au début, Richardson s'était insurgé avec virulence contre le changement de directeur du département, insinuant lourdement qu'une biologiste sans expérience ne pouvait décemment pas prendre la suite d'un spécialiste de la cryogénie tel que Victor Fries, qui lui était riche de vingt années de pratique. Mais, tout comme son employeur le PDG de la GothCorp, Ferris Boyle, Ivy avait fait en sorte de "remonter dans l'estime" du chercheur, s'assurant que ce contestataire n'émettrait plus la moindre critique ni le moindre jugement bassement sexiste sur sa responsable. Savourant la victoire facilement acquise, l'Empoisonneuse referma gentiment la porte de son bureau, préférant ne pas laisser la suite de ses paroles venir aux oreilles d'indiscrets.


« Vous êtes déjà tellement serviable, mon cher Mathew – je peux vous appeler Mathew, n'est-ce pas ? »

La bouche légèrement sèche, l'intéressé opina frénétiquement du chef, suspendu aux merveilleuses lèvres de son interlocutrice, qui fit mine d'hésiter. Incapable de résister plus longtemps, Richardson la pressa, presque suppliant :

« Vous vouliez me demander quelque-chose, docteur Isley ? »

Intérieurement triomphante, la comédienne plissa la bouche en une charmante moue de gêne infantile.

« Hé bien... Monsieur Boyle souhaitait que je m'occupe d'analyser les derniers relevés du cytomètre de flux, aujourd'hui ; chose que je lui ai promise. Seulement... Je crains d'avoir légèrement sur-estimé ma capacité de travail... Cela vous embêterait-il de vous en charger pour moi ? »

- Aucun problème ! Accepta derechef le trentenaire manipulé à ses dépends, la ferveur de son volontariat retranscrite par une fugitive dilatation de ses pupilles.

Trop heureux de rendre service à la femme de ses rêves, Mathew Richardson ne perdit pas une seconde de plus, courant presque se mettre à la tâche. L'éclat complice de ses iris vertes disparaissant comme par enchantement, l'Empoisonneuse referma sèchement la porte, s'en retournant à son bureau en balançant des hanches, comme à chaque fois qu'Ivy se manifestait. Les interventions de son alter-ego semblaient impacter jusqu'à la démarche de l'hôte.


* Pauvre pantin écervelé ! Vas donc remplir notre part du boulot tandis que nous nous occupons du véritable travail ! *

Car aujourd'hui n'était pas un jour ordinaire. Pour la première fois depuis que Pamela s'échinait à la harceler via des mails, des sollicitations par courriers et même des visites-surprises au siège social du journal, la direction du Gotham Globe avait consenti à offrir à la Reine Verte une interview exclusive ayant pour but de dénoncer publiquement certaines frasques des industriels cachées aux gothamites. Des outrages que le groupe dirigé par la sulfureuse rousse avait mis à jour, et qui, désormais, n'attendaient qu'une tribune pour être dévoilés. Une tribune comme allait lui en offrir le quotidien local pour son tirage du lendemain.

* Ne serait-ce que pour cette raison, soumettre Boyle en valait la peine. *

L'éco-terroriste se doutait en effet que les relations du charismatique PDG au bras long avaient fortement aidées la requête d'Ivy à être exaucée. Soumis à une dose de phéromones concentrées, Ferris s'était comporté en véritable gentleman, comprenant avec une clairvoyance exceptionnelle la justesse du combat de la botaniste. Non contente de détourner les instruments de son laboratoire pour ses fins personnelles, la jeune femme avait donc drogué son supérieur, tout comme la majorité de ses collaborateurs, transformant peu à peu son environnement de travail en un lieu où elle était une véritable souveraine, bien que son intellect prudent l'incita à ne pas afficher son hégémonie. Officiellement inféodée au bon vouloir de Boyle, Pamela menait secrètement la grande vie, voyant tous ses désirs professionnels se réaliser grâce à une pincée de substances de son invention.

Guillerette, la biochimiste acheva de mettre de l'ordre dans ses dossiers, re-vérifiant encore et encore l'agencement optimisé de ses classeurs, trieurs et chemises contenant leur pesant de papier. Un ordinateur allumé à sa gauche, la scientifique criminelle à ses heures pianota sur son clavier le temps d'ouvrir les dossiers dont elle aurait besoin lors de son réquisitoire, lissant au passage la couverture d'un tract posé à portée de ses doigts. Le Gotham Globe n'avait pas précisé quel journaliste lui serait envoyé à son bureau cet après-midi, mais aux yeux de la Reine Verte, cela n'avait aucune espèce d'importance. Ses fidèles militants avaient engrangés suffisamment de preuves attestant de la mauvaise foi des grands patrons de la ville pour que n'importe qui, même un imbécile de reporter obtus, machiste et anti-écolo, ait l'obligation morale de reconnaître la justesse des accusations portées par le docteur Isley au conglomérat des pollueurs de Gotham (Roland Daguett en chef de file). Et, dans le pire des cas, un peu de "poudre d'Amour" faciliterait la parution de l'article... Poison Ivy n'avait encore rencontré aucun homme qui soit capable de lui résister éternellement.


* A une exception près, tout de même... Rectifia l'ancienne laborantine dans un soucis de rigueur très scientifique.

