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 Un Nouvel Ennemi

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Ra's Al Ghul



Messages : 25

Age du joueur : 27

Date d'inscription : 02/12/2012

Localisation : Egout de Gotham City (actuellement), Moyen Orient et Extreme Orient (anciennement)


MessageSujet: Un Nouvel Ennemi    Lun 14 Jan - 23:49

Acte 3

« Un Nouvel Ennemi »

Synopsis : Une collecte de fond est organisée par un nouvel organisme humanitaire implanté à Gotham City. SavEarth réunis dans ses locaux les plus brillantes figures de la ville menacée par la Ligue des Ombres…

Chapitre1 :
SavEarth

Gotham City plongé dans le noir, un vent froid polaire mordait la ville de part en part comme les crocs tranchants d’un loup sur un daim. Il chassait ses habitants tenus cloitrer dans leurs foyers alors que sans abris et vas nus pieds restaient blotties l’un l’autre dans la chaleur compatissante d’une solidarité d’infortune et de flammes éphémères. Nombreux furent les dormeurs dont le sommeil fut le dernier et que l’on devrait retrouver, gisant comme quelque statuette d’art moderne à l’étrange mine épanouie d’une âme en paix jouissant enfin du repos éternel. Un long tapis de givre couvrait partout, transformant la chaussé en vitrine glissante et les voiture en stalactites mobiles. Dans les rues cette nuit-là, pas un bruit, pas un souffle hormis la bise houleuse traquant la vie sous toute ses formes, meurtrissant sa chair comme les lames insidieuses du rasoir affutée de dame mort. La lune trônait haute et claire inondant d’argent bleuté la vaste immensité d’immeubles rampant à ses pieds, constellés de lumières et grattant le ciel comme de long doigts pailletés caressant les étoiles évanouis.
L’un d’eux abritait en sont ventre tout ce que Gotham City faisait de politiciens, érudits, homme de savoir et de pouvoir, dont la parole faisait lois et la volonté écho. Un vaste hall illuminé de grand chandeliers tenait lieux de salle de réception ou plusieurs tables, épousant les courbes internes des murs locaux, arboraient fruits, boissons et amuses gueules en tout genre, nul doute tous très couteux. Des œuvres de toutes sortes et d’artistes d’horizons diverses étaient semer éparses et variés. En différent endroits de la salle de lumière ambré, s’étaient composés des groupuscules pavoisant chacun sous les feux des arts comme s’il eût s’agit des leurs. De légères sonorités exotiques se dégageaient d’elles, embarquant avec calme et volupté les individus agités vers les terres méconnus de l’imaginaire africain, asiatique, berbère, hispanique et nombre d’autres cultures humaines.
Un brouhaha inouï, généreusement martelé de cliquetis de verre ininterrompu, régnait en maitre incontesté d’une salle bondé ou toute la richesse d’une ville avait déferlé sans retenue comme les crickets innombrables s’abattant sur champs. Les rires aigus à outrance succédaient aux commérages mondain et sourires de hyènes maniérés exercés par nombres d’années de pratiques passés sous la grâce de cuillères dorées flanquer, dès le berceau, en plein gosier pour le seul motif d’être nés Coblepot, Daggett ou dieux sait qui.
Avec une lenteur flegmatique s’installa une partielle obscurité d’où n’émergeait qu’un escalier baigner sous les feux ardents des projecteurs. Les sonorités exotiques artisanales se tinrent muettes tandis qu’une ondée murmurante de stupeur parcourut la foule jusqu’au grand escalier éclairer ou se présenta, bruler sous les feux de la rampe, un Henry Ducard à cheval sur son trente et un.

_Votre attention s’il vous plait mesdames messieurs… Votre attention s’il vous plait, réitéra Ducard de sa voix mi aigre mi mielleuse et, bien que non-fumeur, au combien rocailleuse.

Lentement le silence balaya les murmures bientôt aculés en fond de salle alors qu’une attente certaine ce faisait sentir dans l’assistance et que l’heure, de l’entrée officielle d’une nouvelle institution à Gotham, devenait solennelle. Tout œil braquer sur lui, en costume trois pièces beiges et chemise bleu de satin, Henry Ducard, adoptant la posture la plus décontracté au possible, continua néanmoins de formuler son discours.

_Merci à tous et à toutes d’être venus ici ce soir apporté votre soutien à la fondation humanitaire SavEarth. Je tien tout particulièrement à remercier monsieur le maire Hamilton Hill et tout le comité directoire de Gotham City pour l’aide apporter à notre organisme dans les premiers pas de son nouvel établissement local…

Un vif Halo de lumière trancha comme un feu du ciel l’obscurité cernant le maire pris au dépourvu toast et champagne en main, tandis qu’une ovation incandescente embrasait la foule battant frénétiquement des mains. Hamilton sourie, rouge comme une pivoine, tentant désespérément de rajuster sa tenue, alors que l’assemblée des ombres dévorait ses faits et gestes en sangsue avide de ragots qu’elle était. Puis la lueur céleste cédant sous l’assaut du sombre manteau noir des lieux, s’évanoui dans le firmament, emportant avec elle la face pataude de monsieur le maire.

_...Ainsi que la police communale de Gotham en la personne de James Gordon, malheureusement absent, pour ses précieux renseignements sur les infrastructures de la ville.
Chaque seconde dans le monde, près de 1,14 million de kilos de CO2 sont émis dans l'atmosphère soit 36 milliards de tonnes de dioxyde de carbone par an, conséquence de l’activité humaine.
Les observations attestent que treize des quinze dernières années figurent parmi les décennies les plus chaudes jamais enregistrées depuis que les températures de la surface du globe sont mesurées (1850).
Durant ces cent dernières années, la température moyenne de la planète a augmenté de 0,74°C tandis que le niveau moyen des mers a augmenté de 17 cm rien qu’au vingtième siècle. Le rythme de fonte des glaces est de 34 milliards de m3 d'eau par an, soit plus d'un million de litres par seconde perdus par les glaciers et une hausse de 0,12 millimètre par an du niveau marin.
En un seul siècle mesdames, messieurs, le nombre d'ouragans a doublé pour atteindre 85 par an. Selon certaines sources, le réchauffement climatique dans les régions sensibles comme l'Atlantique Nord serait responsable de cette augmentation.
Des rapports ont affirmés que le monde a connu cette année près de 950 catastrophes naturelle, soit 3 par jour et 295 000 morts. L’année dernière, il s'était produit 245 catastrophes naturelles dans le monde dont 222 directement liées au climat. 8900 personnes avaient été tuées par ces catastrophes naturelles dont 7000 victimes du climat.
Ces chiffres sont disponibles à chaque instant sur le site web de notre organisme et sont tenues de sources scientifiques du monde entier. Il ne s’agit pas là du script d’un énième film hollywoodien catastrophique dans tous les sens du terme…
Mais d’une réalité s’imposant à chacun comme la lumière de l’aurore nous éveillerai au matin. La terre agonise…Et ce pourtant que nous avons les moyens et l’intellect pour la sauver ! Ne nous manque hélas que la volonté, la volonté d’agir, non pas seulement pour nous, mais surtout pour le bien commun, pour celui de nos enfants et les enfants de leurs enfants auxquels nous lègueront ce monde.
Mesdames, messieurs ce soir je ne vous invite pas à faire un don. Je ne vous invite même pas à visiter nos locaux… Ce soir je vous invite à agir aujourd’hui pour sauver l’homme de demain. Je vous invite ici et maintenant à sauver l’humanité d’elle-même et des maux qui la gangrènes depuis plus d’un siècle.
En mon nom et celui de tous les bénévoles de SavEarth je vous souhaite de passé une bonne et agréable soirée, merci.


Ce disant, lumière et brouhaha reprirent leurs droits alors qu’un tonnerre d’applaudissement, faisant tremblée les chandelles, était venus conclure le discours comme la tempête surgissant du désert. Les éloges ne tardèrent pas et Ducard croula bientôt sous leurs poids, lourd de bienveillance pastiches et de maniérisme caractéristique de la haute aristocratie. « Brillant discours ! Très inspirant monsieur Ducard. » Fit un adjoint du maire dont le nom restait introuvable, « Vous pourrez conter sur le soutient de Daggett Industries monsieur Duccard, comme vous le savez nul autre ne se soucie plus que moi de la bonne porté de cette ville ! » Fit Roland Daggett. Baise main, embrassades et politesses de façade constituèrent sa véritable tenue de soirée et il eut été fort aise de s’en défaire… mais c’était sans compté sur la charge de sa mission et de son rang, fardeau qu’il portait depuis trop longtemps et dont le poids, s’alourdissant au fil des ans, lui pesait aujourd’hui terriblement. Le monde ne changera pas tant que l’homme n’aura cessé de pullulée, comme la peste s’abattant sur la Terre. Nous somme les veilleurs du monde, anticorps de l’Une, notre mère planète, prédateurs de l’homo sapiens, nous avons cessé de lui appartenir pour en devenir ces geôliers. Si celui-ci ne peut être contenue par nos soins nous l’éradiqueront… Pour le bien des fils de l’Une… Le bain de foule commençant à l’irrité, il alla prestement au second étage sur les froids balcons givrés d’où Gotham dormait paisible. La langue rugueuse du vent lui lécha le visage et pendant un instant il se sentie revivre à mille lieux d’ici… en d’autre époques perdu des hommes, où il avait appris sous les ordres du Senseï l’alliance de l’homme et du sabre sur le froid tapis de verre d’un lac congelé. Ainsi rêvassait-il lorsque lui apparue Talia, délicieusement vêtue d’une robe beige à dos nue, à la semblance de sa douce et ténébreuse Soraya, sa mère, son plus bel et unique amour, comme venue d’un songe éternel issue de ses tourments. Si tu savais chère de ma chair comme elle eut été fier de te voir ainsi, femme de corps et d’esprit si noble. Toi que je vis grandir, battant la mesure au rythme de la vie, joyaux de mon âme et guide de celle-ci, le cœur me pèse tant de devoir un jour te quitter. L’heure pourtant s’annonce où l’un et l’autre nous devrons faire face au noir destin des hommes, lorsque mon corps irrémédiablement mourant, nous nous diront adieu et sépareront nos chemins... Lui qui comme le grand chêne de maints hivers, paraissait si vieux au-devant d’elle qui comme l’olivier, venait tout juste de naitre. Elle marcha vers lui, ondulant son corps comme pour braver le froid, laissant ses longs cheveux noirs se disputer le vent hurlant et la grâce de ses vêtements. Faisant mine de l’étreindre, il tendit son bras et la câlinant, elle se lova, féline et silencieuse, contre son torse. En cette instant ils se dépouillèrent de leur rang et ce révélèrent comme nue sous les étoiles, père aimant et fille chérie, enlacés l’un l’autre sous le regard inquisiteur de la lune argentée.

