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 Speed-Dating raffiné [PV Bruce Wayne][Fini]

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Pamela Isley/Poison Ivy



Messages : 314

Date d'inscription : 18/11/2011

Localisation : Là où la Nature l'appelle


MessageSujet: Speed-Dating raffiné [PV Bruce Wayne][Fini]   Mar 22 Nov - 21:47

Pamela dut s'insinuer entre son canapé brun et une chaise qui s'était égarée par là pour atteindre sa dernière plante, posée à hauteur d'étagère. Un petit arrosoir à la main, la jeune protectrice des chlorophylliens entreprit d'abreuver précautionneusement une élégante orchidée blanche à la croissance encourageante. En jupe longue et pull couleur crème, elle avait quitté l'Université de Gotham une demie-heure plus tôt. A son arrivée dans son appartement, son premier geste avait été pour ses diverses protégées. Les cheveux anarchiquement arrangés, ses lunettes délaissées à l'aveuglette dès la porte claquée, Pamela effectua en priorité son rituel de la soirée, avant de dénouer sa crinière rousse en un mouvement de tête ondulé.

La nuit venait d'étendre ses ailes ténébreuses sur Gotham. Bientôt, de sordides individus quitteraient leur tanière moite et nauséabonde pour se mettre en quête d'une proie à attaquer. Une mimique douce étalant ses traits, la botaniste célibataire contempla au travers de sa vitre le théâtre des futures agressions de cette nuit, songeant avec désinvolture:


* Gotham est pareille à une vaste jungle ! Lorsque les étoiles brillent, c'est le signal pour les prédateurs de se mettre en traque. La Nature, délicatement et lentement, infiltre les mentalités de cet empire de béton, poussant les gens y résidant à régresser pour être en phase avec leurs instincts. Mais tout cela ne va pas assez vite, et certains en profitent pour commettre des atrocités sans nom ! *

Par réflexe, le faisceau furibond de son regard verdoyant visa la tour dépourvue de charme d'Axis Chemicals, l'industrie que l'on savait être à des lieux à la ronde la plus polluante. Les usines AC acidifiaient les cours d'eau, empoisonnaient les sols, dégradaient la qualité de l'atmosphère,… Et ce, en toute impunité. Serrant les poings à s'en blanchir les phalanges, l'écologiste révoltée fit volte-face, sachant pertinemment que fulminer dans le vide n'arrangerait rien à la situation. Voulant se changer les idées, elle s'empara sans ménagement d'un numéro du Gotham Globe, qu'elle feuilleta à la va-vite. Une illustration de mauvaise qualité et un article captèrent son attention.

« "Nouvelle légende urbaine à Gotham : la chauve-souris". Tiens donc ! Tous les racontars sont pris au sérieux, dans cette feuille de choux? » Grinça la lectrice, narquoise, avant de soupirer devant la pauvreté du sujet.

Retournant à la une, elle fit le tour des gros titres, en entrant plus dans le détail cette fois. Un court faire-part, notamment, éveilla son intérêt.


* "Soirée d'exposition sur le fauvisme" au Musée de Gotham. Exceptionnellement, pour la nuit, seront exposés Le faubourg de Collioure de Derain, La gitane de Paul Cézanne ainsi que d'autres toiles prestigieuses. "On s'attend à retrouver le tout-Gotham réunit pour cet événement culturel d'ampleur." * Lut intérieurement Pamela en déambulant dans son appartement.

Prise d'une intuition, elle chercha l'article sur le "Batman", voulant y relire un passage l'ayant interloquée. A haute voix, la biologiste cita :


«  " « Batman » car c’est désormais ainsi qu’on l’appelle serait selon Zacharia Rochester (prêtre de la Gotham Cathedral) « un démon sortit de l’enfer, le châtiment que Dieu a envoyé sur la ville pour punir le crime »." Un châtiment divin envoyé pour punir le crime... »

Songeuse, la jeune férue de botanique s'examina dans un miroir. L'éclat d'émeraude que lui réfléchit la surface n'appartenait plus à Pamela Isley, mais à Poison Ivy. Il avait suffit d'une phrase pour provoquer la bascule. Faisant ondoyer ses formes avec une lenteur délibérée tandis qu'elle réfléchissait à voix haute, l'éco-terroriste déclara d'un ton langoureux et satiné:

« Vous aviez raison, mon père. Gotham est en effet sous la coupe d'un châtiment céleste, mené par une personne élue possédant tout pouvoir pour décider ce qui est bien.. Et ce qui est mal. A travers le reflet translucide de sa vitre, elle se décocha un regard de braise. Mère Nature a prit la décision d'envoyer son émissaire régler certains troubles contraires à l'ordre établi. Et ça commence... Dès ce soir. »

D'une démarche chaloupée, Ivy fondit sur sa penderie, qu'elle ouvrit en grand. Retirant sa tenue insipide comme un serpent s'extrayant de sa précédente mue, la plantureuse rousse entreprit de sélectionner dans sa panoplie de quoi stupéfier de délice n'importe quel homme, avant de se lancer dans une séance de maquillage soignée.

« Si Trevor Axis est présent ce soir au Muséum de Gotham, je n'aurais qu'à l’envoûter d'un claquement de doigt avant de lui offrir « un baiser de la Mort ». Ce sera mon ultimatum lancé à la ville pour que cesse enfin l’exploitation de notre belle planète !
Cependant, je suspecte ce monstre de ne pas avoir le moindre goût artistique... Comment l'approcher, alors ?
 » Se questionna la tentatrice, un doigt sur les lèvres, en lissant de l'autre main le devant de son fourreau couleur prune. Un motif végétal indéterminé serpentait le long du côté gauche de la robe, qui laissait nue ses jambes à mi-cuisses. Sélectionnant pour aller avec des escarpins noires à talon, Poison Ivy souligna ses pommettes par une touche de paillettes, allongea ses cils, organisa sa chevelure en une cascade stylisée avant de se saisir d'un flacon de parfum fait maison. Sachant de les phéromones se dissiperaient vite, elle décida de ne s'en appliquer que juste avant d'entrer au Muséum.

« Un homme d'affaire égoïste et ingrat comme Trevor doit bien avoir un cercle d'amis ! De fidèles lèches-bottes aussi pernicieux et inconscients que ce dernier, tous incapables de résister aux charmes féminin. Dans le lot, il s'en trouvera bien un présent à l'exposition, sur qui je pourrai jeter mon dévolu. Et ensuite, de fil en aiguille... Poison Ivy s'arrangera pour te rendre une petite visite, Trevor chéri ! » Conclut joyeusement la criminelle, faisant claquer ses lèvres dans l'air en mimant un baiser.

ƷƱƸ

« Puis-je vous proposer un verre, Mademoiselle ? »

Le serveur en complet smoking essayait visiblement de se montrer sous son jour le plus favorable, s'exprimant d'une voix veloutée et avec un sourire complice. Il émanait de sa personne une aura diffuse de bien-être et de détente. Plus d'une fois, cependant, des invités se firent la réflexion que son regard était étrangement vide, et qu'il ne clignait pas très souvent des paupières... L'intéressé, qui évoluait sur son petit nuage de quiétude, ne gardera de sa soirée de travail qu'un vague trou suivit d'une longue période d'euphorie aussi légère qu'inexplicable. Son cerveau ne conservera aucune trace de l'étrange femme rousse, qu'il avait surprise en train de se faufiler dans le muséum par une entrée de service mal fermée.

Évitant de s'insinuer au sein d'un groupe, Pamela louvoyait depuis plusieurs minutes entre les notables et les médecins bavardant gaiement devant des peintures à trois milles dollars, s'esclaffant bruyamment pour certains, murmurant d'une voix étranglée pour d'autres. Le morceau de jazz interprété par un pianiste et retransmit par des enceinte disséminées un peu partout ajoutait à l'ambiance cosy une touche de raffinement sobre que venaient contredire d'interminables tables surchargées de hors-d'oeuvres.

Des luminaires aux formes alambiquées se balançant au-dessus de son crâne, Poison Ivy arpentait les différentes salles d'exposition à la recherche de sa cible, laissant si nécessaire son "charme" agir quand, par inadvertance, on se demandait ce que cette anonyme jeune timide aux yeux verts pouvait venir fabriquer ici. Un papillonnement des paupières plus tard, la réponse n'intéressait plus personne. Seul comptait le fait que, par chance, cette inconnue ait bien voulu les gratifier de sa présence.


* Bien sûr, Monsieur Axis n'est pas là ! Le contraire eut été des plus étonnant! * Pesta intérieurement l'intruse mêlée aux grandes fortunes de la ville en songeant à la perte de temps engendrée par ce manque d'intérêt pour l'art pictural.

Sa mauvaise humeur s'envola au moment où elle avisa la découpe familière d'une silhouette entourée d'interlocuteurs. Se rapprochant subrepticement pour confirmer son impression initiale, l'éco-terroriste s'assura discrètement qu'aucun vigile ne semblait la rechercher. Considérant que son entrée était passée inaperçue (n'étaient acceptés à ces soirées prestigieuses que les élus de la cité, méticuleusement répertoriés sur une liste), Pamela fit mine de s'intéresser à un tableau jouxtant l'invité de marque et sa cohorte de courtisans pour guetter son heure. Telle une araignée embusquée, la laborantine de sortie se tint immobile, n'attendant qu'une ouverture pour frapper avec force et célérité. En prévision de sa mission à venir, Ivy plongea une main dans le sac qu'elle portait en bandoulière et se vaporisa négligemment le cou. Un malheureux, qui passait par là, se figea en inhalant les phéromones concentrées, et admira Pamela comme si elle eût été une apparition divine. Un grondement réprobateur de sa femme dissipa l’envoûtement, et la botaniste put reprendre son observation à la dérobée.


* Voici l'homme qu'il me faut ! Ce serait bien le Diable si Trevor Axis ne le connaissait pas, lui! *

Sa victime, grande, brune et masculine, irradiait un charme certain, le bleu mélancolique de ses yeux accélérant le rythme cardiaque de plus d'une invitée. Constatant un mouvement de foule lent et rechigné pour laisser le très célèbre prince de Gotham profiter de l'exposition dans le calme, Pamela se rapprocha sans brusquerie de Bruce Wayne, détaillant une toile suspendue derrière l'épaule de ce dernier. Le dépassant, elle lui décocha innocemment un sourire à la fois énigmatique, brûlant et raffiné, avant de venir se camper à cinq mètre de la peinture (La Desserte Rouge d'Henri Matisse).

* Approche donc,Wayne. Je ne vais pas te manger...


Dernière édition par Pamela Isley/Poison Ivy le Ven 25 Mai - 23:14, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Speed-Dating raffiné [PV Bruce Wayne][Fini]   Jeu 24 Nov - 16:21

Des riches

Le grand musée de Gotham en regorgeait. Bruce Wayne se livra à un décompte. Son regard enregistrait tous les détails, ses habitudes de chauve-souris ne le lâchaient pas même en cet instant. Des serveurs stressés, un lobbyiste des usines chimiques Fairview, un champion de boxe noir, etc… Tous les gens de la ville qui voulaient être vu par la presse étaient là ce soir. Les yeux de Wayne s’arrêtèrent sur Carmine Falcone. 1 heure plus tôt alors qu’il quittait le manoir familial, Alfred avait ironisé dans leur limousine : Monsieur Falcone est un merveilleux ami des forces de l’ordre de la ville, Maître Bruce. Il envoie de superbes corbeilles de cadeaux au commissaire Loeb à Noël.

Wayne s’empara d’un triangle de pain de mie recouvert de caviar sur le buffet et chassa un serveur qui le suivait avec insistance. Ses yeux continuaient à scruter la foule du grand vernissage. Un serveur faisait de la lèche au champion de boxe noir. Il vit passer le richissime et excentrique Max Schreck qui levait une coupe de champagne jusqu’à sa bouche. Wayne regarda sa main tenant le verre. Les ongles de Shreck étaient bordés de petites peaux sanguinolentes.