- Wayne ne compte pas. Il aurait fini par céder à nos avances, de tout façon. Il s'est enfui pour ne pas céder, voilà tout. Et puis, nous disposons maintenant de drogues plus efficaces, plus subtiles et redoutables... Je te le dit, Pam' : aujourd'hui, rien ni personne ne peut nous résister. *

Se laissant doucement bercer par l'assurance inébranlable de son alter-ego, Pamela ramena une mèche rebelle derrière son oreille, profitant de l'intimité temporaire pour ôter ses lunettes. Contemplant son reflet partiellement visible sur un pot de crayons, elle se tapota l'arrête du nez, tic traduisant chez elle une réflexion intense. A peine eut-elle perdu pied avec la réalité qu'un mail interne de la GothCorp l'avertit de l'arrivée du journaliste. Remettant ses lunettes et lissant le devant de sa blouse pour coller au plus près du stéréotype de la scientifique digne de foi, la biologiste végétale assermentée attendit patiemment que l'on toque à sa porte, préparant déjà un sourire mi-chaleureux, mi-charmeur sur ses lèvres. D'un ton satiné, elle répondit :

« Entrez ! »

Pivotant sur sa charnière, le battant laissa place à... Une jeune femme. Brune, assez jeune, et plutôt jolie. Contrariant. Subtilement, les paupières d'Ivy se plissèrent ; sa seconde personnalité feula agressivement à l'intention de cette concurrente, bien qu'il n'en parut rien sur le visage délicat de la chercheuse, souriante de façade. D'une invitation de la main, elle offrit à l'envoyée du Gotham Globe un siège de l'autre côté de son bureau, face à sa propre chaise.

« Bienvenue ! Asseyez-vous donc là ; nous y serons plus à l'aise pour discuter. » La salua avec une douceur retrouvée l'occupante des lieux, son sourire conservant malgré tout une certaine froideur.
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Rakel Peleonor
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MessageSujet: Re: Changer les choses [PV Rakel Peleonor]   Sam 12 Jan - 23:15


Les menaces n'y feraient rien, ni même les rétissence de mon père ou de Bruce, je ne voulais pas les laisser m'impressionner, et de toute façon, je n'avais pas de rôle à jouer en dehors de mon rôle de journaliste. J'étais la fiancée de Wayne, mais c'était bien plus un titre étant donné qu'il n'y avait rien de réellement officiel, je n'étais que sa copine, et je n'allais pas me contenter de ça comme statut. Je n'étais pas une super héroïne, je n'étais pas mariée, j'étais journaliste, si c'était la seule façon d'aider Gotham se serait mon rôle. Installée dans mon bureau au Gotham Globe, tout le monde m'observait du coin de l'oeil, je n'avais plus la moindre trace de contusion sur le visage, j'avais l'air d'être fraiche comme un gardon et pourtant tout le monde semblait s'inquiéter pour moi. Qu'importe, j'ignorais totalement les regards, pianotant sur mon VAIO tout neuf, j'avais récupéré toutes mes informations, mais qu'importe, c'était sur un sujet tout nouveau qu'avait décidé de me placer le boss, et loin des actes héroïques de mon Batman. Je n'étais pas particulièrement ravie, et ça se voyait, je fis quelques recherche sur cette femme. Une scientifique, plutôt jolie d'après les photos, mademoiselle Pamela Isley semblait être une militante convaincue. Pourquoi pas, je ne voyais pas réellement quel intérêt de cet article, mais je ne pouvais pas continuer d'en faire qu'à ma tête, les réactions fusaient, même Knox trouvait que j'en faisais un peu trop sur le Batman, et que Wayne devait en être jaloux. Pourtant il y avait bien longtemps que je n'avais pas écrit d'article digne de ce nom. D'abord à cause de ce temps que je passais au manoir Wayne, lorsque mon homme se trouvait dans les parages je n'avais pas envie d'écrire, lorsqu'il n'était pas là non plus d'ailleurs. Je ne comptais plus les soirées devant la cheminée dans le salon du manoir à observer ma tasse de thé en silence alors qu'Alfred me répétait inlassablement que tout se passerait bien. C'était tout comme ces matins passés à observer les cicatrices du chevalier noir alors qu'il dormait. Paraitrait il que je semblais porter un poids trop lourd sur mes épaules ces temps ci, non je portais surtout le poids de mon inactivité, je ne supportais plus de le voir prendre les risques seul, mais que pouvais-je bien faire? Je poussais un petit soupire, il y avait bien longtemps que je me posais cette question en vain.

Je finis par attraper mon sac à main DKNY assortit à mon ensemble guess et à mes escarpins valentino. Le but n'était pas d'en mettre pleins la vue, au contraire, tout le monde connaissait ma réputation, la fille de Peleonor, notable de la ville, à tendance légèrement parano lorsque l'on parle de sa petite fille unique chérie, qui sort bien sûr avec le richissime Bruce Wayne, porter des fringues bon marché voudrait dire que j'avais quelque chose à cacher, et de toute façon ça ne serait pas assortie à la Ferrari offerte par mon père pour remplacer ma voiture accidentée. Je devais avouer que c'était un bijou, mais je ruminais toujours la perte de ma porsche, ou plutôt cet accident qui aurait pu tant me coûter. Les flics m'avaient demandé de faire profil bas, mon père m'avait supplié de ne pas me montrer d'agir avec discrétion, mettant même l'un de ces hommes à mon service pour me servir de chauffeur, mais je refusais de laisser passer ce message. Non je n'étais pas effrayée, non je n'avais pas peur que l'on attente à ma vie. Délinquant de Gotham sachez que Rakel Peleonor ne tremble pas devant vous. C'était important pour moi, et le Gotham Globe ne se plaignait pas de cette lumière que je leur apportais par mon comportement. Qu'importe si un autre journal parlait de moi, après tout j'étais leur journaliste, même si je me demandais toujours pendant combien de temps encore. Je me rendais bien compte que je ne ferais pas tout ceci toute la vie, j'appréciais de moins en moins me plier aux règles imposées par d'autres. Au final en cherchant un peu de liberté je m'étais enfermé dans une cage juste un peu moins dorée. Qu'importe aucune chaine ne serait me retenir.