_Père, il est ici… dit-elle d’une voix presque acerbe… avec elle.

Laissant ces mots s’égarer dans la nuit, il ne répondit pas tout de suite et, les yeux clos, resta interdit un moment dans la fraicheur vivifiante de la bourrasque balayant son visage. Celle-ci semblait mordre un peu plus Talia, désormais rougeaude et tremblotante, comme punie de sa bravade par quelques flagellations hivernales. Il était temps de rentré, mais il n’était pas presser et pris son temps pour émerger des songes de la mémoire et affronter la froide réalité du monde. Soudain, ils entendirent deux personnes les rejoignant sur le balcon et regardèrent celles-ci d’un même mouvement.

_Nous sommes prêt, dit David.

Reprenant dès lors les charges respectives de leurs ordre, ils se séparèrent bientôt et, d’un élan commun, entreprirent de rentrer sous les blâmes d’un vent hurleur, poursuivre la mascarade de leurs rôles. Il est temps de rendre justice…après tout dans ta traitrise, brulant mon logis et décimant tes frères, tu t’es enfuis comme un voleur après son larcin, et voici que je te trouve ici sirotant mes boissons et dansant tout souriant ! C’est à mes côtés que tu aurais dû être, toi qui avais pourtant l’âme d’un juste successeur voilà que tu vas mourir de la main qui t’as faite, maudit sois-tu, quel gâchis !Comme le voile noir de la nuit cède sous l’aurore doré du jour, Ducard avait céder sa place au Père des Hommes qui s’élançait maintenant, Talia, David et Cassandra sur ses talons, déterminer à en découdre avec la ville et le traitre honnis des Fils du Démon. Ouvrant la porte, la chaleur des lieux fit hurler la bise de douleur, s’engouffrant en trombe dans l’interstice de lumière béant. Sitôt descendu les escaliers, David et Cassandra s’évanouirent dans la foule alors que Henry et Talia commençaient tout juste leur baignade de foule aristocratique.

_Bien, allons voir le traitre qui ce soir vas mourir, dit le Père des Hommes.
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Rakel Peleonor
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MessageSujet: Re: Un Nouvel Ennemi    Mar 15 Jan - 18:50


Le froid était mordant, difficile de choisir d'enfiler une robe noir dont les nombreux voilages laissait apparaitre ma peau blanche. Mon père m'avait demandé de le remplacer lors de cette soirée, il prétextait d'être occupé sur une autre affaire, je le soupçonnais plutôt de ne pas avoir envie de se mêler à ce genre de mondanité. Qu'importe, j'y aurais sans doute participé à cette soirée malgré la présence de mon père, m'afficher depuis l'accident me permettait de mettre un point d'honneur à prouver au commanditaire de tout ça que je ne me laisserais pas impressionner. Un dernier coup d'oeil dans le miroir et je pris ma voiture pour rejoindre le manoir Wayne. A présent il n'y avait plus le moindre suspense sur ce trajet que je ne cessais de faire, je serais capable de le faire les yeux fermés, mais je ne souhaitais absolument pas envoyer une seconde voiture à la casse. Je me garais dans la cours avant de rejoindre d'un pas rapide la porte du manoir qui fut ouverte avant même que j'eus à frapper, Alfred, toujours fidèle au poste. Je le saluais avec bonne humeur, demandant où je pouvais trouver Bruce, sans la moindre surprise, dans les quartiers du chevalier noir. Je poussais un petit soupire, je pris la direction de l'antre de la chauve souris, prenant le temps de m'arrêter par la chambre à coucher de mon homme, piquant sa montre Jaeger-LeCoultre pour l'installer à mon poignet, me rappelant une discussion que j'avais eu avec le Batman au Gotham Globe. Je glissais dans les couloirs de l'antre de la bête, pas assurée, avant de me lover dans le cou de mon amant.

"Tu es prêt?"

Bras autour de son cou, j'observais quelques instants les écrans avant de nos yeux avant de me redresser et de rejoindre Alfred, attendant Bruce et de prendre la route pour cette fameuse réception de SavEarth. Alfred était au volant de la Rolls comme toujours, alors qu'assise à l'arrière, en compagnie de Bruce, nous discutions tranquillement. Arrivée devant la tour, il me fallut rassembler mon courage pour affronter la morsure du froid pour sortir du confort de la voiture de luxe. La suite me rappelait une soirée que j'avais vécue il y a quelques mois, ma première vraie rencontre avec le Batman, mais aussi avec un psychopathe qui avait tenté de me tuer. C'était à cet instant que ma vie avait basculé, même si je n'étais pas du genre à m'en plaindre. Tenant le bras de Bruce, je m'affichais tout sourire, repoussant mes cheveux en arrière, j'ignorais royalement les petites garces qui me jetaient des regards noirs, au final qu'importe, je n'étais pas comme elles, je ne prenais pas de plaisir à m'afficher aux bras de Bruce, juste de sa présence, même si les soirées mondaines n'avaient jamais été les soirées les plus excitantes. Puis vint le discours du maitre de cérémonie, un petit discours, soit disant qu'il ne recherchait pas d'argent, pourtant tout le monde avait pensé à emporter son chéquier dans l'espoir de se donner bonne conscience, après tout moi même avait le chéquier de mon paternel, histoire de faire une bonne action pour une fois, comme si il était possible de racheter tous les malheurs de la ville en une simple soirée, avec un simple chèque. J'écoutais le discours en silence comme tout le monde, mais à l'inverse je ne sentis pas réellement me besoin d'aller féliciter qui que se soit, je trouvais que c'était d'une absurdité, il y avait tant de chose à sauver à Gotham avant de penser à l'écologie, qu'importe de sauver le monde si il se détruisait à petit feu quoi qu'il arrive. Je repérais le regard perçant d'une jeune femme moulée dans une jolie robe claire sur nous, à croire que je me la jouais paranoïaque, c'était idiot, et pourtant... Je me penchais à l'oreille de Bruce, pour plus de discrétion, dans ce genre de soirée mondaine, tout le monde semblait chercher les potins.

"Pourquoi j'ai l'impression que tout ça sonne faux. Un peu comme avec cette folle, tu sais la femme qui veut sauver les plantes des hommes. Je ne suis pas très à l'aise."

Coupe de champagne à la main je l'agitais doucement, observant le breuvage or qui tournoyait sans même y tremper mes lèvres.

"Ce te dérangerait beaucoup si on ne trainait pas trop? J'ai de meilleures idées pour que la soirée soit plus agréable..."

_________________

∞ we were infinite.
we accept the love we think we deserve
Let the skyfall, when it crumbles. We will stand tall face it all together At skyfall. Where you go I go, what you see I see. I know I'll never be me, without the security are your loving arms. Keeping me from harmPut your hand in my handAnd we'll stand. Let the skyfall, when it crumbles. We will stand tall face it all together
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MessageSujet: Re: Un Nouvel Ennemi    Ven 18 Jan - 11:09

Bruce noua distraitement son nœud de cravate, parachevant l'image d'élégance discrète qu'il avait voulu se constituer pour la soirée de charité. Les deux mains mobilisées par sa tâche, il garda les yeux braqués sur l'écran géant de son ordinateur, à s'attarder sur les détails de l'autopsie des cinq cadavres retrouvés par le GCPD sur les docks. Cinq morts par asphyxie, avec dans chaque cas un taux létal de dichlore dans le tissu pulmonaire. Tous les cinq étaient chargés de surveiller un entrepôt de Showing's Agronomics contenant de l'engrais, engrais dont la cargaison avait été incendiée. Cinq personnes assassinés par un gaz asphyxiant, et un stock de la variété d'engrais chimique que les autorités sanitaires avaient récemment mis en cause dans des cas d'empoisonnement des sols...

« J'aimerais avoir votre alibi pour cette soirée, mademoiselle Isley. »

Ayant pris l'habitude de se murmurer à lui-même lorsqu'il réfléchissait (le contre-coup d'une trop longue solitude), le trentenaire brun ramena ses étincelantes iris acajou sur la droite de l'écran, où s'étalaient des dizaines de photos de la jeune femme rousse qu'il suspectait de plus en plus d'éco-terrorisme. Comme pour le narguer, la "Reine Verte" souriait sur la plupart des clichés, ou, au contraire, paraissait comme possédée d'une espèce d'inamovible résolution (qui n'enlevait rien à ses charmes) lorsqu'elle était prise sur le vif. Expirant profondément pour faire le vide dans son esprit, le pupille d'Alfred croisa ses doigts devant son menton, appuyant sur le support créé tandis que ses cellules grises s'efforçaient d'établir des connexions logiques. Quel serait le prochain acte d'Isley ? Opérait-elle seule, ou disposait-elle de complices ? Et pourquoi le corps de Mathew Paige présentait-il un taux anormalement élevé d'endorphines et de dopamine, deux des hormones impliquées dans la perception du plaisir ? Son profil psychologique ne mentionnait aucune tendance masochiste, donc l'asphyxie ne pouvait en vraisemblablement pas expliquer son état émotionnel au moment de son décès...