Bruce harponna un autre triangle de pain de mie recouvert de caviar. Quelques politiciens qui passaient avec indifférence de tableau en tableau le fixèrent avec insistance. Wayne lisait dans leur regard, ils observaient le chéquier potentiel pour financer leurs prochaines campagnes. Un prédicateur de l’église pentecôtiste accosta les politiciens. Echange de rires sonores et claques dans le dos. Le saint homme portait des bottes de cowboy avec son complet ecclésiastique. Wayne le reconnut, il avait fait campagne sur Gotham City News au profit d’une maladie.

Wayne déambula lentement pour écouter les conversations. Il entendit Falcone annoncer qu’il ferait prochainement une réception pour fêter son achat du dernier juge en date juste pour énerver Harvey Dent. Roland Daguett le grand escroc de l’immobilier débarqua avec sa horde habituelle de call-girl qui pouffa de rire devant des toiles de Picasso. Wayne continuait de scruter les visages des gens composant la suite de Falcone, que des individus avec des noms à consonance italienne. Ils monopolisaient le buffet qui était quand même 3 fois plus long que ceux qu’on trouvait habituellement dans les expositions d’arts.

Wayne se joignit à Roland Daguett et Max Shreck plongé dans une intense conversation, ils l’acceptèrent parmi eux car il était l’homme le plus riche de la ville.

« Carl Grissom, l’empaffé qui possède quelques tripots dans Gotham Sud et qui s’est fait encore martyriser par cet espèce de clown psychopathe fringué en violet a osé m’appeler alors qu’il faisait un tour au commissariat, il avait rien de mieux à faire plutôt que d’appeler son avocat. Encore une fois il a bavé sur Dent, pas assez docile selon ses mots »

« Sur ce point il a absolument raison. Le seul procureur à avoir soutenus juridiquement le mouvement ouvrier de Gotham, un syndicat rouge à 100%. »

« Bruce ! A propos de votre société, racontez-nous vos dernières et vos meilleures. »

« Rien de nouveaux, je cherche 36 000 façon de violer les lois antitrust comme tout un chacun. »

Mentit Wayne sur un ton blasé.

« Ne m’en parlez pas, ces enfoirés du département de la justice… »

« J’ai financé la dernière campagne électorale de Dent »

Roland Daguett s’étrangla.

Max Shreck s’étrangla.

Bruce Wayne fixa avec indolence un tableau.

Ils se retournèrent lorsqu’un riche qui avait trop bu interpella Carmine Falcone en train d’échanger deux mots avec le maire. Le parrain claqua des doigts, deux de ses gorilles attrapèrent le fâcheux et l’expulsèrent manu militari du musée.

Roland Daguett applaudit.

Max Schreck applaudit.

« A propos, l’un de nos amis italiens m’en a raconté une bien bonne. Comment on appelle un flic tout nu assis dans un arbre ? Un flic qui a de la branche.»

Roland Daguette s’esclaffa.

Max Schreck s’esclaffa.

« Qu’est-ce qu’il y a Wayne ? Vous ne riez pas ? »

Le milliardaire oublia le prétexte qu’il avait sorti pour s’éloigner d’eux. Il quitta vivement ses deux interlocuteurs et passa devant le maire Hamilton Hill qui engloutissait des crevettes de cocktails tout en s’extasiant devant un portrait aquarelle de Nelson Rockfeller.

Une escouade de chasseuse d’héritage tomba sur lui. Il pensait pouvoir l’éviter ce soir mais il fallait croire qu’il était maudit. Il eut du mal à s’en dépêtrer et se réfugia plus loin, c’est là qu’il la croisa.

Ce sont ses cheveux roux…

Pensa-t-il.

« Ma chère, vous êtes l’une des rares à être plus intéressée par les œuvres exposées ici que par l’assistance, mes compliments. »

Il s’étonna lui-même de l’initiative qu’il avait pris en lui adressant la parole. D’habitude il restait distant avec tout le monde. Il chercha quelque chose à dire après cette entrée en matière impertinente et ne trouva rien de mieux que :

« Et en quel qualité vous a-t-on convié à cette exposition ? Héritière d’une grande fortune ? Epouse d’un notable ? »

Il fut interrompu par l’arrivée du district attorney. Harvey Dent distribuait des épingles de cravates au sceau du symbole de marteau de la justice, estampillé I believe in Harvey Dent. Il fondit sur Bruce Wayne et piqua une épingle de cravate en plein dans sa veste de smoking.

« Bruce ! Comment allez-vous ? J’ai déjà croisé Lucius Fox, je savais que vous étiez dans le coin. Vous n’avez pas vu Hugo Strange ? Il porte un immonde costume à rayures en crépon de coton sur mocassins blancs, une véritable horreur, il ressemble plus à un marchand de crème glacées au chômage qu’à un honorable psychiatre. »

« Dîtes moi Harvey, qui vous a donné ces épingles ? »

« Le sénateur du New Jersey, je les ai gardé parce que je savais qu’un jour je serais procureur d’une ville comme Gotham. »

« Et votre livre ? Ça avance ? J’ai hâte de l’acheter »

« Mon livre sera publié en cartonné dans 2 mois, à peu près un mois après mon annonce de poursuites contre Carl Grissom, Salvatore Maroni et Ruppert Thorne. L’édition de poche sortira dans 6 mois, exactement au moment de l’ouverture de leur procès. J’espère qu’il remettra ma… non, notre croisade Bruce, dans sa juste perspective. »

Wayne pensa tout à coup que là dehors il y avait un million de criminels qui haïssaient Dent de la même façon qu’ils auraient bientôt peur de Batman.

« Une action juridique comme la vôtre ça n’arrive qu’une fois tous les 10 ans à Gotham. »

Dent regarda la rousse à côté du milliardaire et se mit subitement à transpirer.

« Euh… Je vais vous laisser, je crois que ma femme me cherche. »

« Je n’ai pas vu votre assistant pour une fois, il n’est pas venus ? Il doit avoir peur de Falcone. »

« Comme nous tous. »

Bruce et Harvey s’esclaffèrent. Une fois que le procureur se fut éclipsé tout en piquant au passage une épingle dans le smoking du champion de boxe noir, Wayne porta son attention sur la rousse sensuelle et lui dis tout en désignant le tableau de Matisse non loin d’eux :

« Une vision peu commune dans un labyrinthe de béton comme Gotham, une sorte de paradis perdus, ce genre de tableau doit être la seule chose qui reste en dehors de Robinson Park pour ceux qui veulent échapper à la grisaille. »

Il tomba en arrêt devant un autre tableau et resta silencieux :


Il se rendit compte qu’il trouvait les femmes masqués très séduisante à cause de la part de mystère qu’elles dissimulaient et il songea à lui-même, pas à Wayne, à l’autre, le vrai.

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Dernière édition par Batman le Jeu 1 Déc - 9:40, édité 1 fois
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Pamela Isley/Poison Ivy



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MessageSujet: Re: Speed-Dating raffiné [PV Bruce Wayne][Fini]   Sam 26 Nov - 20:51

Le résultat ne se fit pas attendre. Souriant intérieurement devant l'efficacité de son parfum, Pamela eut le plaisir d'entendre Wayne s'adresser spontanément à elle, ce que le milliardaire n'aurait jamais fait s'il eût été dans son état normal.

* Mais la question ne se pose pas, puisque justement, notre beau célibataire n'est pas dans son état normal ! * Gloussa la perfide manipulatrice.

« Ma chère, vous êtes l’une des rares à être plus intéressée par les œuvres exposées ici que par l’assistance, mes compliments. »

En comédienne digne de ce nom, l'intéressée fit d'abord mine de ne pas être certaine que l'on se soit adressé à elle. Tournant rapidement sa tête pour balayer ses arrières d'un seul mouvement, son visage exprima à la perfection la stupeur timide. Lèvres écartées, paupières ouvertes au maximum, l'éco-terroriste poussa le soucis du détail jusqu'à rentrer d'un demi centimètre sa tête dans ses épaules. Son regard fut alors en mesure de situer l'origine de cette amicale voix d'homme, qui l'observait effectivement elle, et pas une autre. Pamela aurait aimé savoir rougir sur commande ; à la place, la belle criminelle battit confusément des cils, et d'une bien jolie manière. Déroulant plus lentement un deuxième sourire (moins ardent, plus élégant dans sa façon de soulever les pommettes pailletées de la jeune femme), la botaniste en robe de soirée répondit d'une voix mélodieuse et pénétrée :

« Il n'y rien d'étonnant à cela ; pourquoi perdrait-on son temps à s'intéresser à des individus pour la plupart sans profondeur ni reliefs lorsque l'on est en présence d'art véritable ? » Demanda-t-elle en haussant des épaules, et après un regard noir à destination du maire actuel qui se remplissait la panse en grognant de temps à autres des borborygmes inarticulés.

* Les hommes... Tous des porcs ! Des mammifères assujettis à leurs hormones, rien de plus. Uniquement mus par leurs instincts les plus primitifs, et en particulier au sein de cette désastreuse déchetterie honteusement appelée "ville". Gotham serait le paradis sur Terre qu'ils ne se comporteraient qu'à peine moins grossièrement. *

Un temps mort dans la conversation si délicatement engagée fit craindre à Ivy que ses phéromones ne soient pas assez coercitives. Redoutant de voir sa baleine lui filer entre les mains, la courtisane au fourreau violet effectua un pas d'approche vers Bruce Wayne, ne pouvant se risquer à avancer plus sans entrer en désaccord avec le personnage de jeune prude qu'elle s'était choisie. En contrepartie de la faible distance retirée entre elle et sa cible, l'Empoisonneuse balança volontairement ses hanches, se figeant dans une posture confortable permettant à la fois la discussion et l'admiration de sa plastique.

« Et en quel qualité vous a-t-on convié à cette exposition ? Héritière d’une grande fortune ? Épouse d’un notable ? »

Question dérangeante, et paradoxalement très classique. Ce genre d'amorce permettait de délimiter sans risque les sujets abordables avec une jeune beauté inconnue rencontrée au cours d'un vernissage, une coupe de champagne fraîche en main. Loin d'être mise en difficulté par la tournure que prenaient les choses, Pamela laissa simplement échapper un petit rire cristallin, baissant transitoirement la tête pour pouvoir mettre une main gracile devant sa bouche.

* Il cherche désespérément à entretenir le dialogue, et je parierais qu'une réponse même complètement illogique n'éveillerait aucune suspicion dans son esprit. Je pourrais sans frémir me présenter comme la nouvelle femme de Shreck, ou prétendre être la fille cachée de Gordon. Ce nigaud se contenterait de sourire rêveusement, en me demandant comment va mon père. * Songea avec supériorité la dangereuse militante rousse, avant de répondre d'un ton poliment amusé en faisant un moulinet négligent de sa main :

« Rien de tout ceci, hélas ! M. Wayne... Vous n'avez devant vous qu'une modeste et très chanceuse amatrice d'art, qui a été sollicitée par le Gotham Globe pour confier ses impressions personnelles à la direction du quotidien. On m'a promis de façon peu explicite de prêter une "véritable écoute" à mon avis, sans préciser combien de lignes seront dédiées à la retranscription de mon sentiment sur cette exposition. »

Le mensonge sortit d'une traite, et ce grâce au scénario que l'infiltrée avait eu le temps de peaufiner lors de son trajet vers le Muséum de Gotham. Si Ivy savait jouer la comédie devant un public, ses capacités à fabuler en improvisation demeuraient elles très moyennes, et l'heure n'était pas à l'à-peu-près. Son discours se devait d'être convaincant, plausible, mais pas trop atypique, afin de décourager toute tentative de poursuivre sur le sujet. Ce soir, elle était une amatrice d'art anonyme dans une galerie d'art, point. Rien de prestigieux, rien d'inhabituel, que de très logique. En fait, tout, chez cette beauté ensorcelante, vous incitait à délaisser les échanges longuets et les questions d'usage, pour laisser libre cours aux envies insistantes de charmer la plantureuse demoiselle aux yeux verdoyants.