Bruce resta silencieux à propos de ce docteur Isley, difficile de savoir si il la connaissait ou non, je compris juste qu'il ne voulait pas en parler, soit ne cherchant jamais à gâcher les moments que je pouvais partager en sa compagnie je n'avais pas insisté, mais à présent, j'étais intriguée. On m'avait juste prévenu que Isley avait une dent contre toutes les entreprises polluantes, et que le papier que j'allais en sortir serait plus vert que vert. Des préoccupations bien loin des miennes même si je pouvais les comprendre. Elle voulait sauver la nature, un dessin plus que noble quoi que l'on dise. Je me présentais à la GothCorp, avec son sac à main pour seul artifice. On me remit un petit badge "visitor" comme souvent dans ce genre de situation avant de me conduire jusqu'à la porte du bureau de cette fameuse jeune femme. La porte s'ouvrit devant une jeune femme magnifique, de longs cheveux roux, des yeux verts profonds, je devais avouer que je ne m'attendais pas à une telle présence, j'aurais surtout pensée à une fifille à papa placée ici grâce à la soutient de sa famille. Je m'en voulus de juger une fois de plus trop vite, de la même manière que mon jugement avait été dur avec Bruce Wayne pendant si longtemps. Je serrais de façon relativement chaleureuse la main de mon interlocutrice, il fallait toujours mettre à l'aise les personnes qui devaient s'ouvrir si nous voulions avoir un peu de chance d'obtenir des informations intéressante. Je sortis un petit bloc note de papier d'un banal à mourir ainsi qu'un crayon à papier.


"Rakel Peleonor, le Gotham Globe m'envoie, mais je suppose que vous vous en doutiez. Je me permets de prendre des notes si cela ne vous dérange pas mademoiselle Isley, ma mémoire n'est malheureusement pas aussi bonne que je le souhaiterais."

Et qui pourrait écrire un article entièrement de tête? J'avais laissé tombé l'emploi du dictaphone pour ne pas laisser de preuve trop compromettante derrière moi, rien de plus facile à faire disparaitre que du papier. Je ne savais pas trop comment commencer cette interview, une chose était sûre, sa façon insistante de réclamer un article n'avait pas spécialement plus au patron qui ne s'était pas privé d'adjectif peu courtois pour qualifier cette jeune femme.

"Parlez moi un peu de vous, avant de parler de votre combat, j'aimerais en savoir plus, ce qui vous a poussé dans cette voie, votre parcours, je n'ai pas pour habitude d'harceler les gens de question, je préfère de loin une discussion libre, il y a bien plus de choses intéressantes qui en ressort."

J'observais la jeune femme en silence, mon bloc note en appuie sur mes genoux croisés. Attendant non seulement les paroles de la jeune femme mais également ses mimiques, ses expressions faciales, j'avais appris à voir au delà des mots.

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Pamela Isley/Poison Ivy

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MessageSujet: Re: Changer les choses [PV Rakel Peleonor]   Dim 13 Jan - 16:17

* Peleonor... Peleonor... Ça me dit quelque-chose. Nous avons déjà lu ce nom quelque-part, Pam'... * Résonna la voix songeuse d'Ivy à l'intérieur du crâne de la biologiste rousse.

Cette dernière n'eut pas l'occasion de réfléchir plus longtemps sur ce que le nom de la journaliste du Gotham Globe lui rappelait, car la discussion avait d'ores et déjà démarré. Approuvant d'un petit signe de la tête l'initiative de Rakel, Pamela sourit.


« Le bloc-note a toujours été le support indissociable du métier de reporter ; jamais je n'oserais vous en interdire l'utilisation. D'autant que je serais moi-même perdue sans mes propres notes. » Confia-t-elle avec un petit rire forcé.

Son infusion à peine entamée posée devant elle, la Reine Verte regarda son invitée brune déballer ses affaires dans ce qu'elle supposait être une série d'automatismes. La biochimiste savait que la majorité des gens finissaient par développer une forme de litanie dans la manière dont ils effectuaient leur travail, le cerveau automatisant au maximum les opérations à réaliser pour limiter la fatigue intellectuelle. Pamela avait par-exemple remarqué qu'elle vérifiait constamment ses rapports dans le même ordre, qu'elle cochait toujours les cases de son dossier de suivi de bas en haut, et qu'elle passait toujours par les mêmes escaliers pour se rendre au département de génie biologique. La mémoire procédurale...


« Je vous prie de bien vouloir m'excuser, je n'ai pas encore eu le temps de boire mon thé... Si vous désirez boire quelque-chose, n'hésitez pas. » Glissa la chercheuse en vérifiant du plat de la main que sa tasse avait suffisamment refroidie (elle détestait le thé brûlant).

* Inutile de faire semblant d'être sympathique avec cette prétentieuse, Pam... Tu as vu comment elle s'habille ? Typiquement le genre à vouloir éblouir les autres. Superficielle, et fille à papa si tu veux mon avis. Elles sont rares, les journalistes roulants sur l'or. Celle-là doit avoir des parents pleins aux as. Sale petite princesse ! Je la déteste déjà.

- Elle va nous permettre de divulguer des scandales et de faire tomber plusieurs grands patrons de cette ville en sursis, Ivy. Si je me force à lui être agréable, c'est d'abord et avant tout pour notre combat. Tu croies que je me serais montrée si prévenante avec elle, autrement ? Qui voudrais fréquenter cette Rakel ? Tu l'as dit toi-même : elle respire la superficialité, est sans doute née avec une cuillère en argent entre les dents, et se paye le luxe d'être suffisamment bien fichue pour attirer à ses pieds n'importe quel gosse de riche... Miss Peleonor doit se trouver très méritante, de travailler alors que papa peut l'entretenir et que son futur mari se ferait une joie de lui signer tous ses chèques. * Grinça le docteur Isley avec l'aigreur d'une femme dont la jeunesse avait été marquée par le ressentiment et la jalousie.