Le Détective avait pris l'habitude de se mettre un problème d'apparence insoluble dans la tête avant chaque interminable réception officielle à laquelle son appartenance aux vieilles familles de Gotham l'obligeait à participer. Le temps paraissait étrangement s'écouler plus vite, quand on avait quelque-chose à faire pour s'occuper les pensées.

* Sauf que tu ne devrais plus faire ça, maintenant que tu as Rakel... *

Dans son smoking (l'un des nombreux qui occupait sa penderie), Bruce sursauta et s'agita soudainement, enfonçant un peu trop brutalement le bouton de l'interphone relié au deuxième étage du manoir, où Alfred devait faire la poussière (Alfred faisait toujours la poussière, au point que c'en était presque un toc).

« Alfred ! Vous avez vu l'heure ? Rakel ne va pas tarder. Quittez tout de suite ce que vous êtes en train de dépoussiérer, et foncez à la porte. Je ne veux pas la faire attendre. Imaginez qu'elle sonne... »

Le lointain ronflement d'un moteur puissant parvint jusqu'aux fondations du manoir, ultimatum alarmant annonçant que d'ici trente secondes, la jolie brune, parée d'une robe resplendissante, grimperait d'une jambe leste les marches du perrons pour aller toquer à la porte de son sujet d'article préféré. Alors qu'il le croyait deux étages plus hauts, Alfred surprit son jeune maître en laissant entrer l'héritière Peleonor avant que le moindre coup fut frappé (stupéfait, le fils incrédule de Thomas Wayne fixa le vide quelques secondes, essayant de se rappeler si l'une des lignes du Curriculum de son majordome mentionnait une capacité innée à se téléporter ou à figer le Temps). L'aberrante idée vite rejetée, le trentenaire sur son trente-et-un releva le nez, pour réaliser que dans un avenir très proche, la femme de sa vie débarquerait dans la batcave, et qu'il se trouvait à consulter les images d'une femme jeune et jolie. Mû par l'instinct de conservation, le prévenant brun ferma le dossier "Isley", qui s'effaça au profit du second dossier ouvert par le bâtisseur de la Batcave... Des croquis et portraits de la cambrioleuse féline, réalisés à partir des descriptions de témoins oculaires. L'alter-ego de Batman se sentit tomber de Charybe en Scylla. Mitraillant la touche de fermeture en serrant les dents (au loin résonnèrent les échos de pas légers se rapprochant à bonne allure), il s'en tira in extremis, les relevés de comptes d'un certain monsieur Bonnyface (alias de Cobblepot employé pour duper le fisc) venant dissimuler les fichiers incriminant l'ombre de Gotham pour adultère visuel.

Le temps qu'il se compose une expression concentrée crédible, la plus belle femme de Gotham avait rejoint Bruce. Le contact rassurant, tranquillisant de Rakel, son parfum, sa chaleur, ne cessaient d'étourdir l'éternel solitaire qu'avait été Wayne pendant une bonne partie de sa vie. Détournant ses yeux de son écran pour admirer la découpe du profil de la journaliste sous le faible éclairage de sa grotte, il pointa de l'index le super-ordinateur :

- J'aimerais pouvoir te dire que je suis prêt, mais il y a ça qui me retient en otage. Alors...

Il s'évada de son fauteuil en laissant la dernière syllabe s'éterniser dans sa bouche, avant de venir se coller à la jeune femme en robe noire (sa couleur préférée !), pour lui murmurer tendrement :

« Il va falloir que tu m'enlèves à mon ordinateur. »

Ravis de la tournure que prenaient les choses, les bras de la reporter sans peur enserrèrent obligeamment le PDG de Wayne Entreprise dans un confortable étau ultra-possessif. Loin de s'en offusquer, le chanceux élu du cœur de la fille Peleonor se laissa passivement tracter, tel le cavalier inexpérimenté d'une danseuse-étoile. Pour un individu qui ne devait à aucune seconde relâcher sa vigilance lorsqu'il revêtait l'armure de Batman, se laisser faire constituait un luxe inenvisageable, et rendait d'autant plus savoureux les moments de complicités qu'il partageait avec la journaliste du Gotham Globe. Secrètement, le trentenaire se félicita d'avoir couvert ses arrières, en notant le balayage bref mais attentif des prunelles de la collègue de Knox sur l'écran géant. Le voyage jusqu'au bâtiment hébergeant la réception de SavEarth dura bien trop peu de temps au goût de l'excentrique employeur d'Alfred Pennyworth, qui fit ensuite de son mieux pour protéger du froid son admiratrice à leur sortie de la Rolls impeccablement lustrée. Tel un couple banal de la bourgeoisie gothamite, les deux adultes suivirent l'itinéraire indiqué pour intégrer la salle où se tiendrait la soirée placée sous le signe du désintérêt et de la générosité démagogique.

Bruce avait décidé de se joindre aux hypocrites de la ville dans l'unique but d'apparaître en public, afin qu'on ne puisse pas facilement tirer la conclusion entre lui et la chauve-souris (l'idée lui avait été soufflée par Alfred, qui posa un virulent véto en entendant un soir son maître envisager de devenir un Batman permanent). Pour qu'il soit vu vivant, aussi débonnaire, insouciant et dédaigneux que ses congénères, l'orphelin le plus célèbre de la ville s'imposait un strict minimum d'une sortie en public par moi (en général, son insistant majordome parvenait à lui forcer la main pour qu'il en fasse deux par mois). S'étant assuré par avance de l'état psychologique et du pedigree d'Henri Ducard (le cas "Maxime Zeus" constituant une expérience qu'il ne voulait pas voir se renouveler de sitôt), le disciple renié par la Ligue répondit aux mimiques outrées des jeunes célibataires en mal d'héritiers à vampiriser avec le même sourire compatissant qu'aurait eu un juré devant des candidates recalées à l'audition.

Sans surprise, son regard isola les éternelles silhouettes de Dagett, Hill, Williard (qui épiait déjà une demoiselle ayant eu l'imprudence de s'écarter de la foule), Thorne (et ses bajoues tremblotantes), ainsi que plusieurs sportifs venus témoigner de leur engagement envers ce pour quoi SavEarth militait (sans savoir à quoi renvoyait précisément cet énoncé). Autrefois, le milliardaire brun aurait été obligé de se mêler aux conversations insipides pour ne pas avoir l'air d'un solitaire asocial ; mais depuis qu'il avait trouvé une personne avec qui partager ses nuits et répondre aux invitations pressantes des dignitaires de la ville, Bruce se sentait libéré. Ce qui, auparavant, avait pour lui longtemps été une épouvantable corvée, était devenu une occasion de plus de passer de bons moments avec Rakel. La décoration, l'ambiance, l'absence de danger imminent... Tout concourrait pour que la réception se finisse en douceur, chose qui augurait un retour sulfureux jusqu'au manoir Wayne. D'excellente humeur, le fils de Thomas Wayne se promit de faire un don à sept chiffres à l'organisation SavEarth, tout en embrassant ouvertement la journaliste du Gotham Globe sous les yeux débordants d'éclairs des veuves noires.

* Je me sentirais presque normal, dans ces moments-là. *

_Votre attention s’il vous plait mesdames messieurs…

Pour l'alter-ego de Batman, tout parut se figer dans la luxueuse salle de réception. Le sang abandonna immédiatement son visage. Les invités aux alentours cessèrent de s'agiter et de discuter. La musique s'interrompit. L'air dans ses poumons devint dense comme du roc, et même les propres battements de son cœur marquèrent un arrêt. Car cette voix, il la connaissait, l'avait cent fois entendue lui adresser la parole pour lui dispenser conseils, consignes ou remontrances. Un timbre impossible à oublier, même après tout ce temps, toutes ces épreuves, car la personne en question avait, à une période charnière de son existence, été son mentor.

* Mais ça ne peut pas être lui. *

A la milliseconde où cette idée parvint à atteindre son cortex gelé par la stupeur, Bruce recouvra son calme. Son cœur se remit à battre, il put enfin prendre une nouvelle inspiration, et les couleurs lui revinrent. Ce ne pouvait pas être lui. Se trouvant idiot d'avoir bêtement pensé qu'un homme ayant à peu près la même voix que le maître de la Ligue puisse être celui par qui tout avait réellement commencé, il s'ébroua (discrètement). D'une œillade brève, le combattant du crime vérifia que sa compagne n'avait rien remarqué de son trouble passager, puis, son sourire retrouvé, il reporta son regard vers le fond de la salle, où se tenait celui qui avait failli lui faire croire aux fantômes.

_ Votre attention s’il vous plait.

C'était le fantôme.

Ra's Al Ghul

L'orateur avait troqué sa traditionnelle tenue d'entraînement contre des effets plus en accord avec son identité d'emprunt, bien que ce ne fussent pas ses habits qui lui confèrent l'aura et la prestance d'un seigneur. Plus saisissant encore : le Démon était scrupuleusement tel que Bruce se l'était imaginé en entendant une première fois sa voix au-travers de la foule. La figure émaciée d'un vieux loup, cette profondeur insondable dans ses yeux clairs, les mêmes intonations captivantes... Il n'avait changé en rien. La main libre du trentenaire, celle qui ne tenait pas son rempart contre les profiteuses, se serra durement dans le vide. Le discours parfaitement maîtrisé d'Henri Ducard cessa vite d'intéresser son ancien disciple, tant la présence de cet individu à Gotham impliquait d'effroyables conséquences.