Or, Pamela fut interrompue, et avec énormément d'impolitesse, par le débarquement en force d'Harvey Dent, le récent détenteur du titre de procureur général dans le district de Gotham. Fidèle à son tempérament énergique et volontaire, l'homme de loi ne ménageait décidément pas ses efforts pour convertir de nouveaux adeptes à sa paroisse, s'arrêtant dans sa prêche en apercevant le fils privilégié de Gotham. Outrée d'être passée si facilement à la trappe, la représentante sur Terre de la Nature perdit quelques secondes son sang-froid, et fusilla du regard Dent, maudissant son entrée en scène fracassante nuisant à ses efforts pour envoûter Wayne.

Et ce n'était que le commencement ! Ce qui parut initialement n'être qu'un simple "Bonjour-Comment allez-vous-Au Revoir" de formalité prit dangereusement vite l'orientation d'une véritable discussion installée, chose que Poison Ivy ne pouvait permettre. Procédant lentement pour ne pas attirer l'attention, elle glissa sa main dans son sac, tâtonnant graduellement pour identifier au toucher son flacon de "Poudre d'Amour". Avec autant de précautions (et tandis que le procureur général annonçait la date de publication de son prochain livre), la représentante de la gent féminine prit soin de rehausser généreusement le niveau de phéromones de l'atmosphère, dissimulant son geste par une vérification méticuleuse de la mise de sa longue coiffure. Une ombre de sourire glissa sur les lèvres de l'intrigante au moment où l'interlocuteur de Wayne manifesta les premiers symptômes d'une surexposition à un agent aphrodisiaque, ce qui eut pour effet bénéfique d'écourter sérieusement les échanges entre les deux hommes. Elle le suivit du regard tandis qu'il repartait en quête de partisans.

L'intervention-surprise de Dent avait cependant permis à Ivy de récolter quelques informations de valeur, qu'elle se résuma en faisant mine d'examiner de plus près la portion de haie représentée sur
La Desserte Rouge.

* Dent et Wayne semblent avoir beaucoup de points communs... Dont, et c'est là tout le problème, une vision altérée de ce que la Justice est. Il ne s'agit pas de faire appliquer à des hommes des préceptes établis par des hommes. La Justice n'est pas une invention de mammifère ! C'est un principe souverain inscrit dans le même schéma d'ensemble que les autres lois de la Nature, et à ce titre, il convient d'en suivre les directives à la lettre. C'est trop facile, de se prétendre juste, lorsque l'on se met au service d'un système créé à la base pour avantager son espèce! Critiqua intérieurement la criminelle, avant de se remémorer d'une autre phrase d'Harvey. Et il y a ce "Falcone". Un nom qui inspire visiblement la crainte à bon nombre d'individus. Un nom musqué, empestant le fer et la mort. L'étiquette d'un assassin adepte des costumes trois-pièces et d'un train de vie royal. Un mâle ayant la violence dans le sang, mais désarmé sans mal par un rien de douceur. Autrement dit, une marionnette de choix pour moi... Quoi de mieux qu'un pantin terrorisant cette ville pour assurer la réussite de mon plan? * Réfléchit Pamela en envisageant sérieusement d'ajouter Carmine Falcone à la liste de ses amants.

Comme prévu, le milliardaire avec qui elle s'entretenait revint à son côté, appréciant à son tour l'une des toiles les plus célèbre du père du Fauvisme. Apparemment plus à son aise à mesure que leur discussion progressait, l'élégant brun aux yeux clairs commenta en pointant le tableau:


« Une vision peu commune dans un labyrinthe de béton comme Gotham, une sorte de paradis perdus, ce genre de tableau doit être la seule chose qui reste en dehors de Robinson Park pour ceux qui veulent échapper à la grisaille. »

Ivy se tourna à moitié, observant le profil sérieux du locuteur avec un regard véritablement étonné. On pouvait compter sur les doigts d'une main les invités de l'exposition suffisamment conscients de la réalité pour tenir honnêtement de tels propos. La biologiste n'aurait cependant jamais parié sur Wayne, l'associable héritier d'une prestigieuse famille, né avec une cuillère en argent entre les dents et épargné des préoccupations du commun des mortels. Un fin sourcil dressé en signe d'interrogation, l'ardente défenseure de la vie végétale examina Bruce sous un jour plus favorable, ses yeux vert étudiant la silhouette stoïque de ce dernier avec une affection véritable, pour une fois.
Sans plus accorder le moindre coup d’œil à la pièce exposée, Ivy confirma doucement, mais sans onctuosité ni chaleur :


« Oui, vous avez tout à fait raison. Et encore, le Robinson Park n'a certainement pas reçu la visite d'un jardiner compétent depuis des années ! Je m'y suis baladé, afin d'y respirer l'air frais et reposant de la verdure... Mais de senteurs, il n'y avait plus. Ce parc est pareil à une œuvre d'art : un simple entrelacs de lignes et de courbes en trois dimensions, visible. Juste observable. » Conclut tristement la rousse en baissant les yeux, ne simulant plus sa détresse face à l'état maladif des plantes du Robinson Park.

Pamela se reprit aussitôt, ne tenant pas à faire étalage de ses faiblesses. Une amatrice d'art pouvait certes déplorer la tristesse d'un jardin floral, mais on sentait un peu trop d'implication dans le plaidoyer qu'elle venait de réaliser à l'attention du respect de la Nature sauvage. Un bref geste de la main plus tard, son visage retrouvait un teint rosé appétissant, et ses prunelles luisaient à nouveau d'un éclat fascinant. En laissant temporairement tomber son masque, l'éco-terroriste s'était remémoré tout ce pour quoi elle agissait ainsi ce soir, et réactiva son désir de soumettre Bruce Wayne à sa volonté. Ce dernier, n'ayant pas remarqué le changement surprenant de comportement de sa vis-à-vis, lorgnait à présent d'un œil vide une représentation au réalisme saisissant d'une femme masquée par un loup noir, dont le visage occupait la moitié du tableau. Songeuse, la plantureuse rousse s'interrogea à haute voix :


« A votre avis, comment une femme dont le dessinateur ne nous montre au final quasiment rien parvient-elle à nous fasciner autant ? Reprenant son travail de séduction là où elle l'avait laissé, Ivy s'amusa à glisser quantités d'insinuations dans son analyse, tout en sachant que son discours n'avait rien de celui d'une prétendue "amatrice d'art". Elle enchaîna, un ton plus bas , comme pour elle-même: Peut-être parce que c'est à nous d'imaginer la découpe de ses traits, de son visage, de son corps... Il est si tentant, si facile et si agréable de se représenter une femme sublime, parfaite sous ce masque, que l'on ne peut s'empêcher d'observer ce mystérieux portrait pour aller toujours plus loin dans notre spéculation.
D'un côté, on rêve de pouvoir lui ôter son loup, pour enfin avoir la chance de contempler pleinement ses charmes délicieux ; et à la fois, on repousse cet instant, parce que cette inconnue ne sera paradoxalement jamais aussi belle que telle que l'on se l'ait figurée... Oui, je pense que c'est là la clef de son aura envoûtant : le mystère. On n'est jamais autant enchanté par un visage que quand on ignore tout de lui. Et c'est aussi vrai pour les individus...
 »

Mutine, Ivy adressa un clin d’œil fugace à son auditeur, un sourire matois aux lèvres. Ses phéromones devant commencer à donner le tournis à la figure la plus médiatique de la cité, Pamela décida de frapper sans plus attendre. Se glissant sans brusquerie dans le dos du jeune homme, elle inspira profondément, comme pour s'imprégner de son odeur. Elle jouait sans retenue la soupirante désireuse de faire partager sa passion à l'individu cher à son cœur, bien qu'en réalité, inhaler les effluves animales mêlées aux fragrances chimiques de Wayne lui donnât la nausée. Sans encore entrer en contact avec son interlocuteur, la belle criminelle rousse approcha sa bouche de l'oreille droite de Bruce, afin que ce dernier puisse l'entendre sans avoir à détourner son regard du tableau qui l'aimantait. Murmurant comme le vent glissant entre les cimes, la séductrice proposa d'un timbre aussi fondant que du chocolat liquide:

« Essayez, Monsieur Wayne. Laissez libre cours à votre imagination. Inspirez à fond, et détendez-vous. En cet instant, rien ne vous est interdit, vous êtes libre de placer la femme de votre choix sur ce tableau. Dites-moi : quel visage voyez-vous de dissimulé sous cet intriguant masque noir ? »

Dans l'angle mort de sa proie, la militante extrémiste vérifia une nouvelle fois que tout était tranquille dans le Muséum. Une scène à la périphérie de son champs de vision, retint son attention. Le serveur qu'elle avait drogué en arrivant subissait de toute évidence les remontrances ininterrompues d'un invité de haute taille au crâne rasé. Le costume à rayures du vitupérant gentleman arborait une tâche sombre du plus belle effet, résultat prévisible d'une collision avec le serveur en état hypnotique, qui subissait passivement les foudres de l'homme, l'air béat.

* Reconnaîtrais-je cet "immonde costume à rayures en crépon" décrit par Dent ? On dirait que Monsieur le psychiatre n'apprécie pas les employés incompétents. Dommage pour ce pauvre petit trésor, son seul tort dans l'histoire fut de se trouver au mauvais endroit au moment. Je crains qu'il ne se réveille demain désorienté, groggy et au chômage. * Songea la vénéneuse botaniste sans la moindre once de regret. Le sort funeste d'un mâle la laissait complètement indifférente.
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MessageSujet: Re: Speed-Dating raffiné [PV Bruce Wayne][Fini]   Jeu 1 Déc - 9:52

La voix de son interlocutrice pourtant envoutante, ne parvint même pas à faire tourner la tête de Wayne dont les yeux scrutateurs restaient collés au tableau représentant la femme masqué. Il répondit avec une certaine lenteur dans sa voix :

« Si elle était mienne, je crois que… je crois que je ne voudrais pas retirer son masque, il n’y a rien en dessous, rien. Ce masque est son vrai visage, l’aspect de sa véritable personnalité, c’est elle. Je… »

Il n’acheva pas sa phrase, trouvant vain d’en dire plus. Il entendit avec surprise la voix de l’ensorcelante rousse souffler près de son oreille, elle lui demandait qui est-ce qu’il imaginait derrière le masque. Sans même réfléchir il lâcha :

« Mon double, l’autre, elle est comme moi, la part animal a pris le pas sur la raison, il y en aura d’autres comme elle bientôt dans les rues, qu’elle soit loup, chat ou un autre animal. »

Il écarquilla les yeux avec un semblant de panique en se rendant compte qu’il venait d’en dire trop sur lui. C’était la voix de sa rencontre d’un soir qui l’avait poussé à le faire. La méfiance pathologique presque scientifique de Batman s’enclencha aussitôt et il se demanda si elle n’utilisait pas les intonations de sa voix pour l’interroger et lui faire avouer ses secrets. Wayne secoua la tête et au passage aperçut un invité au loin, une cravate rouge avec un chiffre dessus. Droit sur l’objectif : Lyndon Irvin. Le flic le plus controversé de la ville, il faisait 1m 95 et pesait 105 kilos, l’une des rares personnes présentes au vernissage à faire à peu près la même carrure que Wayne.

Il s’approcha du milliardaire et de sa compagne avec son sourire de requin. Bruce sans aucune amabilité tendit son doigt vers sa cravate rouge avec un chiffre cousus.

« Pourquoi ce chiffre ? Je ne l’ai jamais compris Irvin »

« Au cas où j’oublierais Mr Wayne»

Lui et Wayne avalèrent leur salive en même temps.