Croyant être interrogée d'entrée de jeu sur la pollution de Gotham (raison implicite pour laquelle Pamela avait étalé sur son bureau tous ses épais dossiers, chacun portant le nom d'une firme de premier plan telle que celle de Max Shreck ou encore Roman Sionis), la directrice du département de recherche et développement dissimula mal sa stupeur en entendant la journaliste lui demander de parler d'elle. Ses deux facettes réagirent, chacune à leur tour, devant la requête de l'émissaire du Gotham Globe.


* Pour une fois que nous en avons la chance, ne serait-ce pas l'occasion de donner au grand public notre version des faits ? Je commence à en avoir marre d'être toujours dépeinte comme "une militante extrémiste sans charisme" par la presse généraliste...

- Prudence ! Cette Rakel m'a tout l'air d'une sale fouineuse. Elle va se repaître de nos confidences comme un rapace trouvant une charogne dans le désert. En plus, il y a ce nom, que je n'arrive pas à relier avec... Un souvenir... *

Ne pas écouter les conseils d'Ivy avait joué plus d'un tour à la timide biologiste végétale, qui avait appris à se fier aux intuitions et aux murmures avisés de sa seconde personnalité aveuglément. Néanmoins, trop tentée par la possibilité de se présenter sous son meilleur jour, elle laissa l'Empoisonneuse se dépêtrer seule avec sa mémoire, reposant lentement sa tasse de thé vert tandis qu'elle entamait d'une voix incertaine, rendue feutrée par la timidité :

« Vous voulez que je vous parle... De moi ? Je n'ai pas trop l'habitude de me livrer à ce type d'exercice, j'espère que vous me pardonnerez si je me montre un peu maladroite dans ma façon de raconter les choses... Marquant une pause, Pamela entortilla distraitement une de ses mèches autour de son index vierge de tout ornement, l'autre main reposant sagement sur un accoudoir. D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu cette préoccupation pour l'environnement... Un trait hérité de mes parents, sans doute. Ma mère, surtout, ne cessait de me répéter qu'il fallait prendre soin du monde dans lequel nous vivions. C'était, disait-elle, aussi logique et évident que de ranger sa chambre, refaire son lit ou nettoyer sa maison. L'unique différence se situait sur l'échelle à laquelle s'appliquaient ces deux résolutions.

Mon affinité pour l'univers du vivant s'est chargée d'orienter mes études vers la biologie végétale, ainsi que la biochimie. Ayant la chance d'être plutôt bonne élève, j'ai décroché le prix scientifique du lycée de ma ville natale, Burien (dans le district de Washington), grâce auquel mon admission à la faculté de Seattle a été rendue possible. A l'issue de mes études, j'ai d'abord exercée en tant que chercheuse au département de physiologie végétale, aux côtés de certains des spécialistes les plus réputés de ce domaine (le professeur Woodrue, pour ne citer que lui), avant de connaître une... Déception... Dans ma vie sentimentale. Cette déception causa mon départ de Seattle. Motivée par un besoin urgent de changer de décor, de laisser le passé sur mon ancien lieu de travail, j'ai donc demandé mon transfert à Gotham City. Assez ironiquement, ce fut aussi ma rupture qui réveilla la militante sommeillant en moi.
»

Par principe de précaution, Pamela avait mentionné sa romance avec Marc de manière très vague, consciente que nommer expressément son ancien amant ne manquerait pas d'éveiller les soupçons sur son implication dans la mort de ce dernier. Usant de l'euphémisme d'une "rupture" pour aborder la tentative d'empoisonnement du trafiquant, la Reine Verte perdit transitoirement le fil de sa narration, revivant pleinement l'instant où tout avait basculé. La nuit où sa confiance avait été bafouée, où Legrange s'était révélé n'être qu'un porc manipulateur et obnubilé par l'argent. Masquant la tristesse qui, aujourd'hui encore, marbrait son âme, l'interviewée étira les commissures de ses fines lèvres en un rictus qu'elle voulait amusé, mais qui donnait plutôt l'impression qu'elle venait de mordre dans un citron. S'aidant d'une longue gorgée de thé, elle reprit :

« Après avoir longtemps cru que je pouvais faire confiance aux gens pour agir dans le bon sens, j'ai découvert que l'homme qui m'avait déçue présentait le même profil d’hypocrisie et d'égoïsme que ceux qui défrichaient les hectares de nos forêts et polluaient sans vergognes nos lacs. L'homme qui m'avait bernée n'était qu'un des nombreux exemples d'individus abusant l'opinion des autres ; et parce que j'en avais vu le vrai visage, et que je disposais des connaissances nécessaires pour les dénoncer, j'ai progressivement acquis la certitude qu'il allait de mon devoir civique de militer contre les industries polluantes. Tous sont à mettre dans le même panier, tous se croient au-dessus du lot parce qu'ils appartiennent à l'élite sociale : Axis, Dagett, Shreck, Wayne... »

* Wayne ! Bruce Wayne ! Voilà où j'avais déjà lu le nom de Peleonor : cette petite aristo est la dernière conquête du fils Wayne !

- Donc c'est à cause d'elle si nous avons dû supporter Crane ?

- Oui. C'est à cause d'elle. J'en suis convaincue. * Souffla avec délectation la pernicieuse Poison Ivy à l'esprit de Pamela, qui sirota son thé tout en dévisageant intensément Rakel avec une soudaine dureté dans les yeux.