* Si lui est ici, ça ne peut vouloir dire qu'une chose : l'autre aussi est, ou a été, un membre de la Ligue. Peut-être est-ce un éclaireur, envoyé pour me jauger. A moins que Berretti n'est été un obstacle pour les plans de la Ligue, et que la Faucheuse ait été envoyée pour l'abattre... Comment ai-je pu me montrer aussi négligent ? *

Son enquête interne sur Henri Ducard aurait en effet normalement dû l'amener à découvrir suffisamment d'éléments sur ce mystérieux philanthrope pour lui mettre la puce à l'oreille. Certes, Ra's AL Ghul était passé maître dans l'art de l'infiltration et des faux-semblants ; toutefois, pour l'un de ses anciens élèves, reconnaître la marque et les méthodes de cet homme de l'ombre constituait un exploit réalisable. L'incapacité de Bruce à avoir discerné le danger par-delà l'écran de fumée élevé autour de son mentor accentua sa frustration et son anxiété. Cette soirée ressemblait de plus en plus à un piège lui étant destiné, souricière dans laquelle il s'était gentiment glissé en amenant avec lui Rakel... Si le traquenard se refermait ce soir sur le Chevalier Noir, mieux valait tenter d'évacuer les civils pendant qu'il en était encore temps. Une question se posait, néanmoins : comment ? En déclenchant bêtement l'alarme incendie sans être vu ? Un peu trop cliché... Et Ra's devait y avoir songé. Peut-être même l'avait-il désactivé, par mesure de prudence ? Batman allait devoir trouver mieux qu'une vieille astuce de film pour pouvoir intervenir.

En retrait dans leurs tenues de soirée, les deux amants observèrent, l'un sombrement, l'autre avec une totale absence de crainte, Henri Ducard se prêter au jeu des convenances, recevoir mille et une promesses fallacieuses de soutien et plus de poignées de main qu'un candidat à la présidentielle en campagne. Comédien d'excellence, le soi-disant fondateur d'une Organisation Non-Gouvernemental à but non-lucratif ne laissa rien paraître de ses véritables motivations, campant un défenseur de la planète très crédible. Certain que d'autres élèves du Démon s'étaient joins à la foule, l'ancien meilleur disciple de sa promotion fit courir ses iris sombres sur l'assemblée des fortunés, en quête du moindre détail trahissant une formation auprès de la Ligue. Le maître de cérémonie, s'éclipsant (au grand regret d'une cohorte d'obséquieux faiseurs de courbettes), le milliardaire brun amorça un geste en direction de son téléphone. Il lui fallait impérativement contacter Alfred ; que celui-ci lui envoie la batmobile avec son costume. Hélas, la jeune journaliste à son bras le prit de vitesse.

« Je t'avouerais que je ne me sens pas non plus très à l'aise, ce soir... »

* … Mais pas pour les mêmes raisons que toi, j'en ai peur. *

D'ordinaire, la mention du docteur Isley aurait fait tressaillir l'interlocuteur de Rakel ; mais ce dernier se trouvait déjà dans la tourmente, son cortex obnubilé par la seule crainte que les choses n'empirent très bientôt. Le scénario le plus pessimiste de la chauve-souris incluait, à ce propos l'apparition de son nouveau pire ennemi à l'identité inconnue, ainsi que la mort de sa compagne. Plongé dans la noirceur de ses hypothèses, le jeune PDG écarquilla les yeux en entendant la reporter du Gotham Globe lui faire du rentre-dedans, une coupe de champagne innocemment tenue à la main. Le décalage entre ce qu'on lui proposait et les enjeux du moment furent tels que, un instant, le propriétaire du manoir Wayne ne trouva rien à dire, examinant juste l'expression mutine de la tentatrice brune. Que devait-il faire ? Mentir, dissimuler à la seule personne lui ayant jamais fait totalement confiance l'ampleur du désastre ? Ou l'avertir, et espérer qu'elle saurait gérer la crise ? Difficile de trancher... Bruce aurait souhaité disposer d'un délai suffisant pour peser le pour et le contre de chaque option, mais le temps, à l'instar d'une gorgée d'eau entre ses doigts, lui échappait à une vitesse alarmante. Du coin de l’œil, il repéra la silhouette de son formateur, flanqué d'accompagnateurs ne pouvant être que des membres de la Ligue. Le nombre d'adversaires potentiels fut ainsi porté à quatre, parmi lesquels (intérieurement, Batman se raidit) la propre fille du Démon, Talia.

Ce nouvel élément acheva de le persuader que la réception n'en était pas vraiment une. Serrant l'avant-bras de Rakel pour attirer son attention, il amena à son tour ses lèvres à hauteur de son oreille, glissant en même temps quelque-chose dans la main de la jeune femme.

« Il faut que tu t'en ailles. Maintenant. Et il faut que tu fasses sortir tous les invités. Racontes-leur n'importe quoi, qu'il y a une bombe, ou une fuite de gaz, mais ils doivent tous sortir. Une fois que tu partiras, appelles Alfred avec mon portable. Dis-lui que j'ai une urgence. »

Peut-être le créateur de la Ligue voulait-il juste mener une collecte de fond. Peut-être ne pensait-il pas à mal, peut-être n'avait-il pas reconnu son ancien élève... Mais lorsque l'on se trouvait face à un ennemi aussi puissant, on ne pouvait pas se permettre la fantaisie de supposer quoi que ce soit. Rakel risquait de lui en vouloir, pour l'avoir obligée à le laisser combattre seul. Pour cette raison en particulier, les yeux du justicier en civil ne se posèrent pas sur le visage de sa belle ; préférant ignorer quel expression animait ses traits. Il se savait incapable de résister, si sa journaliste décidait de lui décocher un regard suppliant ; or, personne d'autre que Batman à Gotham ne pouvait s'opposer efficacement au Démon, à sa fille et à leurs suivants. Libérant sa protégée de son étreinte, Bruce fendit la foule, ignorant les tentatives faite par les uns ou les autres pour lui adresser la parole. Deux des accompagnateurs de Ras Al Ghul avaient disparus (probablement se positionnaient-ils en ce moment pour couper toute retraite au gothamite acculé). Celui-ci se campa, droit comme un I, sa stature trahissant d'autres activités que l'oisiveté, les galipettes au lit avec des top-models et les nuits débraillées dans les night-clubs branchés. A cet instant, l'orphelin de Crime Alley se présentait son son véritable jour, les mâchoires contractées et le regard résolu. Le champs de vision cadré pour ignorer Talia, il murmura de telle sorte que seul son mentor puisse entendre, d'une voix rendue rauque par la tension :

« Vous n'êtes pas les bienvenus, ici. Quels que soient vos intentions, vous savez que je m'y opposerai. De toutes mes forces. Alors laissez-moi sauver Gotham, et quittez la ville. La ligue n'a rien à faire sur mon territoire. »

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MessageSujet: Re: Un Nouvel Ennemi    Dim 20 Jan - 23:17

Le changement d'attitude du Bruce me surpris. Je le trouvais étrangement tendu, et je ne comprenais pas ce qui l'avait touché à ce point. Je fis un tour de salle du regard, sans pour autant trouver la raison de ce malaise. Je le regardais, totalement déconcerté, je l'écoutais me demander que de faire évacuer la salle, il était mignon, je devais faire quoi? Avec un peu de chance en me mettant à courir nue j'attirerais et les hommes, et les femmes souhaitant me faire la peau, mais je n'étais pas spécialement convaincue de la réussite de ce plan et ça ne changeait pas la principale de mes question, pourquoi faire évacuer la salle. Bruce ne me regardait même pas dans les yeux, et s'éloigna doucement. Je le regardais fendre la foule en direction de l'orateur avant de prendre la direction de la cuisine. Mon chevalier noir avait de la chance que j'avais une confiance aveugle en lui et que je ne pourrais pas le laisser se débrouiller seul. Se ne serait pas réellement simple de trouver un moyen de faire évacuer une salle pareille, mais autant utiliser un moyen radical. J'attrapais un torchon blanc immaculé au niveau du buffet autour duquel les hommes discutaient de leur dernière conquête en grignotant des petits fours, ainsi qu'une bouteille de vodka. Certaines mauvaises langues criaient déjà à la dispute dans mon couple, murmurant que je souhaitais noyer mon chagrin dans l'alcool. Qu'importe, je les ignorais, fonçant vers la sortie sans me laisser distraire.

Dévalant les escaliers, je pris la direction du parking souterrain, c'était de la folie, mais au moins, j'étais sûre de voir l'immeuble évacuer. Difficile d'être discrète avec des talons aiguilles, mais qu'importe, à cette heure si, personne ne prêtait attention aux personnes et leurs allées et venues. Les voituriers discutaient autour d'une petite télé portative, visiblement un match de foot. Tant mieux, il n'y avait rien de plus inattentif qu'un homme devant un match, j'attrapais quelques clés de voiture, priant pour ne pas me faire repérer, décidément, une tenue comme celle du Batman me serait bien utile pour ce genre de petit jeu. Il me fallut plusieurs longues minutes pour trouver l'une des voitures dont je possédais les clés. Un énorme hummer, ça tombait bien. Je jetais un coup d'oeil derrière moi, me demandant quelle folie me prenait pour agir ainsi, mon père me tuerait si il me voyait agir ainsi. Ouvrant le véhicule, j'introduisis le chiffon détrempé de vodka dans le réservoir d'essence avant d'y mettre le feu. Plus question de s'attarder, si mon plan fonctionnait, il y allait avoir une véritable explosion, et vu le peu d'espace entre les voitures, il y avait de grande chance pour que tout l'immeuble la ressente. J'eus une petite pensée pour les voituriers, mais dans le petit local ils auraient sans doute l'occasion d'évacuer, et au final qu'importe, à présent je voulais juste rejoindre mon homme, hors de question de le laisser seul, même si c'était ce qu'il m'avait demandé.