Irvin même en cet instant avait tout du flic brutal. Sous sa veste sombre on devinait deux 45 automatiques sous ses aisselles. Une matraque suspendue à une lanière dépassait. Bruce braqua à nouveau son index sur sa cravate.

« Vous aviez le chiffre « 16 » la dernière fois que nous nous sommes vu. »

« Deux noirs ont braqués un magasin d’alcool à l’angle de Riverside et de la 74éme. Le hasard a voulu que je me trouve au fond de la boutique, avec un fusil à pompe Remington. »

« Vous avez encore augmenté votre record de voyous abattus. C’est bien le record non ? De tirs mortels dans l’exercice de vos fonctions ? »

« Exact j’en ai 6 d’avance sur mon concurrent immédiat. »

« Qu’est-ce qu’il lui est arrivé ? »

« Il a été abattus par deux italiens. »

« Et eux qu’est-ce qu’il leur est arrivé ? »

« Ils ont braqué un magasin d’alcool à l’angle de Slauson et de la 36éme. Le hasard a voulu que je me trouve au fond de la boutique avec un fusil à pompe Remington. »

« Je ne pourrais jamais faire ça pour châtier les criminels, je n’y arriverais pas. »

Lâcha Wayne avec une suffisance toute aristocratique.

« Je n’ai aucun scrupule, ma troisième victime sur mon tableau de chasse avait par exemple abattus un couple dans Chinatown, devant les yeux de leur fils. »

Wayne eut tout un coup un horrible visage spectrale, il ressemblait à un cadavre. Il avait les yeux vitreux d’un homme mort. Irvin nullement décontenancé par la réaction du plus riche de tous les invités continua :

« Je cherche deux blancs qui roulent dans une Chrysler, ils s’attaquent à des restaurants, ils vident la caisse et agressent les clients. »

Bruce subitement aux aguets comme un oiseau de proie demanda :

« On a un signalement ? »

Irvin souris.

« Ils portaient des masques, ils portent tous des masques désormais, les choses ont changés. »

Et il se détourna pour aller plus loin dans le musé. Sur son passage, les italo-américains de Falcone baissèrent les yeux, Irvin inspirait véritablement la peur. Wayne se retourna vers la rousse et annonça confus :

« Pardonnez-moi, mais une personne dans ma position est constamment sollicité par tout le monde. »

La façon dont Wayne observait la ravissante invitée fit décroitre le brouhaha dans le muséum. Les gens commençaient à les regarder. Le vernissage était vraiment calme à présent. Les gens tournaient la tête dans leur direction.

« Au fait, je ne pense pas que vous m’ayez dit votre nom. »

Wayne se retenait de tendre ses mains vers elle. Le milliardaire se mit à sourire pour la première fois de la soirée. Il sentit cligner un million de paupière tournée vers lui. Il jeta un coup d’œil circulaire à la salle. Les serveurs gênés qui remarquèrent son regard tournèrent la tête. Un duo d’enfant appartenant à une riche famille pointa son doigt vers le couple Wayne-Isley.

« Je suis très nerveux mademoiselle, j’avais l’intention de commander une coupe de champagne, mais je vais être forcé d’y renoncer. »

Wayne ne tenait plus en place. Il observa la flute de champagne dans les mains de la sublime femme en face de lui. Il referma ses doigts autours de sa coupe, ses mains touchaient presque celle de la rousse. Les gens les regardaient. Le docteur Hugo Strange les fixait immobile, son regard malsain dissimulé derrière ses petites lunettes rondes. Wayne regarda ses mains, elles tressaillirent. Il jeta un regard circulaire à la salle. Cette satanée assemblée de riches et de puissants tout entier, regardait dans leur direction.

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MessageSujet: Re: Speed-Dating raffiné [PV Bruce Wayne][Fini]   Sam 3 Déc - 22:58

« Mon double, l’autre, elle est comme moi, la part animal a pris le pas sur la raison, il y en aura d’autres comme elle bientôt dans les rues, qu’elle soit loup, chat ou un autre animal. »

L'imposant psychiatre calvitié chassait par de grands gestes désordonnés le serveur distrait au moment où Bruce Wayne déblatéra ces propos, pour le moins étranges. Ramenant aussitôt son regard sur la nuque du milliardaire brun, Ivy prit la précaution de reculer d'un pas, fronçant les sourcils en découvrant non sans étonnement que son vis-à-vis ne tenait manifestement pas du tout l'alcool. Quoi d'autre ? L'hypothèse d'une ivresse délirante provoquée par son seule parfum (même additionné de ses stupéfiantes techniques de séduction) ne tenait pas une seconde la route. En étudiant mentalement les autres pistes crédibles, Pamela plissa ses lèvres en une moue inquiète, se rappelant confusément des bribes de ses cours de physiologie humaine de troisième année.

* Il y a deux événements pathologiques létaux dont le signe avant-coureur est très similaire à l'ivresse : l'Accident Vasculaire Cérébral, et l'hypoglycémie sévère. * Envisagea avec appréhension la biologiste en craignant temporairement de voir le bon parti lui jouer un mauvais tour.

Mais une fois de plus, ce postulat ne reposait sur aucune base concrète. Wayne n'était certainement pas diabétique (l'information aurait filtrée, sinon), avait engouffré son content d’amuse-gueules et n'appartenait pas à l'une des catégories socioprofessionnelles touchées par les AVC. Ou bien ce fils de bonne famille perdait subitement la raison, ou bien son sang recelait assez d'alcool pour le rendre loquace. Souriant de manière perfide tout en revenant se placer au côté de son interlocuteur, l'Empoisonneuse ricana en son for intérieur. Que Bruce s'avère psychologiquement plus vulnérable que prévu ne ferait que lui faciliter la tâche. Néanmoins, aussi plausible qu'elle fusse, cette explication cadrait pourtant mal avec l'incroyable froideur que lui témoignait son interlocuteur masculin depuis le début de leur entrevue. Après avoir été exposé aussi longtemps à ses phéromones, aucun homme n'aurait en principe été en mesure de lui résister plus de quelques secondes. Or, en dépit de sa dernière tentative en date pour porter l'estocade au riche héritier, l'éco-terroriste se heurtait toujours à un manque de réaction concrète. Sa proie l'écoutait gentiment, saisissait favorablement les perches que l'on lui tendait, sans pour autant prendre l'initiative décisive et à portée de lèvres du baiser.
Peut-être valait-il mieux patienter, bercer doucement d'illusions l'égérie de Gotham pour tromper la vigilance aiguisée de ce dernier, entraîné depuis des années à repousser les incessantes avances de prétendantes. Tâchant de rentrer dans le jeu surréaliste de son voisin pour le mettre en confiance, Pamela approuva, sans trop savoir ce qu'elle racontait :


« Effectivement, on peut imaginer que cette femme est... Le reflet de notre personnalité "autre", une sorte d'allégorie de l'Instinct primaire. D'ailleurs, l'allure animale du sujet ne doit pas être ano... »

Arrivé d'un autre invité, qui, lui aussi, ne se gêne pas pour couper le criminelle rousse dans son élan.

Plus préparée que la fois précédente, Ivy étouffa un grognement de frustration derrière une gorgée de champagne faussement avalée de travers. Afin de se tenir prête à reprendre les rênes dès que ce énième convive repartirait dialoguer avec d'autres huiles, la jeune botaniste fit osciller distraitement le champagne de sa flûte, ses yeux verts effectuant un balai répétitif entre le visage des deux hommes. L'autre (un dénommé "Irvin", ce qui n'aida pas Pamela à identifier le colosse) dominait d'une tête la majorité des convives, Strange, un afro-américain taciturne et Wayne mis à part.


* Je n'avais jamais remarqué... * Réalisa soudainement la séductrice silencieuse en comparant les carrures des deux interlocuteurs.

Irvin débordait d'assurance, conforté en cela par un physique d'armoire à glace tout en muscles et en testostérone. A son passage, on baissait les yeux, on diminuait d'un ton, on se taisait et on se donnait de petits coups de coudes dans les côtes. L'ambiance virait au saloon de Western, avec le nouvel arrivant incarnant le Shérif revenu de tout. Il ne lui manquait d'ailleurs ni le franc-parler, ni l'idéologie morale "un bon criminel est un criminel truffé de plomb". Paradoxalement, Bruce Wayne, diamétralement opposé à ce genre d'homme adepte de la Justice expéditive, disposait pourtant d'une silhouette équivalente. Le détail se remarquait moins dans un costume d'excellente coupe et chez un gentleman désireux de n'offenser personne, mais le milliardaire de Gotham n'en demeurait pas moins aussi grand et musclé que son vis-à-vis. Surprenant, de la part d'un célibataire introverti faisant rarement parler de lui dans les tabloïds.


* M. Wayne ne semble pas penser que l'absence de vie sociale soit une justification suffisante au laisser aller... * Constata la férue de botanique sans accorder trop d'importance à ce détail.

L'armoire à glace, dans une attitude typiquement masculine, s'était lancée dans un catalogue non-exhaustif de ses actions d'éclats, roulant des mécaniques autant pour impressionner le milliardaire présent que sa compagne rousse. Restant de marbre devant l'étalage de violence déversée à son attention, Ivy n'écouta que distraitement les invariables scénarii de fusillades auxquelles Monsieur cravate combiné post-it avaient participé. Lasse, elle promena un regard ennuyé sur la foule du Muséum, et nota avec satisfaction que sa présence au côté de la première fortune de la ville passait de moins en moins inaperçue. Ce fut la conclusion du dialogue entre les deux hommes qui ramena la militante écologiste sur Terre.


« ...ils portent tous des masques désormais, les choses ont changés. » Conclut Irvin (que Pamela supposa être policier), laissant le couple du moment méditer sur sa dernière tirade.

* "Les choses ont changé", je vous l'accorde. Depuis peu, le bruit court que des criminels à l'apparence plus travaillée qu'à l'ordinaire apparaissent à Gotham, défrayant la chronique tout en opérant ponctuellement dans la ville. Ici, un couple aurait été agressé par un noctambule commandant aux oiseaux ; là, un psychopathe peinturluré s'en serait prit à deux hommes, mutilant leurs visages... Plus rien ne semble impossible, à Gotham. La moindre rumeur devient fait, le plus petit indice conduit à la théorie la plus extravagante ! Les habitants de cet endroit, poussés à bout par des années de banditisme, ont perdu leur esprit critique. Ils gobent sans réfléchir n'importe quelle fable, leur cerveau effrayé ne distinguant plus le réel de l'irrationnel.

Un terroir réceptif et malléable, idéal pour planter les graines d'un mouvement de lutte contre la pollution de notre magnifique planète.
*

Le départ appréciable d'Irvin sonna comme la cloche de reprise du combat pour Poison Ivy, qui fit mine d'être plongée dans le regard clair de son interlocuteur pour vérifier l'état de ses pupilles. En général, l'effet des phéromones se traduisait par une dilatation légèrement anormale, susceptible de ne pas être remarquée lors d'un examen clinique peu poussé. L'insistance de ce contrôle parut mettre mal à l'aise Bruce, qui s'excusa:

« Pardonnez-moi, mais une personne dans ma position est constamment sollicité par tout le monde. »

Afin de détendre l'atmosphère, Pamela temporisa d'une voix amusée:

« C'est ce que j'ai pu remarquer : que ce soit les grandes fortunes des environs, les jeunes héritières en quête du conjoint parfait, le procureur général Dent ou la Police municipale... Tout le monde veut avoir la chance de bénéficier d'un entrevu avec Bruce Wayne, le prince de Gotham. La phrase, contrairement à ce qu'elle laissait penser, ne contenait pas de traces d'ironie. Il eût été contre-productif de chiffonner le trentenaire après tant d'efforts réalisés. Dois-je en déduire que vous me faites une immense faveur en demeurant en ma compagnie ? Supposa la séductrice en papillonnant des paupières de façon éphémère, juste pour appuyer son sous-entendu lâché d'un timbre velouté.