Abandonnant sa tasse vide d'un mouvement sec, le docteur Isley baissa le regard sur le dossier ouvert devant elle, sautant sur la première excuse plausible pour ôter de son champs de vision la tête et les yeux de l'héritière Peleonor, qui semblait passer au crible tout ce qu'elle voyait et entendait. En feignant de souligner des passages importants d'un banal relevé, la biochimiste lâcha froidement :


« La fin de l'histoire vous est connue, je suppose ? J'ai débuté à l'université de Gotham avant de prendre à la GothCorp la suite du regretté docteur Fries, qui nous a quitté lorsque le Joker a plongé la ville dans le chaos. Et en parallèle, j'ai bataillé et obtenu gain de cause lors de nombreux procès contre les industries polluantes, grâce, naturellement, au soutien indéfectible de tous ceux qui partagent mon désir de protéger la planète. Pensez-vous que cela suffira pour rédiger l'introduction de votre article, miss Peleonor ? » Interrogea la rousse enflammée, insistant sur les deux derniers mots comme si en faire durer la prononciation pouvait blesser physiquement la reporter.

Les narines frémissantes et la bouche pincée, l'éco-terroriste appuya son regard sur son interlocutrice, son attitude parlant pour elle. La jeune femme tenait visiblement à mettre fin à ce coup d’œil sur son parcours pour en venir au point central de l'interview : la dénonciation de la pollution à Gotham.


* On devrait la kidnapper ; l'enlever. Wayne serait prêt à tout pour la récupérer. Penses un peu à ce qu'un riche PDG comme Bruce Wayne pourrait nous permettre d'accomplir, si on l'avait à notre botte !

- Non, Ivy. Wayne ne nous est plus utile. Nous avons déjà tout ce qu'il nous faut pour mettre les porcs à genou. Inutile de nous fatiguer à séquestrer la fifille chérie à son papa. Nous n'y gagnerions qu'une cohorte de policiers lancée à nos trousses, soit plus d'ennuis et des bénéfices plutôt réduits. * Rejeta Pamela avec dédain, bien que la tentation d'humilier celle qui l'avait coiffée au poteau se fasse grandement sentir dans son cœur.
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Rakel Peleonor
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MessageSujet: Re: Changer les choses [PV Rakel Peleonor]   Mar 15 Jan - 13:11


J'eus un petit sourire de politesse face à l'acceptation du docteur Isley, il fallait être réaliste, ni l'une ni l'autre ne semblait réellement apprécier la personne qui se trouvait face à nous, nous faisions fit de tout ceci pour la simple et bonne raison que ça nous apportait à chacune quelque chose. Oui seulement j'avais du mal à trouver l'intérêt d'un article pareil, après tout dans un monde aussi pervertit que le notre, il y avait bien plus important que l'écologie. J'étais plutôt le genre de journaliste qui avait aimait le danger, qui dénonçait les malfrats, prendre des risques, ici je ne me sentais pas à ma place. Malgré ça je faisais mon possible pour réussir à donner une âme à cette article, je voulais essayer de faire en sorte que l'on puisse s'intéresser au sujet. Je refusais poliment la boisson proposée par la scientifique, au final, je n'avais pas réellement de temps à perdre avec ces conneries, j'avais cette envie d'en finir au plus vite, il fallait être réaliste, en ce moment j'avais du mal à me concentrer sur mon boulot. Jouant avec mon stylo, je prenais le temps de prendre de temps à autre quelques notes qui me paraissaient judicieuse pour mon article. Certaines de ses phrases étaient suffisamment agréable pour pouvoir me donner une introduction correcte, même si tout ceci semblait quelque peu surfait, qu'importe au final ça plairait aux lecteurs.

L'idée que tout ceci ne soit que l'influence maternelle laissait envisager une personnalité facilement influençable, un peu comme si je me retrouvais dans la politique, ne faisant que suivre le chemin tracé par le paternel. Qu'importe au final je ne m'intéressais pas réellement à cette femme, ni à son histoire, la seule chose que je voyais c'était que plus vite tout ceci serait terminé, plus vite je serais tranquille. Rapidement mon bloc note fut recouvert d'écriture, pas toujours des phrases, juste des mots clés, des petites anecdotes pour pouvoir écrire quelque chose de relativement fidèle aux paroles de la jeune femme. Je ne m'attendais pas réellement à entendre la jeune femme parler de sa vie sentimentale, je choisis immédiatement de ne pas en parler dans mon équipe, ça n'avait pas le moindre petit intérêt, mais au final si ça lui plaisait d'étaler ainsi sa vie aux inconnus, je choisis la carte de la descendance et de ne pas l'offrir à la ville entière. Se qui me surpris le plus fut le changement de ton de la jeune femme qui se trouvait face à moi. Elle se fit soudainement plus dure, comme si je venais de dire quelque chose que j'aurais mieux fait de garder pour moi. Difficile à comprendre lorsque l'on savait que je n'avais pas ouvert la bouche, me contentant simplement d'écouter les paroles de la rouquine, griffonnant si et la quelques petits mots et accroche pour facilité l'écriture de mon article et ainsi gagner un peu de temps, même si cet article n'était pas le plus attendu par la direction.

Je ne me formalisais pas d'un tel comportement, il y avait pas mal de chose qui pouvait l'expliquer, elle avait probablement fait le lien avec mon nom de famille, après tout mon père n'était pas spécialement concerné par l'écologie, tout comme moi il avait d'autres priorités. Je me foutais parfaitement si cette femme avait une dent contre les choix politiques de ma famille, de toute façon nous n'étions pas là pour faire amie amie je ne mélangeais pas vie privée et vie professionnelle. Je repoussais mes cheveux en arrière, tournant la page de mon bloc note avec ce petit sourire agaçant qui laissait croire que rien au monde ne pouvait m'atteindre, ce petit sourire de façade que possède beaucoup de personnalité public, sans doute un cadeau offert par la nature à force de côtoyer mon politicien de père. Je ne comptais plus les fois où j'avais du assister, depuis mon plus jeune âge, à des soirées ennuyantes et la seule chose que mon père ne cessait de me rappeler c'était le sourire, il disait toujours qu'il était important de charmer son public. J'avais vite compris que ce n'était pas le plus important, au final il fallait simplement offrir une vision de nous simplement sans faille, ne pas offrir à nos ennemis des armes à utiliser contre nous, être simplement parfait.