Grimpant les marches 2 à 2, je me félicitais d'avoir toujours porté des talons, sinon je n'aurais jamais été capable d'un tel exploit. Tout en courant et en priant pour avoir le temps de m'éloigner suffisamment avant l'explosion, j'attrapais le téléphone portable que m'avait confier Bruce, composant le numéro d'Alfred. Ma respiration était saccadée, difficile de garder mon calme, mine de rien je n'avais pas particulièrement l'habitude de ce genre de situation, même si c'était de plus en plus mon quotidien. Une simple sonnerie et la voix calme et rassurante d'Alfred raisonna dans l'appareil, j'eus beaucoup de mal à articuler correctement mes mots :


"Alfred, Bruce agit étrangement, il m'a dit de vous prévenir qu'il avait une urgence, je sais pas ce qui lui a prit il a réagit bizarrement en voyant l'orateur de ce soir, Henri Ducard. Je..."

L'explosion fut plus rapide que prévu, la pauvre voiture devait être en flamme à présent. La déflagration me fit tomber au sol, je me redressais en vitesse, récupérant le téléphone tomber au sol.

"Je le rejoins."

Je raccrochais et jetais le téléphone dans mon sac à main. L'alarme à incendie c'était déclenché, les gens commençaient à sortir des différents étage, le bruit était assourdissant, et les sprinkleurs arrosaient les pièces rendant les marches glissantes. Allant contre la marche, je rejoignis la salle que j'avais quitté une vingtaine de minutes plutôt, un homme m'attrapait le bras, je reconnus Williard qui me parlait sans que j'écoute. Je bredouillais avoir oublier quelque chose et repoussais mes cheveux mouillés en arrière avant de reprendre mon ascension. Les portes étaient ouvertes, je m'y glissais, essayant d'ignorer le bruit assourdissant autour de nous.

_________________

∞ we were infinite.
we accept the love we think we deserve
Let the skyfall, when it crumbles. We will stand tall face it all together At skyfall. Where you go I go, what you see I see. I know I'll never be me, without the security are your loving arms. Keeping me from harmPut your hand in my handAnd we'll stand. Let the skyfall, when it crumbles. We will stand tall face it all together
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Ra's Al Ghul



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MessageSujet: Re: Un Nouvel Ennemi    Lun 21 Jan - 14:16

Chapitre2 :

La sentence du Père

Dehors la froide et perfide bourrasque poursuivait son labeur, allant cassant les fenêtres, battant la chamade, brisant les arbres, tempêtant contre les portes comme qui vient réclamer logis. L’orage grondant menaçait-il la pluie et la fin de l’hiver ? Rien de moins sur tant à Gotham, comme l’enfant refusant toute autorité, le temps paraissait n’en faire qu’à sa guise. Ainsi contre vent et marrés, tel un géant de briques défiant les vents, l’immeuble SavEarth se dressait fier et droit de six bon étages au-dessus de la ville assoupie. La houle rageuse et comme offusqué par tant d’hardiesse, venait le battre régulièrement, réclamant qu’il s’incline briser sous sa gracieuse majesté. Cependant, loin de ployer sous l’effort, au travers de ses fenêtres illuminées transfigurant les silhouettes obscures et ricanant de l’élite gothamienne en quelques démons moqueurs, l’édifice semblait se gausser du vent tel un maitre d’arme accomplie sous l’assaut d’un apprenti.
Dans ses entrailles, la marée humaine l’engloutissant de part en part, Henry Ducard, yeux fermés, tous sens aux aguets, menaçait de se noyer sous elle. L’écho tonitruant des verres et des mots bourdonnaient dans sa tête comme la cohue ardente d’une cohorte d’abeilles enragées. Sous l’immensité d’une voix lactée luxuriante de mille feux scintillants, il était resté figer comme une statue de marbre blanc planté au beau milieu de la foule. Certains avaient affichés une mine perplexe à la vue de cet être en costume beige et chemise bleu de satin, au visage fermé et étrangement impassible, sublimé sous les milles rayons de lumières. Présent et absent, ici et ailleurs aux frontières intérieurs de la conscience, Ducard ressentie rires roques ou aigues, vifs cliquetis de verre amicales, flots ininterrompue de gesticulations théâtrales en tout genre et infestes odeurs de sueurs ou de parfum mêlés tourner autour tel une valse sensitive sous le carcan de sa méditation intérieur. Allons enfant, te dissimuler aux yeux et à la face de tous n’est plus nécessaire désormais, toi et moi ne faisons pas partie de ce monde et tu le sais. Cesse donc de me faire languir et viens prestement devant moi ou craint mon courroux lorsqu’il s’abattra sur ceux que tu chéri.
C’est alors qu’il le perçut, vif et félin frayant la foule comme un bateau brisant la glace. L’allure brute et menaçante d’un fauve prédateur, babine retroussés, toutes griffes dehors prêtes à bondir sus à l’ennemie ; le justicier de Gotham venait à lui … Il ouvrit les yeux prompt et dispos, braquant sur l’homme un hypnotique regard de jade luisant, tandis que celui-ci continuait d’avancer jusqu’à portée d’oreille et que les Fils du Démon singés sous les traits d’invités encerclaient peu à peu les deux hommes. Ainsi devait se jouer comme un spectacle sous les rires, un duel à l’enjeu mortel et capitale ou chaque assaillants surpassait de loin le commun des hommes. Ainsi devait peut être se jouer ici, en soirée mondaine, le destin d’une ville.

_Vous n'êtes pas les bienvenus, ici. Quels que soient vos intentions, vous savez que je m'y opposerai. De toutes mes forces. Alors laissez-moi sauver Gotham, et quittez la ville. La ligue n'a rien à faire sur mon territoire.

La tension dans l’air se faisait électrique lorsque, se dessinant lentement sur le visage du Père des Hommes, un joyeux rictus accueillit la saillit du vigilant qui resta toujours camper, prêt à l’assaut en face de son ancien maitre. Tel que je l’ai connue, vif d’esprit, noble d’orgueil… ah que le temps passe et les souvenirs persistes, enfant, pourquoi t’acharné ainsi dans un but si vain ? Dire que tu te prédestinais en champion de mon ordre, portant les armes des Fils du Démon jusqu’aux tréfonds du monde et que je te retrouve avili, porte étendard d’une société décadente ou les hommes ne sont que bestiaux crucifié sur l’hôtel de la sainte monnaie.

_Sauvez Gotham dis-tu ? Brillante réussite que voici, une ville chaque jour rongé un peu plus d’horreur et de folie, ou les monstres son légion et la justice aux aboie !

Tel deux fauves en cages, R’as Al Ghul et Bruce Wayne se tournèrent autour affichant à tous la mine réjouis de convives bavassant de tout et de rien comme tout un chacun durant la soirée mais nul doute que toutes personnes qui eut voulu s’immiscer dans la discussion auraient savamment été écarté par les Fils du Démon déployer alentour. C’est donc le sourire aux lèvres, adressant même quelques saluts conviviaux sous la pluriséculaire mascarade d’une bonhomie de façade, que le chef de la Ligue poursuivit ses propos.

_Retrouver ta trace n’a pas été facile, non pas qu’en six siècle personne ne m’eut jamais dupé sur son identité, mais que j’ai rarement due faire face à pareils prouesses d’ingénieries dans l’art de disparaitre de la surface du globe…

Comme la tortue à la poursuite du lièvre la Ligue des Ombres avait trainés plusieurs années durant à la recherche du traitre évadé du Népal. Les traces de l’homme s’étaient égarer comme le mirage d’une oasis en plein désert et le Père des Hommes en eut vite conclut que seul de très gros moyens financiers eussent permis pareil évasion. Surveillant les bases de données du monde son regard s’était porté sur la présence d’une chimère de terreur nocturne dans une ville honni des Etats-Unis. C’est alors qu’il eut vent du Batman et que l’ayant fait espionner et filmé, il reconnut la marque de ses enseignements lorsque celui-ci, molestant les criminels de Gotham, forgeait sa légende. Du reste, quelques soupçons de piratage informatique au sein des plus grosses firmes de la ville, saupoudré d’un zeste d’espionnage industriel eurent bientôt raison de Bruce Wayne, sa batmobile et ses nombreuses armes militaires…
Pour l’heure les deux hommes continuaient de discourir sous le masque d’une politesse d’élégance, mais les mots s’envenimaient désormais, muant les paroles cordiales en menaces lourdes de conséquences. Les actes ne tarderaient pas et que dieux gardes les convives de l’échange à venir, car nul ne se doutaient que leurs vie fussent mis en jeux au détour d’un cocktail. Cessant son manège, l’ancien maitre fit face à son élève et, comme la montagne dominant la plaine, le toisa de toute sa hauteur tandis qu’il plongeait dans ses sombres prunelles le reflet de jade d’une sentence funeste.