L'embarras de son vis-à-vis lui avait suggéré un angle d'approche plus à même de porter ses fruits. Bruce accordait, il venait de le prouver une fois de plus, de l'importance aux apparences, et à l'étiquette. Dos au mur, il n'oserait jamais opposer de résistance affichée à Pamela, qui profiterait de la délicatesse de sa proie pour le soumettre à sa volonté. Le plan prenait déjà forme dans l'esprit de la criminelle intrigante, qui se donna cinq minutes avant de filer aux toilettes s'appliquer une nouvelle couche de rouge à lèvres, le temps de faire un peu de rentre-dedans à Wayne.


« Au fait, je ne pense pas que vous m’ayez dit votre nom. »

Décidément, le brun ténébreux se montrait plus endurant que prévu. Non content de lui résister, il réussissait en plus à reprendre le fil d'un conversation amorcée dix minutes plus tôt, et ce en dépit des nombreuses distractions que sa sulfureuse interlocutrice lui avait offert pour noyer le poisson. Évaluant la dangerosité du galant homme à un niveau proche de zéro, Ivy prit le parti de répondre du tac au tac à l'interrogation. Ainsi, elle pourrait enchaîner rapidement sans laisser le temps de la réflexion à son vis-à-vis, le contraignant à réagir impulsivement à ses allusions. Promenant une main délicate sur le devant de son décolleté, la rousse se présenta d'une voix langoureuse :

« Je m'appelle Pamela Isley, mais vous pouvez m'appeler "Pamela". Après tout, nous sommes presque devenus intimes, pas vrai, Bruce ?  »

La tension grimpa d'un cran entre les deux tourtereaux. Un sourire franc de Wayne, dévoilant des dents très blanches et bien alignées, conforta Ivy dans sa réussite. On devinait un désir de plus en plus prégnant chez le milliardaire, une envie que l'éco-terroriste ne fit rien pour dissiper, au contraire. Provoquant sans répit la libido de sa cible, elle perçut le bruissement décroissant des conversations signalant l'observation dont le duo faisait l'objet. En son for intérieur, elle fanfaronna:

* Tic-tac, Chéri. Tu viens d'épuiser tout ton crédit de résistance. Sens-tu à présent comme ta volonté effrite, éclatant en une multitude de bulles minuscules ? Cette délicieuse ivresse qui monte en toi, te soufflant d'envoyer paître les usages pour goûter à mon nectar ? Oui, cède à tes pulsions... Et fais-toi mien pour l’Éternité. *

« Je suis très nerveux mademoiselle, j’avais l’intention de commander une coupe de champagne, mais je vais être forcé d’y renoncer. »

Retournement de situation. Alors qu'à peine quelques instants plus tôt, Wayne avait tout du stoïcisme britannique, le voilà qui perd tous ses moyens, s'amollissant de seconde en seconde, dépassant les prévisions de Pamela dans la célérité avec laquelle il baissait sa garde. Tout ce passait presque trop bien pour Poison Ivy, qui sentit brûler sur sa nuque le faisceau d'un millier de paires d'yeux. Face à elle, dos au milliardaire, une cohorte de célibataires lui jetèrent un regard peu amène, la foudroyant de toute l'intensité de leurs yeux maquillés à l'excès. Plus un murmure ne résonnait, l'assistance avait suspendu ses commérages pour retenir son souffle, présentant qu'un événement majeur couvait sous les chandeliers Louis XV du Muséum.

L’Empoisonneuse aurait souhaité ne pas être brusquée par le temps. Ses lèvres, bien qu'encore imprégnées d'un hypnotique puissant, ne disposaient plus d'une dose suffisante pour induire un état de servilité total. Agir dans la précipitation risquait de causer sa perte. Qu'arriverait-il si Wayne, se sentant drogué, la dénonçait à la sécurité ? Pamela n'avait aucun plan B en cas d'imprévu, et surtout pas d'atout secret pour couvrir sa fuite. Face à plus d'un homme décidé à l'immobiliser, elle ne ferait pas long feu.
Cependant, les circonstances lui offraient un boulevard inespéré : Wayne montrait enfin ses premiers signes de faiblesse, personne n'avait mis en doute la présence de la rousse aux courbes étourdissantes de la soirée, et l'attention général se trouvait fixée sur elle. Si la jeune femme embrassait le fils privilégié de Gotham, ce dernier, muet de stupéfaction, ne réagirait pas, ou n'oserait pas en public jouer les goujats. L'essentiel était d'agir vite et précisément, pour court-circuiter ses pensées.


* C'est maintenant ou jamais, ma belle ! * S'encouragea la criminelle, qui tentait ici le tout pour le tout.

Le brun aux yeux bleus saisit timidement la flûte de sa vis-à-vis, qui le laissa faire. C'était comme laisser l'animal craintif que l'on cherche à attraper vivant s'approcher de soi en restant immobile. Nerveux, le propriétaire de Wayne Entreprise transmit au verre d'alcool un bref tremblement, avant de reprendre le contrôle de ses muscles. Ivy lui sourit tendrement, approchant très très lentement sa tête au-dessus de la flûte. Commettant une imprudence fatale, sa proie focalisa un instant son attention sur leur public, tout entier accaparé par le suspense de la scène. A ce moment précis, Poison Ivy déplia son cou, frappant à la manière d'un cobra mais avec la délicatesse d'une plume voletant sur les lèvres de l'invité de marque. Le temps se figea sur l'image digne d'un vitrail de cet charmant couple improvisé, s'embrassant romantiquement alors que sur la ligne séparant leurs deux visage, un verre à moitié vide de champagne était tenu à part égale par les deux amants. Après d'interminables secondes, Pamela reprit son souffle, gratifiant au passage les autres prétendantes en lice d'un sourire équivoque.


« Était-ce mieux qu'une coupe de champagne, Bruce ?  » S'enquit dans un murmure innocent la séductrice, utilisant la question pour jauger l'impact du composé chimique envoûteur sur son interlocuteur. De manière éparse, on s'employait déjà à commenter le clou de la soirée.
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MessageSujet: Re: Speed-Dating raffiné [PV Bruce Wayne][Fini]   Jeu 19 Jan - 8:36

Le baiser fut comme un coup fatal, le musée disparut autour de lui, il ne voyait plus que Pamela et lui dans une sorte de jardin d’Eden avec des plantes tropicales en abondance. Il fut pris de l’envie irrésistible de faire glisser sa robe à ses pieds en imaginant le froissement léger de l’étoffe descendant son corps nu. Bruce se mit à tressaillir et la vit défiler dans une multitude de positions aguichante au milieu de ses plantes. Un rai de lumière jouait sur le torse de Pamela. Bruce sentit ses mains se resserrer autour de la coupe de champagne comme s’il voulait l’étreindre. Le baiser en devenait de plus en plus ardent et enivrant. Il voulait s’abandonner à cette femme gracieuse, mais plus cette idée lui venait plus les plantes autours devenaient suffocante. Sous le regard outré des convives du musée, Wayne caressa le dos d’Isley de la paume de sa main et se pencha pour embrasser délicatement son cou. Le rêve devint de plus en plus dérangeant, la lumière disparaissait autour de lui, comme si on refermait la porte d’une pièce pour l’enfermer dans le noir et Bruce prit peur comme s’il avait le sentiment qu’une fois toute lumière disparut, une fois la porte refermée, une fois le piège scellé, il se retrouverait coincé à sa merci, resterait à jamais sous son emprise et qu’elle se transformerait alors en plante carnivore pour le dévorer.

Soudain un semblant d’agitation dans le musée ramena Wayne à la réalité. Il rouvrit les yeux et tourna brusquement la tête vers la source du vacarme. La plupart des invités faisaient de même. L’objet de leur attention n’était autre qu’Harvey Dent à côté du buffet, près du saladier à punch qui se donnait en spectacle avec des italo-américains à la solde de Falcone, aux regards haineux des mafieux, le procureur brandissait un poing vindicatif dans leur direction tout en lançant des invectives sur un ton inquisiteur. Dans son autre main il tenait un verre d’alcool de façon maladroite. Sa posture déclenchait rires ou sourires méprisants chez les gens qui assistaient à la scène. L’illustre procureur s’était attardé au buffet, avait bu un verre de trop et s’en était pris aux criminels qui se baladaient parmi les honnêtes gens comme si de rien n’était. La scène était prévisible, on ne pouvait laisser Dent dans un lieu public en compagnie des Falcones ou des Maroni sans que ce genre d’incidents n’éclate. Un autre procureur ne se serait jamais laissé aller à ça, mais pas Dent. Il était à cran et terriblement sensible sur le sujet depuis qu’il avait reçu des menaces de morts, il s’inquiétait pour sa femme. En plus il réagissait souvent vivement en présence de gens qu’il n’aimait pas, comme s’il ne se contrôlait plus, qu’une part de lui avait cédé à une sorte de provocation violente.

Isley avait bâtît en peu de temps un mur autours de la conscience de Wayne, mais il se brisa en un instant, voir le procureur dans une situation d’adversité captait l’attention du milliardaire à un niveau tel que même les phéromones d’Isley ne pouvaient le garder sous contrôle. Il relâcha la coupe de champagne de la rousse et perdit tout contact physique avec elle. En cet instant, il ne voyait plus qu’une seule chose : un innocent était aux prises avec des criminels. L’adrénaline monta en lui et il s’écarta de la sublime femme en face de lui qui lui avait fait perdre ses moyens un instant plus tôt car son esprit obéissait désormais à des démons encore bien plus ancrés dans son âme et aux conséquences plus fortes encore que toutes les toxines de séduction que Pamela serait capable de déployer pour l’obliger à capituler. D’un pas vif il avança vers Dent et mis une main sur son épaule. D’une voix amicale et faussement amusée il lui dit :

« Harvey Voyons, laissez donc ces méprisables individus, ils n’en valent pas la peine. Reprenez un verre et allons plus loin pour échanger un peu. »

Dent se fit volte-face et fixa Bruce avec colère, pendant un instant, l’homme le plus riche de Gotham eu l’impression qu’il y avait quelqu’un d’autre en face de lui et non le procureur. Avec ses cheveux décoiffés par sa propre agitation et les traits de son visage déformé par l’excitation, il ne ressemblait plus à Dent.

« Toi le riche écarte toi ! Ça ne te concerne pas ! C’est une question de justice ! »

Bruce Wayne en resta bouche bée et immobile. Le procureur retrouva un visage normal et sur un ton triste répliqua :

« Désolé Bruce, je ne voulais pas, ces gens m’ont fait réagir vivement et… oui vous allez raison, allons plus loin. »

Ils s’éloignèrent des mafieux qui observaient Dent tout en chuchotant entre eux et en poussant des rires discrets et méprisants pour cacher le fait que pour la première fois de leur vie ils avaient eu tout à coup peur d’un procureur qui avait réagi avec véhémence, chose inhabituelle à Gotham. Ils retournèrent dans un angle du musée près de la sulfureuse rousse, entre deux tableaux, loin des oreilles indiscrètes et du tumulte. Bruce se posta près de la jeune femme en croisant les mains derrière le dos et en observant le procureur. Dent avala d’une seule rasade un nouveau verre de bourbon qu’il avait piqué à un serveur au passage. Il avait un air abattu et il desserrait sa cravate. Il avait tout de l’homme en état d’ébriété. Il contrastait largement avec l’image optimiste qu’il avait donnée de lui lorsqu’il avait croisé le couple Wayne/Isley la première fois. Mais cela ne surprit pas Bruce, il avait vu souvent Dent passer de l’enthousiasme à l’abattement en un claquement de doigts de façon étrange dans les situations les plus variées.