"Je pense effectivement que ça suffira aux lecteurs pour tenter de vous cerner un minimum, histoire de comprendre votre cause. Je dois avouée que je ne suis pas particulièrement familière de votre cause, bien sûr le principe d'écologie me parle, je me rends également compte de la pollution qui règne à Gotham, ne soyons pas hypocrite, ce n'est pas le seul soucis de la ville, bien au contraire, pensez vous réellement qu'il serait possible de faire passer ceci pour une des priorités de la population? Y aurait il une solution pour les aider à s'intéresser à ce soucis ? Après tout, seul leur soutient pourrait faire changer les choses, n'est ce pas?"

Parce que oui, on ne pouvait pas changer les choses à nous seul, c'était pour cette raison que je faisais en sorte que la population ai une vision positive du Batman, ils étaient la clé de tout au final, nous ne pouvions pas gagner la guerre seul. Une autre chose me semblait assez particulière, il était étrange de voir qu'elle n'avait pas la moindre ambition politique, comment faire changer les choses si on ne s'attaque pas au pouvoir de la ville?

"N'avez vous jamais pensé à entrer dans la politique? Faire changer les choses de l'intérieur?"

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Date d'inscription : 18/11/2011

Localisation : Là où la Nature l'appelle


MessageSujet: Re: Changer les choses [PV Rakel Peleonor]   Sam 19 Jan - 18:55

« Nous vivons dans le monde que nous nous acharnons à détruire. Un jour, les conséquences se feront sentir Ceux qui croient pouvoir y échapper risquent de connaître un réveil brutal. » Prophétisa la biologiste, l'éclat verdoyant de ses iris semblant s'assombrir.

La batterie de questions soulevée par son interlocutrice l'avait laissée à demie choquée, en dépit de sa préparation à l'interview. Certes, Pamela se doutait que le citoyen moyen ignorait les trois-quarts des infamies perpétrées à Gotham ; néanmoins, jamais l'Empoisonneuse ne serait allée jusqu'à se figurer que le bien-être de la planète passait si loin au-dessus des préoccupations terrestres des gothamites. La journaliste qu'on lui avait flanquée entre les pattes, non contente d'avouer sans la moindre gêne ne pas s'être informée sur les problématiques environnementales, enchaîna le plus naturellement du monde qu'il existait plus important sur Terre que la pérennité de la bio-sphère. L'énormité de la déclaration manqua d'arracher un glapissement d'effroi au doteur Isley, qui crut que sa mâchoire inférieure allait se décrocher d'ébahissement. En guise de touche finale, Rakel Peleonor offrit un sourire provocateur à sa vis-à-vis, qui envisagea d'enfoncer son crayon le plus pointu dans la gorge de l'écervelée brune. Heureusement, Ivy répondit présente, soutenant son amie dans cette épreuve si éprouvant pour les nerfs de la militante.


* Ne te mets pas dans des états pareilles, ma belle... Cette pauvre innocente est semblable à tous les humains : endoctrinée pour ne pas voir l'évidence. Son exemple devrait t'aider à comprendre pourquoi nous devons agir, et vite. L'Homo sapiens fonce droit dans le mur, et s'échine à conserver ses œillères. Si nous ne frappons pas un grand coup pour ouvrir les yeux de la conscience commune, bientôt, l'apathie générale se chargera d'exterminer nos dernières chances de sauvegarder la Nature. Moi, je dis : séquestrons la reporter, et fonçons rendre visite à Wayne ! Qu'il ouvre son porte-feuille à nos idées en échange de sa dulcinée. *

Comme de juste, le soutien morale de Poison Ivy se solda par un appel au passage à l'acte. Feignant de ne pas avoir perçue cette recommandation, la directrice de département croisa ses doigts fins devant elle. Même si son alter-ego tournait en boucle sur ces histoires de plan pour contraindre le milliardaire de la ville à financer la révolution verte de Gotham, Pamela appréciait d'avoir au moins une personne en permanence de son côté. Calmée par les intonations apaisantes de sa seconde personnalité, la jolie rousse avait lancé un premier morceau de réponse à la reporter, avant de se murer dans un court silence. Avec Ferris Boyle sous sa coupe, la Reine Verte hésitait rarement à tenir sa langue, l'aura du PDG de la GothCorp suffisant la majorité du temps à dissuader ses détracteurs de lui tenir rigueur de la dureté de ses accusations. Mais ce qu'elle s'apprêtait à faire, ce n'était pas conspuer le secteur industriel local ; Ivy allait frapper en plein dans la termitière, en abordant de plein fouet l'un des sujets les plus sensibles à Gotham, le secret de Polichinel que personne ne voulait éventer.

« C'est vrai que plus nous serons nombreux à agir, plus vite les choses évolueront dans le positif. Néanmoins, si les syndicats du crime organisé cessaient du jour au lendemain d'être mis à contribution pour couvrir les manquements aux normes environnementales internationales de certains industriels, leurs revenus baisseraient de moitié, ce qui impacterait d'autant la criminalité. Et si la qualité déplorable de l'air cessait de nous agresser à chaque respiration, Gotham paraîtrait nettement moins sinistre. Idem pour l'eau courante, qui contient un taux inquiétant de nitrates à force de devoir être traitée pour être potable ; et je ne m’appesantirai pas sur le prix révoltant de l'électricité pour un foyer modeste, conséquence inévitable de nos méthodes actuelles pour produire de l'énergie.
Favoriser une politique pro-écologiste dans cette ville ne nuirait qu'aux individus en infraction (souvent assez riches pour subir une baisse de niveau de vie sans finir à la rue), tout en bénéficiant significativement aux milliers d'habitants souffrant des conséquences de décisions prises par une poignée d'égoïstes.