_Songe, que sachant qui tu es, j’eus pue te faire occire dans ton sommeil, bruler ton domaine et celer la fin d’un traitre à son clan mais j’ai choisi une toute autre voix te concernant…

Le bruit strident d’une alarme incendie retentit partout dans le vaste hémicycle provoquant l’ondée naissante d’une panique folle parmi les hauts citoyens de Gotham. Ceux–ci convergeaient vers les sorties lorsque, débarquant sombres et vêtue de nuit, d’autre Fils du Démon entrèrent armés, couronnant l’assemblée en un cercle lugubre, l’un d’eux chuchotant dans l’oreille de Talia, celle-ci sortie son arme et tira en l’air sitôt imité par ses « frères », lourdement armés. Mitraillant de leurs fusils d’assauts le plafond lumineux devenue gruyère sombre plonger dans la nuit, tel une meute de loups chargeant la bergerie, ils forcèrent, sans un mot, les snobinards et autres richissimes portes feuilles fait hommes à rejoindre le centre de la pièce au mépris de la beuglante alarme. Sous la vindicte de la fille du démon, deux individus furent envoyés inspecter le parking et ramener vivant les éléments perturbateurs fuyant leur jugement. Puis les Fils du Démon lâchèrent comme un seul homme des fumigènes partout et portèrent à leurs yeux d’étranges masques à gaz et jumelles de vue, tandis que le troupeau mondain apeuré était réunis au cœur de la pièce, bientôt dissimulé sous une nué d’artifice gazeux troublant la vue en un voile de terreur.
N’aie crainte Bruce ceux qui périront ce soir ont été bien choisie, il n’y a pas une personne en ce lieu que la Ligue ne connaisse et nous savons que peu d’entre eux sont des hommes de bien mais toi, Bruce, le sais-tu ? Sais-tu combien monsieur le maire aime les enfants ? Sais-tu comment Rolland Dagget exploite des immigrés asiatiques aux mépris de tout droit humain ? Sais-tu combien monsieur Bullock touche par pots de vin pour gangrener la police au profit de Rupert Thorne ? As-tu déjà pris conscience de l’étendu de ton échec, enfant ? Ra’s Al Ghul s’approcha de Bruce Wayne, frôlant ce dernier, qui serrant du poing ne bougea pourtant pas et tout juste le vis-t-il se muer en ombre beige embrassant les nuages bas de la défunte salle dorée, pour mieux disparaitre sous elle, tel un ectoplasme surgit des méandres de l’imaginaire. Ainsi avaler par la couche de poix gazeuse tapissant le sol, le Père des Hommes poursuivit son élocution, décrétant, juge et partie, la cruelle sentence du condamné, resté immobile comme sous le poids d’une justice divine.

_Ce soir je t’offre une opportunité de prouver ta valeur en affrontant les Fils du Démon ici même et de sauver tous ses gents d’une mort à venir, retentit du néant, une voix rauque et monocorde sonnant faux comme la mélodie d’un piano jouer par ordinateur, ou la voix d’un homme orchestrer par la machine.

La foule hurla sa crainte comme les bêtes incrédules d’une étable promise à l’abattoir mais quelques molestations et coups de crosses réinstaurèrent le règne du silence au royaume de la peur. La voix repris ses directives mais elle se faisait de plus en plus distante comme l’affaiblissement d’un écho trop longtemps repris par la montagne et se perdant peu à peu dans le lointain.

_Juché sur le toit de cette immeuble, ce trouve un engin explosif capable de réduire à néant tout le bâtiment… Nous contrôlons l’ascenseur, oublie même qu’il n’y en ait jamais eut un, tu devras prendre chaque étages par la force et, si tu vis jusque-là, je t’attendrais sur le toit… A très bientôt justicier…
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MessageSujet: Re: Un Nouvel Ennemi    Sam 2 Fév - 15:26

Plus rien d'autre que son interlocuteur n'existait dans la salle, pour Bruce Wayne. Les opulentes décorations, les plateaux surchargés de canapés ou de coupes de champagne, les invités riants fort ou murmurants entre eux des messes-basses, le vacarme lointain de la circulation citadine, les fraudes fiscales de Cobblepot, les actes de vandalismes de Pamela Isley... Tous ces détails s'estompèrent, chassés comme des grains de sable par le vent. Quand on avait à faire à la Ligue, il n'était pas permis de se laisser distraire par autre chose ; affronter l'organisation de l'ombre requérait une pleine et entière attention, car la plus petite erreur pouvait se révéler fatale. D'autant que, ce soir, Ra's ne chercherait pas à tester son ancien élève. Ce serait une confrontation en conditions réelles, avec la mort immédiate pour toute sanction.

Les lèvres du mentor de l'orphelin trentenaire s'animèrent pour lui dresser le portrait sans concessions de la ville prétendument "protégée" par le Chevalier Noir. Le principal intéressé, indirectement accusé d'avoir lamentablement échoué dans sa tentative de sauvetage, affronta sans ciller le regard moqueur et cynique de son aîné, ne songeant qu'à une seule chose : gagner du temps. Laisser à Rakel une marge de manœuvre suffisante pour trouver le moyen de faire sortir les innocents de l'immeuble et alerter Alfred, qui ne manquerait pas de lui envoyer du renfort. Pour entretenir la conversation, le milliardaire murmura :

« Vous ne voyez de Gotham que ce qui ce détériore ; j'y vois ce qui, malgré les crises successives, a survécu et repris. J'y vois ce qui, sans moi, n'existerait plus du tout. »

Bruce avait parlé à voix basse, mais il apparut bientôt que son entourage direct s'éclaircissait étrangement. Comme repoussés par des aimants de même polarité, les riches gothamites devisant de tout et de rien reculaient presque inconsciemment, incités en cela par quelques personnes dont le pupille d'Alfred se doutait qu'ils n'étaient innocents que d'apparence. Sans que la moindre consigne eût été passée par leur leader, les membres de la Ligue ménagèrent un espace à l'écart du reste de la population où le maître et son élève purent froidement se toiser, déambulant à pas comptés sans jamais réduire ni augmenter la distance de précaution les séparant. Encouragés à ne pas s'attarder sur ce spectacle atypique, les hypocrites donateurs de SavEarth continuèrent passivement à s'entretenir dans l'indifférence la plus totale. Le PDG de Wayne Entreprise crut même pendant un temps qu'un écran invisible avait été installé entre lui et la foule, tant personne ne parut s'étonner de le voir ainsi séparé du groupe. Remarquant que son interlocuteur avait sentit cette mise à l'écart, Ra's Al Ghul laissa s'étaler un peu plus son sourire carnassier, tel un génie du crime voyant sa proie réagir exactement de la manière à laquelle il s'y était attendu.
En dépit de la situation dramatique, l'orphelin de Crime Alley ne put s'empêcher d'être impressionné par les ressources de la Ligue. Devinant qu'on chercherait à le retrouver, il s'était assuré que ses traces se perdraient dans un amas de fausses pistes, de leurres et de boucles, construisant la toile qui le dissimulerait aux yeux de ses ex-frères d'armes avec une minutie proche du perfectionnisme. Avoir été retrouvé, surtout après ce qui restait une période relativement courte, fit réaliser à Bruce à quel point le Démon lui en voulait.

Le milliardaire entrebâillait déjà la bouche pour interroger son vis-à-vis au costume beige sur ce qu'il entendait précisément par "une autre voie menant à la vengeance" lorsqu'une tonitruante explosion venant des étages inférieurs se répercuta dans la salle de réception, causant sursauts et cris de surprise parmi les invités. L'alarme incendie se déclencha immédiatement après, sonorité stridente qui incita la marée humaine à se précipiter droit vers les issues de secours en poussant des hurlements ou des gémissements terrifiés. Témoin de ce mouvement de foule, l'alter-ego du Chevalier Noir put vérifier que sa journaliste préférée disposait d'autres qualités que sa seule beauté.

* Bien joué, Rakel ! *

L'héritier des Wayne déchanta rapidement, toutefois. Nettement mieux préparés et entraînés que les habituels malfrats auxquels il s'était accoutumé, ses anciens frères d'armes réagirent à la milliseconde face à cette perturbation du programme établi, débarquant en nombre des recoins obscurs où ils devaient se tapir, parés des couleurs sombres et des armes de la Ligue. Formant un barrage humain à la seule sortie disponible pour les gothamites paniqués, les disciples du Démon dissuadèrent tout nouveau mouvement de foule par quelques tirs de semonce dirigés vers le plafonnier et ses luminaires hors de prix. Tandis que les rafales d'armes automatiques pétaradaient et que les gorges se répandaient en hurlements, l'unique invité resté calme en dépit du chaos général compta les secondes. L'aide envoyée par Alfred mettrait un certain temps à arriver, d'ici que cet appui rejoigne sa position, le combattant du crime serait seul ; un tel paramètre devait être pris en considération dans l'élaboration d'un plan d'attaque. Bien que son comportement ne soit en rien semblable à celui du misanthrope renfermé qu'il prétendait être, le fils de Thomas Wayne ne s'en fit pas pour sa couverture. Personne, parmi les otages, n'aurait assez de sang-froid pour passer outre le spectacle d'hommes armés et remarquer que Bruce n'avait pas tiqué à l'apparition des agresseurs cagoulés vêtus de noir.

* Je connais la manière de penser de Ra's... Il n'aurait pas organisé tout ça juste pour exécuter froidement sous mes yeux un groupe de bourgeois et de notables... Ce ne sont pas ses méthodes. Donc tant que je ne tenterai rien d'irrationnel ou de menaçant, les otages ne risqueront pas de se faire tuer. Et Rakel doit être sorti de l'immeuble, à l'heure qu'il est. C'est déjà ça de gagné... *

Sous le regard attentif de leur ex-condisciple, les menaçantes figures d'ombre s'équipèrent de masques intégrales, agissant sous la houlette de Ducard-Al Ghul et de sa fille, sur laquelle le trentenaire brun n'osait toujours pas poser les yeux. Talia ne lui avait encore pas adressé la parole, et, par bien des aspects, cela arrangeait son amant passé. A cet instant, le propriétaire du manoir Wayne se surprit à questionner la nature de ses sentiments envers cette versatile brune, à la fois plus douce mais également plus amère que son père. La fille du Démon et Bruce partageaient malheureusement un passif fort, fait de fraternité, de dettes de vie échangées, et teinté d'une attirance interdite ; qu'ils appartiennent aujourd'hui à deux camps opposés dans leurs idéaux ne suffisait pas à étouffer totalement la passion de leur jeunes années au Népal.
La survenue de grenades fumigènes dispensa le pupille d'Alfred de l'effort nécessaire pour chasser de ses pensées le visage coupant de l'héritière Al Ghul. Retenant son souffle par réflexe, l'athlétique businessman sentit monter tout autour de lui des volutes épaisses à l'odeur qu'il imaginait âcre, noyant l'atmosphère de la salle dans un brouillard artificiel et stagnant qu'aucun souffle de vent ne viendrait chasser. Dressant l'oreille, le PDG des entreprises Wayne ne distingua pas le moindre son de chute, de toux ou d'asphyxie, signe laissant supposer que la purée de poix n'avait d'autres but que de rendre aveugles les otages. Marchant droit sur lui, indifférent à la visibilité quasi-nulle qui régnait désormais dans la pièce, le prétendu philanthrope dévoila l'intitulé de l'épreuve visant son héritier destitué, fusionnant avec la fumée à mesure que les mots sortaient de sa bouche.