« Harvey, qu’est-ce qui ne va pas ? Ce sont ces gens qui… »

Le procureur leva la main pour stopper ses paroles, chercha un serveur du regard pour reprendre un verre et lâcha sur un ton mélancolique :

« Ils m’ont rappelé dans quel état déplorable se trouve ma juridiction. Je suis mal entouré, mes services ne peuvent assurer de procédures efficaces pour affronter le crime à Gotham et ils le savent, ils en jouent, ils se moquent de moi. »

« Mais que voulez-vous dire Harvey ? »

« Vous tenez vraiment à l’entendre ? Vous allez être déçu et n’oserez plus allez au tribunal pour quoi que ce soit lorsque vous apprendrez la cruelle vérité. Je n’ai que peu de substitut malgré ma position et ils vont avoir du mal à instruire toutes ces affaires maintenant que je suis engagé à plein temps dans ma bataille contre la mafia. Visez un peu le tableau : l’assassinat d’une racoleuse de Chinatown est attribué à un môme sortit 6 mois auparavant de la plus mauvaise école de droit du New Jersey. L’auteur du crime, un maquereau réputé pour adorer faire mal et usant d’un couteau à cran sortira probablement lavé de toutes accusations. Deux noirs descendus ont été attribué à un jeunot qui n’a pas encore fêté son 25éme anniversaire, intelligent mais naïf, l’auteur cette fois-ci, chef d’une bande de délinquant juvénile avait tiré dans la foule des mômes à la sortie d’un lycée à tout hasard, au cas où il y aurait eu parmi eux des membres d’une bande rivale, il ne s’en trouvait pas. Une étudiante parmi les meilleurs et son petit ami se sont écroulés mort. Je donne au môme une chance sur deux d’obtenir une condamnation. Les noirs qui tuent des noirs ennuient les jurys de blancs qui souvent rendent leur verdict au petit bonheur la chance. Le cambriolage à main armée suivis d’agression et voies de fait dans un bordel de luxe est allé à mon protégé, rédiger un état final des preuves pour cette affaire m’a prit 4 heures et j’y ai gagné des crampes aux doigts. Comment voulez-vous que je gagne cette guerre contre Falcone et sa horde d’avocats ? »

Dent claqua des doigts à l’attention d’un serveur pour qu’il lui amène un verre sur son plateau.

« On ne peut plus vraiment s’en remettre à la justice dans cette ville, il faut s’en remettre à soit même. La justice est aussi impuissante que la police et elle a déjà été corrompue. La mafia a acheté les magistrats, l’intime conviction des juges et la conscience des jurys tout comme elle a acheté les différentes brigades de polices. Si vous voulez vaincre le crime il va falloir trouver autre chose d’autres méthodes. Dans un même ordre d’idée, si vous voulez lutter contre la pauvreté ou l’énorme pollution il faudra trouver un plan de rechange, aucun pouvoirs public ne vous donneras satisfaction, nous sommes livrés à nous-mêmes. »

Wayne le fixa intensément tout en serrant sa mâchoire.

« Et que va tu faire Harvey ? »

« M’en remettre au hasard, une chance sur deux, ça m’en laisse une pour l’emporter. »

Il esquissa un sourire espiègle et lorsque le serveur arriva avec son verre, il sortit une pièce de sa veste et clama :

« Pile, je vide ce nouveau breuvage et rentre en loque chez moi oubliant ma croisade, face je le laisse comme tel, je rentre sobre et laisse mon sommeil me livrer à mes cauchemars. »

Au moment où il lançait sa pièce, Bruce répondit :

« Harvey, je sais que quel que soit vos échecs, vous ne nous décevrez jamais. »

La pièce retomba, Dent l’observa, sourit et attrapa son verre pour le vider d’une traite avant de quitter le couple. Bruce se tourna vers Isley d’un regard sceptique et lui dit :

« Je… suis désolé pour tout à l’heure, je ne sais pas pourquoi j’ai agi ainsi avec vous, l’alcool probablement, je ne suis pas habitué à en consommer et tout comme Harvey, il peut avoir d’étrange effets sur moi. Ça ne se reproduira plus. »

Il se tourna pour voir Dent mais il avait déjà disparus dans la foule.

« Je crois qu’il aime ça, perdre le contrôle je veux dire, laisser libre court à ses instincts afficher au monde ce que contient réellement son âme pour mieux se confronter à lui. Il porte un masque comme nous tous, un visage acceptable pour n’inquiéter personne, mais en dessous… »

Il se ravisa et fixa Isley. Il était intrigué par cette femme au corps de rêve, pourtant elle n’était pas son genre, pourquoi avait-il voulut d’elle d’une façon aussi impulsive ? Sans méfiance mais intrigué il lui demanda :

« Vous portez le masque de circonstance pour ce genre d’évènement comme nous tous, mais qui êtes-vous réellement en dessous ? »

Bruce adopta un ton plus léger et ponctua sa phrase sur un rire factice afin de ne pas éveiller ses soupçons car il cherchait tout à coup à la sonder et cette idée lui fit peur. Sa paranoïa de justicier avait-elle atteint de si gigantesques proportions qu’il cherchait désormais à déceler les intentions de ceux qui lui donnaient des soupçons ou qui avaient tout simplement le malheur de se démarquer ?

« Est-ce qu’un aspect de vous que les psys qualifieraient de refoulé, croit en Harvey Dent ? Est-ce qu’un aspect considère qu’il a vu juste ? Qu’il est déjà trop tard pour cette ville ? »

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MessageSujet: Re: Speed-Dating raffiné [PV Bruce Wayne][Fini]   Sam 21 Jan - 10:24

Pas de réponse. Pas de réponse formulée, tout du moins, car l'illustre premier fils de Gotham ne dissimula aucunement à sa jeune et enivrante rencontre tout l'effet qu'elle lui faisait.

D'une main habile, le gentleman explora la surface douce et tiède du dos de la botaniste en robe, effleurant de ses lèvres pleines le côté de sa gorge offerte. Les commissures des lèvres de Pamela s'étirèrent un peu plus à mesure que sa victime sombrait peu à peu dans la soumission la plus totale, s'oubliant dans une étreinte passionnée avec la plus mortelle des roses du Muséum. Enserrant progressivement le milliardaire entre ses bras accueillants, la prétendue amatrice d'arts mandatée par le Gotham Globe ressemblait de plus en plus à un végétal tentaculaire tractant une mouche noire en direction de son estomac acide. Plus près, toujours plus près...
Une matrone à l'opulente poitrine exposant à qui voulait l'admirer un collier serti d'un topaze manqua de s'étouffer en découvrant ce spectacle de débauche en un haut lieu de la culture contemporaine. Même le personnel de service, normalement aussi stoïque et inexpressif qu'un bloc de marbre, commençait à jeter ça et là de brefs œillades au tandem entrelacé en une double spire passionnelle de noir et de violet. Hugo Strange en revanche, immanquable silhouette sortant du lot par bien des manières, ne se gêna pas pour observer la romance naissante. Un sourire dérangeant trahissant son intérêt morbide pour ce moment de faiblesse survenu chez le plus beau partie de la ville. Soucieux de coller au mieux à l'ambiance qui se réchauffait visiblement, le pianiste soliste entama une reprise langoureuse de
Woman in Love.

* Jeu, set et match, Monsieur Wayne ! Songea triomphalement la séductrice en posant une main conquérante sur la nuque de son nouvel esclave. Vous avez offert une résistance digne de ce nom, mais lorsque Poison Ivy a choisi sa cible, il n'existe aucun moyen de lui échapper. Vous serez mon serviteur pour toujours. Tou-jours. Insista la biologiste en levant les yeux vers le plafond, dégustant à pleines dents sa toute dernière victoire. Et maintenant... *

« Bruce ? Il y a quelqu... » Commença d'une voix grave l'Empoisonneuse en plantant résolument son regard sur les paupières closes de son pantin, prête à capter l'attention de ce dernier.

« Meurtrers ! Buchers ! V'zozez vus montrai ici, avec tout le sang que vus zavez sur les mains? »

Le timbre éraillé et caverneux d'un inopportun alcoolisé à souhait brisa littéralement le charme de l'enjôleuse en fourreau chatoyant. Exaspérée par tant de contretemps, Pamela ne put s'empêcher de tourner la tête, comme le reste des invités présents, afin de découvrir l'identité de l'enragé qui, semblait-il, avait choisi le pire moment pour vider son sac.

* Ils avaient oublié de préciser dans l'annonce que cette exposition regorgerait d'imbéciles. Quand on tient aussi peu le champagne, il est préférable de s'abstenir d'en boire ! Bon, voyons... Après le procureur Dent et ce flic de choc, "Irvin", qui peut donc bien être notre outre à vinasse jurant comme un charretier ? Le maire, lassé de devoir faire bonne figure ? Ou encore le commissaire Loeb ? Je l'imagine très aisément porté sur la bouteille... * Soliloqua la criminelle en puissance, profondément lassée de devoir reporter ses plans à plus tard.

Toutefois, la représentation qui suivit valait amplement le prix du billet. Chancelant sous la rudesse d'une houle spiritueuse, Harvey Dent, le visage barbouillé d'une expression torve, tonitruait avec l'éloquence et la prestance d'un goret. L’œil mauvais, les cibles de son vomi verbeux commençaient à glisser leurs doigts dans l'intérieur de leur veste, trouvant instinctivement la crosse rugueuse d'une arme de poing chargée. Tout aussi médisante que la majorité des observateurs, la laborantine en beauté haussa élégamment l'un de ses sourcils, lâchant narquoisement :


« Ne serait-ce pas votre grand ami, Bruce ? Qui a largement étanché sa soif, on dirait. Ne vous en faites pas, la sécurité l'évacuera avant que les esprits ne s'échauffent... » Considéra distraitement l'éco-terroriste, souverainement étrangère au sort d'un ténor du barreau battant de l'aile. Jugeant que l'entracte touchait à sa fin, elle remit en place sa chevelure lustrée, amorçant une approche câline assaisonnée d'un soupçon de lubricité.

Autant lire une page du dictionnaire. Ignorant superbement les charmes que lui offraient la belle plante aux jambes interminables, Wayne délaissa sa promise sans un mot, sans un geste, sans un regard. Elle n'existait plus, ou tout comme. Retenant maladroitement la flûte à demi-pleine qu'on lui fourra entre les doigts, Pamela manqua de renverser le liquide pétillant, jonglant d'une main à l'autre durant d'interminables secondes avant de stabiliser le verre fin d'une poigne faible. L'espace d'un instant, elle fut en liesse devant sa dextérité. Puis l'ascenseur émotionnel lui retomba dans les pieds et, courroucée, Ivy fusilla le propriétaire de Wayne Entreprise de toute l'intention dont ses prunelles étaient capables. Le morceau du répertoire de Barbra Streisand s'éteignit brutalement, accroissant le volume des conversations auparavant masquées par l'onctueuse mélodie.

Esseulée, loin de son richissime interlocuteur, la rousse se trouvait dépossédée de l'aura d'importance qui l'avait enveloppée plus tôt. Redevenu anodine, et par définition inintéressante, elle retomba dans l'anonymat, ce qui lui permit de faire le point. En toute logique, il s'écoulerait un certain temps avant que Bruce ne lui laisse une autre ouverture. Il se pouvait même qu'aucune autre chance ne lui soit donnée de séduire le brun réputé misanthrope, auquel cas la jeune femme se serait risquée au Muséum en pure perte.


* Pas tout à fait en pure perte. Se reprit-elle en essuyant ses fausses lunettes. J'aurais au moins appris que la ville est gangrenée, désertée par les bonnes âmes, et que pas un citoyen n'est épargné par la vague de corruption qui submerge la région. Seuls subsistent les forts, capables de s'adapter à des conditions rudes. Des prédateurs... Irvin en est l'incarnation parfaite. Dent, en revanche, aura prouvé ce soir qu'il n'était pas constitué de ce bois dont sont faits les survivants. Son travail le dévorera de l'intérieur, et un whisky frelaté se chargera de remplir sa pauvre carcasse creuse. * Prophétisa la rousse, sévère mais réaliste.