En vérité, mademoiselle, mon problème majeur n'est pas tant l'implication de la population que la volonté commune des profiteurs du système pour empêcher tout changement menaçant leur précieuse hégémonie.
 » Conclut l'accusatrice avec une pointe de suffisance.

En jetant volontairement l’opprobre sur la portion gangrénée par la corruption de Gotham, la biochimiste avait cependant mit le pied sur une pente très glissante. Même le PDG de la GothCorp n'avait pas de quoi tenir en respect la Mafia ou l'un de ses pairs businessmans, si l'une ou l'autre venait à décider que le docteur Isley ouvrait un peu trop la bouche. Le souvenir déplaisant de ce que Trevor Axis lui avait fait subir, notamment la visite surprise de gros bras pour l'effrayer, menaça un instant d'étouffer la flamme de la rébellion brûlant dans le cœur de Pamela. Fidèle au poste, son alter-ego se chargea de la rassurer, insistant sur les points forts et les atouts de Poison Ivy.


* Tu as eu raison de parler franchement, Pam'. N'oublies pas qui nous sommes : belle, vénéneuse, irrésistible et surtout, porteuse d'une mission de la plus haute importance. Rien ne saurait s'opposer à nous. Et il y a aussi ce cher Fries... Nos deux génies combinés nous assurent de disposer d'armes et d'accessoires tous plus mortels les uns que les autres. Qu'un primate essaie de s'en prendre à nous et il périra, avertissant par la même occasion les autres imbéciles réfractaires. *

Préférant de loin se laisser embarquer dans les discours mégalomanes de l'Empoisonneuse plutôt que d'affronter seule l'idée qu'elle mettait sa vie en jeu par son discours, la spécialiste des toxines faillit ne pas entendre la nouvelle question de Rakel, qu'elle accueillit avec une expression rêveuse. Entortillant une mèche de cheveux autour de son index, la militante soupira :

« Je mentirais en disant ne pas y avoir songé... J'y ai même sérieusement pensé, avant d'être détrompée sur mes illusions. Nous vivons dans un système où l'argent est le nerf de la guerre, que celle-ci soit militaire ou politique. Pour prétendre avec crédibilité intégrer cet univers sans foi ni loi, il faut posséder de quoi se financer, avec de préférence de solides bases en rhétorique. Or, bien qu'à l'aise au sein d'une foule, je ne suis titulaire d'aucun diplôme attestant de mes talents oratoires ; quant à l'argent... Mon salaire est certes confortable, mais reste très insuffisant pour financer une campagne digne de ce nom. Et aucun mécène de cette ville n'est prêt à s'afficher à mon côté. À croire que ma franchise fait peur aux fortunes de Gotham... »

* Et puis, évidemment, il y a aussi le fait que j'ai découvert un moyen nettement plus rapide et efficace d'atteindre mes objectifs... * Compléta pour elle-même la séductrice en affichant une fausse expression de défaitisme.

Prendre la voie politique présentait nombre de contraintes, parmi lesquelles celles d'être sous le feu des projecteurs en permanence. Impossible de s'introduire quelque-part sans être aussitôt reconnue, pour la biologiste ; à quoi s'ajoutaient les promesses de rendez-vous indénombrables, de débats à rallonges et d'une compétition permanente avec ses opposants. En cas de réussite, la Reine verte aurait eu l'outil idéal pour modifier le cours de choses à Gotham ; hélas, le bassin politique débordait déjà de requins avides de dévorer tout nouveau venu, et les efforts d'une politicienne n'étaient généralement récompensés qu'après des années de lutte. A moins que...

La sonnerie intempestive d'un téléphone coupa le fil des réflexions de la chercheuse, qui fronça des sourcils derrière ses lunettes. Elle avait expressément demandé à ne pas être dérangée durant son interview. D'un autre côté, si son correspondant avait estimé que son appel était justifié, ce ne pouvait qu'être pour une excellente raison. Avec une mimique gênée, la responsable du département R&D de la GothCorp s'excusa auprès de la journaliste.


« Pardonnez-moi... Je vais devoir décrocher. »

S'emparant du combiné, elle s'enquit d'un timbre interrogatif légèrement méfiant :

« Oui, allô ? »

La voix granuleuse d'un de ses militants (son nom devait être Peter, ou Pierce) lui parvint au-travers de l'appareil.

- Docteur Isley ? C'est moi, Adam. Je viens juste de parler avec mon contact. Vous savez, celui qui bossait à Stagg Chemicals, et qu'un de leurs "plan de restructuration" a fichu à la porte.

Sans que son interlocuteur ne puisse le voir, Pamela opina silencieusement du chef. Réalisant l'inutilité du geste, elle confirma, rosissant sous le regard de la brune assise face à elle :

« Bien entendu Adam, bien entendu... Votre ami devait nous aider à réunir assez de preuves pour monter un dossier contre le PDG de cette firme, n'est-ce pas ? Léonard Barnes. Celui que nous suspectons d'usiner un produit chimique hautement corrosif et d'en déverser les déchets à l'embouchure de la Gotham River ? »

- Précisément. Mon contact m'a fourni des détails à faire froid dans le dos... C'est pire que ce que nous imaginions, Docteur Isley.