* Libérer les otages tout en désamorçant la bombe... Impossible de réussir les deux, surtout dans mon état actuel. Et si je fais ne serait-ce que mine de déroger aux consignes de Ra's Al Ghul, des innocents seront exécutés avant que j'ai pu faire quoi que ce soit. Je n'ai pas le choix : il faut que je me plie aux règles, et que je priorise l'engin explosif situé sur les toits par-rapport aux vies en jeu. Quand bien même il n'y aurait pas de bombe sur le toit, Ra's l'a toutefois laissé entendre : c'est là-haut que nous nous retrouverons, et que nous livrerons notre combat.
Sauf que Bruce Wayne ne peut pas tenir tête au maître de la Ligue aidé de ses sbires... Cette tâche ne pourra être réalisée que par Batman. Or, s'il s'aperçoit que je dispose d'un moyen de court-circuiter son parcours du combattant, Ra's tuera des civils en représailles. Je vais donc devoir me changer au plus vite, et à la première occasion, puis réintégrer le bâtiment avant de prendre l'itinéraire que mon adversaire aura tracé pour moi et juché d'embûches... *


Sans aller jusqu'à défier ouvertement le preneur d'otages, le milliardaire noctambule savait que s'il se pliait complètement aux règles du Démon, la partie s'achèverait inéluctablement sur sa défaite. Ra's Al Ghul ne jouait que pour gagner ; tous ses plans visaient la réussite, rien de moins que le complet succès. Pour vaincre la Ligue, Batman devrait exploiter les failles et les imprévus du scénario préparé par son vieux mentor aux yeux verts. Les consignes avaient été données ; tout reposait désormais sur les compétences du natif de Gotham, qui n'usa pas sa salive à lancer de vides imprécations à l'encontre de son opposant. Contournant largement le groupe compact des plus grosses fortunes de la ville afin de bénéficier du manteau brumeux édifié par l'assaillant, l'expert en infiltration abandonna à leur sort ses compatriotes, convaincu que les secours ne viendraient pas de l'extérieur. Lorsque les pompiers et le GCPD, alertés par l'alarme incendie, arriveraient sur place, le l'engin explosif aurait déjà tout pulvérisé dans sons rayon d'action. La solution ne viendrait pas de l'extérieur.
Au-travers de l'opaque filtre gazeux, Bruce crut entendre un éclat de voix venant du maire Hill. La rébellion naissante chez l'administrateur de la ville fut violemment jugulée par un choc sourd très semblable au bruit d'une crosse rencontrant une clavicule. Une série de bafouillis plus tard, Hamilton était devenu un modèle d'obéissance.

* Ce n'est pas grave... Ne pense pas à ça ; concentres-toi sur tes objectifs actuels. *

L'espace d'un instant, le jeune homme crut (à tort) que de laisser les agents de la Ligue rudoyer Hamilton constituerait le passage le plus difficile de son départ de la salle. Hélas, d'autres éclats d'un timbre plus aigu et nettement plus familier vinrent le détromper. Délégués à la tâche de capturer le responsable de l'alarme, deux disciples du Démon venaient de réintégrer la zone brumeuse des festivités en traînant avec eux Rakel. Évidemment ! Comment avait-il pu penser que la téméraire journaliste accepterait de l'abandonner au beau milieu d'une prise d'otage, elle qui avait déjà vécu des expériences similaires et en avait rechapées ? Invisible pour le spectateur non-averti, le redresseur de tort en tenue de soirée se mordit l'intérieur des joues, refusant de croire qu'il s'était montré assez négligent pour oublier quel tempérament définissait la reporter brune. Car bien que Rakel soit une tête de mûle, elle était également sa tête de mule. La personne avec qui il partageait ses journées (autant que possible, soit rarement) et ses nuits (lorsqu'il s'autorisait à aller dormir). La personne qu'il s'apprêtait à laisser seule, entourée d'hommes armés et capables de tuer quelqu'un d'une frappe précise entre les deux yeux. Aux obstacles physiques de Ra's Al Ghul s'ajouta donc l'obstacle moral, pour Bruce, de faire passer celle qu'il priorisait toujours au second plan. Se répétant que la bombe devait être désamorcée, que seul lui pouvait y parvenir, l'ombre dans la brume tira sur ses muscles et reprit la route des étages supérieurs, ses dernières réticences envers ses anciens frères d'armes complètement vaporisées.

L'ascenseur étant "indisponible", la face civile du Chevalier Noir se rabattit sur les escaliers, dirigeant ses pas vers le pallier le plus proche avec circonspection. L'une des leçons les plus chères à son formateur était "surveilles toujours tes arrières". Aussi l'élu de Rakel Peleonor n'éprouva-t-il qu'un bref sentiment de surprise en sentant deux silhouettes se laisser tomber dans son dos. Avant même d'y réfléchir, ses deux avants-bras bloquèrent l'estocade portée par la lame d'un de ses agresseurs masqués, qu'il redirigea pour parer la seconde frappe (toute aussi létale). Devinant qu'un coup descendant du pied suivrait cet enchaînement, Bruce faucha l'appui du fils du Démon le plus proche, lui décochant un direct à hauteur de la jugulaire avant de se déporter sur la gauche pour se mettre hors d'atteinte de l'adversaire restant. L'intéressé n'eut pas un regard pour son compagnon neutralisé qui gisait, inconscient, sur le sol recouvert d'une moquette bleu céleste. Pendant trois secondes, aucun des deux combattants ne prit l'initiative, chacun guettant l'ouverture dans la garde de l'autre. Défavorisé, car dépourvu d'arme (contrairement à son vis-à-vis), l'ex-membre de la Ligue résolut d'abréger cette rencontre prématurément en amorçant un coup de pied retourné. Comme prévu, son adversaire crut y trouver un point faible, et se prépara à réceptionner le milliardaire d'un coup de taille. Inversant brutalement sa rotation, Wayne se fendit, projetant le poids de son corps dans un uppercut qui cueillit au menton le ninja dupé et l'envoya rouler au sol, sonné. En se massant les jointures, le vainqueur relativisa intérieurement son exploit, et enjamba le corps sans avoir l'air d'y penser.

* Ils n'étaient que deux, et je n'en suis qu'au début. Plus mon ascension se poursuivra, plus mon endurance sera mise à l'épreuve, et plus nombreux seront mes ennemis... A cela s'ajoute également le fait que, contrairement à moi, mes adversaires frapperont pour tuer, et pas pour assommer. Il y a fort à parier qu'une fois sur le toit, tous les disciples du Démon que j'aurais neutralisé auront récupéré et me rejoindront au sommet de ce building... *

Inhalant profondément lorsqu'il posa le pied sur la première marche de l'escalier qui allait le pousser dans ses retranchements les plus abyssaux, le ténébreux milliardaire passa en revue la structure du bâtiment, explorant mentalement divers itinéraires pour définir celui qui le mènerait le plus vite à une fenêtre. Du point de vue du père de Talia, Bruce n'aurait qu'à récupérer l'équipement de ses adversaires afin de pouvoir mener son expédition vers le toit dans des conditions décentes plutôt qu'à mains nues et sans protections ; le PDG de Wayne Entreprise devina qu'à ce titre, aucune faveur ne lui serait accordée, qu'aucun test ne lui serait épargné. Une volée de marches plus haut, le nombre de ses assaillants tripla, et ils furent six guerriers émérites à le toiser tandis qu'il s'avançait droit sur la formation compacte des assassins. Se plaquant au mur pour que les saïs projetés à son intentions ne fassent que le frôler, le Détective dévia la lame d'un cimeterre, pivotant pour enfoncer son coude contre l'articulation d'un utilisateur de Nunchaku. Sans ralentir dans leur cadence, les attaquants harcelèrent le fils de Thomas Wayne, qui dépassait une quantité folle d'énergie pour se prémunir des blessures, attaquant uniquement pour neutraliser une ou deux des six sources visant ses points vitaux. Lames, masses, poings, pieds et projectiles conspirèrent pour ne lui laisser aucun répit. Contraint de tenir une position purement défensive jusqu'à nouvel ordre, Bruce attendit de voir venir l'erreur dans la chorégraphie des membres de la Ligue, la faille qui l'autoriserait à reprendre l'ascendance et inverser la tendance. Ce combat opposerait son endurance à la coordination de ses ennemis ; qu'il faiblisse en premier, et Ducard triompherait, devenant libre d'exercer sur Gotham sa terrible vindicte.