Il y avait aussi Falcone, l'homme dont le tout-Gotham redoutait les foudres. Un intermédiaire de choix pour quiconque projetait d'assainir la cité de ses indésirables babouins jacasseurs et pollueurs.


* Axis reste la priorité, ne l'oublions pas... *

Dos à l'une des pièces maîtresses de la soirée (Le faubourg de Collioure), Pamela reposa sa coupe sur le plateau d'un serveur qui s'approchait obligeamment pour lui libérer la main. Apaisés par l'intervention opportune de l'invité de marque, les bonnes gens de Gotham purent reprendre leurs commérages en toute insouciance. De loin, on murmurait à présent sur les relations qui unissaient Wayne et Dent, certains s'imaginant déjà que les deux hommes étaient camarades de beuveries. Acide et aigre, la fine fleur de la ville ne tarissait plus de critiques à l'encontre de son procureur général, qui entreprenait de s'achever à force de verres engloutit sans temps mort. Essayant de freiner la descente du pauvre homme dépité, Bruce questionna Harvey, ouvrant la discussion sur le thème le plus évident : le mal-être du procureur. Dégrisé par le vent de sympathie qu'on lui témoignait, l'intéressé recouvra l'usage de sa mâchoire, chassant de ses maxillaires l'articulation pâteuse qui l'affligeait depuis plusieurs minutes.

Édifiant laïus que celui du bien-pensant confronté à l'impossibilité de concrétiser ses visions de Justice et d'équité. Ivy apprit ainsi que le Tribunal n'enverrait pas grand monde au centre pénitencier de BlackGate ce mois-ci, et la tendance ne promettait pas de se redresser de sitôt. Adoptant un air affligé de façade, la machiavélique rousse nota l'information dans un recoin de son cerveau. Accablé Trevor Axis devant un parterre de jurés ne menacerait donc en aucun cas l'avenir nauséabond de l'industriel grassouillet, qui n'aurait qu'à tirer sur la bonne ficelle pour balayer toute condamnation en règle. De la bouche même du plus indécrottable juriste de Gotham, les affaires traitées deviendraient prochainement peaux de chagrin dans le district de la cité. Et si l’Empoisonneuse prit cet aveu pour un encouragement indirecte à sa carrière de criminelle, son côté manifestant, lui, déplora toutefois la mort du système judiciaire, qui avait plus d'une fois servit la cause de l'écologie au cours de l'Histoire.


* Dent, tu es officiellement rayé de ma liste des serviteurs potentiels. * Conclut l'activiste en constatant quelle pauvre serpillière l'intransigeant trentenaire devenait.

Comme pour l'appuyer, l'amateur d'alcools forts encouragea son auditoire à explorer "d'autres méthodes" pour freiner la criminalité, la pauvreté et la pollution du cimetière de buildings. Se souriant à part elle-même, le docteur Isley grinça:


* C'est en bonne voie, sois-en certain mon mignon ! Il ne s'écoulera plus beaucoup de temps avant qu'un nouveau visage vienne redonner de l'espoir aux habitants de ce bouge gargantuesque. Une vivante allégorie de la Nature défrayera prochainement la chronique. *

Préparant sa sortie avec style, l'ivrogne loquace confia son sort au seul Hasard, se condamnant à passer une nuit confuse et un réveil aussi embrumé que douloureux pour le plaisir d'obéir à une instance jugée impartiale. Il était probable que ce fut la seule à l'être à des kilomètres à la ronde. L'originalité de sa méthode pour éloigner les soucis de sa psyché n'atténua pourtant pas aux yeux d'Ivy le ridicule de sa personne. Lorsqu'on représentait la Loi, il n'y avait pas lieu de se massacrer le foie, a fortiori en public. Le fils Wayne pouvait toujours apporter son indéfectible soutien à l'épave qu'était devenue Dent, cela ne convaincrait jamais l'électorat de revoter pour ce déchet humain dépossédé de ses illusions.
Avec le départ du procureur, une bonne surprise attendait la sulfureuse rousse. Son cavalier, ayant effacé toute trace de l'hypnotique de son organisme, eut l'excellente idée de voir dans son comportement désinhibé les affres d'une surconsommation de champagne. Plus pour rire du comique de situation que pour rassurer son vis-à-vis, l'Empoisonneuse rit doucement avant de redevenir sérieuse. Livré à lui-même puisque son ami de fraîche date venait de les quitter, le milliardaire orienta l'échange verbal sur un terrain plus neutre, afin de ne pas réitérer son erreur de la soirée. La séductrice, loin de s'avouer vaincue, résolut de faire le siège de son interlocuteur, accélérant ses manœuvre à présent que le temps commençait à sérieusement lui faire défaut. Néanmoins, prêtant une oreille à demi attentive aux dires de son beau voisin, la spécialiste des toxines releva le retour d'un thème apparemment cher au cœur de l'héritier : la notion de masque, d'apparence formelle en opposition à l'apparence réelle, l'apparence de la personnalité vraie. D'abord dirigé sur le
dramatis personna du turbulent Dent, il en vint à s'intéresser au "masque" de sa comparse aux yeux verts, agrémentant son inquisition d'un rire peu communicatif.

* Peu commune, cette fascination que Bruce manifeste à l'égard des masques et des identités... Déjà en observant le tableau de cette femme au masque, il paraissait happé par de profondes réflexions. Je ne suis pas psychologue, toutefois on jurerait que son intérêt n'est pas purement d'ordre intellectuel. Oh ! Attends voir... *

Un éclair illumina les iris claires de la botaniste, qui venait d'avoir une subite intuition. De quoi faire avancer à grands pas ses projets personnels. Bruce Wayne résistait ardemment aux assauts chimiques de Pamela Isley, simple amatrice d'arts ? Tant pis ! Il y avait mieux à tenter. Une obnubilation pour le jeu de l'être et du paraître constituait une faiblesse autrement plus exploitable, un talon d'Achille aisément atteignable. Qui pourrait prédire comment réagirait le richissime misanthrope en apprenant que la biologiste possédait une face cachée, très différente de sa personnalité classique ? Une alter-ego envoûtante aux origines mystérieuses, prête à lui consacrer un peu de son temps... Un double masqué exubérant , dont les limites n'avaient pas encore été testées. Jouant la carte de la tentation, l'éco-terroriste dévoila, sur un ton de confidence:

« Votre question est bien indiscrète, Bruce... Et je ne me dévoile jamais au premier rendez-vous... Nous avons tous nos petits secrets, et le mien demande de venir me voir lorsque tombent les masques, à la nuit tombée. » Confia la jeune femme en précisant le dernier détail d'un murmure velouté et complice. Sourcils baissés à mi-hauteur, elle décocha au célibataire endurci un regard de braise venant confirmer le sens de ses propos.

* On aime le mystère, le côté "double identité" permettant de s'adonner aux pires orgies sous prétexte que l'on est pas vraiment "soi-même" ? On est du genre à croiser une timide et prude jeune femme en l'imaginant libertine et sauvage après le crépuscule ? Ne vous contentez plus de rêver, Bruce ! Je vais matérialiser vos envies, et une fois confronté à Poison Ivy, vous vous oublierez, le sourire aux lèvres. *

Hélas, les plans libidineux de la criminelle durent attendre, car les préoccupations du brun gentleman se bornaient pour l'heure à sonder l'opinion de son interlocutrice. L'introduction sur les faux-semblants avait pour seul but d'amener la question de l'insécurité à Gotham, et de l'état de dépravation de la cité. Pamela garda ses distances avec sa proie, ne voulant pas laisser deviner à cette dernière qu'elle projetait toujours de l'endoctriner. Jouant distraitement avec une de ses mèches, la laborantine répondit avec franchise :

« Ce n'est pas un, mais tous les aspects de ma personnalité qui considèrent que monsieur Dent voit juste. Cependant Précisa-t-elle en levant un index à l'ongle manucuré et verni. Cela ne signifie pas pour autant qu'il est trop tard. Ce cher procureur vous l'a bien expliqué, Bruce, nous sommes entré dans une autre époque. Une époque désespérée. Et à époque désespérée, mesures désespérées... » Sans s'en rendre compte, la militante laissa transparaître ses convictions politiques et environnementalistes. Observant la pléiade de bourgeois qui bruissait autour d'eux comme s'ils eût été des têtes de bétails, la scientifique à lunettes reprit, avec un ton plein d'assurance:

« Ceux qui sont à la poursuite de changements ne peuvent plus se payer le luxe de croire en un système corrompu et gangrené par la décadence. "Un vent méphitique, charriant les relents putréfiés d'une justice réduite à l'état de charogne", c'est ainsi que l'on pourrait décrire l'atmosphère de Gotham... Face à une déliquescence aussi avancée, l'unique remède serait une purge drastique, menée de la main d'individus ne craignant pas de s'affranchir du carcan handicapant de la Loi. Le citoyen est impuissant, une fois confronté à toute une infrastructure grippée. Contre pareille entité, seules des idéaux bruts, incarnés à l'extrême, seraient à même de lutter efficacement.  »

Savourant la porté personnelle de ce discours justifiant, flattant l'ego de Poison Ivy, la jeune rousse promena deux yeux dédaigneux dans le Muséum.

* Oui, pauvres choses ! Je nettoierai bientôt vos rues insalubres et vos cerveaux poussiéreux, semant dans l'un et l'autre les graines d'un nouveau monde, un domaine pur et clairsemé, parfumé à la chlorophylle. Gotham sera pareil à un vaste verger accueillant tout ami de la Nature, et convertissant les plus butés à respecter de magnifique planète. * Rêva l'éco-terroriste en visualisant l'Eden parfait.
Reportant son attention sur son vis-à-vis angoissé par de sombres perspectives d'avenir, Pamela se fit rassurante, et apposa une paume amicale sur l'épaule du richissime visiteur.


« Mais pourquoi se tracasser avec ça, Bruce ? Vous n'êtes pas le maire en charge de cette ville, vous êtes l'un de ses habitants. Et puis, vous n'êtes qu'un homme, après tout ! Riche, certes, mais limité malgré tout de part votre condition d'être humain. Personne ne vous blâmera de ne pas avoir pu réaliser l'exploit de faire disparaître la criminalité qui sévit ici-bas... J'ajouterais que tout espoir n'est pas perdu pour Gotham. Il suffit parfois d'une personne pour modifier le cours de l'Histoire... Ghandi, Martin Luther King, mais aussi Hitler ou Staline... Les grands de ce monde l'attestent : en Bien ou en Mal, les choses peuvent exceptionnellement être significativement impactées par l'action d'un seul homme, pour peu que ce dernier dispose des bonnes compétences et agisse au bon moment. »

Estimant que la conversation avait suffisamment dérivé, l'ingénieuse manipulatrice réduisit négligemment la distance qui la séparait du prestigieux célibataire au regard bleuté, faisant surgir sur son visage une moue de contrition. D'un timbre chagrin, elle suggéra :

« Bruce, mon cher, une exposition de tableaux me paraît de moins en moins cadrer avec l'objet de cette conversation. Qui plus est dans ce vivier de requins et d'obséquieux faiseurs de courbettes. Nous serions bien plus à notre aise pour parler du futur de la ville dans un lieu moins... Bruyant. »

Glissant presque sur le sol impeccablement lustré, son fourreau moulant un bref instant la courbe étourdissante de ses hanches, Pamela augmenta son capitale séduction en s'alignant sournoisement avec le misanthrope désarmé par ses charmes, s'immobilisant une fois arrivée au niveau de sa ligne d'épaule. Glissant un brûlant regard en coin à son chevalier, elle lui murmura d'une voix satinée :
« Et si nous prolongions ce tête-à-tête chez vous ? Ce serait plus... Confortable . » Souffla-t-elle, son haleine tiède et affriolante venant titiller la joue de l'héritier Wayne.
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MessageSujet: Re: Speed-Dating raffiné [PV Bruce Wayne][Fini]   Jeu 8 Mar - 13:14

C’est avec une manière aguicheuse qu’elle répondit aux investigations de Wayne, presque en minaudant.