Le ton d'Adam accrocha immédiatement l'attention de la Reine Verte. Les traits concentrées, son regard brillant intensément tandis qu'elle s'emparait de quoi prendre des notes, elle l'encouragea à poursuivre.

« C'est-à-dire ? »

- Mon ami m'a dit que, avant qu'il ne se fasse virer, il commençait à trouver Barnes bizarre. Son patron paraissait fasciné par le Joker, par ce que la folie avait fait de lui. Apparemment, plusieurs de ses employés l'ont surpris à visionner en boucle les archives des apparitions télévisées de ce malade durant la prise d'otage de la tour GCN... C'est là qu'il a commencé à... A tenter d'élaborer un produit chimique capable de provoquer les mêmes dommages sur sa personne.

- Adam, de quoi me parlez-vous ?

- Barnes avait une théorie... Selon lui, le Joker avait dû être exposé à des acides, ou à de puissants détergents qui avaient endommagé ses nerfs. Comme le personnage le fascinait, et qu'il possède sa propre chaîne de produits chimiques, il a fini par sauter le pas et ordonner, en secret, à ses ingénieurs de concevoir un produit correspondant à ses attentes. Le même produit dont tous les essais ratés et déchets de fabrications ont attiré notre attention.

Atterrée, la successeur de Victor Fries en oublia qu'une journaliste se tenait face à elle. Deux tâches rouges marbrèrent ses pommettes, tandis qu'elle murmurait au téléphone.

« Mais... Mais... C'est... Vous n'êtes pas en train de me dire qu'il... »

- Si. Précisément. Léonard Barnes veut devenir le nouveau Joker. Et il est prêt à tout pour y arriver. Et vous voulez savoir le pire de cette histoire ? Barnes est intouchable.

D’atterrée, Pamela passa à l'incrédulité ulcérée.

« Quoi ? Son poing frappa violemment sur son bureau, avant que la mémoire ne lui revienne. Oh pardon... Je... Je vous prie de m'excuser... L'émotion. S'excusa-t-elle platement en décollant le combiné de sa bouche auprès de son invité, avant de reprendre, en se passant lentement une main sur le visage. Ce que vous me dites n'a aucun sens, Adam. Léonard Barnes n'a pas assez d'argent sur son compte en banque pour faire oublier autant de méfaits. »

Un rire désabusé lui brisa ses illusions d'idéaliste.

« Ce n'est pas la question. D'abord, rien d'autre que la parole de mon contact ne nous permet d'affirmer que le produit en cours d'élaboration à Stagg Chemicals servira à transformer son PDG en Joker. N'importe quel chimiste de bas étage saurait vous trouver une utilisation parfaitement légale pour ce composé. Et ensuite, apprenez que Barnes a déployé toute son influence pour s'assurer que le Joker terminerait ses jours à Arkham. On lui a tout interdi. Tout. Et ce, parce que Barnes a appuyé très lourdement sur la sentence initiale du tribunal pénal, en adjoignant au procureur général ses propres juristes. Le résultat, c'est qu'aux yeux de la ville, Léonard Barnes est l'industriel s'étant le plus investi pour assurer à Gotham des jours meilleurs, en veillant à ce que le Joker soit traité comme une bête : muselé, et mis en cage. Bien entendu, il fait tout ça pour pouvoir prendre la place de son modèle sans risquer la comparaison... On se doute que le Joker original apprécierait moyennement d'être copié. Mais il demeure que, juridiquement, nous ne pouvons rien faire pour écrouer le PDG de Stagg Chemicals. »

Furibonde de se trouvée mise en échec par un imbécile de pollueur vénérant un sociopathe bon pour la chaise électrique, la propriétaire du bureau passa trente bonnes secondes la bouche ouverte, prête à répliquer qu'il y avait une faille, une brèche exploitable dans la cuirasse de Barnes. Mais tout idée lui venait était aussitôt balayée, réfutée, invalidée par les précautions prises par l'industriel. Forcée de déposer les armes, elle grogna sombrement :

« Je vois... Bon... Merci de m'avoir fait part de ces éléments... Je ne désespère pas, cependant : Léonard Barnes finira condamné ! Ça prendra le temps que ça prendra, mais nous arriverons à le faire tomber. Au revoir, Adam, et bonne journée. »

La biochimiste raccrocha, une moue écœurée sur les lèvres. Observant fixement la feuille vierge sur laquelle elle n'avait prise, en fin de compte, aucune note, elle releva la tête pour trouver la reporter, toujours son calepin à la main. S'adossant à son siège, Pamela expliqua d'un timbre fatigué, lasse de cet éternel recommencement :

« Encore une fois, toutes mes excuses... On vient de m'annoncer (et ce n'est sûrement ni la première, ni la dernière fois) qu'un individu, que l'on sait responsable de l'empoisonnement des eaux s'écoulant vers la forêt, est à l'abri de toute poursuite judiciaire. Vous voyez... La militante rousse agita la main vers son téléphone. C'est ça, mon problème quotidien. Livrer bataille face à des adversaires qui connaissent le système et ses vides juridiques à fond. Vous me demandiez si je prévoyais de me lancer dans la politique ? Tant que l'échiquier de Gotham se composera de démagogues passés maîtres dans l'art de frauder sans être inquiétés, mes beaux idéaux d'une ville propre ne feront pas long feu. Quant à dénoncer les pratiques des uns ou des autres... J'imagine que, comme tous vos collègues, vous prendriez la tangente si je me risquais à vous proposer de m'accompagner sur le terrain voir de vos yeux les horreurs faites par la folie des industries ? »

[HRP]J'ai l'impression que chacune de mes réponses t'empêche d'aller au-delà de ce que je décris... Promis, à mon prochain post, tu pourras reprendre l'initiative Wink[/HRP]
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