* J'ai besoin de mon équipement. Six agents de la Ligue ne tombent pas dans les travers les plus communs au bout de cinq minutes de combat ; pour gagner, il me faudra plus que de la patience et des enchaînements synchronisés. *

Un coup de tonfa sanctionna durement cette courte réflexion, avant que le trentenaire en smoking ne corrige sa posture afin d'anticiper les attaques suivantes. Encerclé et assailli de toutes parts, l'orphelin de Crime Alley changea d'approche. Ses yeux balayèrent les environs jusqu'à repérer une vitre donnant sur la baie de Gotham. D'une volte, l'agile élève de Ra's Al Ghul empêcha la lame d'un ninjatō et la masse d'un nunchaku de l'atteindre, réinvestissant l'énergie cinétique obtenue par cette action pour effectuer un surpassement éclair. Sorti de la nasse d'ennemis, son smoking bon à jeter tant les lames l'ayant frôlé avaient déchiré la précieuse étoffe, Wayne fonça, haletant, droit sur la fenêtre, talonné par six poursuivants qui devinèrent où sa course se terminerait. Shurikens et kunais se fichèrent de part et d'autre de la silhouette fuyante du milliardaire brun, qui mobilisa ses dernières forces dans une accélération finale. Lancé à pleine vitesse, il percuta le verre de la vitre épaule en avant, traversant le cadre brisé à l'impact, et tomba du septième étage de l'immeuble, happé par les ténèbres. S'immobilisant les uns à côtés des autres, les six hommes épièrent les ténèbres de la nuit, suspectant leur cible de n'avoir que fait mine de sauter. Leur maître les avait avertis que Wayne avait le goût de la mise en scène, et que la tromperie était son arme de prédilection. Pour un bourgeois aussi fortuné que le PDG de Wayne Entreprise, dissimuler un gadget tel qu'un grappin dans une doublure de veste ou dans un holster devenait presque l'enfance de l'art. Mais après deux minutes d'une veille studieuse, les six guetteurs durent se rendre à l'évidence : aucun grappin n'avait été lancé depuis le point de chute du trentenaire suicidaire, dont le corps devait vraisemblablement avoir déjà encastré l'asphalte, loin en contrebas. Indécis, les agents de la Ligue se toisèrent derrière leurs cagoules, ne sachant pas de quelle manière le Démon accueillerait la nouvelle : apparemment, son ancien meilleur élève avait choisi de se donner la mort plutôt que d'aller l'affronter, considérant sans doute que les deux options seraient équivalentes. Wayne s'était donc avéré n'être qu'un lâche, terrorisé à l'idée de vivre assez longtemps pour voir sa précieuse ville réduite en cendres.

Après être disparu dans la pénombre du contrebas, Bruce avait été réceptionné dans le cockpit du Batwing, qui planait tous feux éteints, et dont la trajectoire de vol s'était tout du long calquée sur le signal émis par le traceur installé dans la semelle de l'orphelin. Véhicule volant furtif basé sur l'emblème chiroptère de Batman, le pilote automatique du Batwing pouvait fendre l'espace aérien à la tombée de la nuit sans émettre le moindre son, constituant le véhicule de prédilection pour les opérations discrètes dans une zone difficile d'accès. Son propriétaire à bord, l'appareil reprit silencieusement de l'altitude, forme noir sur fond étoilé, tandis que son passager enfilait en toute hâte son armure et s'équipait de sa ceinture multifonctions. Bénissant une fois de plus la présence d'esprit et la réactivité de son fidèle majordome, l'employeur d'Alfred mesura la chance qu'il avait de disposer d'un tel allié. Prêt à se lancer à l'assaut du bâtiment tenu par la Ligue, l'ombre de Gotham se laissa glisser dans l'air compact de la nuit, cape déployée, avant de rabattre brutalement les pans de l'étoffe sombre, se coupant volontairement du soutien aérien. Chutant comme une pierre, Wayne attendit l'instant propice pour rouvrir sa cape (l'effort lui tira un rictus, tant la pression s'opposait à ses mouvements), redressant in extremis sa trajectoire pour être emporté à l'intérieur de la fenêtre qu'il avait précédemment "ouverte" à pleine vitesse, tel un boulet de canon.

Estimant qu'ils venaient là d'obtenir une victoire facile, le petit groupe de ninjas avait opéré un lent volte-face pour s'éloigner de la fenêtre brisée. Tous savaient ce que Ra's Al Ghul exigerait d'eux : qu'ils produisent la preuve matérielle de la mort du Chevalier Noir. Résolus à ne pas faillir à leur tâche, les hommes cagoulés commencèrent à se concerter pour décider quel binôme aurait la responsabilité de descendre récupérer la dépouille sans vie de Wayne, et qui, parmi eux, irait prévenir les disciples du Démon chargés de surveiller les étages supérieurs que la menace s'était neutralisée d'elle-même. Vêtus de noir et en armes dans un large corridor parsemé de portes, éclairé et ouvert sur deux escaliers (l'un montant, l'autre descendant), les agents de la Ligues en pleins palabres constituaient une vision surprenante.
Par la force de l'habitude, deux d'entre eux continuèrent néanmoins de surveiller les environs, balayant régulièrement sur trois cent soixante degrés le septième étage. Ce furent ces deux sentinelles qui entendirent (plus qu'ils ne virent) une masse humanoïde ailée surgir depuis l'ouverture pratiquée par le milliardaire brun.


Profitant de son élan, Batman fondit sur ses six ennemis, qui eurent le réflexe d'expédier une volée de shurikens sur la chauve-souris géante avant de se jeter au sol pour ne pas encaisser de plein fouet la charge aérienne. Parant les projectiles via les lames fixées sur ses avants-bras, le justicier à la cape atterrit d'un roulé-boulé sec, pivotant à cent quatre-vingts degrés tout en achevant sa rotation pour se retrouver face à ses assaillants une fois debout. Ceux-ci, passablement surpris, tinrent leur rang, armes prêtes à l'emploi, jaugeant leur unique adversaire à présent en pleine possession de ses moyens. D'une main, Bruce expédia des capsules fumigènes en direction du groupe, tandis que l'autre lâchait un batarang à destination du flanc de la formation ennemie. Insensibles au brouillard synthétique, les six élèves du Démon s'avancèrent comme un seul homme, pour découvrir que le Chevalier Noir se trouvait déjà à portée de coups. Avant d'avoir pu réaliser ce qui se passait, l'un des agents de la Ligue s'effondra, assommé par un choc l'ayant atteint à la tempe. Une lourde semelle de botte manqua de décrocha la mandibule d'un second porteur de cagoule, qui s'affala sans même gémir de douleur. Manœuvrant un mouvement de repli, les quatre survivants reculèrent prudemment, leurs effectifs amputés de deux membres en un battement de cil. Face à leur désarroi naissant, Batman n'eut pas une réaction, pas un sourire. Il ne souffla pas un mot. Statue d'obsidienne à la découpe ultra-réaliste, le prédateur serra les poings, affinant sa stratégie d'approche tout en laissant la Bête symbolisée par son costume prendre le pas sur Bruce Wayne, et décupler ses capacités. D'un grondement rauque à peine articulé, il déclara :

« Lorsque vous vous réveillerez, vous transmettrez un message à votre maître de ma part. »

S'emmitouflant dans sa longue cape, le protecteur de Gotham enfonça subrepticement l'un des boutons inclus dans sa ceinture multifonctions, baissant lentement la tête en prévision de ce qui allait suivre. Obéissant à la commande, le Batwing stabilisa son vol à la même altitude que le mouchard, sa ligne de mire en plein sur le quatuor de survivants. L'ordinateur inclus dans l'appareil hacka le réseau informatique central du bâtiment, isolant le septième étage du reste du système. A la seconde où le milliardaire en costume activa le programme contenu dans sa ceinture (fermant au passage ses paupières), son véhicule désactiva l'éclairage de l'étage, plongeant le couloir dans l'obscurité, avant de libérer un flash lumineux aussi puissant qu'insonore. Éblouis et désorientés par le brutal stimulus, les disciples de Ra's Al Ghul privés de leur vue se démenèrent pour tenir à distance les coups de leur assaillant, qui passa agilement sous les ripostes aveugles de ceux-ci, écrasant et molestant d'un enchaînement parfaitement rodé ses ennemis temporairement impuissants. Saisissant au col le soldat de la Ligue le plus susceptible de retenir ce qu'il s'apprêtait à lui dire, il rugit :

« Ne remettez jamais les pieds ici ! »

En guise de point final, quatre phalanges percutèrent le crâne du messager. Lorsque la lumière revint, la silhouette déformée de la chauve-souris se tenait accroupie, telle un rapace aux côtés de carcasses fraîches. S'étirant souplement, Batman réintégra une station debout. Abandonnant sans un regard en arrière six hommes inconscients, le Chevalier Noir prépara deux batarangs, et enfila les volées de marches menant à l'étage supérieur avec la vivacité d'un grand fauve. Comme toujours, le temps jouait en sa défaveur (peut-être qu'un jour, il s'y habituerait ?). Aussi prit-il la décision d'accélérer son ascension, quitte à dépenser la quasi-totalité de ses gadgets dans le voyage aller. Le retour se ferait de toute façon par la voie aérienne, il n'était pas nécessaire pour le traqueur de criminels d'économiser ses ressources pour la descente.
Cinq étages le séparaient du toit, son objectif ; cinq paliers où une escouade toujours plus grosse d'ennemis l'attendrait, prête au combat et équipée en conséquence. Du moins le Démon le croyait-il... Car pour le prédateur, il ne s'agirait que de cinq mises en bouche, cinq échauffements pour qu'il retrouve les sensations de ses débuts dans la Ligue. Si Ra's Al Ghul l'avait attaqué sans attendre, Bruce aurait sans doute été vaincu, défait par son vieux mentor passé maître dans l'art du combat au corps-à-corps. En lui imposant un parcours préalable supposé l'affaiblir, le leader du groupe d'assassins offrait en vérité l'occasion pour le Chevalier Noir de se réhabituer au combat contre ses pairs, et ainsi parvenir sur le toit plus prêt que jamais à surpasser Ducard.

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