« Votre question est bien indiscrète, Bruce... Et je ne me dévoile jamais au premier rendez-vous... Nous avons tous nos petits secrets, et le mien demande de venir me voir lorsque tombent les masques, à la nuit tombée. »

Il avala sa salive en se forçant à rester imperturbable, il voyait plus clair dans son jeu, elle voulait le séduire, mettre la main sur lui et divorcer en moins de temps qu’il ne faut pour le dire afin de lui soutirer un maximum de fric. Bruce soupira. Comment avait-il pu se laisser avoir ? Comment avait-il pu perdre sa réserve pour se laisser aller à l’embrasser ?

« Ceux qui sont à la poursuite de changements ne peuvent plus se payer le luxe de croire en un système corrompu et gangrené par la décadence. "Un vent méphitique, charriant les relents putréfiés d'une justice réduite à l'état de charogne", c'est ainsi que l'on pourrait décrire l'atmosphère de Gotham... Face à une déliquescence aussi avancée, l'unique remède serait une purge drastique, menée de la main d'individus ne craignant pas de s'affranchir du carcan handicapant de la Loi. Le citoyen est impuissant, une fois confronté à toute une infrastructure grippée. Contre pareille entité, seules des idéaux bruts, incarnés à l'extrême, seraient à même de lutter efficacement. »

La façon apocalyptique et sinistre avec laquelle elle décrivait le délabrement, la chute des institutions et de la raison dans la ville crispa le visage de Bruce. Elle avait raison, la justice était impuissante, la police corrompue, les élites indifférentes, la morale publique inexistante. Bruce réprima un tremblement d’extase, elle venait de toucher le point sensible, de réveiller son obsession. Il n’avait jamais mis un nom sur son cauchemar secret et la rousse venait de le toucher du doigt. Le milliardaire jeta des regards autours de lui en observant la faune des riches et des puissants, il n’avait rien en commun avec eux, se sentait isolé, marginalisé, la seule chose qu’il faisait ce soir consistait à se construire une crédibilité et observer cet échantillon d’humanité qui serait châtié par le crime, pas la mafia, le vrai crime, celui sauvage et hors de contrôle, illogique et cruel qui avait frappé ses parents dans cette ruelle. Le monstre qui avait tué l’enfant qu’il était. La bête dissimulée dans l’ombre, elle n’avait pas de visage, juste une arme pointée sur sa famille avec un retentissement infernal. Il ne pouvait s’imaginer son visage car il ne pouvait qu’être plus atroce encore que celui de la chauve-souris qu’il avait vu dans la grotte lorsqu’il était tombé dans l’abysse sous son manoir familial.

« Et puis, vous n'êtes qu'un homme, après tout ! »

La chauve-souris vola dans sa direction, yeux luisant, insensible à la joie et le chagrin.

« Personne ne vous blâmera de ne pas avoir pu réaliser l'exploit de faire disparaître la criminalité qui sévit ici-bas. »

Son souffle brûlant du goût des ennemis déchus, la puanteur des choses mortes, le plus farouche des survivants, la chauve-souris, le plus dur des guerriers, Batman.

« Les choses peuvent exceptionnellement être significativement impactées par l'action d'un seul homme. »

Haïssant aveuglement, l’appelant comme un des siens, père était mort, mère était morte.

Brucie était mort.

Batman lui, vit

« Oui, aucune issue. »

Bruce baissa la tête et observa ses mains, elles étaient en sueur, il relâcha ses poings, il avait enfoncé ses ongles dans ses paumes jusqu’au sang.

« Un homme ne changera rien, une bête le fera, une bête qui se cache dans l’ombre. »

La plantureuse séductrice lui susurra de nouveaux mots, lui suggérant d’aller ailleurs ensemble. Mais l’esprit tourmenté de Bruce était dans un état tel qu’il saisit le poignet de la jeune femme, laissant au passage les quelques gouttes de sang qui coulaient de ses paumes. Et dans ce contact humide d’hémoglobine, il lui murmura doucement au creux de l’oreille.

« Pas ce soir, je vois venir votre petit numéro de coureuse de riche milliardaire qui cherche à les vampiriser. Rien d’intéressant pour moi si ce n’est que vos objectif n’ont pas l’air d’avoir pour but de récolter de l’argent par cupidité, mais pour tout autre chose, je vous ais à l’œil. »

La tentative de séduction d’Isley avait échoué pour la simple raison qu’elle avait tenté de séduire Bruce Wayne. Hors il se trouvait que Wayne était mort à l’âge de 8 ans. C’était tout autre chose qui dévorait son âme maintenant.

Il lui tourna le dos sans plus de cérémonie et marcha d’un pas vif vers la sortie, passant devant les galeries de chefs d’œuvres sans même y accorder un regard. Les invités le dévisagèrent. Certains remarquèrent l’aspect douloureux de ses mains.

Il dévala les marches de l’entrée du musée une fois dehors et rejoignit la Rolls-Royce qui l’avait mené jusqu’ici ce soir. Alfred démarra aussitôt.

« Vous me semblez bien pressé maître Bruce, une urgence ? »

« Ne passons pas au manoir tout de suite, allez donc à l’angle de Riverside et de la 16éme. »

« Vous… vous êtes sûr maître Bruce ? »

« Oui. Alfred. »

La voiture poursuivit sa route en silence pendant de longues minutes, ils pénétrèrent dans des quartiers peu reluisants puis finalement le véhicule stoppa devant Crime Alley. Bruce marcha seul en direction de l’obscure ruelle sous les yeux peiné de son majordome.

L’odeur de la ville était en train de l’appeler, il mourait d’envie d’endosser son véritable corps. Une sirène de police au loin excita la chauve-souris. Il stoppa sous le réverbère rouillé, il n’y avait rien et pourtant il les voyait toujours comme une hallucination, les deux corps en train de se vider de leur sang. Quelque chose remua dans l’ombre, c’était la bête avec son arme pointé sur lui. Bruce tomba à genoux et se mit à déglutir. L’ombre rampa vers lui en planant, les yeux luisants, insensibles à l’amour et au chagrin, le souffle brûlant, le plus farouche des survivants, l’appelant un des siens. Bruce ferma les yeux mais rien n’y faisait, la chauve-souris était là à côté de lui. La rue entière se transforma en une caverne remplie de chauve-souris, pas n’importe laquelle, celle qui se trouvait sous son manoir, son repère. Il se releva en titubant, marcha droit devant dans Crime Alley, s’enfonça dans l’obscurité, marchant là où il faisait toujours plus noir.

(HRP : voilà c’est bon pour moi, désolé pour le retard, conclut si tu le souhaite^^)

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MessageSujet: Re: Speed-Dating raffiné [PV Bruce Wayne][Fini]   Ven 25 Mai - 23:13

[HRP]J'avais complètement oublié que cette conclusion attendait toujours >_<[/HRP]

L'implacable refus de Wayne claqua comme une gifle magistralement expédiée sur la joue rosée de Pamela, qui recula de plusieurs pas, abasourdie. Le murmure neutre et quasiment impersonnel de son richissime interlocuteur dénotait fortement avec la familiarité de leurs précédents échanges, comme si le fortuné jeune homme avait changé de personnalité...

* ... Ou que son organisme venait de se débarrasser des dernières traces de mon hypnotique. Je joue de malchance, décidément. Et plus question de lui faire le numéro de la courtisane aux lèvres enflammées : il se méfie de moi, désormais. C'est donc la fin de cette manche, et le point ne me revient pas. * Conclut l'Empoisonneuse, rendue grincheuse par cette déconvenue inattendue.

Sur la fin de leur discussion tournant autour de l'état de la ville, la sulfureuse rousse avait cru sentir une distance s'installer peu à peu entre eux, à la manière d'une brume matinale s'élevant lentement du sol. Mais toute à ses idées de manipulation, elle avait mis la fixité du regard de Wayne sur le compte de la drogue lui retournant le cerveau. En définitive, le PDG de Wayne Entreprise s'était libéré du joug de sa voisine tandis que celle-ci s'échinait à donner le change, afin qu'aucun des convives ne remarque la manœuvre amorcée par Pamela. Or, le répit offert avait suffi au fils privilégié de Gotham, qui, visiblement sans avoir trop bien saisi de quelle manière elle s'y était prise, devina qu'Ivy s'était essayée à l’envoûter. Chassant de son visage toute trace de douceur, la militante écologiste ne se fit pas prier pour rétorquer à son agaçant vis-à-vis :


« Surveillez autant que vous le voudrez, Wayne ; cela ne m'empêchera pas d'exposer au grand jour les atrocités sans nom commises par vos amis les braconniers de la Nature !Et vous pouvez être sûr que je n'en resterai pas là ! » Promit-elle en levant un menaçant index manucuré.

Les nerfs échauffés, son masque de séduction craquelé et tombé, la biologiste infiltrée délaissa sa cible, qui l'imita dans l'indifférence avec laquelle elle ignorait les regards curieux des convives. Toutes considérations pour son image perdues, la flamboyante rousse laissa les palabres insignifiantes et les basses considérations de la bourgeoisie de Gotham lever le rideau sur son plan tué dans l’œuf. En retrait, se rendant aussi inintéressante et barbante que le motif du papier-peint, l'Empoisonneuse rumina son échec, tâchant de trouver à quel instant elle avait perdu le contrôle.


* J'ai peut-être été trop gentille dans mes dosage ? Non, ce n'est pas ça. Tous les autres hommes à qui j'ai inoculé mon hypnotique se sont pliés à mes désirs, aveuglément. Ce pourrait être une question d'immunité partielle, acquise suite à une réaction allergique... Dans ce cas, remanier la formule devrait résoudre ce petit contre-temps. Ou alors, c'est lié à la volonté du sujet ? Il faudrait adapter la concentration en thiopental conformément à la solidité mentale de la cible ? Un peu étrange... Et je n'ai jamais cru qu'un effort de volonté puisse combattre les effets d'une drogue. Tout au plus les retarde-t-il d'une poignée de secondes... *

Tous les autres invités poursuivaient leurs échanges placides, débattant de choses et d'autres, s'amusant tandis qu'au-dehors, les frondaisons s'étiolaient, les végétaux dépérissaient, l'atmosphère s’appauvrissait. L'essentiel tombait en cendres, et les responsables de ce désastre s'en lavaient les mains dans une stupide et ignorante hilarité. Ce décalage, cette insouciance béate, donnait des pulsions meurtrières à l'envoyée de Dame nature.

* Ils comprendront, bientôt. Je me ferai fort de leur ouvrir les yeux, aux grands moyens si nécessaire. Je dissiperai les illusions nées de leur désir commun de masquer l'étendue des dégâts qu'ils ont provoqués. D'ici peu, Gotham se métamorphosera. Pareille à la chrysalide qui fait d'une chenille un magnifique papillon, comme le bourgeon qui permet à la fleur d'éclore, j'enfermerai cette cité toute entière dans un écrin de chlorophylle, pour l'en dégager une fois en phase avec son environnement. Et, inspirées par cette reconversion éclairante, les autres grandes villes s'empresseront d'imiter l'exemple de cet épicentre du gaspillage et de la pollution. * Planifia Ivy, en brûlant fiévreusement de très ombreuses étapes.

Lassée d'évoluer dans un bassin surpeuplé et parallèlement si pauvre de bon sens, la botaniste criminelle résolut de disparaître. Ses lèvres ne portaient plus la moindre once de drogue, seul son parfum lui garantissait de ne pas rencontrer de problèmes en rentrant à son appartement. Une faiblesse de répondant qui dérangeait l'éco-terroriste plus qu'elle ne se le serait avouée. Afin d'éviter d'avoir à parcourir les ruelles sordides de son quartier au plus fort de la nuit, la sirène aux baisers létaux repartit par là où elle était venue, d'un déhanché provocateur sur lequel s'attardèrent certains des invités marriés.
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